Du 30 mai au 1er juin, selon le calendrier des grands événements du Jubilé de l’Espérance 2025, il y aura le Jubilé des familles, des enfants, des grands-parents et des personnes âgées ; et du 28 juillet au 3 août, le Jubilé des jeunes. Il s’agit de deux grands événements qui rassembleront à Rome des milliers de personnes venues du monde entier.
Le mouvement des Focolari propose à cette occasion des itinéraires pour approfondir la spiritualité de l’unité et la vie de certains témoins de l’espérance. En particulier, un itinéraire par étapes à travers l’Italie, intitulé « Jeunesse et sainteté », a été créé pour les jeunes. Pour plus de détails, nous avons interviewé Paola Torelli et Lais Alexandre Pessoa des Centres de Jeunes du Mouvement.
Commençons par le Jubilé des jeunes : comment est née l’idée du projet « Jeunesse et sainteté » ?
Le Jubilé des jeunes est une occasion unique d’entreprendre un voyage, à la fois physiquement à Rome et dans d’autres lieux jubilaires à travers le monde. Ce parcours n’est pas seulement un voyage à travers des lieux, mais surtout une expérience de rencontre avec Dieu et avec tant de témoins de l’espérance, dont la vie peut nous aider à grandir dans la foi et dans l’espérance. D’où l’idée de Jeunesse et Sainteté, pour tous les jeunes qui participeront au Jubilé des jeunes à la fin du mois de juillet, en proposant un parcours accompagné par des témoins de l’espérance.
Quelles sont les propositions du mouvement des Focolari ?
Quelques étapes en Italie sont proposées
Sassello (Gênes) pour rencontrer le témoignage de la bienheureuse Chiara Luce Badano. (fondazione@chiarabadano.org) (fondazione@chiarabadano.org)
Gênes pourmieux connaître les deux amis Alberto Michelotti et Carlo Grisolia, aujourd’hui Serviteurs de Dieu (info@albertoecarlo.it)
Loppiano (Florence), dans la cité-pilote internationale des Focolari, pour rencontrer les témoins de l’espérance d’aujourd’hui.(accoglienza@loppiano.it)
Assise pour découvrir le témoignage de vie de Saint Carlo Acutis, qui sera canonisé le 27 avril 2025 dans le cadre du Jubilé des adolescents. (Programme d’accueil des jeunes)
Rome pour un voyage en étapes autour des quatre mots clés du Jubilé : Pèlerinage et Profession de Foi, Porte Sainte, Espérance, Réconciliation. Le parcours se fera le long de l’itinéraire des Sept Églises, accompagné d’un itinéraire spirituel.
Le 4 août, visite au Centre international des Focolari (Rocca di Papa). Il sera possible de participer à une visite guidée pour une rencontre plus approfondie du charisme de l’unité et de l’histoire de la vie de la fondatrice Chiara Lubich, dont le corps est inhumé dans ce centre. (accoglienza@focolare.org)
Est-il possible de choisir une seule étape ou s’agit-il d’un chemin unique qui comprend toutes les étapes mentionnées ?
Les étapes proposées sont indépendantes, chaque groupe ou personne peut choisir celles auxquelles il souhaite participer ou, si possible, faire le parcours complet. Pour chaque étape, des contacts de référence sont disponibles pour le programme et les visites.
Y a-t-il d’autres propositions pour les jeunes ?
À Rome, tous les mois, au Point de rencontre des Focolari, a lieu un rendez-vous intitulé Appelés à une seule espérance – Jeunes en chemin. Avec différents mouvements et associations qui ont accepté l’invitation, nous offrons la possibilité de nourrir et de renforcer l’espérance par l’échange de témoignages, la réflexion, le silence, la prière. C’est une expérience de connaissance mutuelle. Préparer ces rendez-vous avec les autres Mouvements et Associations nous fait grandir et être de plus en plus Église.
Passons maintenant au Jubilé des familles, des enfants, des grands-parents et des personnes âgées, qui aura lieu à la fin du mois de mai : que proposent les Focolari ?
Deux événements sont prévusle vendredi 30 mai. Il s’agit de parcours interactifs pour découvrir le Jubilé de l’Espérance en famille avec des enfants et des jeunes jusqu’à 12 ans, avec des réflexions et des jeux adaptés à cette tranche d’âge. Le premier aura lieu au Centre international des Focolari, où l’on pourra également visiter plusieurs lieux significatifs, dont la maison où Chiara Lubich a vécu et la chapelle où elle est inhumée avec les cofondateurs du mouvement. Le second événement se déroulera à Rome, dans différentes églises et lieux significatifs, à partir du point de rencontre des Focolari.
Guerres, massacres, fortes polarisations, où même le pacifisme peut devenir source de division : telle est l’actualité dans laquelle nous sommes plongés.
La figure d’Igino Giordani (1894-1980), homme de paix parce qu’il était juste et cohérent, nous donne aujourd’hui quelques idées pour lever les yeux et continuer d’espérer, en tentant un dialogue là où cela semble impossible, pour briser les idéologies cristallisées et les absolutismes, pour construire une société inclusive, pour refonder la paix sur l’unité.
Parmi les témoins les plus vivants de la culture de la paix du XXe siècle, son pacifisme puise directement dans l’Évangile : tuer un autre homme signifie assassiner l’être fait à l’image et à la ressemblance de Dieu. Giordani aspire donc à la paix, il se dépense de toutes les manières, il dialogue avec quiconque pour la paix, il ne recule même pas lorsqu’il s’agit de soutenir la ratification du Pacte Atlantique et d’assurer la sécurité et la défense de l’Europe et de l’Italie… On peut dire que son pacifisme est à 360°, sans exclusion.
Passons en revue quelques-uns de ses écrits.
« … le premier conflit mondial éclata. […] Et des meetings bellicistes explosèrent sur la place où j’allais pour protester contre la guerre ; à tel point qu’une fois, une personne que j’estimais, en entendant mes cris, m’avertit : – Mais vous voulez vous faire tuer !…
[…] En mai 1915, j’ai été appelé sous les drapeaux. […]
La tranchée ! C’est là que, depuis l’école, je suis entré dans la vie, dans les bras de la mort, avec des salves de canon. Fango, freddo, sporcizia, attutirono la scoperta amara: che i soldati erano tutti contrari all’omicidio detto guerra, per il fatto che l’omicidio era uccisione dell’uomo: tutti la detestavano… […] Stavamo a Oslavia, presso dei ruderi chiamati Pri-Fabrisu: il ricordo dell’agonia (da agone) sofferta in quei luoghi lo raccolsi, più tardi, durante la triennale degenza d’ospedale, in un poemetto intitolato I volti dei morti. Rammento l’ultimo verso che diceva: “Questa maledizione della guerra” [2]».
Giordani a été grièvement blessé et, de retour du front, il a passé trois ans à l’hôpital militaire de Milan, avec des lésions irréversibles à une jambe. Son pacifisme était donc fondé sur la vie vécue. Engagé ensuite dans la vie politique, il a toujours cherché le dialogue avec tous, même avec ceux qui avaient des opinions opposées aux siennes, convaincu que l’homme doit toujours être accueilli et compris. Il ne s’est jamais enfermé dans des positions absolues. Voici comment il décrit son intervention au Parlement en faveur du Pacte atlantique :
« À la Chambre, je me souviens d’un discours que j’ai prononcé le 16 mars 1949, […] sur le Pacte atlantique, qui depuis trop longtemps n’était présenté que sous l’aspect de l’anticommunisme, c’est-à-dire de la préparation d’une guerre contre les Russes. […] J’ai dit que chaque guerre est un échec des chrétiens. “Si le monde était chrétien, il ne devrait pas y avoir de guerres… […] La guerre – ai-je ajouté – est un meurtre, un déicide (meurtre de Dieu en effigie : c’est-à-dire dans l’homme qui est son image) et un suicide” [3]».
Le discours de Giordani a été applaudi par la droite et par la gauche : patient tisserand de relations, il a mis en évidence la valeur positive d’un choix de la part de l’Italie qui pouvait être interprété en faveur de la guerre. Giordani était convaincu que pour la paix, il fallait essayer toutes les voies, au-delà des alignements stratégiques, et il espérait que la politique chrétienne serait capable de se démêler des polarisations en cours pour s’élever en force de paix.
Il écrit en 1953 :
« La guerre est un meurtre à grande échelle, revêtu d’une sorte de culte sacré […]. La guerre est à l’humanité, comme la maladie l’est à la santé, comme le péché l’est à l’âme : elle est destruction et massacre, investissant âme et corps, les individus et la collectivité.
[…] La fin peut être la justice, la liberté, l’honneur, le pain : mais les moyens produisent une telle destruction de pain, d’honneur, de liberté et de justice, ainsi que de vies humaines, y compris celles des femmes, des enfants, des personnes âgées, des innocents de toutes sortes, qui annulent tragiquement le but qu’ils se sont fixé.
En substance, la guerre ne sert à rien, si ce n’est à détruire des vies et des richesses[4] ».
Giordani nous rappelle donc que la paix est le résultat d’un projet : un projet de fraternité entre les peuples, de solidarité avec les plus faibles, de respect mutuel. C’est ainsi que l’on construit une monde plus juste, aujourd’hui encore.
[1] Igino Giordani, L’inutilità della guerra, Città Nuova, Roma, 2003, (terza edizione), p. 57 [2] Igino Giordani, Memorie di un cristiano ingenuo, Città Nuova, Roma 1994, pp.47-51 [3]Idem, p.111 [4] Igino Giordani, L’inutilità della guerra, Città Nuova, Roma, 2003, (terza edizione), p. 3
Nous publions le rapport de l’année 2024 sur les activités du Mouvement des Focolari dans le domaine de la Protection de la Personne, en prenant comme introduction les mots que le Pape François a adressés à la Commission Pontificale pour la Protection des Mineurs et par lesquels, de fait, il a actualisé le mandat avec lequel il l’avait constituée il y a 10 ans. Nous nous sentons fortement appelés à réaliser cette « conversion intégrale » à laquelle fait appel le Saint-Père, qui n’est jamais totalement accomplie, mais qui nous demande de nous interroger continuellement, d’avoir un regard humble, toujours attentif, protecteur et accueillant envers chaque personne. Il nous demande de poursuivre avec persévérance le chemin de la formation et de la proximité authentique, conscients de la nécessité de changer, afin que chaque personne se sente en sécurité, aimée et respectée dans nos milieux et dans nos différentes activités.
2024 : écoute, formation, réglementation
Trois éléments ont caractérisé l’année écoulée du point de vue de la Protection, dans le Mouvement des Focolari : l’écoute et l’implication des victimes et des témoins à différent titre dans les processus de réparation et de formation des responsables ; la multiplication des cours et des sessions de formation pour tous les participants et la poursuite de la construction du cadre normatif, avec la mise en œuvre du Protocole pour les cas d’abus et la rédaction des Lignes Directrices pour les services d’écoute et d’accueil.
La rencontre, en novembre dernier, des responsables du Mouvement dans le monde avec des personnes victimes d’abus sexuels ou d’abus de pouvoir de la part de membres du Mouvement des Focolari a été d’une importance fondamentale. Les victimes ont raconté leurs histoires de grande souffrance et les graves conséquences sur leur vie, sur les communautés dont elles faisaient ou font encore partie. Des membres de la famille de l’une des victimes étaient également présents et ont témoigné des graves conséquences des abus sur l’ensemble des membres de la famille. Les mots de l’un des participant expriment bien l’importance de ce moment : « L’écoute de ces personnes a marqué un ‘avant’ et un ‘après’. Avec délicatesse et clarté, elles nous ont dit à quel point le Mouvement a failli dans ce qui est au cœur de son charisme : l’unité, l’amour du prochain, parce que dans de nombreux cas, non seulement nous avons été en quelque sorte coresponsables des abus commis, mais nous avons également laissé les personnes seules face à leur douleur. » .»
En outre, la contribution des victimes, de même que l’implication de professionnels de différentes disciplines, extérieurs au Mouvement, ont été fondamentales pour le travail réalisé au Centre International et dans les territoires pour les documents produits cette année et la formation à la protection des communautés des Focolari dans le monde, tout comme la conception et l’ouverture d’espaces d’écoute et d’accueil.
A également vu la création d’une Commission d’étude sur les abus de pouvoir et les abus spirituels survenus au sein du Mouvement. Son objectif est d’en approfondir les causes, afin de modifier les pratiques néfastes et de mettre en place des mesures de prévention appropriées. L’étude, qui est encore en cours, fait également appel à des conseils extérieurs de spécialistes dans différents domaines : psychologique, pédagogique et juridique. Cette analyse est soutenue et encouragée par le Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie et, bien qu’elle n’en soit qu’à sa phase initiale, son importance est reconnue, car il est clair que la création et la mise en œuvre de normes et de protocoles ne suffisent pas : il faut aussi approfondir les dynamiques qui ont conduit aux différentes formes d’abus.
Enfin, des documents normatifs et des Lignes Directrices ont été actualisés, mis en œuvre et produits (à paraître prochainement en français), ce qui est également le résultat d’une coopération fructueuse avec la Commission Pontificale pour la Protection des Mineurs, qui a suivi et encouragé les nouvelles étapes franchies.
« Aujourd’hui, plus que jamais, dans le monde où nous vivons, plein de divisions, de tragédies, de conflits, où les gens ne dialoguent pas, se réunir a une très grande signification », a déclaré Margaret Karram, présidente du mouvement des Focolari, dans une interview publiée sur News.va pendant les journées de la rencontre œcuménique intitulée Appelés à l’espérance – Acteurs clés du dialogue, promue par le Centro Uno, le secrétariat international pour l’unité des chrétiens du mouvement des Focolari. Ses paroles ont exprimé une certitude qui est restée dans le cœur et l’expérience des 250 personnes venues de 40 pays et de 20 Églises chrétiennes, ainsi que des plus de 4 000 personnes connectées dans le monde entier par streaming qui ont assisté à l’événement.
La rencontre, qui s’est tenue au Centre Mariapolis de Castel Gandolfo du 26 au 29 mars 2025, s’est ouverte avec la contribution de Jesús Morán, coprésident du mouvement des Focolari, et de Callan Slipper, théologien anglican, qui a déclaré : « L’œcuménisme, en réparant nos interactions personnelles au sein de la communauté chrétienne, permet à l’Église d’être elle-même. Ce qui sert l’humanité nous sert également. Sans lui, notre santé spirituelle diminue, tout comme toutes les autres dimensions de la vie humaine ne peuvent s’épanouir sans la réconciliation apportée par Jésus ». Et Mr Morán de conclure : « L’unité plutôt que l’union, et le christianisme comme manière d’être plutôt que comme doctrine, peuvent être deux voies fructueuses pour l’œcuménisme en réponse à ce que l’histoire nous demande aujourd’hui ».
La rencontre a proposé une méthode pour cheminer dans l’unité : le dialogue, celui qui émerge de la spiritualité du mouvement des Focolari, le dialogue de la vie, le dialogue du peuple, et celui qui émerge de ce que l’on appelle l’œcuménisme réceptif, qui en est très proche. Karen Petersen Finch, presbytérienne américaine, a souligné par son expérience l’importance du dialogue sur la doctrine de la foi, normalement réservé aux théologiens, aux responsables ecclésiastiques et aux comités officiels de dialogue, mais qui implique de plus en plus le peuple.
Une journée a été consacrée à un pèlerinage à Rome, avec la visite de la basilique Saint-Laurent Martyr et de l’abbaye des Trois Fontaines, où la tradition situe le martyre de saint Paul. Dans une atmosphère de recueillement, cette journée a été, comme l’a dit l’un des participants, « une rencontre avec les premiers martyrs de l’Église indivisée qui, par l’authenticité de leur vie, de leur foi et de leur témoignage, nous insufflent le courage d’annoncer le Christ aujourd’hui ». Puis, dans la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, le pèlerinage s’est achevé par une prière œcuménique. L’œcuménisme a ses racines bibliques dans la prière, en commençant par Jésus. Dans sa prière, il a lui-même demandé au Père : « Que tous soient un ». Ses paroles, dans divers passages de l’Écriture, nous invitent à demander quoi que ce soit au Père « en son nom, ensemble et d’un commun accord ». C’est ainsi qu’ensemble, réunis dans l’unité, les prêtres et les laïcs de toutes les confessions chrétiennes présentes ont demandé au Père la paix dans tous les coins de la terre et la réconciliation entre tous les chrétiens.
Abbaye des Trois FontainesBasilique de San LorenzoPrière à saint Paul
Parmi les thèmes abordés au cours de la rencontre figuraient les anniversaires importants de l’année 2025 : le 1700e anniversaire du Concile de Nicée, la Pâque qui sera célébrée le même jour par toutes les églises chrétiennes, et le 60e anniversaire de l’abolition des excommunications entre l’Église de Rome et l’Église de Constantinople. Martin Illert, représentant du Conseil œcuménique des Églises, a déclaré à propos du Concile de Nicée : « Je suis convaincu que la prière et la réflexion communes nous font avancer sur le chemin de l’unité, car nous nous souvenons à la fois de nos racines communes et de notre mission partagée ». L’archevêque Andrea Palmieri, du Dicastère pour la promotion de l’unité des chrétiens, a quant à lui déclaré : « Ces événements sont certes importants, mais (…) les paroles doivent être suivies de décisions concrètes et prophétiques. Je suis convaincu que les réflexions entamées cette année contribueront à la maturation de décisions qui pourront marquer l’avenir du chemin œcuménique ».
Comment la synodalité peut-elle contribuer à l’Œcuménisme ? On en a parlé lors d’un panel formé par des personnes qui ont participé au Synode de l’Église catholique: trois délégués fraternels, membres de différentes Églises, un évêque catholique et une invitée spéciale ont partagé leur expérience vécue dans laquelle la participation active de tous a contribué à un dialogue affectif et effectif avec une « forte dimension œcuménique », comme l’a dit S.E. Khajag Barsamian, de l’Église apostolique arménienne, « qui met l’accent sur l’unité, les expériences spirituelles partagées et le respect mutuel entre les chrétiens ». « L’ensemble du Synode, en tant qu’exercice spirituel, a eu une profonde influence sur ma compréhension de moi-même et de mon ministère, mais aussi sur mon Église », n’hésite pas à affirmer le pasteur Dirk G. Lange, de la Fédération luthérienne mondiale. Pour Mgr Brendan Leahy, évêque catholique de Limerick (Irlande), la méthode de travail utilisée pendant le synode, la « conversation dans l’Esprit », a contribué à me rendre « plus attentif dans mon travail et mon ministère à écouter davantage, en reconnaissant le germe de la vérité présent en chaque personne », tandis que pour le Dr Elizabeth Newman, de l’Alliance baptiste mondiale, la synodalité est fondée sur « la prise de conscience, et la pratique, que son propre point de vue ne doit pas prévaloir. On ne doit pas ‘gagner ‘». Margaret Karram, présidente du mouvement des Focolari, déclare : « Nous savons que l’espérance est une vertu et que nous ne pouvons pas la perdre. Nous devons la nourrir, la cultiver en nous-mêmes pour pouvoir la donner aux autres » et invite chacun à faire grandir l’espérance et la foi par “des gestes, même petits, envers le prochain : des gestes de solidarité, de communion, d’ouverture… ce n’est qu’ainsi que nous pouvons espérer”.
Un appel donc à l’espérance qui, au cours de la rencontre, s’est transformé en réflexion et en approfondissement, enrichi par des signes concrets et des témoignages de vie qui illustrent le chemin de l’action œcuménique au niveau mondial (Forum chrétien mondial, JC2033), international (Ikumeni-Amérique latine, Ensemble pour l’Europe, John17), local (du Brésil aux Philippines, de l’Irlande du Nord à la Serbie, de la Hollande au Venezuela, de l’Allemagne à l’Ouganda…) et qui est en train d’impliquer des Églises, des prêtres et des laïcs, des théologiens et des chercheurs, des adultes et des jeunes, des individus et des groupes, tous véritables protagonistes du dialogue.
Depuis plus de deux ans, un groupe de professionnels de la communication, à l’initiative de NetOne, le réseau international des communicateurs du Mouvement des Focolari, se réunit mensuellement en ligne pour approfondir certains thèmes liés au Synode des évêques, en particulier la synodalité et la communication. L’écoute, le silence, le témoignage, la communication fraternelle sont quelques-uns des éléments clés de ces rencontres. Au cours de ces deux années, deux webinaires ont également été organisés : le premier en avril 2024 (dont vous pouvez lire une étude approfondie en cliquant sur qui) et le second en février 2025 intitulé «Quelle communication pour la synodalité? ». Cet événement a été suivi dans plusieurs parties du monde et par de nombreux experts en communication connectés de différents Pays.
