Mouvement des Focolari
Le « Paradis de 1949 » s’ouvre au monde

Le « Paradis de 1949 » s’ouvre au monde

Une salle comble, attentive, presque suspendue. Tel était le tableau vendredi 22 mai de la salle Paul VI de l’Université pontificale du Latran (Rome, Italie), où le volume Paradiso ’49 de Chiara Lubich a été présenté pour la première fois au public.

Il ne s’agissait pas d’une simple présentation éditoriale. L’impression générale – recueillie également dans les couloirs et dans les commentaires du public – était celle d’assister à un moment historique : pour la première fois, un texte jusqu’alors peu accessible est ouvertement soumis au débat ecclésial et culturel, dans une salle comble.

Pour accueillir les personnes présentes, Anna Maria Rossi, intervenant au nom du Centre Chiara Lubich – promoteur de la collection des Œuvres de Chiara Lubich – a immédiatement clarifié le sens de l’événement, en rappelant le long travail éditorial qui a conduit à la publication de l’ouvrage. « Ce n’est pas un texte isolé – a-t-elle expliqué – mais il s’inscrit dans un parcours plus large, qui raconte la naissance d’un charisme dans l’Église ».

Des intervenants issus de divers horizons ecclésiaux et universitaires ont présenté les différents contenus. Alessandro Clemenzia, doyen de la Faculté de théologie d’Italie centrale et spécialiste de la spiritualité de Chiara Lubich, a proposé une interprétation percutante : « Il ne s’agit pas de comprendre ce que Chiara a écrit, mais ce que Dieu veut dire de lui-même à travers cette expérience ». Une perspective qui a aidé à saisir la profondeur du texte sans le réduire à un simple document.

Stefan Tobler, Suisse, théologien évangélique et lui aussi impliqué dans la réflexion sur le charisme de l’unité, a attiré l’attention sur la figure de l’auteure : une femme qui, à travers ces pages, « offre le plus intime de sa relation avec Dieu », en se dévoilant avec authenticité.

L’intervention d’Angela Ales Bello, philosophe et spécialiste de la phénoménologie, seule intervenante extérieure au Mouvement des Focolari, était très attendue. Elle a clairement souligné que la mystique n’est pas quelque chose d’« étrange » ou d’ésotérique, mais « une illumination de la réalité vécue dans la foi ». Et elle a mis en évidence un trait original du Paradis de 1949 : une expérience qui implique non seulement la personne, mais aussi la communauté, presque un « nous » qui devient sujet.

Brendan Leahy, évêque de Limerick (Irlande) et – comme Clemenzia et Tobler – lui aussi membre du centre d’études interdisciplinaires du Mouvement des Focolari, l’École Abbà, est intervenu à distance et a souligné la portée ecclésiale du texte.
Le Paradis de 1949, a-t-il affirmé, n’est pas un traité systématique, mais il peut « inspirer de nouvelles perspectives » et aider à comprendre l’Église comme une communion vivante et relationnelle.

Tout au long de la rencontre, on a perçu, à côté de l’enthousiasme, une certaine prudence : comment accueillir un texte aussi intense sans le simplifier ou mal l’interpréter ? La réponse est revenue à plusieurs reprises, presque comme un fil conducteur : on ne peut comprendre le Paradis de 1949 qu’en se laissant impliquer, et non pas seulement en le lisant.

C’est peut-être là le sens le plus profond de cette journée. Avec cette publication, le Mouvement des Focolari fait un pas d’ouverture : ce qui est né comme une expérience vécue est désormais offert à tous. Non pas comme un objet à analyser, mais comme une proposition de vie.

Joachim Schwind
Publié à l’origine sur Citta Nuova
Photo: © Carlos Mana-CSC audiovisivi

Paradis de 49 : la dimension mystique de Chiara Lubich

Paradis de 49 : la dimension mystique de Chiara Lubich

« Remercions ensemble le Seigneur pour la grande famille spirituelle née du charisme de Chiara Lubich. » Telles sont les paroles adressées par le pape Léon XIV, le 21 mars 2026, aux participants de l’Assemblée Générale de l’Œuvre de Marie – Mouvement des Focolari. Comme le rappelle le Pape, Chiara Lubich est connue pour son action de fondatrice, et pour sa « spiritualité de communion », notamment grâce à ses nombreuses publications. Moins connue est l’expérience mystique qui est à l’origine de son Œuvre et dont elle a constamment puisé son inspiration. La publication du Paradis de 49, dans le cadre du vaste projet éditorial de ses « Œuvres » entrepris par le Centre Chiara Lubich et publié par la maison d’édition Città Nuova – dont le présent ouvrage constitue le sixième volume – lève aujourd’hui le voile sur cette période contemplative intense, que l’auteur avait volontairement gardée secrète, qui s’étend du 16 juillet 1949 jusqu’à fin 1951 ; période connue précisément sous le nom de « Paradis de 49 ».

Avant de nous concentrer sur le livre, revenons sur l’événement lui-même, dont le livre est le récit. Le 16 juillet 1949, après avoir assisté à la messe, Chiara veut s’adresser à Jésus et l’appeler par son nom, mais elle n’y parvient pas. Ce qu’elle vient de vivre l’a transformée en Jésus ; elle ne peut donc pas s’appeler elle-même, et de sa bouche sort le mot que Jésus prononçait dans sa prière : « Abbà, Père. » « J’ai cru comprendre – écrit-elle plus tard – que celui qui m’avait mis sur les lèvres le mot “Père” était l’Esprit Saint. » Ce n’est pas simplement un mot, c’est une réalité : « Aussitôt, je me suis trouvée dans le Sein du Père. […] J’étais donc entrée dans le Sein du Père, qui apparaissait aux yeux de mon âme (mais c’était comme si je le voyais avec mes yeux de chair) comme un gouffre immense, cosmique. Et il était tout or et flammes, en haut et en bas, à droite et à gauche. » Dès le premier instant, l’événement revêt des connotations de caractère mystique, que l’on retrouve dans des phénomènes analogues vécus par d’autres mystiques. Cependant, il présente aussi une particularité qui lui est propre, due avant tout à sa dimension unitive, « collective », ecclésiale.

Avant de participer à la messe, Chiara avait scellé un « pacte d’unité » avec Igino Giordani, écrivain italien de renom, parlementaire et père de famille. Ensemble, ils avaient demandé que ce soit Jésus – qui venait par l’Eucharistie dans l’une -, à « sceller» l’unité avec Jésus dans l’autre, tous deux dans une ouverture et une disponibilité totales à son action, comme dans un « calice vide ». C’est ainsi que cela s’était passé : sur elle et sur lui, devenus « vide d’amour », Jésus seul était descendu et était resté. Les deux étaient devenus un unique Christ. L’expérience de l’apôtre Paul se répétait : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Galates 2, 20) : leurs deux âmes étaient devenues une seule âme, celle du Christ. C’est cette âme unique qui entre dans le Sein du Père. L’expérience mystique qui est en train de se produire ne concerne pas seulement une personne, mais d’abord deux, puis tout un groupe auquel Chiara communique ce qu’elle vit, en associant sans cesse de nouvelles personnes à cette même expérience : « J’ai eu l’impression de voir dans le Sein du Père une petite troupe : c’était nous. » Dans le Sein du Père, on vit comme une seule Âme (la majuscule est une constante dans la narration de Chiara).