Alessandro Gisotti, Directeur adjoint de Vatican Media, a ouvert la série de conférences en citant trois termes essentiels pour un bon communicateur : communication, action et communauté. « En cette Année Sainte, nous avons besoin d’une communication synodale qui sache se mettre en route avec les personnes à venir », a-t-il déclaré, « pour les accompagner, sans avoir la prétention de vouloir les diriger. Mais prête à l’écouter, à l’accompagner, à faire un bout de chemin ensemble ».
Kim Daniels, professeure à l’Université de Georgetown à Washington D.C., coordinatrice au Synode du groupe d’étude 3 « Mission dans l’environnement numérique », est venu des États-Unis. Notre objectif », explique Mme Daniels, “est d’offrir au Saint-Père des recommandations concrètes pour améliorer la mission de l’Église dans cette culture numérique, en veillant à ce qu’elle reste fermement ancrée dans notre appel à rencontrer les gens là où ils se trouvent, en les conduisant à une communion plus profonde avec le Christ et les uns avec les autres”.
Pál Tóth, professeur à l’Institut Universitaire Sophia de Loppiano, est intervenu depuis la Hongrie, expliquant que « pour guérir les blessures profondes du monde globalisé, une collaboration transversale est nécessaire, même avec ceux qui ont des conceptions partiellement différentes des nôtres. L’idée d’un consensus différencié favorise un nouveau type de relations sociales : nous collaborons pour la réalisation de certaines valeurs tout en restant sur des plates-formes différentes pour d’autres ».
Le synode est construit à partir de la base. C’est ce qui ressort de l’expérience de Muriel Fleury et de Béatrice Binaghi, respectivement responsable de la communication et responsable des médias sociaux au Dicastère pour le développement humain intégral. « Donner une voix à ceux qui n’en ont pas », explique Muriel Fleury, rappelant que »parler de ceux qui sont exploités ou marginalisés par les processus dominants, c’est les faire exister. Sans ces voix à contre-courant, tout favoriserait les dominants, car se taire, c’est finir par se plier à ceux qui maltraitent, à ceux qui asservissent, à ceux qui pressurent, à ceux qui veulent rendre invisibles tant, trop d’hommes et de femmes ». Mgr Binaghi a également parlé du réseau de collaboration qui s’est créé entre les « évêques frontaliers » chargés de la pastorale migratoire en Colombie, au Costa Rica et au Panama, notamment pour faire face à la situation critique de Darien, où des centaines de migrants transitent chaque jour. « La comparaison et la communication ont créé une communauté, et le travail qui était auparavant fragmenté est maintenant plus synergique et incisif ».
L’actrice Stefania Bogo a été chargée d’offrir deux moments de réflexion avec une lecture artistique de certains passages de la récente encyclique du pape François, Dilexit nos, et de l’ouvrage de Chiara Lubich, L’attrait des temps modernes.
Erica Tossani, de la présidence de l’Assemblée synodale de l’Église italienne, a expliqué l’importance de l’écoute, qui « n’est pas simplement une action passive, un silence qui attend d’être rempli par les paroles des autres. Il s’agit d’une attitude active qui implique l’attention, le discernement et la volonté de se laisser interroger. Sans écoute, la communication se réduit à la polarisation et à l’opposition stérile ».
Parmi les expériences synodales, citons celle de Paolo Balduzzi, correspondant de l’émission A sua immagine sur la chaîne italienne Rai 1 : « Les histoires racontées, explique-t-il, naissent d’un dialogue partagé avec l’ensemble de la rédaction. Pour moi, chaque interview est une rencontre. Et la synodalité part de cette rencontre avec mon interlocuteur, c’est-à-dire qu’il s’agit d’entrer dans son histoire, dans son expérience et d’essayer de saisir ensemble les aspects les plus essentiels de l’histoire ».
L’histoire de Mariella Matera, blogueuse d’Alumera, un espace d’évangélisation sur les médias sociaux, qui raconte l’histoire d’une communicatrice fascinée par l’idée de transmettre l’Évangile à travers Internet. « Comment puis-je être un petit pont entre le web et le Christ ? – A Lumera, en dialecte calabrais (sud de l’Italie), est l’ancienne lampe à huile. Tout comme la lampe, tant qu’elle a de l’huile, ne s’éteint pas, moi aussi, tant que j’ai l’amour du Christ en moi, je ne peux pas rester silencieuse ».
Pour conclure, Anita Tano, responsable de la communication pour United World Project-NetOne Argentina, a parlé de l’expérience du Genfest 2024 au Brésil, le festival des jeunes du mouvement des Focolari sur le thème Together to Care. A travers des échanges culturels, des séquences artistiques et des ateliers, l’objectif était de reconnaître la communication comme un outil permettant de prendre soin de « sa propre vie, des autres et de la planète ». Un message qui souligne la différence entre le simple fait d’être « connecté » et celui d’être véritablement « uni ».
L’émission en direct a été animée par Enrico Selleri, présentateur et auteur des émissions de l’Église italienne Tv2000 et InBlu2000, et Sara Fornaro, rédactrice en chef du magazine italien Città Nuova, et a été promue par NetOne en collaboration avec le Secrétariat général du Synode des évêques, le Dicastère pour la Communication, le Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral, Vatican Media, le Chemin Synodal de l’Église en Italie, TV2000, InBlu2000 et SIR (de la Conférence Épiscopale Italienne), l’Institut Universitaire Sophia, Weca (Association des WebCatholiques Italiens), le Groupe d’Édition Città Nuova et l’Université Pontificale de la Sainte-Croix.
« Je pense que don Pepe, après don Silvano Cola, a été le prêtre focolarino le plus charismatique que j’aie connu », a déclaré un prêtre italien à l’annonce de la mort de don Enrico Pepe, survenue le 2 mars 2025 au focolare sacerdotal de Grottaferrata (Rome). « C’était une personne au regard pur. Il voyait les gens dans la vérité et aussi dans la miséricorde », a déclaré un autre prêtre des États-Unis. Et le cardinal João Braz De Aviz, préfet émérite du Dicastère pour la vie consacrée, dans l’homélie des funérailles qu’il a présidées : « Je remercie le Seigneur pour la sollicitude dont il a fait preuve envers nous, prêtres, en aidant tant de personnes à ne pas perdre le don de la vie chrétienne et du sacerdoce ministériel, car nous sommes renforcés par la recherche constante de l’unité entre nous, avec l’Église et avec l’Œuvre de Marie ».
Mais qui était le père Enrico Pepe ? Il en a beaucoup parlé lui-même dans le livre Un’avventura nell’unità (CNx 2018).
Enrico est né le 15 novembre 1932 à Cortino (Teramo, Italie), premier d’une fratrie de neuf enfants. Malgré les ombres de la guerre, il a vécu une enfance heureuse. Il reviendra plus tard volontiers dans ces lieux, notamment pour retrouver la chaleur de ses proches, la « tribu Pepe », avec 76 petits-enfants et arrière-petits-enfants.
Au collège, Enrico ressent la vocation au sacerdoce et entre au séminaire. Il vit un moment de doute lorsqu’une jeune fille lui manifeste son affection, mais c’est précisément à ce moment-là qu’il renouvelle son choix avec plus de conscience.
Il est ordonné prêtre en 1956 et en 1958, l’évêque l’envoie à Cerchiara, un village sous le Gran Sasso, divisé en deux factions politiques qui touchent également la paroisse. Don Enrico, avec sa « ruse » évangélique, parvient à se frayer un chemin et la situation se pacifie.
En 1963, il découvre le Mouvement des Focolari. Avec Don Annibale Ferrari, il se rend tous les quinze jours de Teramo à Rome, chez Don Silvano Cola, dans le premier focolare sacerdotal. Un an plus tard, on lui propose de s’installer à Palmares, dans le nord-est du Brésil, d’où l’évêque Dom Acacio Rodrigues s’est adressé aux Focolari, en raison de la grave pénurie de prêtres. En 1965, Don Pepe devient curé à Ribeirão, dans une région de monoculture de canne à sucre avec des problèmes sociaux et moraux brûlants. Il y répond par une pastorale éclairée par le Concile Vatican II et par son bon sens. Au fil des ans, un focolare sacerdotal verra le jour, auquel Dom Acacio participe souvent.
Avec Chiara Lubich, Brésil, 1965.Avec sa sœur Iole, juillet 2024.Avec Margaret Karram, 2022.
Après quelques mois dans son pays natal, il repart pour le Brésil en 1969, cette fois pour se consacrer entièrement au Mouvement et promouvoir l’esprit d’unité entre les prêtres. En 1972, il s’installe à cet effet à la Mariapoli Araceli, la cité-pilote des Focolari près de São Paulo. « L’Église au Brésil – écrira don Pepe des années plus tard au Pape François – traversait alors une crise terrible, surtout dans le clergé. Avec les focolarini et les focolarines, j’ai commencé à offrir la spiritualité de l’unité aux prêtres et aux séminaristes diocésains et aux religieux. Un vie nouvelle et joyeuse s’est ainsi éveillée dans de nombreux diocèses et congrégations religieuses ». Avec un résultat inattendu : « Au début des années 80, le Saint-Siège a commencé à nommer évêques certains prêtres qui vivaient cette spiritualité ».
En 1984, don Pepe est appelé au Centre sacerdotal des Focolari à Grottaferrata (Rome), pour s’occuper, avec don Silvano Cola, des milliers de prêtres qui vivent la spiritualité de l’unité et de la vie qui fleurit dans les paroisses du monde entier. Pendant son temps libre, il rassemble la vie des martyrs et des saints. Il en résulte un livre publié par les éditions Città Nuova, qui est tellement apprécié qu’on lui demande de le développer en trois volumes.
En 2001, l’affaire de l’archevêque zambien Milingo éclate. Lorsque celui-ci se repent, le Saint-Siège cherche à qui le confier pour qu’il se reprenne et s’adresse au Mouvement des Focolari. Cette tâche est confiée à don Pepe. Des années plus tard, le cardinal Bertone, alors secrétaire du Dicastère pour la doctrine de la foi, écrira à don Pepe : « Nous nous sommes connus à un moment particulier de la vie de l’Église à Rome, sans jamais nous être rencontrés, mais nous avons ressenti une convergence d’idéaux, de mission et de transmission de l’amour miséricordieux de Dieu, qui ont scellé nos relations ».
Au cours des dernières années, de grands défis se sont posés en matière de santé. « Au Brésil, commente don Pepe, j’ai foulé de nombreux aéroports et maintenant je me retrouve souvent sur la piste de décollage, prêt pour le dernier vol, le plus beau, car il nous emmène en haut. »
La nostalgie est un sentiment déterminant pour les questions morales, philosophiques et spirituelles de l’être humain. Étymologiquement, elle signifie « douleur du retour », dans un sens parfois indéterminé, car elle ne s’adresse pas tant à un passé fait de lieux, de personnes ou d’événements concrets, qu’à une émotion profonde qui nous fait aspirer à quelque chose de beau, de juste et d’universel. Comme si, au fond de nous, nous savions que nous en faisions partie, ou que nous étions appelés à en faire partie.
Le thème de l’exil traverse l’histoire de la pensée humaine : le voyage d’Ulysse (chanté dans l’Odyssée d’Homère) est un voyage qui renvoie à l’infini parce qu’il est toujours inachevé, mais il comporte une expérience de sagesse.
(…)
« Ayez toujours Ithaque à l’esprit – y revenirsera la pensée constante. Surtout, ne précipitez pas le voyage ; qu’il dure longtemps, des années (…) Et même si tu la trouves pauvre, Ithaque ne t’aura pas déçu. Rendu sage maintenant, avec toute ton expérience, tu auras déjà compris tout ce que signifie Ithaque. » [1]
Tous les récits d’exil, depuis les civilisations les plus anciennes jusqu’à nos jours, abordent des questions existentielles, fondamentales non seulement pour l’époque : y a-t-il un « fil conducteur » qui donne un sens à l’histoire ? Cette question peut également être abordée au niveau personnel : y a-t-il un sens à ce que je vis ou à ce que j’ai vécu ? Pourquoi le mal, la douleur, la mort ? Telles sont les questions non exprimées mais profondément représentées dans les recherches les plus récentes sur les besoins authentiques des jeunes.La nostalgie de l’infini est souvent décrite comme une mélancolie, une solitude de l’âme, une recherche de sens. [2].
Pourtant, ces questions peinent à émerger : nous sommes distraits par les événements qui nous arrivent, par les milliers de soucis qui nous tenaillent l’âme, par les pensées qui nous tracassent. Peut-être ne nous arrêtons-nous pas assez longtemps pour découvrir autour de nous de petites réponses qui peuvent être un phare pour nous aider à ne pas perdre le sens de notre cheminement.
Essayons donc de rechercher des opportunités de toutes sortes – des temps et des espaces d’écoute, de réflexion, de partage – et avec ceux qui partagent avec nous le chemin de notre existence : notre communauté, nos amis, nos collègues de travail.Essayons de travailler, de nous confronter les uns aux autres sans perdre la conviction que les choses peuvent changer pour le mieux. Nous aussi, nous nous sentirons changés.
Dans les communautés chrétiennes du monde entier, ce mois célèbre Pâques. Le message de ces « trois jours » est fort et continue d’interpeller toutes les personnes capables de questionnement et de dialogue.[3] Le mystère de la souffrance, la capacité de« tenir bon » dans les blessures de l’humanité, la force de recommencer sont les valeurs présentes dans chaque cœur qui accompagnent notre voyage à travers les déserts, et qui guident notre histoire et notre vie.
L’IDÉE DU MOIS est actuellement réalisée par le « Centre pour le dialogue avec les personnes de croyance non religieuse » du Mouvement des Focolari. Il s’agit d’une initiative née en 2014 en Uruguay pour partager avec des amis non croyants les valeurs de la Parole de Vie, c’est-à-dire la phrase de l’Écriture que les membres du Mouvement s’engagent à mettre en œuvre dans la vie quotidienne. Actuellement L’IDÉE DU MOIS est traduite en 12 langues et distribuée dans plus de 25 pays, avec des adaptations du texte pour s’adapter aux différentes sensibilités culturelles.
[1]Konstandinos P. Kavafis. Poesie, Mondadori, Milano 1961
[2]Istituto Giuseppe Toniolo: Cerco, dunque credo? (Vita e Pensiero, 2024) cura di R. Bichi e P. Bignardi
[3]Convegno Internazionale “Il senso nel dolore?” (Castel Gandolfo, 2017) https://www.cittanuova.it/senso-neldolore/?ms=006&se=007
Les épreuves, comme par exemple l’exil à Babylone et la destruction du temple de Jérusalem, avaient provoqué un traumatisme collectif pour le peuple d’Israël et posé une question théologique : Dieu est-il encore avec nous ou nous a-t-il abandonnés ? L’objectif de cette partie du livre d’Isaïe est d’aider le peuple à comprendre ce que Dieu est en train de faire, à Lui faire confiance et à lui permettre ainsi de retourner dans sa patrie. Et c’est précisément dans cette expérience de l’exil que se révèle le visage du Dieu créateur et sauveur.
« Voici que moi, je vais faire du neuf qui déjà bourgeonne ; ne le reconnaîtrez-vous pas ? ».
Isaïe rappelle l’amour fidèle de Dieu pour son peuple. Sa fidélité reste constante même pendant les périodes les plus dramatiques. Même si les promesses faites à Abraham semblent irréalisables et que le pacte de l’alliance semble en crise, le peuple d’Israël reste un lieu particulièrement privilégié de la présence de Dieu dans l’histoire.
Le livre prophétique aborde des questions existentielles, fondamentales non seulement pour l’époque, mais aussi pour l’avenir : qui tient entre ses mains le déroulement et le sens de l’histoire ? Cette question peut également être abordée au niveau personnel : qui tient entre ses mains le destin de ma vie ? Quel est le sens de ce que je suis en train de vivre ou que j’ai vécu ?
« Voici que moi, je vais faire du neuf qui déjà bourgeonne ; ne le reconnaîtrez-vous pas ? ».
Dieu intervient dans la vie de chacun, constamment, en faisant des « choses nouvelles ». Si nous n’en sommes pas toujours conscients ou si nous ne pouvons pas en comprendre le sens et la portée, c’est parce qu’elles sont encore en germe ou parce que nous ne sommes pas prêts à reconnaître ce qu’Il est en train d’opérer. Distraits par les événements qui surviennent, par les milliers de préoccupations qui nous tenaillent l’âme, par toutes les pensées qui nous assaillent, nous ne prenons peut-être pas suffisamment le temps pour observer ces germes qui apportent la certitude de Sa présence. Il ne nous a jamais abandonnés. Il crée et recrée sans cesse notre vie.
« Nous sommes la « nouveauté », la « nouvelle création » que Dieu a engendrée. […] Nous ne regardons plus vers le passé pour regretter les bonnes choses qui nous sont arrivées ou pour pleurer sur nos erreurs : nous croyons fermement en l’action de Dieu qui peut continuer à créer des choses nouvelles » .[1]
« Voici que moi, je vais faire du neuf qui déjà bourgeonne ; ne le reconnaîtrez-vous pas ? ».
Avec ceux qui partagent avec nous le chemin de notre existence, notre communauté, nos amis, nos collègues de travail, essayons de travailler, de nous entraîner à faire face et à toujours espérer que les choses peuvent changer en mieux.
2025 est une année particulière car la date de la Pâque orthodoxe coïncide avec celle des autres confessions chrétiennes. Puisse cet événement, cette fête commune de Pâques, être un témoignage de la volonté de nos Églises de poursuivre sans trêve le dialogue pour relever ensemble les défis de l’humanité et promouvoir des actions communes.
Préparons-nous donc à vivre ce temps pascal dans la joie pleine, la foi et l’espérance. Comme le Christ est ressuscité, nous aussi, après avoir traversé nos déserts, laissons-nous accompagner dans ce voyage par Celui qui guide l’histoire et nos vies.
C’était un bel après-midi, un temps idéal. Le bord de mer de Lima était plein de monde : des familles entières profitant de la plage, des parents et des enfants arrivant avec leurs planches de surf et leur matériel, des écoles de surf avec leurs professeurs, des touristes et des vendeurs de boissons et de glaces à proposer à cette nuée d’acheteurs potentiels.
Nous accompagnions un ami du nord du Pérou venu nous rendre visite. Avec Marcelo, nous l’emmenions dans les endroits les plus agréables et les plus attrayants. À l’horizon, nous pouvions voir des surfeurs chevauchant habilement les hautes vagues de l’océan Pacifique, qui en réalité est très peu pacifique et même, n’a rien de pacifique. Un vrai spectacle ! Le soleil se préparait pour la dernière scène de la journée avec un cadre unique, peignant le ciel d’un rouge orangé flamboyant.
Dans ce cadre magnifique, auquel seule une certaine classe sociale a accès, tout se passait à merveille. Au milieu de la foule, j’ai remarqué un petit homme mince comme un cure-dent qui portait quatre sacs remplis de déchets qu’il avait lui-même collectés : cartons, bouteilles en plastique, verre… Cet être minuscule, totalement invisible dans cet environnement, s’apprêtait à gravir de hautes marches qui mènent à un pont qui traverse l’autoroute de part en part, de la plage à la rue. Il ressemblait à une fourmi invisible avec une charge trois fois supérieure à son poids.
Dans cette foule sans visage, sa présence attira toute mon attention. « Viens, assieds-toi un peu à côté de moi », lui ai-je dit en lui montrant le siège vide à ma droite du banc où j’étais assis. Il m’a regardé, surpris et souriant. Il a posé ses gros sacs et s’est assis. « Bonjour, je m’appelle Gustavo, et toi ? « Arturo », a-t-il répondu avec un large sourire qui montrait une bouche édentée. Il explique qu’il vient de loin et qu’il doit passer de l’autre côté de l’autoroute, monter l’imposant escalier, pour prendre le bus qui le ramènera chez lui. Là, dans son humble quartier, il allait vendre la ferraille qu’il avait ramassée. Son travail quotidien pour survivre, lui et sa famille.
Marcelo lui donna 5 soles, le prix du ticket de bus. Nous l’avons salué en serrant chaleureusement sa main moite et en lui souhaitant bonne chance. En montant les escaliers avec ses sacs, il nous regarda de temps en temps et nous adressa son sourire édenté.
Au milieu de la foule sans visage, Arturo est devenu la personne la plus importante, celle qui a touché nos cœurs, qui a réussi à nous émouvoir intérieurement, celle qui nous a mis en contact avec les béatitudes, avec la manière de voir de Dieu.