Quelques moments de la présentation à l’Université pontificale du Latran

Lorsque, peu après, survient le phénomène – commun à de nombreux mystiques – des « noces mystiques », ce n’est plus la personne seule qui est « épousée », mais l’ensemble du groupe, devenu une seule Âme. Dès lors commence ce que Chiara appelle « voyager le Paradis », une sorte de voyage de noces durant lequel l’Époux lui montre les réalités du Ciel qui désormais lui appartiennent aussi. Et là, nous pénétrons dans les contenus de ce qu’elle appelle « lumières », « révélations », « compréhensions », expérience et intelligence de la Révélation, d’une telle intensité que Chiara s’identifie à ce qu’elle « voit », découvrant presque de l’intérieur les mystères de la foi. Ce sont des intuitions sur l’Œuvre qui est en train de naître, des orientations pour une pédagogie de la spiritualité de communion, des indications qui se traduisent dans la prière et dans la vie quotidienne : « Sur la terre comme au Ciel. »

Le texte n’est pas de lecture facile, tant du fait du langage mystique, ponctué de paradoxes, de métaphores et d’oxymores, que, surtout, de la densité de son contenu. L’auteur a composé son œuvre sur une longue période, pratiquement jusqu’à la fin de sa vie, sélectionnant et ordonnant les écrits de cette période d’illumination. Nous sommes devant une multiplicité de genres littéraires : des lettres, des pages intimes dans le style d’un journal spirituel, des annotations en vue de conversations, des articles de journaux et des commentaires sur la « Parole de vie », des moments autobiographiques et spéculatifs, et même une fable.
Quoi qu’il en soit, l’expérience, bien que variée, progresse comme suivant un fil d’or qui s’inspire d’une pédagogie divine, « une révélation de mystères joyeux et suaves comme le Paradis, logiques et progressifs comme la vie ». L’ouvrage reproduit le texte dans son intégralité, tel qu’elle a souhaité le transmettre, avec les annotations élaborées au cours d’une minutieuse relecture.

Les intervenants de la présentation : Alessandro Clemenzia, doyen de la Faculté de théologie de l’Italie centrale ; Angela Ales Bello, professeure émérite de philosophie contemporaine à l’Université pontificale du Latran ; Stefan Tobler, théologien et directeur de l’Institut de recherche œcuménique de l’Université « Lucian Blaga » de Sibiu (Roumanie), Brendan Leahy, théologien et évêque de Limerick (Irlande)

L’ouvrage s’ouvre sur deux essais : l’un, d’ordre historique, rédigé par Alba Sgariglia[1], retrace l’histoire et la composition laborieuse du texte ; l’autre, d’ordre théologique, rédigé par Piero Coda[2], met en lumière la nature de l’expérience et la manière dont elle s’inscrit dans le parcours historique de l’Église, tout en en soulignant la nouveauté. Le livre est enrichi d’un glossaire, d’une bibliographie, d’index bibliques et thématiques.

Nous sommes devant un texte fondamental pour la compréhension du charisme de Chiara Lubich, qui va bien au-delà de son Mouvement. C’est une œuvre destinée à faire partie du patrimoine mystico-doctrinal de l’Église, susceptible de parler à chaque homme, « un héritage à partager et à faire fructifier », comme l’écrit Piero Coda.

Comment lire cette œuvre ? « Toutes ces pages que j’ai écrites ne valent rien – annotait déjà l’auteur le 25 juillet 1949 – si celui qui les lit n’aime pas, n’est pas en Dieu. Elles ont de la valeur si c’est Dieu qui les lit en lui. » C’est une règle élémentaire pour la compréhension de toute œuvre : se mettre au même niveau qu’elle. Pour appréhender de manière adéquate le Paradis de 49, il est indispensable de se mettre avec sincérité à l’écoute de l’expérience de son auteur et presque d’entrer avec elle dans ce « Paradis » dont le livre donne témoignage. Chiara Lubich en était convaincue. Lorsque, le 22 novembre 2003, elle reprit la lecture de son écrit, accompagnée d’un petit cénacle de professeurs qu’elle avait réunis autour d’elle – connu sous le nom d’« École Abbà » -, elle nota sur son texte : « Cette fois, nous le lisons dans le but de nous convertir, de le traduire en vie. Nous devons faire en sorte que l’École Abbà devienne ‘Paradis’. Au demeurant, c’est seulement ainsi que l’on peut comprendre les contenus de ces volumes… »

Fabio Ciardi, OMI
Photo: © Carlos Mana – CSC Audiovisivi


[1] Alba Sgariglia est responsable du Centre Chiara Lubich, chercheuse au Centre d’études du Mouvement des Focolari et membre de l’École Abbà pour le domaine théologique et mariologique.

[2] Piero Coda est Secrétaire général de la Commission théologique internationale et professeur d’Ontologie trinitaire à l’Institut Universitaire « Sophia ». Il a été président de l’Association théologique italienne de 2004 à 2011.

Ensemble pour l’Europe au Parlement de Bruxelles

Ensemble pour l’Europe au Parlement de Bruxelles

Le quartier européen de Bruxelles est un dédale de bureaux, de sièges et d’agences opérant au sein de l’Union européenne, dont les acronymes ressemblent parfois à des virelangues. Dans ses rues déambulent des fonctionnaires et des cadres à l’air sérieux et professionnel. En les parcourant, on entend parler différentes langues et on découvre des coutumes singulières. Pourtant, cette diversité ne donne pas une impression de confusion, car l’ensemble est soutenu par un grand calme. Cet ordre somnolent a été brièvement interrompu du 11 au 13 mai, lorsqu’un groupe d’une centaine de jeunes enthousiastes s’est déplacé parmi les institutions de l’Union européenne avec engagement et passion. Ce n’était pas une classe en excursion, loin de là ! C’étaient les jeunes d’Ensemble pour l’Europe, préparés et inspirés, qui vivent l’Europe non pas comme un objectif à atteindre, mais comme leur point de départ assuré pour s’ouvrir au monde entier.

À leurs côtés se trouvaient quelques députés européens et d’autres personnalités publiques : Andrea Wechsler, Antonella Sberna, Leoluca Orlando, Eduard Heger, Jeff Fountain, Giuseppe Lupo, Miriam Lexmann, Gerhard Pross, Nicole Grochowin. Faut-il citer les pays d’origine de ces noms prestigieux ? Ce n’est peut-être pas nécessaire : ils étaient européens. Ajouter qu’il s’agissait d’Italiens, de Slovaques, d’Allemands, de Néerlandais, d’Autrichiens… n’aide pas beaucoup à comprendre les raisons qui ont conduit ces personnes à rencontrer les jeunes.

Ces raisons trouvent leur origine dans la situation de la crise actuelle, où il semble n’y avoir aucune place pour l’unité entre les peuples et les nations. Personne n’est plus en mesure de garantir ne serait-ce que la paix. Dans un tel contexte, Ensemble pour l’Europe a voulu montrer que l’unité n’est pas une option, mais qu’elle marque le fil conducteur de l’évolution historique des peuples européens. Et si aujourd’hui cette trame semble ensevelie sous les décombres des conflits en cours, Ensemble pour l’Europe se donne pour mission de la remettre au jour, en proposant son expérience de collaboration entre chrétiens comme une voie pour reconstruire l’architecture européenne sur les fondements de l’unité. Tous ensemble : membres d’Églises différentes, citoyens de pays différents et, surtout, personnes de générations différentes. Jeunes, adultes et personnes âgées vivent ce présent déchirant et ce n’est qu’en s’unissant qu’ils peuvent en résoudre les contradictions. Le défi est donc aussi intergénérationnel. C’est pourquoi les jeunes d’Ensemble pour l’Europe ont voulu proposer aux députés européens et aux personnalités présentes un « Pacte intergénérationnel », dans lequel est inscrit l’engagement réciproque d’agir pour une Europe creuset de paix et de solidarité.

D’où venaient les 100 jeunes participants ? Outre les Européens (là encore, peu importe qu’ils soient Finlandais, Suédois, Néerlandais, Allemands, Belges, Écossais, Slovaques, Autrichiens, Hongrois, Roumains, Italiens…), il y avait des Américains, des Colombiens, des Sud-Africains, des Chinois, des Canadiens, des Brésiliens et des Mexicains.
Car l’Europe ne vit pas pour elle-même, puisque sa vocation est de s’épanouir à l’échelle mondiale, en mettant à disposition son bagage de valeurs forgées dans le christianisme, vécues dans le dialogue œcuménique, amplifiées par les projets lucides des jeunes d’Ensemble pour l’Europe.

Alberto Lopresti
Photo: © Ensemble pour l’Europe.

Enracinée entre deux rives : dialogue entre foi et identité

Enracinée entre deux rives : dialogue entre foi et identité

Je m’appelle Sarra Marta Lupășteanu, j’ai dix-neuf ans et je suis née à Trente (Italie). Chaque fois que je prononce cette phrase, je réalise à quel point mon histoire entrelace des lieux, des cultures et des croyances qui, souvent, ne se rencontrent pas facilement. Je suis italo-roumaine et surtout orthodoxe, fille du père Ioan, prêtre de l’Église roumaine ici en ville, et de Delia Rodica. Notre église se trouve via San Marco, au cœur du centre historique : un petit monde roumain niché entre le château du Buonconsiglio, des rues et des maisons qui racontent des siècles de catholicisme trentin.

Grandir ici a signifié, dès mon enfance, vivre tout naturellement avec la conscience d’appartenir à une minorité. Pas une minorité fermée ou isolée, mais une présence différente, qui doit souvent se justifier. Quand mes camarades me demandaient pourquoi, à Pâques, nous suivions un calendrier différent ou pourquoi il y avait tant d’icônes dans notre église, je comprenais que mon quotidien et le leur ne coïncidaient pas. Pourtant, je ne me suis jamais sentie divisée : catholiques et orthodoxes, nous croyons au même Dieu, mais avec des traditions, des rites et des sensibilités différentes. C’est précisément sur ce point que naît une réflexion que je garde toujours à l’esprit : il faut dialoguer entre les communautés, mais faire preuve aussi de bonne volonté car la compréhension ne vient pas d’elle-même, il faut la vouloir.

Aujourd’hui, j’étudie la philosophie à l’université de Trente, et ce choix a amplifié ma capacité à observer et à comprendre ce que je vis. Entrer dans un milieu universitaire, où les identités se mélangent et s’affrontent, m’a fait réfléchir encore davantage à ce que signifie appartenir à une confession perçue comme « autre » par rapport à celle de la majorité.

Parfois, j’ai l’impression de marcher sur un pont : d’un côté, ma communauté orthodoxe, avec ses racines, ses chants et ses traditions que j’ai absorbés depuis toute petite ; de l’autre, la société de Trente où je suis née, où j’ai étudié, où j’ai grandi et qui, depuis deux ans maintenant, est aussi ma patrie officielle après avoir obtenu la nationalité italienne. Je parle roumain, je connais les traditions de mon pays d’origine et ma famille m’a appris à les préserver, mais je suis aussi profondément attachée à Trente, à ses rythmes et à ses habitudes. Quand j’entre dans notre église de la rue San Marco, je me sens enveloppée d’une familiarité qu’aucun autre lieu ne m’offre : les icônes dorées, les voix du chœur pendant la liturgie, la communauté qui salue mon père en l’appelant « Părinte ». Et pourtant, cette différence ne m’a jamais fait me sentir étrangère. Au contraire, elle m’a appris à regarder le monde sous plusieurs angles. Dans une ville à forte tradition catholique, la présence d’autres confessions chrétiennes montre que la foi peut être plurielle sans perdre en vérité.

Aujourd’hui, en tant que jeune qui construit son avenir, je sais que mon identité naît de la rencontre de deux dimensions ; c’est une lentille à travers laquelle je me lis moi-même et le monde. C’est la conscience que les racines n’empêchent pas de grandir ailleurs. Je suis un « pont », et j’ai désormais cessé de craindre de rester suspendue : c’est précisément là, entre deux rives, que j’ai appris à vivre. Et c’est dans cet espace que j’ai découvert ma liberté la plus authentique : celle de porter en moi ces deux mondes sans avoir à choisir, en les laissant dialoguer, se compléter et me rendre entière : enracinée et en chemin, le cœur ouvert à l’avenir.

Sarra Marta Lupășteanu
Article publié dans le bulletin des paroisses des Saints Pierre et Paul et de Saint Martin à Trente de décembre 2025
Foto: Chiesa romena di Trento – e Magda Ehlers by Pexels

Des batailles de neige contre la guerre

Des batailles de neige contre la guerre

Des décombres de la guerre à la merveille de la neige : tel est le parcours d’un groupe d’enfants originaires de Gaza, accueillis en Vénétie (Italie) grâce à l’association Padova Abbraccia i Bambini et à la Protection civile. Pour beaucoup d’entre eux, marqués par de profondes blessures physiques et psychologiques, la journée passée dans le Val Saisera, dans le nord-est de l’Italie, a représenté un rare moment d’insouciance.

Cette journée, organisée par l’association Familles Nouvelles du Frioul-Vénétie Julienne (Associazione Famiglie Nuove del Friuli Venezia Giulia), a réuni une quarantaine de personnes, en grande partie des femmes et des enfants. Un événement simple, mais riche de sens : jeux dans la neige, rires, luge dans une convivialité qui a permis, au moins pendant quelques heures, de laisser de côté les souvenirs de la guerre. En ce dimanche de janvier, la neige tant attendue est tombée comme un signe d’accueil, comme pour répondre au souhait exprimé par les plus petits de pouvoir la voir pour la première fois.

Beaucoup de ces enfants sont arrivés en Italie en 2025 grâce à un couloir humanitaire mis en place pour garantir des soins médicaux d’urgence. Parmi eux, on trouve des jeunes enfants mutilés, blessés par des explosions, ou atteints de pathologies impossibles à soigner dans un territoire dévasté par le conflit. Leurs familles portent en elles des histoires douloureuses : des deuils, des séparations forcées, des absences qui pèsent lourdement. Et pourtant, à côté de la douleur, émerge une extraordinaire capacité de résilience. La scène d’une fillette de neuf ans, amputée des deux jambes, qui rit et s’amuse sur une luge, trouvant même la force de danser avec les autres petites filles, est emblématique.

L’imam Kamel Layachi, imam des communautés musulmanes de Vénétie, a joué un rôle de référence entre les différentes réalités concernées, en favorisant la collaboration entre les communautés musulmanes et catholiques. Les paroisses, les associations et les bénévoles ont uni leurs forces pour offrir non seulement une aide, mais aussi des opportunités d’intégration. Les enfants vont déjà à l’école et les mères suivent des cours d’italien, en vue d’un séjour qui pourrait se prolonger dans le temps et déboucher sur des parcours professionnels.

Parallèlement, les besoins sanitaires restent urgents, en particulier pour les prothèses non prises en charge par le service de santé. C’est pourquoi des collectes de fonds ont été lancées, dans le but de redonner autonomie et dignité à ceux qui ont perdu un membre.