Le continent africain est composé de 54 pays. Il est traversé par l’équateur et les tropiques du Cancer et du Capricorne ; une grande partie du territoire est donc située dans la zone tropicale et se caractérise par des déserts, des savanes et des forêts pluviales. C’est le continent qui a la plus grande superficie soumis à un climat aride et chaud. Trente millions de km² avec environ mille quatre cents millions d’habitants.
Jesús Morán, coprésident du mouvement des Focolari, accompagné de quelques membres du Centre international, a visité certains pays de l’est et de l’ouest du continent entre le 13 janvier et le 9 février 2025. Margaret Karram, présidente du mouvement des Focolari, s’est connectée en direct à neuf reprises, en particulier pour les journées consacrées aux rencontres avec les communautés locales.
« Une voyage dont nous nous souviendrons longtemps », a déclaré Jesús Morán. « Ce voyage nous est resté dans le cœur », a ajouté Margaret Karram, « beaucoup l’ont qualifié de ‘voyage historique’. J’ai encore dans les yeux, même si je les ai vus à travers les écrans, leurs visages, leurs sourires, leur détermination ». « J’ai été très impressionnée par le témoignage des communautés du Mouvement qui vivent l’Évangile avec radicalité. Je pense qu’elles peuvent nous apprendre beaucoup ».
La Côte d’Ivoire, le Sierra Leone, le Kenya, le Rwanda et le Burundi ont été les étapes de ce voyage, mais de nombreuses personnes d’autres pays africains ont participé à plusieurs rencontres.
Il est impossible de résumer l’intensité et la richesse de la vie rencontrée dans chaque communauté. Nous proposons ici une partie de la Téléconférence du 15 mars 2025 dans laquelle nous avons retracé ce voyage, une immersion dans la vie et la culture du continent africain.
Du 26 au 29 mars 2025, au Centre Mariapolis de Castel Gandolfo (Italie), se déroulera le congrès œcuménique intitulé « Called to hope – Key players of dialogue », (Appelés à l’espérance, acteurs clés du dialogue). Promu par le Centre Un, le secrétariat international pour l’unité des chrétiens du Mouvement des Focolari, il réunira en présence plus de 250 fidèles de 20 Églises chrétiennes provenant de 40 pays de 4 continents, dont les Philippines, la Serbie, la Bulgarie, l’Irlande, le Venezuela, les États-Unis, etc. Il sera traduit en 15 langues et diffusé également en streaming.
Le jeudi 27 mars à Rome, est prévu à la Basilique Saint-Paul-hors-les-murs (16h00), une prière œcuménique de réconciliation et pour la paix, ouverte à tous.
Le programme du congrès approfondira en outre les trois rendez-vous et anniversaires commémorés cette année : dans le cadre de l’Année Jubilaire « Pèlerins de l’Espérance » de l’Église catholique nous commémorerons le 1700e anniversaire du Concile de Nicée, la concomitance de la date de la célébration de la Pâque pour toutes les Églises, et le 60e anniversaire de l’abolition des excommunications réciproques entre l’Église de Rome et l’Église de Constantinople.
Parmi les personnalités œcuméniques présentes, interviendront: Mgr Andrea Palmieri sous-secrétaire du Dicastère du Vatican pour la promotion de l’unité des chrétiens, Mgr Derio Olivero, Président de la commission épiscopale pour l’œcuménisme et le dialogue de la Conférence Épiscopale Italienne, le Pr Martin Illert, représentant du Concile Œcuménique des Églises (COE), l’Archevêque Khajag Barsamian représentant de l’Église apostolique arménienne auprès du Saint-Siège, Dr Natasha Klukach, Director of Research and Operations du Global Christian Forum, Dr William Wilson (en message vidéo), Président de la Communauté Pentecôtiste Mondiale, Elisabeth Newman de l’Alliance Baptiste Mondiale, Margaret Karram et Jesus Moran, respectivement Présidente et Coprésident du Mouvement des Focolari.
Pourquoi est-il urgent de travailler pour l’œcuménisme ?
En ces temps de divisions et de grands défis – guerres, flux de réfugiés dans le monde entier, répartition inégale des richesses, dommages presque irréversibles à l’écosystème terrestre – en tant que chrétiens, nous sommes appelés à témoigner ensemble de l’espérance de l’Évangile et à être des acteurs du dialogue et de l’unité, en nous engageant à vivre ensemble pour la paix, à construire la fraternité, à répandre l’espérance. L’unité des chrétiens est déterminante pour rétablir la paix partout où elle manque.
Bahía Blanca est une ville située en bord de mer, à l’entrée de la Patagonie argentine. Avec ses 370 000 habitants, elle est le centre économique, religieux et culturel d’une vaste région. À quelques kilomètres de là, 80 000 autres personnes vivent dans la ville de Punta Alta. Ensemble, ils disposent d’un pôle pétrochimique très important, d’un ensemble de 7 ports différents (multifonctionnel, céréalier, fruitier, de pêche, de gaz, de pétrole et d’engrais) et de la base principale de la marine argentine.
Dans cette région, la moyenne annuelle des précipitations est de 650 mm, mais le vendredi 7 mars 2025, 400 mm sont tombés en seulement 7 heures. Une telle quantité d’eau, en route vers la mer, a augmenté sa vitesse et a tout détruit sur son passage. Ponts, canaux, voies ferrées, routes, voitures, maisons, magasins… et personnes.
La population s’est soudain retrouvée dans un décor dantesque aux proportions inimaginables, comme s’il y avait eu un tsunami. Une brusque coupure d’électricité a également interrompu les communications téléphoniques, de sorte que personne n’avait la moindre idée de l’état de santé des autres, de sa famille, de ses amis, de ses collègues de travail.
Cependant, quelque chose s’est éveillé au sein de cette communauté et toutes les lois universelles se sont résumées en un seul verbe : servir.
Lorsque l’eau et la boue l’ont permis, des milliers de personnes ont commencé à se rendre dans les rues. Chacun a d’abord vérifié les dégâts dans sa propre maison, puis a rapidement porté son regard sur ses voisins pour voir s’ils avaient besoin d’aide. Ceux qui ont réussi à régler leur propre situation se sont rendus totalement disponibles pour aider les autres. Nous avons tous été les témoins et les protagonistes d’un gigantesque miracle qui s’est multiplié, avec une créativité et une force merveilleuses.
Récupération des photos d’une femme âgéeDes jeunes préparent des repas qui seront distribués dans les zones inondées.Distribution de dons
La seule chose qui comptait était ce que nous pouvions faire de nos mains : aider à enlever l’eau et la boue des maisons, nettoyer, ranger, chercher des chiffons, des seaux d’eau, du désinfectant, emmener les blessés dans les centres de santé, soigner les animaux domestiques, accueillir les personnes qui avaient tout perdu, donner de la force, encourager, étreindre, partager toutes les douleurs. Personne ne s’est plaint et ils ont dit : « C’était très difficile pour moi, mais à côté de ce qui est arrivé aux autres… »
Alors que j’aidais quelques amis, un couple s’est approché et a distribué des empanadas gratuitement. D’autres ont offert quelque chose à boire. Ceux qui disposaient d’un groupe électrogène l’ont offert pour recharger les batteries des téléphones portables. D’autres ont fourni des pompes pour aspirer l’eau. Un opticien a donné gratuitement des lunettes à ceux qui les avaient perdues. Une dame a distribué des désinfectants, un médecin a fait des visites à domicile, un homme a proposé ses services de maçon et un autre de mécanicien. Tout circule : bougies, nourriture, vêtements, couches, matelas, eau potable, balais, des mains, encore des mains.
Un bar offre du chocolat chaud gratuitArrivée de matelasDes bénévoles nettoient un jardin d’enfants
Et puis, il y a eu la solidarité de tout le pays et des gens du monde entier. Par camion, par train, par bus, par camionnette… des tonnes de dons, qui ont nécessité encore plus de volontaires pour les charger, les décharger, les trier et les livrer. Des bénévoles qui n’ont cessé de se multiplier. Et de l’argent aussi, donné avec une grande générosité. Paroisses, clubs, écoles, entreprises, toutes les organisations existantes ont donné tout ce qu’elles pouvaient. Mais aussi un autre type d’organisation : les groupes d’amis. Comme une sorte de « patrouille », chaque groupe d’amis a commencé à s’occuper d’un des quartiers de la ville où l’on estimait qu’il serait plus difficile pour l’aide gouvernementale d’arriver à temps. Aujourd’hui encore, ils vont de maison en maison, de porte en porte et notent tous les besoins. Et ils veillent à ce que ce qui est nécessaire arrive à temps.
Toutes ces mains, sans le savoir, sans le croire, sans l’imaginer, sont devenues des « mains divines ». Parce que c’était le moyen le plus concret que Dieu pouvait utiliser pour atteindre les personnes dans le besoin. Personnellement, j’ai vécu des moments de grande inquiétude parce que je ne savais pas comment allaient mes frères ou mes amis. Je voulais les rejoindre, mais c’était impossible. J’ai donc décidé d’offrir mon aide là où je pouvais arriver. Au sens figuré, j’ai appelé cela mon « mètre carré ». Plus tard, j’ai réussi à joindre mes proches et j’ai découvert que beaucoup d’autres personnes, des inconnus, avaient apporté leur aide là où je n’avais pas pu le faire.
Quelques jours plus tard, plusieurs parties de la ville sont toujours inondées. La douleur et les difficultés persistent. Les pertes sont énormes. Et on rencontre partout des gens avec de gros cernes et beaucoup de douleurs dans les muscles, parce qu’ils ont travaillé presque sans pauses. Mais avec le cœur dans les mains et la plénitude dans les yeux, pour avoir tout donné pour les autres.
Avec quels yeux regardons-nous le monde et nos compagnons de route dans l’aventure de la vie ? C’est une question d’une importance capitale, à une époque comme la nôtre marquée par la polarisation et les désaccords, par la solitude et les distances entre les possédants et les démunis. Sans parler de la présence de plus en plus répandue de l’intelligence artificielle. Et pourtant, la soif d’harmonie et de vérité grandit en même temps.
Chiara Lubich disait que tout dépend de l' »œil » avec lequel nous regardons les gens. Si nous voyons avec l’œil du cœur, qui est l’œil de l’Amour, nous ne nous arrêterons pas aux apparences, nous saisirons plutôt la réalité plus profonde qui est cachée dans chaque être humain. Et du regard du cœur procède l’action, la qualité de la relation, le fait de se rendre proches de l’autre.
En 1961, Chiara écrit :
Si tu pénètres dans l’Évangile […] tu te trouves d’un seul coup comme sur la crête d’une montagne. Déjà en altitude donc, déjà en Dieu, même si, quand tu regardes autour de toi, tu t’aperçois que la montagne fait partie d’une chaîne de montagnes et que la vie, pour toi, signifie progresser le long de la crête, jusqu’au bout.
Chaque parole de Dieu est le minimum et le maximum qu’il te demande. Ainsi quand tu lis : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même (Mt 22, 39) », tu as la mesure maximale de la loi de l’amour fraternel.
Le prochain est un autre toi-même et, comme tel, tu dois l’aimer. S’il pleure, tu pleureras avec lui et s’il rit, avec lui tu riras ; s’il ne sait pas, tu te feras ignorant avec lui et, s’il a perdu son père, tu t’identifieras à sa souffrance. […]
Car ce qui compte pour toi c’est Dieu qui est votre Père à tous les deux. Et ne cherche pas d’excuses à l’amour. Le prochain est quiconque passe près de toi, riche ou pauvre, beau ou laid, ignorant ou savant, saint ou pécheur, compatriote ou étranger, prêtre ou laïc, qui que ce soit.
Essaie d’aimer celui qui est proche de toi dans l’instant présent de ta vie, et tu découvriras en toi des forces nouvelles, insoupçonnées. Elles donneront de la saveur à ta vie et répondront à tes mille questions.
Chiara Lubich
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Cfr. Vicinanza, lo stile di Dio nella vita e nel pensiero di Chiara Lubich, A cura di Povilus J. e Ciccarelli L., Città Nuova Editrice, Roma, p. 5.
Pensées 1961, in Ecrits SpirituelsScritti /1, 1978, p.117
Une exposition dédiée à Chiara Lubich (1920-2008), témoin et inspiratrice de la valeur universelle de la fraternité. Une étape pour ceux qui se rendent à Rome. Au centre de l’exposition, le thème de la ville, lieu privilégié pour construire des relations fraternelles, ouvertes sur le monde. Le parcours de l’exposition multimédia est réalisé par le Centre Chiara Lubich avec la Fondazione Museo storico del Trentino.
Elle est ouverte du lundi au vendredi de 10h00 à 12h30 et de 14h00 à 17h00. Le samedi, elle est ouverte de 10h00 à 13h00.
Le Mouvement politique pour l’unité (Movimento Politico per l’Unità ) et l’ONG New Humanity , expressions du mouvement des Focolari, avec l’appui de Porticus, promeuvent le projet politique mondial intitulé « One Humanity, One Planet : Synodal Leadership » (Une humanité, une planète : le leadership synodal). Destiné aux jeunes de 18 à 40 ans ayant une expérience de la représentation politique, du leadership gouvernemental ou des mouvements sociaux, le programme propose une formation académique, un accompagnement personnalisé et un hackathon à Rome à l’aide d’experts internationaux.
Objectif : renforcer la participation des jeunes politiciens aux processus de défense des droits politiques au niveau mondial, à travers un parcours de réflexion et d’action collaborative entre leaders sociopolitiques, en générant un réseau mondial de jeunes leaders de différents continents. Un défi pour surmonter les crises actuelles (sociales, environnementales, politiques et économiques) et aider à créer un réseau de leadership pour la création et le développement de stratégies politiques au niveau international.
Le programme débutera à la fin du mois d’avril 2025, la date limite de dépôt des candidatures est fixée au 31 mars, il durera deux ans et sera totalement gratuit. Des contributions d’institutions académiques prestigieuses et d’ONG internationales sont attendues. Le cours sera mixte, à la fois en présentiel et en ligne par le biais de modules interactifs avec des experts du monde entier, y compris d’éminents dirigeants politiques et des professeurs d’universités renommées. Un événement d’une semaine est prévu à Rome – du 6 au 12 octobre 2025 – avec des invités internationaux pour susciter des propositions d’actions mondiales collaboratives afin de résoudre les défis sociaux, environnementaux et économiques actuels.
La langue ne doit pas être un obstacle. C’est pourquoi les réunions synchrones seront traduites en espagnol, en portugais, en français, en anglais, en italien ou dans une autre langue si nécessaire.
Que propose le programme ?
Il s’agit d’un processus complet d’action collective qui intègre la formation, l’information, les relations, les outils et les réunions. Il offre des expériences et des outils pour améliorer la qualité des politiques et leur impact sur la transformation sociale. Sont prévus des espaces de formation et d’élaboration de connaissances collectives avec l’aide de conférenciers et d’experts internationaux, et des temps de réflexion entre les participants. Les jeunes participants seront toujours accompagnés par un tuteur ayant une expérience politique afin d’améliorer leur propre projet politique dans le domaine social, économique et environnemental et seront inclus – à partir de la deuxième année – dans un réseau mondial de 600 jeunes leaders de différents continents.
À la fin du programme, ils recevront un diplôme officiel attestant de leur participation à cette formation.
En cette année consacrée au Jubilé de l’espérance, les Gen4 de Rome – les enfants du mouvement des Focolari – ont entamé un parcours par étapes pour approfondir leur connaissance de l’histoire du christianisme et comprendre comment vivre le Jubilé dans leur ville qui accueille des millions de pèlerins du monde entier. Les étapes concernent les basiliques vaticanes de Rome : Saint-Pierre, Saint-Jean-de-Latran, Saint-Paul-hors-les-Murs, Sainte-Marie-Majeure. Pour les guider, ils ont fait appel au Père Fabio Ciardi, OMI, professeur de théologie spirituelle et auteur de nombreux livres et publications.
Première étape : la basilique Saint-Pierre
En octobre 2024, deux mois avant le début du Jubilé, 33 enfants et autant d’adultes ont pu, avant d’entrer dans la basilique Saint-Pierre, faire connaissance avec une réalité très particulière, située à côté de la résidence du Pape François. Il s’agit du Dispensaire de Sainte Marthe, un lieu où l’Évangile prend corps chaque jour et où il se manifeste dans l’aide à de centaines mères et enfants. Une occasion d’expliquer aux Gen4 comment le Jubilé peut être vécu concrètement en aidant les autres.
« C’est un véritable centre de consultation familiale qui a commencé en 1922 cette œuvre d’assistance aux enfants pauvres et à leurs familles », explique le père Fabio ». Aujourd’hui, plus de 400 enfants avec leurs mères sont assistés gratuitement par une soixantaine de médecins bénévoles. La plupart d’entre eux sont sans permis de séjour et sans couverture médicale ». Examens gynécologiques et pédiatriques, mais aussi examens dentaires pour les sans-abri.
Le Père Fabio relie ensuite son histoire à celle de Saint Pierre à travers des dessins. Les enfants, dans un silence solennel, écoutent sa voix dans leurs écouteurs : « Jésus rencontre Simon le pêcheur et l’invite à le suivre. Viens avec moi, lui dit-il, je ferai de toi un pêcheur d’hommes. Et il lui donne un nouveau nom, il l’appelle Pierre, ce qui signifie pierre, parce qu’il veut construire son Église sur lui ». Et tandis que l’histoire se poursuit, nous nous rendons à la basilique pour prier sur la tombe de saint Pierre. « Pierre est venu à Rome. Lorsque Néron mit le feu à la ville, il accusa les chrétiens et Pierre fut tué dans le cirque de l’empereur Caligula que Néron avait rénové… et enfin le tombeau de saint Pierre dans sa basilique ». Les Gen4 ont l’air de se souvenir avec force, malgré l’afflux de touristes en ce samedi après-midi romain. Sur le chemin de la Porte Sainte, on marche pour découvrir quelques œuvres d’art. Cette Madone était très chère à Chiara Lubich », explique le Père Fabio dans l’allée de droite, « chaque fois qu’elle venait à la basilique, elle s’arrêtait ici pour prier Marie ».
L’arrêt à Saint-Jean-de-Latran
La deuxième étape a lieu en janvier 2025. Cette fois, le groupe est plus nombreux : 140 personnes, dont 60 enfants, toujours sous la houlette experte du Père Fabio, sont réunies pour découvrir la basilique Saint-Jean-de-Latran, pleine de surprises et de trésors liés à l’histoire de la chrétienté. Attentifs et intrigués, écouteurs sur les oreilles, les Gen4 sont restés plus de deux heures à écouter l’intense narration du Père Fabio.
Gen4 à Saint-Jean-de-Latran Gen4 à Saint-Jean-de-LatranGen4 à Saint-Jean-de-Latran
« C’était beau de raconter l’histoire de l’obélisque, c’était beau d’expliquer la signification du cloître », écrit le père Fabio sur son blog, « c’était beau de raconter l’histoire de saint Jean-Baptiste et de saint Jean l’Évangéliste et de laisser les enfants aller à la découverte de leurs statues dans la basilique ». C’était beau de montrer l’ancienne chaise du Pape et l’actuelle sur laquelle il s’assoit pour prendre possession de sa fonction. C’était beau de montrer les reliques de la table sur laquelle Jésus a célébré la dernière Cène et celle sur laquelle Pierre a célébré ici à Rome. C’était beau de passer ensemble la Porte Sainte… C’était beau d’être avec les enfants et de leur raconter de belles choses… »
Entre-temps, les enfants ont noué une relation particulière avec le père Fabio. Ils marchent dans la basilique à ses côtés, lui serrent la main, lui posent des questions pour en savoir plus. « Mais à quoi ressemble le Paradis ? » demande un Gen4. « Imaginez une journée d’école bien remplie. Quand elle se termine, vous rentrez à la maison et vous la trouvez belle, confortable, chaleureuse, avec vos parents, vos grands-parents, vos amis qui vous donnent de la joie et de l’attention. Vous vous sentez heureux à ce moment-là, n’est-ce pas ? Et c’est cela le paradis : un endroit où l’on se sent bien, où l’on se sent chez soi ! Cette étape se termine également. Nous rentrons chez nous heureux et conscients que le Jubilé doit être un moment où nous donnons de l’espoir et du bonheur aux plus défavorisés, à nos pauvres, à ceux qui souffrent.
Le voyage continue mais les belles occasions se renouvellent avec les autres générations
En attendant de poursuivre ce voyage avec les Gen4, Gen3 (40 adolescents), Gen2 (30 jeunes) et un groupe d’adultes, fascinés par l’expérience positive que les enfants vivaient avec le Père Fabio, ils ont voulu eux aussi faire le même voyage, avec lui pour guide.
« D’abord les enfants, puis les jeunes et les adultes. Saint-Jean de Latran, Saint-Pierre, Saint-Paul et Sainte-Marie-Majeure. C’est ainsi que je vis et fais vivre le Jubilé », écrit le père Fabio sur son blog. « Je parle d’histoire, d’art, de spiritualité, parce que tout est lié, l’humain et le divin, le passé et le présent. Ce sont des monuments vivants, qui parlent encore après des centaines d’années et continuent à raconter des choses toujours belles ».
Gen 2 à Saint-Paul-hors-les-MursGen 2 à Saint-Paul-hors-les-MursGen 2 à Saint-Paul-hors-les-Murs
Les jeunes ont remercié le père Fabio « pour avoir préparé nos cœurs à une si belle expérience, tu nous as aidés à traverser cette étape de l’Année Sainte ensemble, avec profondeur et ironie. Nous avons aimé l’atmosphère que tu as su créer, suscitant en nous le désir de visiter ensemble d’autres sites romains importants pour les premiers chrétiens et le désir d’approfondir le sens d’être des pèlerins en route vers le but du Paradis ».
Le mardi 4 mars, la la 17ème année académique de l’InstitutUniversitaireSophia de Loppiano (Figline et Incisa Valdarno – FI) a été inaugurée.La cérémonie s’est déroulée dans l’Aula Magna de l’Institut, en présence de toute la communauté universitaire et d’une représentation du riche réseau de relations et de collaborations que l’Institut Universitaire Sophia, au cours de ces 17 premières années de vie, a été en mesure de tisser avec des institutions, d’autres universités et des réalités du tiers secteur.
Parmi les intervenants figuraient : le Magnifique recteur Declan O’Byrne ; le Grand Chancelier de l’Institut, S. E. Monseigneur Gherardo Gambelli, archevêque de Florence ; la Vice-Grande Chancelière, la doctoresse Margaret Karram, présidente du Mouvement des Focolari ; l’évêque de Fiesole, S. E. Monseigneur Stefano Manetti ; le maire de Figline et Incisa Valdarno, Valerio Pianigiani ; Paolo Cancelli, directeur du Bureau de développement de l’Université pontificale Antonianum ; Marco Salvatori, président du Centre international d’étudiants Giorgio La Pira.
La pièce maîtresse de la cérémonie a été le discours intitulé « Dialogue, religions, géopolitique » prononcé par Fabio Petito, professeur de relations internationales et directeur de la Freedom of Religion or Belief & Foreign Policy Initiative à l’université du Sussex, ainsi que coordinateur scientifique du programme « Religions et Relations Internationales » du Ministère des Affaires Etrangères et de l’ISPI (Institut d’études politiques internationales). M. Petito a souligné qu’aujourd’hui, « lareligion semble faire partie du scénario actuel d’instabilité et de crise internationale et se trouve parfois au centre de celui-ci. Cependant, bien qu’il s’agisse d’un phénomène moins visible à l’échelle mondiale, « on ne peut nier qu’au cours du dernier quart de siècle, les efforts déployés par les représentants des communautés religieuses pour répondre à la violence et aux tensions politiques par le biais d’initiatives de dialogue et de collaboration interreligieuse se sont considérablement accrus ». M. Petito a ainsi souligné l’importance que des lieux comme l’Institut universitaire Sophia peuvent avoir pour approfondir et diffuser de manière créative la culture de la rencontre et « faire fleurir de petites graines d’espérance et des fruits d’unité et de fraternité humaine ».
Prof. Fabio Petito
Dans le plus pur style de Sophia, communauté universitaire internationale et laboratoire de vie, de formation, d’étude et de recherche, le discours d’ouverture a été suivi d’un moment de dialogue, animé par le journaliste et vaticaniste Andrea Gagliarducci (Eternal Word Television Network et ACI Stampa), auquel ont participé le Grand Chancelier Monseigneur Gherardo Gambelli, qui effectuait sa première visite à l’Institut, la Vice-Grande Chancelière la doctoresse Margaret Karram et six étudiants de l’université.
Le dialogue, à partir des histoires personnelles de jeunes de Terre Sainte, des Philippines, d’Argentine, du Kosovo, de Sierra Leone et du Pérou, a abordé des thèmes d’importance mondiale et d’une brûlante actualité : la valeur de la diplomatie de proximité pour la résolution des conflits et la recherche de la paix ; l’engagement en faveur d’une économie plus juste et plus équitable, avec l’expérience de l’Economy of Francesco ; le rôle des jeunes de la Méditerranée dans la construction d’une culture de la rencontre ; la valeur de
la réconciliation et du dialogue interreligieux en particulier entre chrétiens et musulmans avec l’expérience de Sophia des Wings of Unity; les espoirs des jeunes Africains engagés dans le projet Together for a New Africa, pour le changement et le bien commun de leur continent ; les inquiétudes et les fragilités des jeunes à la recherche d’une vocation et d’un épanouissement dans le monde globalisé.
L’inauguration de l’année académique 2024-25 a mis en évidence, une fois de plus, la capacité de cette réalité académique encore petite à former des jeunes préparés à affronter la complexité du monde d’aujourd’hui, dans une perspective transdisciplinaire, et à travailler en synergie avec des spécialistes de divers domaines et institutions pour promouvoir le dialogue entre les cultures dans le concret de la vie sociale, en donnant une impulsion à la croissance intérieure, intellectuelle et sociale des personnes dans une dynamique de réciprocité.
Déclarations
Le Grand Chancelier de l’Institut, S.E. Monseigneur Gherardo Gambelli, Archevêque de Florence : « Parmi les objectifs de l’Institut figure celui de “promouvoir dans le concret de la vie sociale le dialogue entre les cultures, en donnant une impulsion à la croissance intérieure, intellectuelle et sociale des personnes dans une dynamique de réciprocité”. Plusieurs mots-clés émergent dans ce projet : promotion, vie sociale, dialogue, croissance intérieure, intellectuelle et sociale, réciprocité. Des termes tous orientés vers l’épanouissement personnel, permettant ainsi à l’individu, non seulement de savoir habiter dignement le « nous » de la communauté dans laquelle il s’insère, mais aussi de se sentir de plus en plus habité par ce « nous » auquel il appartient. Un « nous » qui ne veut pas s’opposer à un hypothétique « vous », mais qui se rend quotidiennement capable d’embrasser tout ce qui apparaît avec le visage de l’autre, du différent, du mis au rebut ».
La Vice-Grande Chancelière, Margaret Karram, Présidente du Mouvement des Focolari : « Il est important que, dans une institution comme la nôtre, le dialogue et le rôle des religions soient mis en valeur dans la situation mondiale actuelle, où – nous le voyons ces derniers jours – des personnes et des peuples risquent de se noyer dans la confusion et le découragement. […] L’Institut Universitaire Sophia également, en tant que « maison » d’une culture fondée sur l’Évangile, s’engage avec et dans l’Église, à of-frir des réponses et des orientations à la lumière du charisme de l’unité. Il nous appartient à présent d’aller de l’avant avec courage et de nous engager à faire en sorte que soit davantage reconnu l’apport de cet Ins-titut Universitaire dans la promotion de la culture de l’unité, qui contribue à construire la paix et la frater-nité entre les personnes et les peuples. »
Declan O’Byrne, Magnifique Chancelier de l’Institut Universitaire Sophia : « Ensemble, en tant que communauté académique unie par un idéal commun, nous continuons à construire Sophia comme un phare de sagesse et d’unité dans le paysage de l’enseignement supérieur. Puisse notre engagement collectif continuer à éclairer les esprits, à inspirer les cœurs et à transformer la société, un pas après l’autre, vers cette civilisation de l’amour à laquelle nous aspirons tous ».
Valerio Pianigiani,maire de Figline et Incisa Valdarno : « Face aux divisions et à la violence qui ne peuvent nous laisser indifférents, la connaissance, la tolérance et la compréhension du monde qui nous entoure peuvent être l’antidote à la brutalité et aux divisions. Un pont qui aide à comprendre l’autre, en vue de travailler ensemble et de rechercher le bien commun. Merci à ceux qui travaillent dans cet institut avec passion et engagement chaque jour, pour faire grandir des esprits toujours plus conscients, ici aussi, à Figline et Incisa Valdarno, une communauté qui grandit fermement dans la valeur de la paix, de la solidarité et du dialogue ».
Stefano Manetti,évêque de Fiesole : « L’engagement au dialogue et à la communication avec tous raccourcit les distances, élimine la marginalisation et devient un signe évangélique d’espérance dont nous avons tant besoin. Je souhaite donc aux enseignants, aux étudiants de continuer à racheter les derniers, à travers le don de relations, le partage de thèmes culturels, et de continuer à être des « anges de l’espérance » pour tous ceux que vous rencontrez sur votre chemin ».
Paolo Cancelli, directeur du Bureau de développement de l’Université pontificale Antonianum: « Nous sommes convaincus que nous devons travailler ensemble dans la culture du dialogue comme voie, dans la collaboration commune comme conduite, dans la connaissance mutuelle comme méthode et critère. […] Nous devons mettre au centre, l’humilité, la vocation à servir un processus dans lequel nous avons une certitude : personne ne se sauve seul. Et c’est précisément dans cette logique, qui est celle de la symphonie des diversités, que le moment est venu de déployer nos talents, nos émotions, nos volontés, pour construire ce qui est l’opportunité d’un avenir différent. Un avenir où la fraternité et l’harmonie peuvent en quelque sorte nous accompagner dans cette symphonie des diversités qui fait l’authenticité de la mission universitaire. Je crois qu’au niveau académique et scientifique, cela se réalise dans l’interdisciplinarité et la transdisciplinarité. Nous avons devant nous un polyèdre de complexité et nous ne pouvons pas résoudre les situations à partir d’un seul sujet. Nous avons besoin de l’idée d’être ensemble ».
Marco Salvadori, président du Centre international des étudiants Giorgio La Pira: « C’est avec une grande joie que j’apporte les salutations du Centre international des étudiants Giorgio La Pira. L’inauguration d’une nouvelle année académique est toujours un moment de grand enthousiasme et de réflexion. C’est l’occasion de regarder vers l’avenir, de relever des défis et de contribuer à la construction d’un monde plus juste et plus durable par l’étude, l’engagement et le dévouement. Ce que nous célébrons aujourd’hui n’est pas seulement le début d’une nouvelle année académique, mais une chance d’apprendre, de grandir ensemble et de construire des liens durables entre les cultures et les générations. Je souhaite donc à tous, et en particulier aux jeunes étudiants, une année pleine de découvertes et d’épanouissement personnel et professionnel ».
Marta, Lina, Efi et Moria sont quatre femmes, quatre focolarines, qui ont parcouru des chemins différents dans leur vie et qui ont maintenant trouvé un point de rencontre entre les rêves, la réalité et qui ont donné leur accord pour déménager de leurs focolares précédents à Chimaltenango, pour commencer l’expérience de vivre ensemble dans une ville où la pauvreté, l’interculturalisme et les fractures entre les groupes ethniques sont le pain quotidien.
Chimaltenango est une ville du Guatemala située à 50 km de la capitale et à 1800 mètres au-dessus du niveau de la mer. Près de 120 000 habitants de 23 peuples indigènes différents s’y sont regroupés pour survivre économiquement.
«J’ai vécu en Argentine pendant de nombreuses années , – commence Efi, originaire du Panama. – J’ai ensuite passé quelques années au Mexique et, juste avant la pandémie, je suis venue au Guatemala où je ne suis restée que trois mois, puis j’ai dû repartir au Panama pour rester auprès de ma mère qui est tombée malade et est décédée. C’est une année qui m’a aussi permis de repenser beaucoup de choses, de faire le bilan de ce que j’avais vécu jusqu’alors et de renouveler le choix de me donner à Dieu que j’avais fait il y a des années ». Elle est retournée au Guatemala pour ce projet à Chimaltenango.
« J’ai grandi dans un environnement rural, avec des gens très simples, et mon rêve a toujours été de faire quelque chose pour les plus humbles », explique Efi. – Ici, il y a beaucoup de pauvreté. Et il y a aussi des communautés indigènes, des gens qui ont connu la spiritualité du Mouvement et qui, à cause de la pandémie et de la réalité sociale dans laquelle ils vivent, ont été laissés en marge de la société ».
Lina est guatémaltèque, d’origine maya, Kaqchikel. Elle explique que l’un des clivages les plus évidents est celui qui existe entre les autochtones et les métis (également appelés « ladinos » au Guatemala, c’est-à-dire tous ceux qui ne sont pas autochtones). Il n’y a pas de relations fraternelles, pas de dialogue. « Pour moi, dit-elle, l’objectif a toujours été de surmonter ce fossé. Dès mon premier contact avec les Focolari, j’ai pensé que c’était la solution pour ma culture, pour mon peuple, pour les gens proches de moi ». Elle se souvient du moment où, en décembre 2007, à la fin de sa période de formation en tant que focolarine, elle avait salué Chiara Lubich en lui disant : « Je suis indigène et je m’engage à apporter cette lumière à mon peuple Kaqchikel ». « J’ai senti qu’il s’agissait d’un engagement exprimé devant elle, mais pris devant Jésus ». De retour au Guatemala, elle s’est consacrée à l’accompagnement des nouvelles générations, toujours dans le but de créer des liens d’unité tant dans les communautés indigènes que dans la ville.
Moria, Lidia, Marta, Lina, EfiLina en visite dans une familleAvec un groupe dans l’âtre
Marta est aussi guatémaltèque. Métisse. Au cours de ses premières années au focolare, elle a également pu se consacrer à la diffusion du charisme de l’unité dans les communautés indigènes. Plus tard, elle a été chargée de la gestion du Centre Mariapolis, la maison pour les rencontres du mouvement de Guatemala City. Ce travail intense a duré 23 ans, au cours desquels s’est développé le processus de réconciliation nationale et les revendications des peuples indigènes, les différentes communautés indigènes ayant choisi le Centre Mariapolis comme lieu de rencontre. Elle s’est ensuite rendue au Mexique pendant un certain temps. À l’époque, on parlait d’identité. Elle s’est alors posé la question : « Quelle est mon identité ? Quelles sont mes racines ? » Elle a trouvé sa réponse dans la Vierge de Guadalupe qui, lors de son apparition au Mexique en 1531, était représentée dans le poncho de Juan Diego avec des caractéristiques somatiques typiques des peuples amérindiens. « Pour moi, cela m’a permis de réaliser que j’étais métisse comme elle, qu’elle avait deux racines et qu’elle pouvait dialoguer aussi bien avec les unes qu’avec les autres ».
Moria, originaire de Chimaltenango, vit dans sa famille pour des raisons de santé et fait partie du focolare, tout comme Lidia, une focolarine mariée qui vit à Guatemala City.
Des histoires qui s’entrecroisent jusqu’à ce qu’elles s’installent dans cette ville qui rassemble de nombreux milieux et de nombreuses cultures en une seule. « Notre désir est d’être avec les gens, de nous rapprocher d’eux. Dans les choses simples et quotidiennes – dit Efi – : “ce bonjour dit à l’un, ce sourire, ce moment d’écoute, ce moment avec cette dame qui ne peut même pas parler espagnol parce qu’elle parle sa propre langue et que nous ne nous comprenons pas” ». Elle raconte : « Un jour, j’avais besoin d’acheter du pain. Je vais au marché et les vendeuses sont assises sur une natte en osier. Si je veux dialoguer avec l’une d’entre elles, je me mets au même niveau, je me penche et, comme c’est un lieu de commerce, j’essaie d’être honnête avec elle ».
« Depuis notre arrivée, nous avons proposé de reprendre contact avec les personnes qui, à différentes époques, ont connu la spiritualité de l’unité – poursuit Lina – et de leur rendre visite dans leurs maisons, en apportant toujours quelque chose, un fruit par exemple, comme c’est la coutume chez ces peuples. De cette manière, la réciprocité se crée et ils se rapprochent du focolare qui s’emplit ainsi des voix des mères avec leurs enfants ou même des jeunes, et parfois de quelques pères qui prennent leur courage à deux mains et les accompagnent. Ainsi, sans le chercher, une communauté se crée autour de ce nouveau focolare au cœur de la culture indigène du Guatemala.
En descendant de la montagne, après une nuit de prière, Jésus choisit ses apôtres. Arrivé à un endroit plat, il leur tient un long discours qui commence par la proclamation des Béatitudes.
Dans le texte de Luc, à la différence de l’évangile de Matthieu, il n’y en a que quatre et elles concernent les pauvres, les affamés, ceux qui souffrent et les affligés, auxquels s’ajoutent autant de remontrances envers les riches, les rassasiés et les arrogants[1]. De cette prédilection de Dieu envers les plus petits, Jésus fait le cœur de sa mission lorsque, dans la synagogue de Nazareth[2], il affirme qu’il est rempli de l’Esprit du Seigneur et désireux d’apporter la Bonne nouvelle aux pauvres, la délivrance aux captifs et la liberté aux opprimés.
opprimés. Jésus poursuit en exhortant les disciples à aimer même leurs ennemis[3], message qui trouve son ultime motivation dans le comportement du Père céleste : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6,36).
Cette déclaration est également le point de départ de ce qui suit : « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés ; pardonnez et vous serez pardonnés » (Lc 6, 37). Ensuite, Jésus réprimande ses apôtres à travers une image volontairement disproportionnée :
« Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? »
Jésus connaît vraiment notre cœur. Combien de fois dans la vie quotidienne nous faisons cette triste expérience : il est facile de critiquer – même durement – les erreurs et les faiblesses d’un frère ou d’une sœur sans tenir compte du fait que, ce faisant, nous nous attribuons à nous-mêmes une prérogative qui n’appartient qu’à Dieu. Le fait est que pour « enlever la poutre » de notre œil, nous avons besoin de cette humilité qui vient de la conscience d’être pécheur et d’avoir continuellement besoin du pardon de Dieu. Seul celui qui a le courage de se rendre compte de sa propre « poutre », de ce dont il a besoin personnellement pour se convertir, pourra comprendre, sans juger, sans exagérer, les fragilités et les faiblesses des autres.
Cependant, Jésus nous invite à ne pas fermer les yeux et à laisser courir les choses. Il veut que ses disciples s’aident mutuellement à progresser sur le chemin d’une vie nouvelle. De même, l’apôtre Paul appelle avec insistance à se préoccuper des autres : corriger ceux qui vivent de manière désordonnée, donner du courage à ceux qui en ont peu, soutenir les faibles, être patients envers tous[4]. Seul l’amour est capable d’un tel service.
« Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? »
Comment pouvons-nous mettre en pratique cette Parole de Vie ?
En plus de ce qui a déjà été dit, nous pouvons, à l’occasion de ce temps de Carême, demander à Jésus de nous apprendre à voir les autres comme il les voit, comme Dieu les voit. Et Dieu voit avec les yeux du cœur parce que son regard est un regard d’amour. Ensuite, pour nous aider les uns les autres, nous pourrions rétablir une pratique qui a été déterminante pour le premier groupe de jeunes filles des Focolari à Trente.
Chiara Lubich a raconté à un groupe d’amis musulmans : « Durant les premiers temps, il n’a pas toujours été facile de vivre la radicalité de l’amour. […] Même entre nous, dans nos relations, la poussière pouvait se déposer et l’unité pouvait s’essouffler. Cela arrivait, par exemple, lorsque nous prenions conscience des défauts, des imperfections des autres. Et on se mettait alors à les juger, de sorte que le courant d’amour réciproque se refroidissait. Pour réagir à cette situation, nous avons pensé un jour faire un pacte entre nous et nous l’avons appelé » pacte de miséricorde ». Nous avons décidé que chaque matin – à la maison, à l’école, au travail, etc.- nous verrions nouvelle toute personne rencontrée, sans nous souvenir de ses défauts, et même en les recouvrant par l’amour. […]. Il s’agissait d’un engagement fort, pris par nous toutes ensemble, et cela nous a aidées à toujours aimer en premier, à l’exemple de Dieu, miséricordieux, qui pardonne et oublie »[5].
Augusto Parody Reyes et l’équipe de la Parole de Vie
[5] C. Lubich, L’amour réciproque, Extrait d’un discours prononcé lors d’une rencontre avec des amis musulmans, Castel Gandolfo, 1er novembre 2002. Cf. C. Lubich, L’Amour réciproque, Nouvelle Cité, Paris 2013, p. 68.
Il semble évident que nous sommes faits pour les relations. En fait, toute notre vie est liée aux relations. Mais nous risquons parfois de les gâcher par des jugements sévères ou superficiels.