La journée à la neige s’est terminée à Tarvisio (Italie). Accueillis par un groupe de Familles Nouvelles de la région, par les bénévoles de l’association Friulclown par le curé de Valbruna, Don Giuseppe Marano, et par le thé et les biscuits offerts par les Alpini, le groupe s’est mis à l’abri du froid pour le déjeuner (préparé par la communauté musulmane de la ville d’Udine) dans la salle paroissiale. La journée s’est terminée par un déjeuner partagé et un moment de prière commune. Un geste simple mais fort, qui a réuni des cultures et des confessions différentes sous le signe de la fraternité. Les paroles des familles palestiniennes traduisent mieux que tout autre chose le sens de cette expérience : gratitude, émotion, soulagement. « Vous avez permis au bonheur de toucher à nouveau nos cœurs », a écrit une mère.

Les bénévoles italiens ont eux aussi beaucoup reçu : dans les yeux de ces enfants, ils ont vu cohabiter douleur et joie, fragilité et force, avec la conscience que, même par de petits gestes, il est possible de reconstruire des fragments d’humanité. Dans un monde marqué par les conflits, cette journée dans la neige a représenté un petit, mais authentique espace de paix.

Expérience recueillie par les Familles Nouvelles du Friuli (Italie)
Photo: FN Friuli

Bolivie : rencontre et amitié sans frontières

Bolivie : rencontre et amitié sans frontières

Azione Famiglie Nuove est une organisation internationale à but non lucratif du Mouvement des Focolari, qui œuvre pour le développement libre et intégral de chaque personne, communauté et peuple, en partant des plus fragiles et défavorisés dans le monde. Depuis 2005, elle est également un organisme autorisé pour les adoptions internationales par la Présidence du Conseil des ministres italiens. Font partie de cette réalité Redi et Giacomo ainsi qu’Annalisa et Sergio, deux couples de Vicenza (Italie) qui ont pu, il y a quelque temps, réaliser leur souhait : retrouver des familles boliviennes rencontrées lors d’un congrès des « Familles Nouvelles » à Castel Gandolfo (Rome). De cette rencontre était né un lien simple et authentique, que personne n’imaginait voir se prolonger jusqu’à se transformer, des années plus tard, en une nouvelle rencontre à l’autre bout du monde.

Profitant de leur présence sur place, les deux couples italiens ont également pu visiter les projets d’AFN en Bolivie : le centre pour l’enfance « Clara Luz » à Santa Cruz et le centre social « Rincón de Luz » à Cochabamba. À Santa Cruz, dans le quartier de La Guardia, le centre « Clara Luz » accueille chaque jour de jeunes enfants et des enfants d’âge préscolaire. « Les salles sont simples, mais soignées et accueillantes, racontent-ils. Ici, les enfants trouvent un environnement éducatif sûr, tandis que les frères et sœurs plus âgés reçoivent un soutien scolaire. » Autour d’eux se développe un travail plus large qui implique également les familles : potagers domestiques, petits élevages et parcours de formation qui aident à construire autonomie et dignité. Le centre « Clara Luz » accueille aussi de jeunes volontaires du « Projet Milonga ».

À Cochabamba, le centre « Rincón de Luz » représente un véritable point de référence pour la communauté. « C’est un lieu qui accueille et soutient les familles dans leur vie quotidienne, affirment les deux couples en visite. Chaque semaine, des colis alimentaires sont distribués, tandis que tout au long de l’année se déroulent des ateliers et des activités éducatives pour les enfants et les parents. »

Lors de leur visite, ils ont été particulièrement touchés par leur rencontre avec Reina, qui raconte les origines du projet. Après une période de formation en tant que famille à Loppiano (Italie), la cité pilote du Mouvement des Focolari, elle avait ressenti fortement le désir d’incarner concrètement l’idéal de Chiara Lubich, la fondatrice. En impliquant toute sa famille — enfants, belles-filles et mari — elle a commencé par accueillir une dizaine d’enfants dans sa propre maison. De là, pas à pas, le projet s’est développé et structuré jusqu’à atteindre aujourd’hui environ 150 enfants, mais les besoins restent importants.

Les familles locales vivent souvent des situations de grande fragilité : pauvreté, solitude, histoires marquées par des deuils et des difficultés. L’histoire d’une grand-mère est emblématique : elle s’occupe de son mari invalide et de sa petite-fille devenue orpheline. « Chaque jour, elle parcourt de nombreux kilomètres pour trouver de quoi manger et, quand elle le peut, elle passe au centre pour recevoir de l’aide », racontent-ils.

Parmi les personnes rencontrées figure également Silvio, l’un des premiers enfants accueillis par le projet. Aujourd’hui, il fait activement partie de la réalité de « Rincón de Luz » : il accompagne les familles avec beaucoup de délicatesse, distribue de l’aide et met son temps au service des autres. On sent que ce lieu est véritablement sa maison.
Ce voyage s’est révélé être une expérience très forte, permettant de « toucher du doigt » non seulement la pauvreté, mais aussi la dignité et la réciprocité entre les personnes de la communauté. « Nous pensions apporter quelque chose, racontent-ils, mais nous avons reçu bien plus. »

De cette expérience naît le désir de poursuivre cette amitié à distance : « Nous avons compris que ce qui est vraiment nécessaire, c’est une présence constante, même modeste, et nous imaginons déjà de nouvelles initiatives pour impliquer d’autres personnes : un dîner solidaire, des moments de partage pour faire connaître le projet, autant de moyens d’élargir l’expérience de famille entre familles, où la distance géographique se réduit et laisse place à une amitié profonde et authentique. »

Par la rédaction

Photo © Mariachiara Bianco e Azione Famiglie Nuove

Evangile vécu : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jn 20,21)

Evangile vécu : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jn 20,21)

Apprenons des petits

Je faisais un travail à la maison lorsque je me suis fait une profonde coupure à la main gauche. Tandis que j’essayais d’arrêter le saignement avant de me faire accompagner aux urgences, notre petit-fils Emanuel, âgé d’environ six ans, qui passait la journée chez nous, observait avec attention mon pansement sommaire : « Tu as très mal, grand-père ? ». Je l’ai rassuré et, pour m’aider, il m’a donné… un bonbon ! Peu après : « Tu veux encore un bonbon, grand-père ? Ça te fera du bien ». Recousu, bandé et avec une attelle au pouce gauche (heureusement, le tendon n’était pas touché), à mon retour il est venu à ma rencontre : « Grand-père, comment ça va maintenant ? Peut-être que boire un café te ferait du bien ». « Merci, Emanuel, après le déjeuner : maintenant, passons à table ». Ma femme avait préparé des saucisses qu’il aime beaucoup. Après avoir mangé la sienne, il en a pris une autre du plat, l’a coupée et, sans rien dire, l’a mise dans mon assiette. Après ces attentions faites avec une simplicité émouvante, j’ai repensé que Jésus nous a justement indiqué les enfants comme modèle.