Tout au long de l’histoire, nous trouvons de nombreuses images qui font également partie du langage courant. Ainsi, dans la tradition ancienne, nous trouvons une expression bien connue qui dit : « Pourquoi regardes-tu la paille dans l’œil de ton frère et ne remarques-tu pas la poutre dans ton œil à toi ? » [1]Tout aussi proverbiale est l’image des “deux sacoches » : l’une devant nos yeux, avec les défauts des autres, que nous voyons facilement, et l’autre sur notre dos, avec nos propres défauts, que nous peinons à reconnaître [2], ou, comme le dit un proverbe chinois, « l’homme est aveugle à ses propres défauts, mais il a des yeux d’aigle pour ceux des autres. »
Cela ne signifie pas qu’il faille accepter ce qui se passe, sans discernement. Face à l’injustice, à la violence ou à l’oppression, nous ne pouvons pas fermer les yeux. Nous devons nous engager à faire bouger les choses, en commençant par nous regarder nous-mêmes, en écoutant avec sincérité notre propre conscience pour découvrir ce que nous devons améliorer. Ce n’est qu’ensuite que nous pourrons nous demander comment aider concrètement les autres, y compris par des conseils et des critiques.
Il faut un « autre point de vue » qui offre une perspective différente de la mienne, enrichissant « ma vérité » et m’aidant à ne pas tomber dans l’autoréférence et dans ces erreurs d’évaluation qui, après tout, font partie de notre nature humaine.
Il y a un mot qui peut sembler ancien, mais qui s’enrichit de significations toujours nouvelles : “la miséricorde”, à vivre d’abord envers nous-mêmes et ensuite envers les autres. En effet, ce n’est que si nous sommes capables d’accepter et d’intégrer nos propres limites que nous pourrons accueillir les faiblesses et les erreurs des autres. De plus, lorsque nous nous rendons compte que nous nous sentons inconsciemment supérieurs et en position de juger, il devient indispensable d’être prêts à faire « le premier pas » vers l’autre pour éviter de nuire à la relation.
Chiara Lubich a raconté à un groupe d’amis musulmans son expérience dans la petite maison de Trente où elle a commencé son aventure avec ses premières compagnes. Tout n’a pas été simple et il y a eu des tensions : « Il n’a pas toujours été facile de vivre la radicalité de l’amour. […] Même entre nous, la poussière pouvait s’installer dans nos relations, et l’unité pouvait dépérir. Cela arrivait, par exemple, lorsque nous prenions conscience des défauts, des imperfections des autres et que nous les jugions, de sorte que le courant de l’amour mutuel se refroidissait. Pour réagir à cette situation, nous avons un jour pensé à faire un pacte entre nous et l’avons appelé »pacte de miséricorde » : Il a été décidé que chaque matin, nous verrions nouvelle la prochaine personne que nous rencontrerions – à la maison, à l’école, au travail, etc.- ne se souvenant pas du tout de ses défauts, mais couvrant tout d’amour. […] » [3] Une véritable « méthode » qu’il vaut la peine de mettre en pratique dans les groupes de travail, dans la famille, dans les assemblées de toutes sortes.
L’IDÉE DU MOIS est actuellement réalisée par le « Centre pour le dialogue avec les personnes de croyance non religieuse » du Mouvement des Focolari. Il s’agit d’une initiative née en 2014 en Uruguay pour partager avec des amis non croyants les valeurs de la Parole de Vie, c’est-à-dire la phrase de l’Écriture que les membres du Mouvement s’engagent à mettre en œuvre dans la vie quotidienne. Actuellement L’IDÉE DU MOIS est traduite en 12 langues et distribuée dans plus de 25 pays, avec des adaptations du texte pour s’adapter aux différentes sensibilités culturelles.dialogue4unity.focolare.org
[3] C. Lubich, L’amore al prossimo, Conversazione con gli amici musulmani, Castel Gandolfo, 1° novembre 2002. Cf. C. Lubich, L’Amore reciproco, Città Nuova, Roma 2013, pp. 89-90.
Cher Pape François, vous ne vous en souvenez peut-être pas, mais nous nous sommes rencontrés le 26 septembre 2014, lorsque vous avez reçu en audience privée une délégation du mouvement des Focolari. J’en faisais également partie, Luciana Scalacci de l’Abbadia San Salvatore, représentant les cultures non religieuses qui ont également leur place au sein du mouvement des Focolari. Je fais partie de ceux qui, comme me l’a dit un jour Jesus Moran, « ont aidé Chiara Lubich à ouvrir de nouvelles voies au charisme de l’unité ». Je suis une non-croyante qui a beaucoup reçu du Mouvement.
En ce jour extraordinaire, j’ai eu le privilège d’échanger avec Vous quelques mots que je n’oublierai jamais et que je vais citer.
Luciana : «Sainteté, lorsque vous avez pris vos fonctions d’évêque de Rome, je vous ai écrit une lettre, même si je savais que vous n’auriez pas l’occasion de la lire, vu le nombre de lettres que vous recevez, mais il était important pour moi de vous envoyer mon affection et mes vœux, parce que pour ma part, Sainteté, je ne me reconnais dans aucune foi religieuse, mais depuis plus de 20 ans, je fais partie du mouvement des Focolari qui m’a redonné l’espoir qu’il est encore possible de construire un monde uni ».
Le Pape : « Priez pour moi, si vous n’êtes pas croyante, vous ne priez pas, pensez à moi, pensez à moi fortement, pensez toujours à moi, j’en ai besoin ».
Luciana : « Mais regardez Sainteté, je prie pour vous à ma façon ».
Le pape : « C’est cela, une prière laïque et pensez fortement à moi, j’en ai besoin ».
Luciana : « Sainteté, bonne santé, courage, force ! L’Église catholique et le monde entier ont besoin de vous. L’Église catholique a besoin de vous.
Le Pape : « Pensez fortement à moi et priez de façon laïque pour moi. »
Aujourd’hui, cher Pape François, vous êtes sur un lit d’hôpital et je suis dans le même état. Nous sommes tous deux confrontés à la fragilité de notre humanité. Je voulais vous assurer que je ne cesse de penser à vous et de prier de façon laïque pour vous. Quant à vous, priez en tant que chrétien pour moi. Avec toute mon affection,
La Présidente du Mouvement des Focolari, Margaret Karram, a envoyé au Saint-Père un message l’assurant de son affectueuse proximité et de ses ferventes prières.
« Je demande à la Vierge Marie de vous faire sentir Son amour maternel et la tendresse que vous nous recommandez toujours envers chaque prochain et chaque peuple », écrit la Présidente.
« Infiniment reconnaissants pour votre vie entièrement donnée à Dieu et au bien de l’humanité, a-t-elle ajouté, je vous transmets l’étreinte chaleureuse de l’ensemble du Mouvement des Focolari dans le monde, qui prie et offre sans cesse pour vous. »
Margaret, pourquoi avoir choisi la proximité comme thème d’année pour le Mouvement des Focolari ?
Je me suis demandé dans quel monde nous vivons. Et il me semble qu’en ce moment de l’histoire, il y a beaucoup de solitude et d’indifférence. Et puis il y a une escalade de la violence, de guerres qui occasionnent énormément de souffrance dans le monde entier. J’ai aussi pensé à la technologie, qui nous relie comme jamais auparavant, mais qui, en même temps, nous rend toujours plus individualistes. Dans un monde comme celui-ci, je pense que la proximité peut être un antidote ; une aide pour surmonter ces obstacles et guérir ces « maux » qui nous éloignent les uns des autres.
Par où commencer ?
Cela fait des mois que je me pose à moi-même cette question. Il me semble que nous devons réapprendre à entrer en contact avec les personnes, réapprendre à regarder et à traiter tous comme des frères et des sœurs. J’ai senti que je devais d’abord faire un examen de conscience sur ma propre attitude. Les personnes que j’aborde chaque jour sont-elles des frères, des sœurs pour moi ? Ou suis-je indifférente à leur égard, est-ce que je vais jusqu’à les considérer comme des ennemis ? Je me suis posé beaucoup de questions. J’ai découvert que parfois j’ai envie d’éviter une personne, parce qu’elle pourrait me déranger, me contrarier ou vouloir me dire des choses difficiles. Pour toutes ces raisons, j’ai intitulé ainsi la réflexion sur la proximité que j’ai présentée à la mi-novembre aux responsables du Mouvement des Focolari : « Qui es-tu pour moi ? »
Peux-tu nous dire quelques-unes des principales idées que tu as développées sous ce titre ?
Volontiers. J’évoque quatre réflexions. La première proximité que notre âme expérimente est celle du contact avec Dieu. C’est lui-même qui se transmet aux prochains, également par notre intermédiaire. Le désir d’aimer l’autre est un mouvement qui va de Dieu en moi vers Dieu en l’autre.
Une deuxième réflexion : la proximité est dynamique. Elle requiert une ouverture totale, c’est-à-dire accueillir les personnes sans réserve ; entrer dans leur façon de voir les choses. Nous ne sommes pas faits en série ! Chacun de nous est unique, avec un caractère, une mentalité, une culture, une vie et une histoire différents. Reconnaître et respecter cela nous oblige à sortir de nos propres schémas mentaux et personnels.
Tu parlais d’un troisième aspect…
Oui. Le troisième aspect que je veux souligner est que la proximité ne coïncide pas nécessairement avec le fait d’être semblables, d’appartenir au même horizon culturel. La parabole du Bon Samaritain (Luc 10, 25-37) l’exprime très bien. J’ai été frappée par l’attitude du Samaritain : l’homme qui était tombé aux mains des brigands était une personne inconnue pour lui, il était même d’un autre peuple. C’était une personne éloignée à la fois par la culture et par la tradition. Mais le Samaritain s’est rendu proche de lui. C’est le point essentiel pour moi. Chacun a sa dignité, indépendamment du peuple et de la culture dont il est issu ou de son caractère. Le Samaritain ne s’est pas approché uniquement pour voir si cette personne était blessée, pour ensuite se détourner ou éventuellement chercher de l’aide. Il s’est fait proche et a soigné la personne. Le quatrième aspect…
…serait…
se laisser blesser. Pour que la proximité porte ses fruits, elle demande à chacun d’entre nous de ne pas avoir peur et de se laisser blesser par l’autre.
Cela signifie : se laisser remettre en question, s’exposer à des questions auxquelles nous n’avons pas de réponses ; être prêt à se montrer vulnérable ; se présenter peut-être comme faible et incapable. L’effet d’une telle attitude peut être surprenant. Pensez qu’un garçon de neuf ans m’a écrit que pour lui, la proximité signifie « élever le cœur de l’autre ». N’est-ce pas là un effet merveilleux de la proximité ? Élever le cœur de l’autre.
Qu’est-ce qui changerait au sein du Mouvement des Focolari si nous vivions bien la proximité ?
Si nous la vivons vraiment bien, beaucoup de choses changeront. Je le souhaite, je l’espère et je prie pour qu’il en soit ainsi. Mais je veux aussi souligner que beaucoup de personnes au sein du Mouvement des Focolari vivent déjà la proximité. Combien d’initiatives il y a, combien de projets pour la paix et pour aider les plus pauvres ! Nous avons même ouvert des focolares pour accueillir et porter assistance aux immigrés ou pour la protection de la nature.
Et qu’est-ce qui devrait changer ?
La qualité des relations entre les personnes. Il est parfois plus facile de bien traiter les personnes extérieures au Mouvement et plus difficile de le faire entre nous qui faisons partie de la même famille. Nous risquons de vivre entre nous des « relations courtoises » : nous ne nous faisons pas de mal mais, je me le demande, s’agit-il d’une relation authentique ?
Je souhaite donc, qu’au-delà des projets, la proximité devienne un style de vie quotidien ; que nous nous interrogions plusieurs fois dans la journée : est-ce que je vis cette proximité ? Comment est-ce que je la vis ? Une expression importante de la proximité est le pardon. Être miséricordieux envers les autres – et envers soi-même.
Quel message cela transmet-il à la société ?
La proximité n’est pas seulement une attitude religieuse ou spirituelle, c’est aussi une attitude civile et sociale. Il est possible de la vivre dans tous les domaines. Dans le domaine de l’éducation par exemple ou de la médecine, même en politique, où c’est peut-être plus difficile. Si nous la vivons bien, nous pouvons exercer une influence positive sur les relations entre les personnes là où nous sommes.
Et pour l’Église ?
L’Église existe parce qu’avec la venue de Jésus, Dieu s’est fait proche. L’Église, les Églises, sont donc appelées à témoigner d’une proximité vécue. Récemment, l’Église catholique a vécu le Synode. J’ai pu participer aux deux sessions qui se sont déroulées au Vatican. Nous étions plus de 300 personnes, chacune issue d’une culture différente. Qu’avons-nous fait ? Un exercice de synodalité, un exercice d’écoute, de connaissance profonde les uns des autres, d’accueil de la pensée de l’autre, de ses défis et de ses souffrances. Ce sont toutes des caractéristiques de la proximité.
Le titre du Synode était « Cheminer ensemble ». Ce parcours a impliqué un très grand nombre de personnes dans le monde entier. Le logo du Synode exprimait le désir d’élargir la tente de l’Église afin que personne ne se sente exclu. Il me semble que c’est là le vrai sens de la proximité, que personne ne soit exclu ; que chacun se sente accueilli, qu’il s’agisse de ceux qui fréquentent l’Église, de ceux qui ne s’y reconnaissent pas, ou de ceux qui s’en sont même éloignés pour diverses raisons.
Je voudrais aborder un instant les limites de la proximité. Comment bien la vivre ?
Il s’agit d’une question importante. Y a-t-il des limites à la proximité ? En guise de première réponse, je dirais qu’il ne devrait pas y avoir de limites.
Mais ?
Nous ne pouvons pas être sûrs que ce qui est pour nous ou pour moi proximité et solidarité, le soit aussi pour l’autre. Et dans une relation, nous ne pouvons jamais manquer de respect pour la liberté et la conscience de l’autre. Ces deux choses sont essentielles dans toute relation. C’est pourquoi il est important que lorsque nous abordons une personne, ce soit toujours avec délicatesse, et non comme quelque chose d’imposé. C’est l’autre qui décide du degré et du type de proximité qu’il souhaite.
Il y a de quoi apprendre, n’est-ce pas ?
Absolument ! Nous avons commis beaucoup d’erreurs. Pensant aimer l’autre, nous l’avons blessé. Dans l’empressement de communiquer notre spiritualité, nous avons construit des relations dans lesquelles l’autre ne s’est pas toujours senti libre. Parfois, il me semble qu’avec la bonne intention d’aimer une personne, nous l’avons écrasée. Nous n’avons pas eu suffisamment de délicatesse et de respect pour la conscience de l’autre, sa liberté, son temps. Et cela a conduit à certaines formes de paternalisme et même d’abus.
C’est sans aucun doute une situation très douloureuse à laquelle nous sommes confrontés et où les victimes ont une importance sans pareille, vraiment unique. Car seuls, nous ne pouvons pas comprendre suffisamment ce qui s’est passé. Ce sont les victimes qui nous aident à comprendre les erreurs que nous avons commises et à prendre les mesures nécessaires pour que ces choses ne se reproduisent plus.
Un souhait pour conclure ?
J’espère que ce thème pourra nous faire revenir à l’essence de ce que Jésus lui-même nous a donné dans l’Évangile. Il nous a donné de nombreux exemples de ce que signifie vivre la proximité.
Une réflexion de Chiara Lubich a trouvé un écho très fort en moi alors que je réfléchissais à ce thème. Elle dit : « Il y a ceux qui font les choses “par amour” et il y a ceux qui font les choses en cherchant à “être l’Amour”. L’amour nous établit en Dieu et Dieu est l’Amour. Mais l’Amour qui est Dieu est lumière et, avec la lumière, nous pouvons voir si notre façon d’approcher et de servir notre frère est conforme au Cœur de Dieu, comme notre frère le désirerait, comme il le rêverait s’il n’avait pas nous, mais Jésus, à ses côtés. »
Merci du fond du cœur, Margaret, pour ta passion pour une proximité vécue de façon déterminée et respectueuse.
L’Année sainte trouve ses racines spirituelles dans la tradition juive, où un « jubilé » était célébré tous les 50 ans pour rendre la liberté aux esclaves et aux prisonniers. Dans l’Église catholique, le pape Boniface VIII a proclamé pour la première fois une année sainte en 1300. Depuis lors, une « indulgence » accompagne l’Année sainte, que les fidèles peuvent obtenir, sous certaines conditions, en franchissant une « Porte sainte ».
Cependant, les chrétiens luthériens comme moi n’apprécient généralement pas le mot « indulgence », car il les renvoie à la période de la Réforme et au scandale de la vente d’indulgences dans l’Église catholique. Cette pratique a déjà été interdite par le Concile tridentin et n’existe donc plus. J’ai cependant remarqué que le terme « indulgence » est encore chargé de malentendus parmi les croyants de toutes confessions : l’une des idées les plus répandues est qu’une indulgence peut pardonner les péchés d’une personne. Or, selon l’enseignement de l’Église catholique, ce n’est pas du tout le cas. Le pardon des péchés se fait – comme dans l’Église luthérienne – par la confession, la pénitence et l’absolution par un pasteur (ou une pasteure) agissant au nom de Jésus.
L’indulgence, de mon point de vue, touche plutôt une dimension psychologique du péché, ce qui reste souvent dans la mémoire (même après l’absolution), probablement une blessure ou un sentiment de peur ou de tristesse… En tout cas, il y a encore un travail psychologique à faire. En passant la « Porte Sainte », je vois donc une invitation à ouvrir une porte dans mon cœur vers la compassion et la réconciliation, à lâcher ce qui me bloque sur le chemin de la vraie liberté et de la paix authentique. Il s’agit d’une décision consciente, d’un processus qui s’amorce. L’essentiel, d’un point de vue chrétien, est que le succès de ce processus ne dépend pas de moi, mais des mains de Celui qui tient le monde entre ses mains. Seule sa grâce peut enfin guérir les blessures de ma vie ou réconcilier l’humanité.
» En passant la « Porte Sainte », je vois donc une invitation à ouvrir une porte dans mon cœur vers la compassion et la réconciliation, à lâcher ce qui me bloque sur le chemin de la vraie liberté et de la paix authentique « .
Pour moi, le passage de cette porte signifie donc symboliquement la décision de suivre (encore et toujours) Jésus et de prendre le chemin de la vraie vie. Comme il le dit dans l’Évangile de Jean (Jn 10,9) : « Je suis la porte. Celui qui entre par moi sera sauvé » ! À ma grande joie, la bulle d’indiction « L’espérance ne déçoit pas », dans laquelle le pape François annonce l’Année sainte 2025, a une dimension œcuménique évidente. Elle part de la grâce de Dieu, dont tous les êtres humains ont part, et définit l’Année Sainte comme « une invitation à toutes les Églises et Communautés ecclésiales à poursuivre le chemin vers l’unité visible, à ne pas se lasser de chercher les moyens appropriés pour répondre pleinement à la prière de Jésus : “Que tous soient un” » ( Jn 17,21). [1]
Le thème de l’« espérance » pour l’Année Sainte 2025 résonne donc positivement pour tous les chrétiens. La Fédération luthérienne mondiale a choisi « Partager l’espérance » comme slogan pour l’année 2025. Le Conseil Œcuménique des Églises, qui représente la plupart des Églises protestantes et orthodoxes, espère une « Année œcuménique » sur le « chemin de la justice, de la réconciliation et de l’unité ». Si la bonne volonté se traduit par des actions concrètes, les portes de l’œcuménisme pourraient s’ouvrir au cours de l’Année sainte 2025, rapprochant ainsi les chrétiens séparés. Laissons-nous dès maintenant attirer par l’espérance », écrit le Pape François, “et laissons-la devenir contagieuse à travers nous pour ceux qui la désirent”. [2]
Corinna Mühlstedt
[1] Pape François, Spes non confundit, Bulle d’indiction du Jubilé Ordinaire de l’Année 2025, 9 mai 2024, 17. [2] Pape François, ibidem, 25.
Le mouvement des Focolari promeut et invite à participer au congrès œcuménique international intitulé “Called to hope – key players of dialogue” (Appelés à l’espérance – acteurs clés du dialogue), qui se tiendra du 26 au 29 mars 2025. En ces temps de divisions et de grands défis, nous sommes appelés, en tant que chrétiens, à témoigner ensemble de l’espérance de l’Évangile et à être des acteurs du dialogue et de l’unité, en nous engageant à vivre pour la paix, à construire la fraternité et à répandre l’espérance. Tables rondes, interviews, témoignages ont pour but d’offrir une méthode et une spiritualité au dialogue, ainsi que des bonnes pratiques et des chemins œcuméniques déjà en cours. Lien
Je rencontre régulièrement dans la paroisse l’équipe synodale. Nous sommes sept personnes élues pour un an dans une assemblée locale pour travailler à la mise en œuvre du processus synodal. Nous nous retrouvons en fin de journée, apportant parfois avec nous fatigue et soucis personnels, même si nous essayons de ne pas y penser pour nous mettre au service de la communauté.
Lors d’une réunion, prétextant la « semaine de la douceur » qui était célébrée à l’époque, j’ai apporté du nougat à chacun. Nous étions tous heureux comme des enfants, nous nous sommes détendus et l’attitude a changé. Je me suis rendu compte que la communion se construit avec de petits gestes.
(C.P. – Argentine)
Ils ont choisi la paix
Marc et Maria Antonia, la cinquantaine, reçoivent à leur grande surprise une petite entreprise de machines industrielles en héritage du parrain de Marc, un oncle célibataire qui l’aimait beaucoup. Ils réfléchissent beaucoup, mais décident finalement de la reprendre au lieu de la vendre, d’une part pour préserver l’emploi des six salariés et d’autre part avec un peu, l’illusion de travailler à leur compte en impliquant leur fils qui a étudié l’ingénierie des matériaux.
Malgré l’enthousiasme, le dévouement et les efforts de chacun, ils rencontrent des difficultés. L’entreprise ne fonctionne pas. Un an après avoir été à la barre, ils sont contraints de licencier deux des travailleurs, de rendre les machines qu’ils n’ont pas été en mesure de payer en totalité. Ils ont aussi quelques dettes auprès des banques et de la famille.
Le soir, lorsqu’ils rentrent chez eux, épuisés, ils commencent à se dire qu’ils ont peut-être fait une erreur, mais ils ne baissent pas les bras, ils recommencent et cherchent de nouveaux clients. Petit à petit, l’entreprise se redresse, n’a plus de pertes et peut commencer à payer ses dettes. Mais ce qui leur reste est bien peu pour vivre.
Ils traversent encore une période très difficile. C’est alors qu’arrive un nouveau client qui leur propose de passer une grosse commande périodique qui leur apportera la tranquillité financière tant attendue. Ils sont très heureux. Mais ils se rendent compte que ce qu’ils devraient produire est destiné à une industrie de l’armement, il s’agit de pièces de canon. Ils sont choqués. Peuvent-ils fermer les yeux et faire comme si de rien n’était ? Après tout, si leur entreprise ne les produit pas, quelqu’un d’autre le fera.
Ils discutent beaucoup entre eux et s’affrontent même avec Pedro. Ils passent plus d’une nuit blanche. Ils ne veulent pas contribuer, même indirectement, à la mort violente de qui que ce soit. Ils rejettent la demande.
Après cette décision difficile, d’une manière inattendue et incroyable, l’entreprise a trouvé d’autres clients et a réussi à aller de l’avant, malgré les difficultés.
Nous collectons des fonds pour pouvoir voyager de notre pays, les Philippines, jusqu’à Rome et participer au Jubilé de la jeunesse. Ces derniers jours, deux dames âgées sont venues nous voir en apportant quelques pièces de leur épargne. L’une d’elles nous a remis les pièces en disant : « Elles ont été collectées et conservées pendant un an sur un petit autel que j’ai à la maison ». Son cadeau humble mais profond, né de la foi et du sacrifice, nous a laissés stupéfaits.
L’année jubilaire, très connue et vécue concrètement dans le monde entier par de nombreux catholiques, a pour thème, en cette année 2025, « Pèlerins de l’Espérance ». Des millions de personnes se rendront à Rome ou visiteront les églises jubilaires dans les différents diocèses du monde, faisant l’expérience de la grâce de la miséricorde de Dieu à travers la prière pour le pardon, la résolution de convertir leur cœur et le passage de la porte sainte, qui est censée nous rappeler symboliquement que le Christ est « la porte ». « Pèlerins de l’espérance » parce que nous sommes appelés à l’Espérance
On sait beaucoup moins que l’année 2025 marque deux autres anniversaires importants d’une grande portée œcuménique : le 1700e anniversaire du Concile de Nicée et le 60e anniversaire de la levée des excommunications mutuelles entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe de Constantinople.
Pourquoi une réunion ecclésiale qui a eu lieu il y a 1700 ans est-elle encore si importante à célébrer ? Et pourquoi le pape François, le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée Ier et d’autres responsables de diverses Églises ont-ils choisi de se rendre à Nicée, en Turquie, le 24 mai 2025, pour une commémoration commune ? Chaque dimanche, les chrétiens de toutes les Églises professent la même foi affirmée lors de ce Concile. C’est donc précisément à Nicée que le fondement de notre foi a été scellé : le Dieu Un et Trine, Jésus-Christ vrai Homme et vrai Dieu. Dans la connaissance de ce fondement commun, la prière pour l’unité n’est pas seulement une prière pour la réaliser, mais aussi une célébration d’action de grâce pour l’unité qui est en fait déjà présente.
Le Concile de Nicée avait en fait également fixé une date pour célébrer Pâques, mais avec le changement de calendrier en Occident, mis en œuvre par le Pape Grégoire XIII, la date de cette fête ne coïncide généralement pas entre les Églises d’Orient et d’Occident. Cette année, par un concours de circonstances, ces dates coïncident : ce sera le 20 avril 2025 pour tout le monde. De nombreux chrétiens du monde entier, dont le pape François et le patriarche Bartholomée, encouragent la création d’un calendrier commun qui permettrait à cette fête, qui est au cœur de la foi chrétienne, de toujours coïncider.
Le mouvement des Focolari saisit l’occasion de célébrer ces anniversaires en organisant une Conférence œcuménique internationale intitulée « Appelés à l’Espérance – protagonistes du dialogue ». En ces temps de divisions et de grands défis, nous sommes appelés, en tant que chrétiens, à témoigner ensemble de l’Espérance de l’Évangile et à être des acteurs du dialogue et de l’unité, en nous engageant à vivre pour la paix, à construire la fraternité et à répandre l’Espérance. Tables rondes, interviews, témoignages ont pour but d’offrir au dialogue une méthode et une spiritualité, ainsi que des bonnes pratiques et des chemins œcuméniques déjà en place.
En février, nous célébrons la XIe Journée mondiale de prière et de réflexion contre la traite des êtres humains, qui tombe chaque année le 8 février, jour de la fête de sainte Joséphine Bakhita, religieuse soudanaise qui a vécu l’expérience dramatique de la traite des êtres humains alors qu’elle était enfant.
Cette année, l’événement s’inspire de l’invitation du Pape François à être des pèlerins de la paix et des apôtres de l’espérance et fait partie des événements liés au Jubilé 2025. Le thème choisi est : « Ambassadeurs de l’espoir : ensemble contre la traite des êtres humains ».
Célébrée dans le monde entier, la Journée mondiale de prière et de réflexion contre la traite des êtres humains a été introduite par le pape François en 2015. Coordonnée par Talitha Kum, elle s’appuie sur un réseau d’organisations – dont le mouvement des Focolari – dans le but de prier ensemble, de réfléchir collectivement aux réalités de la traite des personnes et de soutenir les victimes, les survivants et les populations vulnérables. En particulier, cette initiative vise à promouvoir et à aider les femmes, les enfants, les migrants, les réfugiés et les jeunes.
Cette année, durant la semaine du 4 au 10 février, divers événements auront lieu pour sensibiliser à ce sujet. Plus de 100 représentants des différentes organisations partenaires – des jeunes du monde entier, des sympathisants et des activistes, des survivants, des réfugiés, des migrants et des personnalités de l’industrie de l’art et du cinéma – se réunissent à Rome pour lancer un appel à l’espérance, à la paix, à l’amour et à l’unité de l’Église catholique dans le but de guérir les blessures du monde. Entre autres événements, le 6 février de 16h à 19h (heure italienne), le Gen Verde participera à l’événement « Invoquer l’espérance et promouvoir des événements de guérison » à l’Université Pontificale de la Sainte-Croix.
Mais l’événement central sera le pèlerinage en ligne prévu le 7 février de 11h30 à 16h30 (heure italienne) : un marathon de prière et de réflexion à travers tous les continents et disponible en cinq langues.
Récemment, le Dicastère pour la Doctrine de la foi a publié la Déclaration « Dignitas Infinita “, qui fait référence aux graves violations de la dignité humaine, telles que la traite des êtres humains, décrite comme ”une activité ignoble, une honte pour nos sociétés qui se disent civilisées ». De même, elle souligne l’importance de lutter contre des phénomènes tels que « le commerce d’organes et de tissus humains, l’exploitation sexuelle des garçons et des filles, le travail forcé, y compris la prostitution, le trafic de drogues et d’armes, le terrorisme et la criminalité internationale organisée ». Elle mentionne également les répercussions de ce crime contre l’humanité. « La traite des êtres humains porte atteinte à l’humanité de la victime, à sa liberté et à sa dignité ».
On estime actuellement que 50 millions de personnes sont touchées par l’esclavage moderne dans le monde. Ce sont les femmes et les enfants qui en subissent le plus les conséquences. L’année jubilaire et le thème de l’espérance soulignent l’importance de promouvoir cette valeur également par des actions concrètes telles que la lutte mondiale contre l’horrible réalité de la traite des êtres humains. Nous sommes donc appelés à agir, à être des ambassadeurs de l’espérance, car la dignité humaine et la fraternité que nous défendons tous sont en grand danger.
Chiara Lubich, fondatrice du mouvement des Focolari, a parlé à plusieurs reprises dans ses discours de la proximité comme de la façon dont Dieu se fait proche de l’humanité. Comme nous pouvons déjà le lire dans le titre de ce livre, la « proximité » est le style de Dieu, que Jésus nous a révélé par sa vie. C’est aussi la manière d’apporter Dieu aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui. Pour en savoir plus sur le contenu du livre, nous avons interrogé les auteurs : Judith Povilus et Lida Ciccarelli.
Lida, Judith : de quoi parle le livre ?
Lida : « Il s’agit d’un recueil de réflexions de Chiara Lubich sur le thème de l’amour envers les frères et sœurs dans une perspective de proximité. C’est un sujet très cher au pape François, qui nous a exhortés à plusieurs reprises à prendre soin du monde qui nous entoure, à être proches de nos frères et sœurs selon le style de Dieu : la proximité, précisément.
Judith « Pour l’édition anglaise, nous nous sommes demandés comment traduire le titre. Et la solution répond un peu à ta question : Learning closeness from God , apprendre de Dieu comment il s’est fait proche de nous pour apprendre à être proche à notre tour de ceux qui sont à nos côtés ».
Judith Povilus, docteur en théologie fondamentale, est professeur émérite de logique et de fondements des mathématiques à l’Institut universitaire Sophia (Loppiano, Florence). Elle est l’auteur de : La présence de Jésus parmi les siens dans la théologie d’aujourd’hui (1977) ; Jésus au milieu de la pensée de Chiara Lubich (1981) ; Nombres et lumière. Sur la signification sapientielle des mathématiques (2013) ; co-éditeur de L’unité. Un regard du Paradis ‘49 de Chiara Lubich (2021). (2021).
Comment apporter Dieu à notre époque où il y a tant de solitude, d’indifférence, de guerres et de divisions ?
Lida: « Si nous regardons autour de nous, il y a des raisons d’être pessimistes, mais en tant que chrétiens, nous sommes appelés à toujours témoigner de l’amour de Dieu. Pour moi, la voie à suivre est celle de Jésus : la société de l’époque n’était pas meilleure que celle d’aujourd’hui, mais Jésus a toujours donné la vie du ciel. Mettons donc aussi de l’amour là où il n’y en a pas, là où il y a de la solitude soyons des compagnons, là où il y a de la division soyons des instruments de réconciliation et d’unité ».
Qui est le « prochain » à qui apporter Dieu ?
Judith : « L’encyclique ‘Tous frères’ reprend la parabole du bon Samaritain où le scribe demande à Jésus : qui est mon prochain ? Jésus retourne la question et précise que tout le monde est candidat à être mon prochain. Il n’y a pas de limites, cela dépend de moi de me faire le prochain des autres. Être le prochain est un acte performatif. Ta question est très belle : trouver Dieu est ce à quoi tout être humain en grande partie, aspire le plus, même s’il n’en est pas conscient. Laissons donc Dieu vivre en nous, et laissons-le toucher les cœurs par notre amour ».
Il arrive souvent que la diversité culturelle, sociale et politique entraîne une fragmentation et une polarisation. Et la peur de l’autre augmente. Chiara Lubich, avec son idéal d’unité, va à l’encontre de ce phénomène.
Lida : « C’est vrai, Chiara va à l’encontre de cette tendance. Elle a imprimé en nous une idée simple mais révolutionnaire : nous sommes tous frères parce que nous sommes les enfants du Père qui est aux cieux. Une idée simple, certes, mais qui nous libère et fait tomber le mur des divisions. Si nous la mettons en pratique, elle change notre vie. L’autre, quel qu’il soit, jeune ou vieux, qui a les mêmes idées ou pas, riche ou pauvre, étranger ou du même pays que moi, doit être regardé avec des yeux nouveaux : tous sont enfants du Père et tous, mais vraiment tous, sont aimés par le Père comme moi je le suis ».
Lida Ceccarelli, diplômée en philosophie et en théologie morale, enseigne l’histoire de l’Église et la théologie spirituelle à l’Institut international Mystici Corporis (Loppiano-Italie). Ancien membre de la Commission pour la spiritualité du Secrétariat général du Synode, elle est postulatrice au Dicastère pour les causes des saints.
La proximité est un concept central tant dans les Eglises chrétiennes que dans les différentes traditions religieuses. Est-ce donc la voie de la fraternité universelle ?
Lida : « C’est exactement ce que nous avons vécu ces jours-ci avec un groupe de jeunes musulmans chiites, étudiants du Dr Mohammad Ali Shomali, directeur de l’Institut international d’études islamiques de Qum en Iran. Ces étudiants sont venus à l’Université Sophia, dans la cité-pilote de Loppiano, pour un bref cours sur le christianisme. Nous n’avons pas tellement parlé de fraternité mais nous l’avons vécue ».
Judith « J’ai aussi pu donner plusieurs conférences sur la spiritualité de l’unité. En parlant de Dieu-Amour, j’ai raconté la parabole du fils prodigue. Je leur ai dit : « Peut-être parmi vous y a-t-il des pères qui comprennent la profondeur de cet amour ‘assaisonné’ de miséricorde » ? Sept d’entre eux étaient de jeunes pères de famille. Pendant une pause, ils m’ont montré, avec joie et émotion, des photos de leurs enfants. Dans cette ambiance, leurs questions spontanées sur la spiritualité ont permis d’approfondir le charisme de l’unité. Avec joie, des points communs ont été découverts ou des vérités du christianisme non comprises auparavant ont été clarifiées. Je me suis rendu compte que la proximité, avec toutes les nuances humaines et l’intérêt de partager la vie de son prochain, est précisément la manière de partager le don du charisme qui est pour tous, également pour les non-chrétiens, et d’être ensemble les bâtisseurs d’un monde plus fraternel ».
Quels conseils donner au lecteur ? Quel doit être le « regard » porté sur l’autre ?
Lida : « Peut-être que si le lecteur est déjà familier avec les écrits de Chiara, je lui suggérerais de les aborder comme si c’était la première fois. Et de s’arrêter dès que l’on est frappé par quelque chose pour écouter la Sagesse qui se tient à la porte et frappe à notre cœur ».
Judith : « Oui, en effet, les écrits de Chiara dans la partie anthologique sont d’une grande profondeur, de nature et de contenu variés. On ne peut pas tout lire d’un seul coup. Personnellement, chaque fois que je médite sur l’un ou l’autre de ces écrits, je découvre de nouvelles idées ou de nouveaux pas à faire ».
Lida : « Alors, pour conclure, quel regard devons-nous porter sur l’autre, sur notre prochain ? Celui de Jésus avec le jeune homme riche : « le regardant, il l’aima ». Quel était son regard ? Un regard aimant et gratuit qui entre en toi et qui te dit : tu es important pour moi, je t’aime tel que tu es ».
Le 23 janvier, nous avons vécu le premier rendez-vous de « Appelés à une même espérance – Jeunes en chemin ». Un voyage pour s’immerger au cœur du Jubilé à travers les richesses des charismes.
Cette première soirée a été animée par les jeunes de Nuovi Orizzonti et du mouvement des Focolari qui, avec des chants, des moments de connaissance, des témoignages profonds et la prière, ont rempli les cœurs de courage, d’amour et d’espérance.
Ensemble, nous avons « marché » et partagé l’espoir. Merci à tous d’avoir fait de cette soirée un moment inoubliable.
Nous sommes parfois confrontés à des situations où il est difficile de porter un jugement, de prendre position. Nous aurions besoin d’une aide pour trouver le sens profond des choses et en deviner les tenants et les aboutissants. Il y a un besoin de lumière, et comme les mineurs qui ouvrent la galerie mètre par mètre avec une simple lanterne, nous avons nous aussi une lumière qui peut éclairer nos pas, un par un. Nous le savons : l’amour réciproque est une lumière puissante qui nous guide et nous aide sur le chemin difficile de la prise de conscience personnelle sur les chemins de la vie. Nous devons être capables de faire face à la complexité des points de vue et des opinions de ceux qui nous entourent ou que nous rencontrons simplement par hasard. Il est important, avec chacun, de maintenir l’authenticité dans notre coeur et d’être conscient de la limite de notre point de vue. Cette ouverture d’esprit et de coeur, fruit de l’amour véritable, nous ouvre à un dialogue qui écoute, cherche le positif chez l’autre et ouvre la possibilité de construire quelque chose ensemble. En lien avec cette recherche personnelle, le père Timothy Radcliffe, l’un des théologiens présents au Synode des évêques de l’Église catholique, a déclaré que « la chose la plus courageuse que nous puissions faire […] est d’être sincères les uns avec les autres au sujet de nos doutes et de nos questions, pour tout ce pour quoi nous n’avons pas de réponses claires. Nous nous rapprocherons alors les uns des autres comme des compagnons en recherche, des mendiants de la vérité ».(1) Lors d’une conversation avec des membres des Focolari, Margaret Karram a commenté ainsi cette réflexion : « En y réfléchissant, je me suis rendu compte que bien souvent je n’ai pas eu le courage de dire ce que je pensais : peut-être par peur de ne pas être comprise, peut-être pour ne pas dire ce que je pensais et qui pouvait être quelque chose de complètement différent de l’opinion majoritaire. » Pour elle, « « être mendiants de la vérité » signifie avoir cette attitude de proximité, les uns envers les autres, dans laquelle nous cherchons tous ensemble le bien ».(2) C’est également l’expérience d’Antía, qui participe au groupe des Arts de la scène « Mosaïco », né en Espagne en 2017 et composé de jeunes espagnols d’origines et cultures différentes qui proposent à travers leur art et leurs ateliers leur propre expérience de la fraternité. Antía raconte : « C’est le lien avec mes valeurs : un monde fraternel où chacun (qu’il soit très jeune, inexpérimenté, vulnérable, etc.) peut donner sa propre contribution dans ce projet de fraternité. « Mosaïco » me fait croire qu’un monde plus solidaire n’est pas une utopie, malgré les difficultés et le dur engagement que cela implique. J’ai grandi en travaillant en équipe, avec un dialogue qui peut parfois sembler trop direct et souvent en renonçant à mes propres idées que je considérais au départ comme les meilleures. Le résultat, c’est que « le bien » se construit morceau par morceau, petit à petit, avec l’apport de chacun d’entre nous ».(3)
1. P. Timothy Radcliffe, Meditation n. 3, Amitié, Synode des Évêques, Sacrofano, 2.10.2023. 2. Conversation avec les focolarini, Margaret Karram, Présidente del Movimento dei focolari, Rocca diPapa, 3.02.2024. 3. Mosaïco GRLP s’associe au projet Forts sans violence, qui consiste à organiser des ateliers multidisciplinaires dans de nombreuses villes, avec des jeunes pendant trois jours, en essayant de transmettre en avant les valeurs de la non-violence, de la paix et du dialogue à travers l’art.primavera 2024, p. 11.
L’IDÉE DU MOIS est actuellement réalisée par le « Centre pour le dialogue avec les personnes de croyance non religieuse » du Mouvement des Focolari. Il s’agit d’une initiative née en 2014 en Uruguay pour partager avec des amis non croyants les valeurs de la Parole de Vie, c’est-à-dire la phrase de l’Écriture que les membres du Mouvement s’engagent à mettre en œuvre dans la vie quotidienne. Actuellement L’IDÉE DU MOIS est traduite en 12 langues et distribuée dans plus de 25 pays, avec des adaptations du texte pour s’adapter aux différentes sensibilités culturelles.