(Giovanni C. – Italie)

Des vacances providentielles

« Oltre noi », une association qui s’occupe de personnes handicapées, organise entre autres activités des vacances à San Bernardino. La présidente, que je connais depuis des années, me propose : « Pourquoi n’enverrais-tu pas Benedetta avec nous ? ». La proposition est tentante, mais la structure d’accueil sera-t-elle adaptée aux personnes en fauteuil roulant comme ma fille ? Après une visite, cela semble être le cas. De plus, notre amie Daniela s’est rendue disponible comme accompagnatrice et il y a aussi l’aide d’un infirmier. Benedetta se montre enthousiaste. J’ai du mal à y croire. Avant le départ, nous participons à un dîner pour rencontrer les autres vacanciers. L’ambiance est joyeuse. Le 3 août, Benedetta et Daniela partent avec notre voiture pour leurs déplacements sur place. J’espère vraiment que mon amie ne se fatiguera pas trop… Je fais confiance et je confie tout à Jésus. Les premières nouvelles de leur part sont rassurantes. À leur retour, je ne reconnais plus ma fille : elle est détendue et extrêmement heureuse, surtout d’avoir pu participer chaque jour à la messe, célébrée précisément dans sa chambre avec Daniela. Dieu est toujours plus généreux !

(M.B. – Suisse)

Quand on n’est pas autonome

Le mois qui vient de s’écouler a été un mois de « passion », au sens le plus charnel du terme. Un mois exceptionnel, où la douleur du corps a été bercée par la tendresse des frères. La hâte de guérir – ce péché d’orgueil de celui qui veut toujours se sentir autosuffisant – m’avait trahi. La période post-opératoire s’était compliquée, le genou avait enflé et le médecin avait été catégorique : repos et glace. Dans cette poche de glace, j’ai trouvé une étrange forme de prière. Je me suis retrouvé « petit », dépendant de mon frère pour un verre d’eau ou pour un trajet en voiture. Mais c’est précisément dans cette fragilité que j’ai redécouvert le trésor de la communauté sacerdotale dans laquelle je vis. J’ai compris que la fraternité ne consiste pas seulement à manger ensemble, mais à avoir la confiance de dire : « J’ai besoin de toi ».

La dépendance envers les autres n’est pas une défaite, mais le certificat de notre humanité. Aujourd’hui, dans mon petit jardin de prêtre à la retraite, je cultive mes quelques mètres carrés de monde. Et tant que j’aurai une voix (et une béquille pour me soutenir), mon jardin sera toujours ouvert à ceux qui cherchent l’espérance.

(Don Peppino G. – Italie)

Par Maria Grazia Berretta

extrait de Il Vangelo del Giorno, Città Nuova, année XII – n° 3- mai-juin 2026

Photo ©Tieffenbrucker456, Alexandra Koch-man, Codi Punnett – Pixabay

Liban : être des étincelles de vie

Liban : être des étincelles de vie

« C’est très émouvant que les enfants de Rome pensent à l’IRAP (Institut de Rééducation Audio-Phonétique). Cette somme est précieuse, surtout parce que ce geste vient du cœur des enfants.

Nous avons choisi de vivre ce trimestre à l’IRAP en essayant d’être des « étincelles de vie » au cœur de la mort qui nous entoure. Ce don est pour nous une véritable étincelle de vie : il nous fait sentir que nous ne sommes pas seuls et que, derrière ce geste, il y a des efforts concrets, des visages d’enfants joyeux, des mains qui se sont unies… Tout cela est une graine de vie et de fraternité qui nous touche profondément. Merci !

Nous vivons des moments difficiles, certes, mais nous continuons à nous accrocher à l’espoir et à toujours choisir la vie. C’est vraiment aller à contre-courant de ce que l’on vit aujourd’hui au Liban. Ce sont des efforts continus, que nous devons sans cesse recommencer, car rien n’est jamais acquis.

Aujourd’hui, au Liban, le mot « paix » semble perdre tout son sens. Beaucoup n’y croient plus, et parfois, nous non plus. Même le « Time Out », ce moment de prière quotidien pour la paix qui rassemble le monde entier, m’a semblé à un moment donné inutile. Comment continuer à y croire, alors que moi-même, je n’y croyais plus ?

Il a fallu aller plus en profondeur pour redécouvrir le vrai sens de la paix : avant tout la paix intérieure, ce qui est un défi dans un contexte de guerre, de violence et d’hostilité. Ne pas se laisser glisser dans la haine envers l’ennemi, surmonter la colère face aux injustices, arracher de l’âme tout ce qui peut la corrompre… c’est un combat permanent.

À la Résurrection, la salutation de Jésus aux apôtres — « Que la paix soit avec vous » — a résonné d’une manière nouvelle dans mon âme, et j’ai redécouvert que c’est Lui notre véritable paix.

L’engagement actif envers les autres est une issue : il nous libère de l’isolement et nous rend plus forts. »

IRAP (Institut de Rééducation Audio-Phonétique)

Par Maria Grazia Berretta

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Immagini della festa di raccolta fondi organizzata dai Ragazzi per l’Unità di Roma (©Joaquín Masera)

Chiara Lubich : parution du livre « Paradis ’49 »

Chiara Lubich : parution du livre « Paradis ’49 »

Le dernier volume, parmi ceux publiés à ce jour, rassemble les écrits de Chiara Lubich sur son expérience mystique ; il est disponible dès aujourd’hui en librairie : Paradis ’49. Un texte singulier à bien des égards, qui ne manquera certainement pas de susciter un vif intérêt. Surtout parce que, pour la première fois, il met à la disposition du grand public, sans voiles ni sélections, la source ultime de l’aventure chrétienne qui a fait de Chiara une figure majeure de la seconde moitié du siècle dernier et au-delà ; nous léguant ainsi un héritage qui reste en grande partie à explorer et à mettre en œuvre.

Oui, la source ultime : elle n’est pas le fruit de son imagination – aussi géniale soit-elle – ni même seulement d’une inspiration originale qui lui a été accordée. Mais c’est quelque chose de plus et de différent. Quelque chose – écrit le philosophe Jean-Luc Marion – qui vient d’ailleurs : de cet « ailleurs » qui, en Jésus, nous a été donné une fois pour toutes « de l’intérieur » et « d’en bas » de l’histoire que nous vivons, avec ses expressions et ses surprises magnifiques et incroyables, et avec ses épreuves dramatiques et troublantes.

L’histoire de l’Église à travers les siècles connaît bien cette manifestation toujours nouvelle de Jésus, comme il l’a lui-même promis : « Voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde ». Un événement à chaque fois imprévisible et surprenant. Car c’est l’œuvre de l’Esprit qui « est comme le vent qui souffle où il veut et dont on entend la voix, mais dont on ne sait pas d’où il vient ni où il va ». Et qui pourtant se rend reconnaissable et appréciable.

Le Paradis ’49, une fois encore et sous une forme inédite, est un témoignage désarmé et fidèle. C’est en cela qu’il faut reconnaître sans détour sa valeur première. Et nous ne pouvons qu’être immensément reconnaissants envers Chiara qui, à la fin – non sans avoir d’abord voulu s’assurer soigneusement d’être en conformité avec la foi de l’Église –, a voulu en faire don. Car elle l’a considéré comme un bien précieux et s’en est reconnue responsable : comme d’un don, justement, fait par Dieu non seulement pour elle mais pour tout le monde. D’où une deuxième valeur de ces pages : celle qu’elles sont destinées à revêtir pour l’Œuvre de Marie. Valeur forgée dans son ADN charismatique précisément grâce aux événements qui y sont attestés : pour être « l’outre neuve » destinée à conserver et à répandre avec générosité le « vin nouveau » de l’Esprit ainsi communiqué. Au service du cheminement de l’Évangile dans l’histoire.