La Parole de vie de ce mois est extraite d’une série de recommandations finales que l’apôtre Paul adresse à la communauté des Thessaloniciens : « N’éteignez pas l’Esprit, ne méprisez pas les paroles des prophètes ; examinez tout avec discernement : retenez ce qui est bon ; tenez-vous à l’écart de toute espèce de mal »[1]. Prophétie et discernement, dialogue et écoute. Telles sont les instructions de Paul à la communauté qui vient de s’engager depuis peu sur la voie de la foi.
Parmi les différents dons de l’Esprit, Paul attachait beaucoup d’importance à celui de la prophétie[2]. Le prophète n’est pas celui qui prévoit l’avenir, mais plutôt celui qui a le don de voir et de comprendre l’histoire personnelle et collective du point de vue de Dieu.
Mais tous les dons sont guidés par le plus grand des dons, la charité, l’amour fraternel [3]. Augustin d’Hippone affirme que seule la charité permet de comprendre l’attitude à adopter face aux diverses situations[4].
« Examinez tout avec discernement : retenez ce qui est bon »
Il s’agit d’être capable de discerner non seulement les dons personnels mais aussi les nombreuses potentialités et complexités des points de vue et des opinions qui se présentent à nous à travers les personnes qui nous entourent et avec lesquelles nous traitons, peut-être aussi chez les personnes que nous rencontrons par hasard. Il est important de maintenir l’authenticité dans nos cœurs et aussi d’être conscients des limites de notre propre point de vue.
Cette parole de vie pourrait être un mot d’ordre à adopter dans toutes les situations de dialogue et de confrontation. Écouter l’autre, pas nécessairement pour tout accepter, mais en sachant qu’il est possible de trouver quelque chose de bon dans ce qu’il dit. Cela favorise l’ouverture d’esprit et de cœur. C’est faire le vide en soi par amour et avoir ainsi la possibilité de construire quelque chose ensemble.
« Examinez tout avec discernement : retenez ce qui est bon »
Le père Timothy Radcliffe, l’un des théologiens présents au Synode des évêques de l’Église catholique, a déclaré : « La chose la plus courageuse que nous puissions faire au cours de ce Synode est d’être sincères les uns avec les autres au sujet de nos doutes et de nos questions, ceux pour lesquels nous n’avons pas de réponses claires. Nous nous rapprocherons alors les uns des autres comme des compagnons en recherche, des mendiants de la vérité ».[5]
Lors d’une conversation avec des focolarini, Margaret Karram, présidente du Mouvement des Focolari, a commenté ainsi cette réflexion : « En y réfléchissant, je me suis rendu compte que bien souvent je n’ai pas eu le courage de dire ce que je pensais : peut-être par peur de ne pas être comprise, peut-être pour ne pas dire ce que je pensais et qui pouvait être quelque chose de complètement différent de l’opinion majoritaire. Je me suis rendu compte qu’être « mendiants de la vérité » signifie avoir cette attitude de proximité, les uns envers les autres, dans laquelle nous voulons tous ce que Dieu veut, dans laquelle nous cherchons tous ensemble le bien ».[6]
« Examinez tout avec discernement : retenez ce qui est bon »
C’est l’expérience d’Antía, qui participe au groupe des Arts de la scène Mosaico, né en Espagne en 2017 sous le nom de Gen Rosso Local Project. Il est composé de jeunes espagnols qui proposent à travers leur art et leurs ateliers, leur propre expérience de la fraternité.
Antía raconte : « C’est le lien avec mes valeurs : un monde fraternel où chacun (qu’il soit très jeune, inexpérimenté, vulnérable, etc.) peut vivre sa propre expérience dans ce projet de fraternité. Mosaico me fait croire qu’un monde plus solidaire n’est pas une utopie, malgré les difficultés et le dur engagement que cela implique. J’ai grandi en travaillant en équipe, avec un dialogue qui peut parfois sembler trop direct et souvent en renonçant à mes propres idées que je considérais au départ comme les meilleures. Le résultat, c’est que » le bien » se construit morceau par morceau, petit à petit, avec l’apport de chacun d’entre nous ».[7]
D’après Patrizia Mazzola et l’équipe de la Parole de Vie.
[1] Ts 5, 19-22. [2] Cf. Jean-Paul II, Audience Générale, 24.06.1992, n.7. [3] Cf. 1 Cor 13. [4] Cf. Augustin d’Hippone, Ep. Jo. 7, 8. [5] Padre Timothy Radcliffe, Meditazione n. 3, Amicizia, Sinodo dei Vescovi, Sacrofano, 2.10.2023. [6] Conversation avec les focolarini, Margaret Karram, Présidente du Mouvement des focolari, Rocca di Papa, 3.02.2024. [7] Mosaic GRLP s’associe au projet Forts sans violence, qui consiste à organiser des ateliers multidisciplinaires dans de nombreuses villes, avec des jeunes pendant trois jours, en essayant de transmettre les valeurs de la non-violence, de la paix et du dialogue à travers l’art.
La ville de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu (République Démocratique du Congo), a été attaquée et est désormais contrôlée par le groupe rebelle armé M23. Les conflits entre les forces gouvernementales congolaises et la milice du M23 se sont intensifiés après l’assassinat du général Peter Cirimwami, gouverneur de la province du Nord-Kivu, le 25 janvier 2025.
Le Mouvement des Focolari est présent à Goma depuis 1982 et compte une communauté très active pour l’aide aux personnes dans le besoin, avec de nombreuses initiatives au service des pauvres et des réfugiés. Un focolare féminin s’est ouvert en 2019. En 2020, un centre social a été construit, avec l’aide de diverses organisations et de personnes de bonne volonté, pour assurer un accueil et une aide de première nécessité. Parallèlement, des parcours de formation et d’orientation professionnelle ont été mis en place pour offrir dignité et moyens de subsistance aux réfugiés, avec une attention particulière aux femmes seules avec enfants. De nombreuses personnes ont ainsi été aidées, dont celles qui sont récemment arrivées dans un camp de réfugiés près du « Centre Louis Quintard / Focolari ». Depuis 2023, grâce au soutien de l’AMU (Action Monde Uni), un projet de micro-crédit a été mis en place et, depuis l’intensification des affrontements en février dernier, l’AMU a également soutenu la communauté locale du Mouvement pour mener des interventions d’urgence sur place, notamment en fournissant de l’eau potable et des kits d’hygiène aux nombreuses personnes déplacées dans les camps de réfugiés de la ville.
La tension dans la région est très forte et l’appréhension grandit quant à ce qui pourrait se passer dans les prochains jours, avec une possible escalade du conflit. Cela pourrait avoir des conséquences dramatiques sur une ville et une population qui vivent déjà des situations difficiles en raison de conflits qui durent depuis plus de 30 ans.
Pour cela, nous invitons tous à renforcer la prière en se joignant au « Time out« , une minute de silence et de prière pour la paix que nous proposons chaque jour à midi heure locale, à soutenir toutes les actions de paix et à encourager des actions diplomatiques qui visent à mettre fin à tous les conflits encore en cours dans le monde.
Ou également par virement sur les comptes courants suivants :
Azione per un Mondo Unito ETS (AMU) IBAN: IT 58 S 05018 03200 000011204344 auprès de Banca Popolare Etica – Code SWIFT/BIC: ETICIT22XXX
Azione per Famiglie Nuove ETS | Banca Etica – filiale 1 di Roma – Agenzia n. 0 | Codice IBAN: IT 92 J 05018 03200 000016978561 | BIC/SWIFT: ETICIT22XXX
Motif : « Urgence Goma »
Des avantages fiscaux sont disponibles pour ces dons dans de nombreux Pays de l’UEet dans d’autres Pays du monde, selon les différentes réglementations locales.
Lors d’une rencontre d’évêques de diverses Églises, amis du mouvement des Focolari, près de Stockholm, en Suède, en novembre 2018, Mgr Krause a été interviewé par la journaliste irlandaise Susan Gately, qui lui a demandé ce qu’était exactement l’« œcuménisme » à ses yeux. Nous publions – au lendemain de la célébration, dans l’hémisphère nord, de la Semaine de Prière pour l’unité des chrétiens – un extrait de la réponse de Mgr Krause qui permet d’esquisser son profil, son ouverture et sa passion pour le chemin œcuménique.
« Appelés à l’espérance – Protagonistes du dialogue » est le titre de la Conférence Œcuménique qui se tiendra du 26 au 29 mars 2025 à Castel Gandolfo (Rome, Italie). Pour vous inscrire ou pour plus d’informations, téléchargez la notice.
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Le 24 janvier 1944, Chiara Lubich découvrait ce qui aller devenir un élément clé de la spiritualité de l’unité : Jésus qui, sur la croix, fait l’expérience de l’abandon du Père, expression maximale de douleur, expression suprême d’amour.
Et Jésus abandonné a été un point fort d’un moment du Genfest 2024, le rendez-vous international des jeunes des Focolari. Nous vous en proposons quelques extraits.
Les images dramatiques des incendies qui ont ravagé une immense zone, détruisant tout, des animaux à la végétation, font le tour du monde depuis plusieurs jours. Des milliers de maisons sont en cendres et, à l’heure actuelle, 25 personnes sont mortes. De nombreuses familles ont tout perdu et 26 personnes sont toujours portées disparues. Il est déchirant de voir encore aujourd’hui ces images de souffrance. Et l’urgence n’est pas encore terminée. Nous avons contacté la communauté des Focolari de la région pour savoir comment elle vit cette situation.
« Les incendies qui sévissent dans différentes parties de notre territoire nous inquiètent beaucoup, car nous ne parvenons pas à éteindre complètement les foyers d’incendie à cause des vents violents. On prévoit qu’ils dureront encore plusieurs jours », écrit Carlos Santos du focolare de Los Angeles. De nombreuses personnes ont été déplacées et beaucoup ont tout perdu. Mais nous constatons également que de nombreuses personnes ont apporté de la nourriture, des vêtements, de l’argent et d’autres dons pour les personnes touchées par les incendies. La réponse de la charité a été si grande que, par l’intermédiaire de la télévision, des personnes ont demandé d’arrêter de faire des dons dans certaines régions parce qu’il n’y avait plus assez de place pour les déposer. Oui, la Providence est arrivée en surabondance.
L’incendie n’a pas atteint les maisons des membres de la communauté locale des Focolari. Mais certains ont dû déménager, parce qu’ils vivaient dans des zones à risque d’incendie.
Carlos poursuit : « Le focolare féminin a abrité une famille pendant trois jours jusqu’à ce que les autorités déclarent qu’elle pouvait retourner chez elle en toute sécurité. Notre focolare masculin s’est également rendu disponible pour accueillir des personnes en cas de besoin. Cela a permis à la communauté d’avoir l’esprit plus serein car plusieurs zones du comté de Los Angeles pouvaient faire l’objet d’un mandat d’évacuation au cas où le vent changerait de direction et déplacerait le feu vers cette zone. Certains focolarini et focolarines, par leur travail, ont été touchés par la souffrance de nombreuses personnes et de familles qui ont tout perdu. Nous voulons accompagner ces personnes, leur apporter du réconfort et les aider à trouver une solution stable et nous vous remercions pour les nombreux messages de proximité et les prières pour cette grande souffrance ».
Sur le site de Focolare Médias, l’organe de communication des Focolari en Amérique du Nord, vous pouvez lire l’article sur le « miracle du tabernacle » à l’église Corpus Christi de la communauté de Pacific Palisades en Californie.
« Partons des derniers, de ceux qui sont rejetés et abandonnés par la société. » C’est ainsi qu’est né, en Amazonie péruvienne, le centre pour personnes âgées « Hogar Chiara Lubich ». Un lieu où, grâce à la générosité d’une famille et de la communauté des Focolari, sont accueillies des personnes âgées abandonnées, qui ont besoin d’aide, de soins, d’un repas chaud ou simplement de la chaleur d’une famille.
Dans le dialogue entre personnes de cultures et d’orientations religieuses différentes, un thème récurrent est la question : « Peut-on toujours espérer ? Et en quoi ? » Une question qui résonne plus intensément dans les moments difficiles et face aux défaites ou aux souffrances les plus déchirantes, mais aussi face aux désillusions d’un idéal ou d’un ensemble de valeurs qui nous avaient fascinés. C’est précisément dans ces moments de doute que nous sommes amenés à reconsidérer nos convictions, nos valeurs et nos croyances dans lesquelles nous avons placé notre espoir. Ainsi nous trouvons la force d’affronter nos doutes et de faire ressortir la grandeur de l’être humain, capable de tomber et de se relever, d’expérimenter la faiblesse de manière consciente, sans attentes inutiles de solutions miraculeuses. Croire est bien plus qu’espérer une solution à nos problèmes, c’est plutôt un élan qui nous permet de continuer à avancer. La vie, précisément dans ces moments-là, peut mystérieusement devenir un authentique cadeau. Croire en un engagement qui donne un sens à la vie. Ce n’est pas comme accepter un contrat que l’on signe une fois et que l’on ne revoit plus, c’est quelque chose qui transforme et imprègne chaque choix quotidien. Une aide pour vivre de cette manière est de ne pas penser à des situations extrêmes, qui ne peuvent que nous effrayer et nous bloquer, mais d’affronter les petites difficultés de chaque jour, en les partageant avec nos amis. De cette façon, si nous ne perdons pas courage, nous découvrirons que chaque jour peut nous offrir une nouvelle occasion de croire et de donner de l’espoir à ceux qui nous entourent. C’est la force de l’amitié qui cherche le bien de l’autre. Lorsque tout va bien, il est plus facile de se sentir fort et courageux. Mais c’est lorsque nous faisons l’expérience de la vulnérabilité que nous pouvons construire quelque chose qui ne passe pas et qui restera après nous. C’est la conviction que l’on acquiert lorsqu’on a partagé la vie d’une personne qui a cru audelà de tout, qui a lutté et souffert et qui s’est rapprochée de tous par son amour. Ces personnes, ayant terminé leur vie sur cette terre, laissent une telle empreinte et leur mémoire est si présente que – mystérieusement – elles nous font dire, même au-delà de notre référence religieuse ou non religieuse : « Je crois, j’y crois. Continuons ensemble ! »
L’IDÉE DU MOIS est actuellement réalisée par le “Centre pour le dialogue avec les personnes de croyance non religieuse” du Mouvement des Focolari. Il s’agit d’une initiative née en 2014 en Uruguay pour partager avec des amis non croyants les valeurs de la Parole de Vie, c’est-à-dire la phrase de l’Écriture que les membres du Mouvement s’engagent à mettre en œuvre dans la vie quotidienne. Actuellement L’IDÉE DU MOIS est traduite en 12 langues et distribuée dans plus de 25 pays, avec des adaptations du texte pour s’adapter aux différentes sensibilités culturelles. dialogue4unity.focolare.org
Jésus se rend à Béthanie où Lazare est mort depuis quatre jours. Informée, sa sœur Marthe court, pleine d’espoir, à sa rencontre. Jésus l’aimait beaucoup, elle et sa sœur Marie ainsi que Lazare, souligne l’Évangile[1]. Bien que dans la peine, Marthe manifeste au Seigneur la confiance qu’elle a en Lui, convaincue que s’il avait été présent avant la mort de son frère, celui-ci serait encore en vie. Cependant elle croit encore maintenant que toutes ses demandes seront exaucées. Jésus lui affirme alors : « Ton frère ressuscitera ». (Jn 11,23)
« Crois-tu cela ? »
Après avoir précisé qu’il parle du retour de Lazare à la vie physique ici et maintenant et pas seulement à celle qui attend tout croyant après la mort, Jésus demande à Marthe l’adhésion de la foi, non seulement pour accomplir l’un de ses miracles – que l’évangéliste Jean appelle « signes » – mais pour lui donner, comme à tous les croyants, la possibilité d’une vie nouvelle et la résurrection. « Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11,25), affirme Jésus. Et la foi qu’il lui demande est de l’ordre d’un rapport personnel avec Lui, une relation active et dynamique. Croire, ce n’est pas comme conclure un contrat que l’on signe une fois pour toutes et que l’on ne regarde plus jamais ensuite. C’est une réalité qui transforme et imprègne la vie quotidienne.
« Crois-tu cela ? »
Jésus nous invite à vivre une vie nouvelle, ici et maintenant. Il nous invite à en faire l’expérience chaque jour, sachant que, comme nous l’avons redécouvert à Noël, c’est Lui-même qui nous l’a apportée, en nous cherchant le premier et en venant parmi nous.
Comment répondre à sa demande ? Regardons Marthe, la sœur de Lazare.
Regardons Marthe, la sœur de Lazare. Il ressort de son dialogue avec Jésus une profession de foi totale en Lui. Le texte original, en grec, l’exprime avec encore plus de force. Le « je crois » qu’elle prononce signifie « j’en suis arrivée à croire », « je crois fermement » que « tu es le Christ, le Fils de Dieu qui doit venir dans le monde »[2], avec toutes ses conséquences. C’est une conviction mûrie au fil du temps, éprouvée dans les différentes circonstances qu’elle a dû affronter dans sa vie.
Le Seigneur m’adresse sa question, à moi aussi. « Crois-tu cela ? ». Il me demande à moi aussi une confiance totale en Lui et l’adhésion à son mode de vie, fondé sur un amour généreux et concret envers tous. La persévérance fera grandir ma foi, qui se renforcera au fur et à mesure que je réaliserai, jour après jour, la vérité des paroles de Jésus mises en pratique, et qui ne manquera pas de s’exprimer dans mes actions quotidiennes envers tous. Nous pouvons donc faire nôtre la prière que les apôtres adressent à Jésus : « Augmente en nous la foi » (Lc 17,5).
« Crois-tu cela ? »
« L’une de mes filles avait perdu son emploi de même que tous ses collègues parce que le gouvernement avait fermé l’agence publique où elle travaillait », raconte Patricia, originaire d’Amérique du Sud. En guise de protestation, ils avaient installé un campement devant le siège de l’agence. J’essayais de les soutenir en participant à certaines de leurs activités, en leur apportant de la nourriture ou en passant simplement les voir pour parler avec eux.
Le Jeudi Saint, un groupe de prêtres qui les accompagnait, proposa une célébration avec des temps d’écoute et d’échange. On lut l’Évangile et on reproduisit le geste du lavement des pieds, comme Jésus l’avait fait. La majorité des personnes présentes n’étaient pas des personnes croyantes. Néanmoins, ce fut un moment de profonde union, de fraternité et d’espérance. Ils se sentirent pris en considération et, avec émotion, ils remercièrent les prêtres qui les avaient ainsi accompagnés dans ce moment d’incertitude et de souffrance.
Cette parole de Jésus a été choisie comme mot d’ordre pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2025. Prions donc et agissons pour que notre foi commune soit le moteur de la recherche de la fraternité avec tous : c’est la proposition et le désir de Dieu pour l’humanité mais cela demande notre adhésion. La prière et l’action seront efficaces si elles naissent de cette confiance en Dieu et de notre action en conséquence.
D’après Silvano Malini et l’équipe de la Parole de Vie. Traduction D. Fily
Paix, accueil, courage, justice, dialogue, espérance, solidarité, ensemble, fraternité, unité : des mots qui expriment notre engagement planétaire, fort, concret, qui commence par de petits gestes quotidiens, afin que les armes se taisent et que cessent les conflits dans toutes les régions du monde.
« S’il vous plaît, semez avant tout l’Évangile qui est Bonne Nouvelle, afin d’être crédibles en un temps déchiré par les discordes et les conflits, où la paix semble devenue désormais un rêve inaccessible. » Une forte invitation que le pape François lançait aux familles-focolare dans une longue lettre. Le 27 octobre 2024, au Centre Mariapolis de Castel Gandolfo (Italie), Margaret Karram, Présidente du Mouvement des Focolari, a rencontré les jeunes familles-focolare et leur a lu ce message reçu du Pape : une belle surprise qui leur était spécialement destinée.
La rencontre d’octobre à Castel Gandolfo était le dernier rendez-vous du parcours de formation en six étapes qui s’est déroulé dans différentes régions du monde : Pologne, Philippines, Liban, Guatemala, Portugal. 55 familles de différents pays ont participé à cette étape conclusive en Italie.