C’est là, enfin, la troisième et peut-être décisive valeur de cet écrit : rendre accessible la ressource déterminante que l’événement de Jésus représente aujourd’hui pour nous. Le christianisme – a-t-on dit – a encore de beaux jours devant lui. . Et c’est à ce tournant historique plein de défis, dans le dialogue fraternel que les disciples de Jésus sont appelés à vivre avec tous ceux qui cherchent la vérité et servent la justice : non, vraiment, nous ne nous sommes pas encore tout dit.

Piero Coda

Photo de couverture : © Horacio Conde – CSC Audiovisivi

9 questions à Roberto Almada

9 questions à Roberto Almada

De quoi puis-je rire ?

J’ai appris à rire de moi-même ; il m’arrive d’être un peu ridicule dans des moments où je me sens fragile. Je suis attentif à l’humour des personnes sur le point de mourir ou face à une tragédie. C’est ce que j’ai appris du fondateur de la Logothérapie, Viktor Frankl.

Qu’est-ce qui m’agace ?

Que les personnes ne comprennent pas des choses assez évidentes.

La devise de ma vie ?

È una frase di Paolo VI: « Beati questi tempi tormentati e paradossali, che quasi ci costringono alla santità ». Si può anche leggere laicamente, cioè: sono tempi che ci costringono ad essere integri.

Mon point fort ?

Je dirais qu’il est lié à cette devise : j’arrive à rester serein dans des situations de crise. J’ai un « optimisme tragique ».

Mon point faible ?

Je suis un peu paresseux et j’ai aussi tendance à porter des jugements hâtifs sur les situations et les personnes, mais j’essaie d’y être attentif et de me convertir.

Ce qui me tient particulièrement à cœur dans ma nouvelle fonction ?

Humaniser les relations institutionnelles. Être réaliste. Et puis ne jamais sortir, avec qui que ce soit, de la dynamique du dialogue. L’unité avec Margaret.

⁠Mon lieu préféré ?

Les quartiers simples et pauvres des villes d’Amérique latine où l’on peut discuter simplement avec les personnes, peut-être en prenant ensemble un maté !

D’où je puise ma force ?

Je suis une personne religieuse, un homme du peuple, latino-américain. Quand je le peux ou lorsque j’ai des nœuds à démêler, je fais des pèlerinages dans des sanctuaires mariaux et j’aime aussi avoir des images de mes « saints protecteurs ». En somme, je puise ma force dans la prière et dans le temps passé avec des amis. J’aimerais toujours avoir du temps pour eux.

Une bonne nuit de sommeil me fait aussi du bien ! Le matin, tout semble possible.

Qu’est-ce qui me préoccupe ?

Que notre charisme ne soit pas compris dans toute son ampleur ; et je m’inquiète de savoir si nous réussirons à le purifier du péché de la « domination » et du manque d’authenticité qui ont pollué nos relations.

Publié dans la revue Neue Stadt (mai-juin 2026)
Foto: © CSC Audiovisivi

Roberto Almada, né en 1956 à Rosario, en Argentine, est le nouveau Coprésident du Mouvement des Focolari. Il a étudié la médecine et est spécialisé en psychiatrie. Il est également Docteur en philosophie et cofondateur de l’École de logothérapie en Uruguay et au Paraguay. C’est en 1976 qu’il découvre le Mouvement des Focolari. Il vit depuis de nombreuses années dans des communautés des Focolari, notamment en Uruguay, au Paraguay, en Argentine et au Centre international de Rocca di Papa. Roberto Almada est l’auteur du livre « Le burnout du Bon Samaritain ».

L’œcuménisme naît de la rencontre

L’œcuménisme naît de la rencontre

Le 22 avril, une trentaine de responsables d’Églises et d’organisations chrétiennes mondiales ont visité le Centre international du mouvement des Focolari à Rocca di Papa. Cette visite s’inscrivait dans le programme de la rencontre annuelle du Comité international du Global Christian Forum (GCF – Forum Chrétien Mondial), qui se tenait à Rome et a constitué une opportunité importante de connaissance mutuelle et de dialogue œcuménique.

La rencontre a permis d’approfondir l’histoire, le charisme et l’engagement du Mouvement des Focolari en faveur de l’unité des chrétiens. Après une présentation introductive, un dialogue intense et animé s’est engagé, ponctué de nombreuses questions et réflexions. À la fin, Margaret Karram, Présidente du Mouvement des Focolari, a prononcé quelques paroles, en partageant également un témoignage personnel qui a suscité un vif écho parmi les participants.

Les membres du Comité ont exprimé leur gratitude pour l’accueil reçu et pour la lumière qui s’est dégagée de la rencontre. La commissaire Jane Paone, de l’Armée du Salut internationale, a commenté : « Pour moi, ce fut une expérience très “vibrante” : j’ai été touchée par la joie et l’hospitalité ».
Le Dr Hanns Lessing, représentant de la Communion Mondiale des Églises Réformées, a déclaré : « J’ai été particulièrement touché par la façon dont le commandement évangélique, « Aime ton prochain comme toi-même », peut se traduire aujourd’hui par « une invitation à aimer l’autre communauté ecclésiale comme la sienne ».
Le professeur Dirk Lange, de la Fédération Luthérienne Mondiale, a mis en lumière le lien profond entre les témoignages entendus et l’identité du Global Christian Forum : « Les témoignages de foi de Chiara Lubich et de Margaret Karram nous ont conduits au cœur du GCF : construire des relations par le don de soi, dans la confiance que Dieu pourvoit toujours. L’amour de Dieu est au centre et l’amour réciproque unit. »

Fondé en 1998 à l’initiative du Conseil œcuménique des Églises, sous le mandat de son Secrétaire Général de l’époque, le Dr Konrad Raiser, le Global Christian Forum est un espace œcuménique unique qui rassemble tous les principaux courants du christianisme mondial, y compris les Églises pentecôtistes et libres. Son charisme spécifique est le partage de témoignages de foi personnels comme moyen privilégié pour construire des relations, surmonter les distances historiques et promouvoir l’unité dans la diversité. Comme l’a souligné ces derniers jours le Dr David Wells, de la Pentecostal World Fellowship : « Le GCF favorise un dialogue qui ne part pas de positions doctrinales ou politiques, mais des personnes. »

Le Comité international, composé d’une trentaine de responsables ecclésiaux – dont fera également partie, à partir de 2026, le mouvement des Focolari –, a réfléchi aux défis de l’avenir, dans un monde marqué par des polarisations croissantes qui touchent également les Églises. Une question centrale s’est alors posée : comment être aujourd’hui des artisans de réconciliation ?

Il est apparu clairement à tous que le GCF occupe une place unique dans le paysage œcuménique. Comme l’a ajouté David Wells, en utilisant une métaphore efficace : « Le GCF est comme un engrais : il agit sous la surface. On ne le voit pas toujours tout de suite, mais ses fruits apparaissent avec le temps, orientés vers l’unité visible. »

Une forte consonance s’est ainsi mise en évidence entre l’objectif et la méthode de dialogue du Global Christian Forum et le charisme et le « dialogue de la vie » du mouvement des Focolari, ouvrant des perspectives de collaboration pleines d’espoir pour le chemin vers l’unité de l’Église et de toute la famille humaine.

Enno Dijkema

Un regard qui transforme

Un regard qui transforme

Dans les moments de la vie où nous nous sentons découragés face à l’avenir ou déçus par les personnes qui nous sont les plus proches, quelque chose d’imprévu et d’inattendupeut se produire, capable de donnersens à tout et de transformer ce désenchantement en joie, voire en une paix nouvelle, à la fois en nous et autour de nous.

Il s’agit parfois d’une expérience si personnelle et si profonde qu’elle nous donne le courage de sortir de nous-mêmes et de partager avec les autres la raison de notre joie, presque pour encourager chacun à la revivre, non seulement individuellement mais aussi en groupe. Qui sait si cela ne pourrait pas devenir notre mission : porter la joie qui est le fruit d’une transformation intérieure et qui, à son tour, transforme notre environnement, en le renouvelant.

Cependant, face à l’élan initial, à ce sentiment de pouvoir « conquérir le monde », la réalité est difficile à affronter et les engagements deviennent difficiles à tenir. Où trouver la force de ne pas baisser les bras et d’être toujours porteurs de joie et de paix ? Comment ne pas se laisser abattre lorsque, autour de nous, l’humanité semble avoir échoué en tant que telle ?

Il peut être utile d’adopter un regard différent sur les situations, c’est-à-dire de rechercher tout ce qu’il y a de positif dans les circonstances, sans naïveté, mais en allant audelà des apparences et en trouvant la force de ne pas se décourager. Nous découvrirons que si nous changeons le regard que nous portons sur les choses, alors les choses que nous regardons changent. Il s’agit de s’engager dans un combat quotidien pour l’idéal d’un monde renouvelé.

Nous pouvons trouver la force en nous serrant les coudes avec celles et ceux qui, comme nous, ne se résignent pas au statu quo, mais s’unissent pour être des instruments de changement.

En cette période historique en particulier, il est fondamental de regarder d’abord en nous-mêmes, d’écouter notre conscience, qui nous suggérera à chaque instant comment agir ou quelles paroles partager, afin que le fait de nous rendre proches des autres, en partageant leurs aspirations, ouvre de nouvelles voies de renouvellement de la société.

Photo: ©Mircea Iancu – Pixabay

« Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. » (Jean 20, 21-22)

« Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. » (Jean 20, 21-22)

Après être apparu à Marie de Magdala le matin de Pâques, le soir de ce même jour, le Ressuscité se présente pour la première fois à ses disciples. Leur réaction immédiate est la joie, enrichie par la paix, la vraie paix que Lui seul peut donner[1] : « La paix soit avec vous » (v. 21). La joie et la paix sont les fruits de l’Esprit[2].

En effet, Jésus leur dit aussitôt : « Recevez l’Esprit Saint » (v. 22).

« Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. »

Le Saint-Esprit ne se contente pas de rendre les disciples aptes à accomplir la même mission que Jésus, confiée par le Père, mais il les “recrée“ en tant que nouvelle humanité. Le geste du Ressuscité qui souffla sur eux est le même que celui que le Créateur fit dans les narines de l’homme façonné à partir de la poussière du sol [3]. Tout comme la création est l’œuvre continue de l’amour du Père qui soutient l’univers tout entier, la nouvelle création opérée par le Ressuscité dans le Saint-Esprit soutient continuellement l’humanité en marche vers le Royaume.

La Parole de Vie de ce mois-ci nous rappelle que dans notre existence, nous avons une grande possibilité : devenir “d’autres Jésus“. Cela est vrai pour chacun individuellement, mais encore plus pour la communauté. Jésus s’adresse à ses disciples au pluriel : en effet, ce n’est qu’ensemble que tous les membres, avec leurs spécificités, peuvent “reproduire“ le corps mystique de Jésus.

« Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. »

En tant qu’enfants dans le Fils, nous avons donc la même vocation que Jésus : sortis du sein du
Père, nous sommes appelés à retourner vers Lui, en répétant dans le monde ses gestes et ses paroles, accompagnés par la grâce du Saint-Esprit. Si nous nous ouvrons à ce don, nous pouvons nous aussi affirmer avec Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. »[4].

Cette Parole nous invite donc à approfondir notre relation avec le Saint-Esprit, tant dans la prière que dans la vie quotidienne, “en écoutant cette voix“ et en nous rappelant que : « Sans le SaintEsprit, Dieu est loin, le Christ reste dans le passé, l’Évangile est lettre morte, l’Église n’est qu’une simple organisation, la mission n’est que propagande.

Mais dans l’Esprit Saint, le cosmos est soulevé et gémit dans la gestation du Royaume, le Christ ressuscité est présent, l’Évangile est puissance de vie, l’Église signifie communion trinitaire, la mission est une Pentecôte »[5].

« Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. »

Andrea est un adolescent en pleine crise existentielle : les doutes sur le sens de la vie, la peur de l’avenir, les fragilités qu’il éprouve lui semblent être des montagnes insurmontables et il se retrouve souvent découragé et malheureux. Quelqu’un lui suggère d’en parler à Chiara Lubich. Peu avant de la rencontrer, Andrea entend Chiara prononcer à voix basse le mot “Esprit-Saint“ et comprend qu’elle est en train de prier.

Au cours de l’entretien, il se sent profondément compris, écouté et accepté tel qu’il est. Et il retrouve la paix : non pas parce que ses problèmes ont soudainement disparu, mais parce qu’il a désormais quelqu’un avec qui les partager.

« Chiara m’a non seulement apporté une aide concrète, confiera-t-il des années plus tard, mais elle m’a aussi appris une attitude : être aux côtés de ceux qui souffrent, avec délicatesse et compréhension, sans juger, exactement comme Jésus le ferait. »

Seul le Saint-Esprit peut accomplir cela, si nous l’accueillons et le laissons agir en nous.

Claudio Cianfaglioni et l’équipe de la Parole de Vie


Photo: © CSC – Audiovisivi

[1] Cf. Jean 14,27.

[2] Mais voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience… » (Gal 5,22).

[3] Cf. Gen 2,7.

[4] Gal 2,20.

[5] Ignace, métropolite de Laodicée, Assemblée générale du Conseil Œcuménique des Eglises, 5 juillet 1968, Cité par le pape François dans son Homélie de la solennité de la Pentecôte, 31 mai 2020.

Semaine Monde Uni 2026 : #ChooseTo Dialogue

Semaine Monde Uni 2026 : #ChooseTo Dialogue

« Il faut avoir le courage de se rapprocher les uns des autres, avoir le courage de la rencontre.

Ce n’est pas simplement une devise pour la Semaine Monde Uni, mais un choix que nous faisons tous chaque jour. Et si nous agissons ainsi, cela devient un chemin vers la paix. »

Margaret Karram et Roberto Almada, la Présidente et le Coprésident du Mouvement des Focolari, nous invitent, lors d’un bref échange, à envisager le dialogue avec ténacité et à le choisir concrètement au quotidien.

Activez les sous-titres et choisissez la langue souhaitée.

Semaine Monde Uni 2026 : donner la parole au Dialogue

Semaine Monde Uni 2026 : donner la parole au Dialogue

Des actions, des initiatives, des activités et des événements à l’échelle mondiale permettront de créer un réseau capable de vivre et de témoigner que la fraternité universelle est bel et bien possible. C’est cette dynamique qui anime la Semaine Monde Uni (SMU). Soutenue par United World Project, en collaboration avec le mouvement des Focolari et Youth for a United World (Y4UW), cette action mondiale qui se déroule chaque année du 1er au 7 mai traverse les continents et les océans et devient une occasion concrète de transformer des valeurs telles que l’unité et la paix en partageant des expériences.

Des personnes de cultures, d’âges et de contextes différents, chacune dans sa ville et sa communauté, répondent à cet appel dans le but de créer des espaces de rencontre authentique, de mettre en réseau des énergies, des idées et des témoignages capables de générer un changement réel.

L’édition de cette année propose un thème fort et d’actualité : #ChooseToDialogue. Dans un monde marqué par les conflits et des fractures croissantes, il devient plus urgent et plus important que jamais de redécouvrir la valeur de la rencontre, de l’écoute et de la compréhension mutuelle. Choisir le « dialogue » avec courage, aujourd’hui, signifie s’opposer à la logique de l’affrontement, et ouvrir des voies vers la paix ; surmonter les distances et transformer les différences en opportunités d’unité. La proposition pour cette SMU ? Un parcours quotidien qui invite à vivre ce choix dans différents domaines :

• 1er mai – Interculturalité & Dialogue

• 2 mai – Art & Engagement social

• 3 mai – Santé, Sport et Écologie

• 4 mai – Économie et Travail + Éducation et Recherche

• 5 mai – Communication et Médias

• 6 mai – Citoyenneté active et Politique

• 7 mai – Paix & Droits de l’homme

Divers outils et propositions sont mis à disposition pour concrétiser tout cela, du Time-out, invitation à un moment de silence et de prière commune qui rassemble tout le monde pour demander le don de la paix, à l’Inspiration Box, un document riche en idées et suggestions à mettre en œuvre au cours de la semaine.

Tra gli appuntamenti da non perdere:

  • Peace Got Talent – Living Peace, l’émission de Living Peace International que l’on pourra suivre à partir de 14h00 (GMT+1, heure de Rome) le samedi 2 mai sur YouTube (@unitedworldproject et @livingpeaceinternational), pour se laisser inspirer par les talents de nombreux participants et par les messages d’unité et de paix partagés par des jeunes du monde entier.
  • Run4Unity : le relais mondial pour la paix. À midi dans chaque fuseau horaire, les jeunes « passent le relais » au pays suivant, créant ainsi une vague mondiale d’unité qui fait le tour de la planète. De nombreux pays organisent déjà leurs étapes pour participer à cette course mondiale, comme le Brésil, le Venezuela, le Paraguay, l’Argentine, l’Ouganda, le Burundi, la Nouvelle-Calédonie, l’Italie et la Croatie, entre autres.
  • 1er mai à Loppiano (Italie). Du 1er au 3 mai, la Cité internationale des Focolari, près de Florence, accueille une nouvelle édition du 1er mai à Loppiano, le Festival de la fraternité dédié aux jeunes. ROOTS (racines), à la découverte de ce qui nous unit est le titre de l’événement : trois jours de rencontres, d’histoires, de réflexions, d’ateliers, d’expositions, d’activités éducatives et sportives consacrés au thème des racines et des diversités culturelles. Une invitation à aller en profondeur, à redécouvrir ses origines culturelles et spirituelles comme point de départ pour la rencontre avec l’autre.
  • – Au Portugal également, à la Cité des Focolari Arco-íris d’Abrigada (Alenquer), le 1er mai sera l’occasion de faire la fête et de s’engager pour la construction d’un monde meilleur. Organisé par Youth for a United World, cet événement, ponctué de moments de partage et d’ateliers, réunira des personnes venues de tout le pays et des invités de différents continents qui croient que la fraternité n’est pas seulement un rêve, mais une réalité qui se construit jour après jour, par des gestes concrets de solidarité, de dialogue et d’espoir. Le titre de l’événement : « Conecta-te. Tens coragem de construir pontes ? » (Connecte-toi. As-tu le courage de construire des ponts ?).

Par Maria Grazia Berretta

Une force prophétique aujourd’hui

Une force prophétique aujourd’hui

Du 16 au 18 avril 2026, le Comité d’Orientation du réseau « Ensemble pour l’Europe » (EpE) s’est réuni pour sa retraite annuelle, cette fois au Centre Schoenstatt de Vienne, Autriche, sur le Kahlenberg. 26 participants, représentant huit des mouvements chrétiens qui composent le réseau, ont dressé le bilan de l’année écoulée et défini les objectifs pour les projets futurs.

Un aspect central de la rencontre de cette année a été le renouvellement de certains membres au sein du Comité d’Orientation. Cette transition a été préparée au cours des deux dernières années dans un climat d’écoute de l’Esprit, afin de garantir à la fois la continuité et de nouvelles impulsions.

Margaret Karram, Présidente du mouvement des Focolari, a exprimé dans une lettre sa profonde gratitude envers les membres sortants pour le grand engagement dont ils ont fait preuve au cours des dernières décennies dans la construction d’EpE. Ont pris congé du groupe : Gerhard Pross (CVJM Esslingen), cofondateur d’EpE et modérateur de longue date, ainsi que Thomas Römer et Walter Kriechbaum (tous deux du CVJM Munich, engagés dans EpE depuis ses débuts).

Diego Goller (IT) et Ilona Toth (HO), représentants de la Présidente du mouvement des Focolari au sein du Comité d’Orientation, ont souhaité la bienvenue à leurs successeurs : Liz Taite (GB), forte d’une longue expérience dans l’oecuménisme, et Alberto Lo Presti (IT). Les fonctions de la Secrétaire Générale seront assumées par Maria Wienken (DE), secondée par Elisabeth Danner (A), toutes deux membres du mouvement des Focolari. La passation de pouvoir a été célébrée solennellement lors de la prière du soir et scellée par le « Pacte de l’amour réciproque ». Gerhard Pross a souligné la grandeur de la mission d’EpE et ses riches fruits, qui ont marqué des étapes importantes dans l’histoire de l’Église, comme le décrit le livre « Sternstunden der Einheit » (Moments forts d’unité).

Le rôle de modérateur d’EpE sera désormais assumé par un groupe composé de trois membres du Comité actuel : Soeur Nicole Grochowina (Communauté Christusbruderschaft Selbitz), le Père Raffael Rieger (Mouvement de Schönstatt) et Matthias Bühlmann (Vineyard). « Ce changement marque non seulement la fin d’une époque, mais aussi le début d’une nouvelle phase de collaboration au niveau européen », a commenté l’un des participants.

Un autre membre a ajouté : « Les journées passées au Kahlenberg ont montré que notre diversité est notre force. Avec la nouvelle équipe, nous envoyons un signal clair de continuité et de nouveaux horizons. » Un autre participant a souligné : « EpE écrit une histoire d’espoir en ces temps apparemment sans espoir. C’est pourquoi il est aujourd’hui plus important que jamais de marcher ensemble ».

Un autre point central des discussions a été le travail des Comités Nationaux, qui assument une responsabilité croissante dans l’ancrage d’EpE dans leurs pays respectifs.

Les prochains rendez-vous importants ont également été abordés :

  • 9-13 mai 2026 : À l’occasion de la Fête de l’Europe, 120 jeunes Européens visiteront le Parlement Européen. Impressionnés par l’unité chrétienne vécue au sein d’EpE, ces jeunes ont rédigé un « Pacte entre les générations » qu’ils présenteront aux députés.
  • 29-31 octobre 2026 : Prochaine « Rencontre des Amis » au Centre Vineyard de Würzburg, Allemagne.
  • 4-6 mai 2028 (date prévue) : Grand événement à Castel Gandolfo et Rome, Italie.

La réunion de 2026 du Comité d’Orientation a ainsi marqué une étape importante pour l’orientation future du réseau, qui continue à s’engager pour l’unité et la fraternité sur tout le continent.

Beatriz Lauenroth
Photo : avec la gentile autorisation d’« Insieme per l’Europa »