Dans sa lettre, le Pape expliquait qu’il avait été informé « du travail important réalisé au sein du Mouvement en faveur de noyaux familiaux qui ont entrepris un parcours de formation inédit ». Et il remerciait la Présidente « de me faire participer à cette expérience de foi passionnante, vécue par de nombreux couples de différentes nationalités et expressions religieuses. Je suis particulièrement heureux de savoir que vous poursuivez avec joie votre apostolat dans différents contextes humains et sociaux, et qu’avec une grande passion vous vous efforcez de susciter harmonie et concorde. »
Le pape François demandait ensuite à Margaret Karram de transmettre sa proximité spirituelle aux familles, exhortant chacun à devenir un instrument d’amour, manifestant ainsi la richesse d’une fraternité sincère et aimante. Il adressait une pensée spéciale aux familles en crise « qui ont perdu le courage de préserver la beauté du Sacrement reçu », et aux jeunes, les invitant « à ne pas avoir peur du mariage et de ses fragilités ».
La date à laquelle le Pape a écrit cette lettre est elle aussi significative : le 26 juillet 2024, mémoire des saints Joachim et Anne, les parents de la Vierge Marie. Un geste qui, pour les familles destinataires de la lettre n’est certainement pas un hasard.
« Chères familles, de retour dans vos foyers – poursuivait le Saint Père -, ravivez votre « focolare domestique » par la prière constante, prêtez l’oreille à la voix de l’Esprit Saint qui guide, éclaire et soutient le chemin de la vie, ouvrez à ceux qui frappent à votre porte pour être écoutés et consolés. Offrez toujours le vin de la joie et partagez le bon pain de la communion. Que la Sainte Famille de Nazareth soit pour vous source d’inspiration et d’espérance dans les moments d’épreuve, afin que vous puissiez être partout des artisans d’unité au service de l’Église et de l’humanité. »
Au terme de la lecture, Margaret Karram leur a dit : « Je l’ai relue plusieurs fois et vraiment, comme vous, je me suis émue. J’ai pensé que c’était un signe de l’amour personnel du Pape pour vous, spécialement pour vous. »
Un don précieux destiné à toutes les familles du monde, comme une comète sur le parcours de chacune d’elles.
Nous devons être convaincus que pour que la civilisation de l’amour devienne une réalité, il faut qu’un courant d’amour fasse irruption dans le monde et l’envahissent. Sans lui, toute chose reste du domaine du rêve, est déjà condamnée à mourir. […] L’amour. Enseigner à aimer. Mais seul celui qui a conscience d’être sincèrement aimé sait vraiment aimer. C’est là une constatation humaine, mais qui est tout aussi valable dans le domaine surnaturel. Savoir que nous sommes aimés. De qui ? De celui qui est l’Amour. Il faut ouvrir les yeux au plus grand nombre possible de nos frères pour qu’ils voient, pour qu’ils découvrent la chance qu’ils ont, souvent sans le savoir. Ils ne sont pas seuls sur cette terre. L’Amour existe. Ils ont un Père qui n’abandonne pas ses enfants à leur destin, mais qui veut les accompagner, les protéger, les aider. C’est un Père qui ne met pas des poids trop lourds sur les épaules d’autrui, mais qui est le premier à les porter. Dans notre cas : il ne laisse pas à la seule initiative des hommes le renouvellement de la société, mais il est le premier à s’en préoccuper. Il faut que les hommes le sachent et recourent à lui, conscients que rien ne lui est impossible. Croyons donc que nous sommes aimés de Dieu pour pouvoir nous lancer avec plus de foi dans l’aventure de l’amour et travailler avec lui à la Nouvelle Humanité. Puis mettons au centre de nos intérêts l’homme et partageons avec lui mésaventures et succès, biens spirituels et matériels. Et, pour bien aimer, ne considérons pas les difficultés, les erreurs et les souffrances du monde uniquement comme des maux sociaux auxquels porter remède, mais sachons y découvrir le visage du Christ qui ne craint pas de se cacher derrière toute misère humaine. C’est Lui le ressort qui déclenche les meilleures énergies de notre être – surtout en nous chrétiens -, en faveur de l’homme. Et puisque l’amour dont nous parlons n’est certes pas seulement philanthropie ni seulement amitié ni pure solidarité humaine, mais est surtout un don qui nous vient d’En Haut, mettons-nous dans les meilleures conditions et dispositions pour l’acquérir, pour nous nourrir et vivre de la Parole de Dieu. […] Et que chacun, dans son petit ou grand monde quotidien, en famille, au bureau, à l’usine, au syndicat, dans le vif des problèmes locaux et généraux, dans les institutions publiques de la ville ou de plus vastes dimensions, jusqu’à l’ONU, [que chacun] soit vraiment constructeur de paix, témoin de l’amour, facteur d’unité.
Près de 9 000 kilomètres nous séparent de Loppiano (Italie), siège du groupe international Gen Rosso. Pour la première fois, le groupe a atterri en Mongolie, pays d’Asie de l’Est situé entre la Russie et la Chine. Le Préfet apostolique, le cardinal Giorgio Marengo, dirige la jeune et dynamique Église catholique de Mongolie – environ 1 500 baptisés sur une population de trois millions et demi d’habitants. L’invitation du cardinal marquait une étape dans la préparation des communautés au Jubilé de l’Église catholique de 2025. « Une Église jeune, composée de jeunes, a besoin d’un langage jeune pour parler aux gens », confiait le cardinal. « J’ai grandi avec les chansons du Gen Rosso. Une personne m’a proposé de les contacter pour les faire venir en Mongolie. J’ai pensé que c’était une excellente occasion de faire de l’animation missionnaire à la manière du Gen Rosso, qui est particulièrement adaptée à une réalité comme celle de la Mongolie, où l’Église en est à ses balbutiements. Le langage de l’art, les textes du Gen Rosso ont un horizon très large, il m’a donc semblé que c’était une occasion en or ».
Du 23 novembre au 2 décembre 2024, le Gen Rosso a rencontré plusieurs centaines de personnes, principalement des jeunes qui ont participé à divers ateliers dans différentes disciplines artistiques – danse hip hop, broadway, danse de fête et chant choral -, se terminant par un concert le 1er décembre dans la capitale Oulan Bator.
« Nous avons pensé à un concert ‘participatif’ auquel les jeunes que nous avons rencontrés au cours des premiers jours de notre séjour en Mongolie ont également contribué », explique le groupe, « et ce dans le but de favoriser l’échange culturel entre les jeunes et les préparer à animer ensemble le concert du 1er décembre. Nous avons chanté principalement en anglais, un peu en italien et un couplet de la chanson ‘Hopes of Peace’ en mongol. La volonté était de contribuer à la promotion d’une culture de paix et de fraternité, basée sur les valeurs de partage et d’unité ».
« Parmi les différents événements, nous avons rencontré des enfants d’un orphelinat, des sans-abri et des familles nomades. C’était une grande émotion d’être avec eux, de chanter avec les enfants, de donner de l’espoir à ces personnes, mais aussi d’apprendre à connaître leurs cultures et leurs traditions », ont commenté Emanuele Chirco et Adelson Oliveira du Gen Rosso. Cette rencontre a été suivie d’une rencontre avec de jeunes artistes locaux afin de promouvoir une culture de la paix et de la fraternité par le biais de la musique et de l’art. Le groupe, fondé en 1966 à Loppiano sur l’inspiration de Chiara Lubich, fondatrice du mouvement des Focolari, diffuse en effet précisément ces valeurs à travers la musique. Avant de repartir, le Gen Rosso a également été reçu par l’ambassadrice d’Italie en Mongolie, Giovanna Piccarreta.
Le voyage du Gen Rosso a marqué une étape importante pour la communauté locale. En 2002, lorsque le Pape Jean-Paul II a érigé la Préfecture, l’Église mongole ne comptait guère plus d’une centaine de fidèles et quelques religieux et prêtres. Le cardinal Giorgio Marengo est arrivé en 2003 comme missionnaire de la Consolata. La communauté de croyants grandit petit à petit. En 2023, le voyage historique du Pape François apporta un message d’espoir.
À la fin de la tournée, le cardinal Marengo commentait : « Ce fut une belle expérience d’amitié avec le Gen Rosso, où l’on découvrait ce dénominateur commun qu’est Jésus qui nous unit. Nous nous sommes immédiatement sentis en phase. J’emporte également avec moi la beauté de voir combien les différents membres du groupe sont en relation les uns avec les autres dans une attention fraternelle. Et la certitude que lorsqu’ils monteraient sur scène, ils offriraient une expérience de beauté, de profondeur pour faire réfléchir les personnes ».
Lorenzo Russo
Pour plus d’informations et pour les prochains événements du Gen Rosso :www.genrosso.com
Dans un monde marqué par les guerres, les crises et la polarisation, le dialogue et la coopération restent les seuls chemins vers la paix. C’est avec cette conviction que l’ONG New Humanity a rejoint le Forum mondial de l’Alliance des civilisations des Nations unies (UNAOC), qui a réuni son Groupe d’Amis à Cascais, au Portugal, du 25 au 27 novembre. Sur le thème « Unis dans la paix : restaurer la confiance, redessiner l’avenir – Réflexion sur deux décennies de dialogue pour l’humanité », l’événement a rassemblé diverses parties prenantes, notamment des chefs religieux, des universitaires, des jeunes, des représentants des médias et de la société civile. Parmi les participants de haut niveau figuraient António Guterres, secrétaire général des Nations unies, Marcelo Rebelo de Sousa, président du Portugal, le roi Felipe d’Espagne et plusieurs ministres des affaires étrangères, actuels et anciens, de pays européens.
L’ONG New Humanity du Mouvement des Focolari et membre du Conseil consultatif multiconfessionnel de l’UNAOC a souligné l’engagement de l’organisation à promouvoir une société juste et unie, où les religions sont des espaces de rencontre et de collaboration. Enracinée dans des décennies d’initiatives locales, New Humanity associe l’action locale à la diplomatie internationale pour relever les défis mondiaux et promouvoir la paix. Cette participation a souligné l’importance des efforts multilatéraux pour restaurer la confiance et redessiner un avenir d’harmonie et de collaboration entre les institutions internationales, les organisations religieuses et le secteur privé.
Notre engagement
Au cours du Forum mondial, Ana Clara Giovani et André Correia, jeunes représentants du Mouvement des Focolari, ainsi que Maddalena Maltese, représentante principale de l’ONG New Humanity à New York, ont présenté le document « Together to Care – For our human Family and our common home » (Ensemble pour prendre soin – Pour notre humanité et notre maison commune). Ce document représente un engagement de la Jeunesse pour un Monde Uni (Y4UW) envers le Pacte pour le Futur, approuvé par les Nations Unies en septembre dernier.
Lors du Genfest 2024, un rassemblement de 4 000 jeunes du monde entier qui s’est tenu au Brésil, huit pôles d’innovation ont été lancés pour promouvoir l’unité de la famille humaine et prendre soin de notre maison commune. Les huit Communautés Monde Uni ont consolidé et développé des propositions et des projets inspirés par la spiritualité de l’unité du Mouvement des Focolari, conformément aux principes de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits de l’Homme et du Pacte des Nations Unies sur les Droits de l’Homme et le Pacte pour le Futur de l’ONU. Ces initiatives se concentrent sur des domaines tels que le développement durable, l’action climatique, la promotion de la paix et des droits de l’homme, le dialogue interculturel, la cohésion sociale et l’empowerment des jeunes.
Ces projets et propositions constituent le cœur du document présenté à Cascais. Le document s’ouvre sur une lettre adressée au Secrétaire Général des Nations unies, António Guterres, reconnaissant ses efforts inlassables en faveur de la paix et du développement durable. Les propositions clés comprennent l’établissement d’un Forum de la jeunesse de haut niveau pour intégrer les perspectives des jeunes dans le processus de décision mondial et les préparations pour le 80e anniversaire de l’ONU et la COP 30, présentant des solutions dirigées par les jeunes pour la durabilité urbaine et la santé climatique.
Présenté à Miguel Ángel Moratinos, Haut représentant de l’UNAOC, et à Felipe Paullier, Haut représentant pour les affaires de la jeunesse, le document a reçu une réponse enthousiaste. Les deux dirigeants ont reconnu les contributions de longue date d’Humanité Nouvelle et ont exprimé leur intérêt pour une analyse plus approfondie des propositions. Cet engagement souligne le rôle central de la jeunesse dans l’élaboration des politiques pour un avenir juste et durable, renforçant ainsi le lien entre l’action de la base et la diplomatie internationale.
Afin d’étendre la portée et l’efficacité de ce travail, les Ambassadeurs du Monde Uni, un réseau de jeunes, joueront un rôle clé en reliant les initiatives locales aux institutions internationales telles que les Nations Unies, en veillant à ce que les actions locales aient une résonance mondiale.
New Humanity poursuit ses efforts et son engagement pour relier les initiatives locales aux organisations concernées, poursuivant ainsi sa mission de promotion de la fraternité, du dialogue et du développement durable. Les relations nouées lors du Forum Mondial de l’UNAOC seront déterminantes pour renforcer l’impact de nos projets et amplifier les voix des jeunes du monde entier.
Ana Clara Giovani et Maddalena Maltese
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(…) Aujourd’hui, avec le recul de plusieurs décennies, nous pouvons saisir le sens du 7 décembre 1943 pour notre OEuvre. Cette date signifie la venue sur la terre d’un charisme de l’Esprit Saint, d’une lumière nouvelle. Cette lumière devait, dans le plan de Dieu, étancher la soif ardente de ce monde avec l’eau de la Sagesse, le réchauffer au feu de l’amour divin et faire naître ainsi un peuple nouveau, nourri de l’Évangile. Voilà donc en premier lieu ce qu’est le 7 décembre.
Et Dieu, qui agit de façon concrète, a voulu tout de suite fixer solidement la première pierre de l’édifice, notre OEuvre, afin qu’elle serve à son entreprise. Il décide alors de m’appeler, une jeune fille parmi d’autres. D’où ma consécration à Lui, mon « oui » à Dieu, bien vite suivi par beaucoup d’autres « oui » de la part de jeunes filles et de jeunes gens.
Cette journée nous parle donc de lumière et de donations de personnes à Dieu afin de devenir des instruments entre ses mains pour la réalisation de ses projets.
Lumière et don de soi à Dieu : deux idées particulièrement utiles à ce moment-là, en ce temps de désarroi général, de haine et de guerre que nous traversions. C’était une époque sombre où Dieu semblait absent du monde, ainsi que son amour, sa paix, sa joie et sa présence comme guide. Personne ne paraissait s’intéresser à lui.
Lumière et don de soi à Dieu : deux mots que le Ciel veut nous répéter aujourd’hui, à une époque où notre planète est meurtrie par tant de guerres. (…)
Lumière signifie Verbe, Parole, Évangile, cet Évangile encore trop peu connu et surtout trop peu vécu.
La nouvelle du décès de Mgr Christian Krause m’est parvenue au moment où je commençais une conférence-zoom avec des évêques de diverses Églises amies des Focolari, dont Mgr Christian a été un fidèle compagnon pendant de nombreuses années. Nous savions depuis un certain temps que sa santé s’était détériorée et nous priions pour lui. C’est donc spontanément que nous avons dit ensemble le « Notre Père », en remerciant Dieu pour sa présence prophétique et encourageante au milieu de nous. C’était un homme au grand cœur et aux vastes horizons.
« Des évêques multicolores »
Il y aurait beaucoup à dire sur l’évêque Christian. Au moment où j’écris ces lignes, j’ai devant moi une photographie montrant le cardinal Vlk de Prague (République tchèque), le cardinal Kriengsak de Bangkok (Thaïlande), le Dr Mor Theophilose Kuriakose de l’Église syrienne orthodoxe de Malankara (Inde), moi-même, un catholique, et l’évêque Christian Krause, en train de marcher vers le centre-ville de Lund (Suède), vêtus de nos habits ecclésiastiques, en direction de la cérémonie organisée dans la cathédrale pour marquer le début du 500e anniversaire de la Réforme protestante. Cette rencontre œcuménique, organisée par la Fédération Luthérienne Mondiale (FLM) et à laquelle participait le pape François, était la première où des catholiques et des luthériens commémoraient ensemble la Réforme au niveau mondial.
La photo me rappelle le regard sympathique de Mgr Christian qui avait l’habitude d’appeler les évêques amis des Focolari issus de différentes Églises : « Des évêques multicolores ». Il était passionné par l’expérience de la variété et de la diversité dans l’unité, inspiré par un charisme et une spiritualité de l’unité et soutenu par le mouvement des Focolari, un mouvement dont il a souligné à plusieurs reprises la dimension foncièrement laïque. Nos vêtement aux couleurs différentes étaient un signe extérieur, à l’image du profond partage de nos trésors vécu depuis 1982 dans le dialogue de la vie par des évêques de différentes Églises : une initiative de Mgr Klaus Hemmerle et de Chiara Lubich, encouragée par le Pape Jean-Paul II.
Une journée historique
Même s’il connaissait le mouvement des Focolari depuis les années 1980 grâce à ses contacts avec Mgr Klaus Hemmerle, sa rencontre avec Chiara Lubich, le 31 octobre 1999, fut pour lui un moment particulier. Elle a eu lieu dans le contexte d’un moment sans doute fondamental de sa vie : la signature, au nom de la FLM, de la Déclaration commune sur la doctrine de la justification avec l’Église catholique romaine, le 31 octobre 1999 à Augsbourg, en Allemagne. Au fil des ans, Mgr Krause nous a souvent parlé de cet événement, soulignant son importance en tant que document signé avant d’entrer dans le 21e siècle. Mais il aimait aussi rappeler qu’à cette même occasion, dans l’après-midi, un groupe de fondateurs et de responsables de mouvements et de communautés, tant évangéliques que catholiques, s’était réuni dans la cité pilote des focolari à Ottmaring et avait lancé le projet « Ensemble pour l’Europe ». Ce jour-là, sa rencontre avec Chiara Lubich lui a ouvert la voie d’une expérience œcuménique dont il a compris, peut-être plus que beaucoup d’entre nous, les potentialités et la portée prophétiques.
Ouvrir des horizons
Lorsque je suis devenu évêque en 2013, j’ai eu beaucoup plus de contacts avec l’évêque Christian dans le contexte des évêques de diverses Églises, amis du mouvement des Focolari. Après Lund, nous nous rencontrions chaque mois à plusieurs lors d’une téléconférence en ligne. Au contact de Christian nous élargissions toujours nos horizons, car il aimait voir les choses dans leur ensemble. Son regard pétillant et son doux sourire laissaient transparaître son sens de l’humour.
L’évêque Christian Krause était passionné par l’Église, l’unité de l’Église et la nécessité d’aller de l’avant. Pour lui, la vie n’est pas faite pour l’immobilisme. Et si l’on veut améliorer l’avenir, il faut être prêt à bouleverser le présent ! Pour ce qui est des évêques amis du mouvement des Focolari, Mgr Christian nous a poussés à élargir notre cercle et à susciter des groupes en vue de promouvoir ce dialogue de la vie entre les évêques des différentes Églises du Sud de la planète. Il s’est réjoui qu’en septembre 2021, en plein Covid, nous ayons pu organiser une rencontre en ligne pour 180 évêques de 70 Églises du monde entier. Ce fut une merveilleuse réunion de trois jours.
Des lueurs d’espoir
J’ai récemment rendu visite à l’évêque Christian dans la maison de repos où il habitait pendant les dernières semaines de sa vie. Nous avons eu une conversation dont je me souviendrai longtemps. Il m’a fait part de sa gratitude pour sa rencontre avec le charisme des Focolari, ainsi que du soutien et de l’amitié vécus à son contact. Élevé dans la tradition du Réveil (courant piétiste), sa rencontre avec le Mouvement correspondait à sa conviction personnelle du besoin de piété, de spiritualité.
Il n’a pas caché sa tristesse de voir que le monde semble parfois avoir perdu la dynamique visionnaire d’espérance des années 60, lorsque la mission mondiale et les horizons de paix semblaient être couronnés de succès. Il souffrait également du fait qu’il n’était toujours pas possible de recevoir la communion dans l’Église catholique.
Il m’a cependant fait part d’un événement survenu dans les années 1990, lorsque Chiara Lubich était souffrante. Alors qu’il participait à une réunion, le card. Miloslav Vlk l’a invité à venir avec lui pour passer un bref coup de fil à Chiara. Ce ne devait être qu’un court appel téléphonique. Pour ne pas s’éterniser, l’évêque Christian a simplement demandé à Chiara : « As-tu un mot à nous dire ? » Chiara lui a répondu sans hésiter : « Toujours de l’avant ! » Christian a été très touché.
« Toujours de l’avant ! », c’est l’encouragement que l’évêque Christian nous a toujours prodigué. En me parlant de sa mort prochaine, il m’a manifesté sa foi profonde grâce à laquelle il savait regarder l’avenir avec espérance, même au moment de la mort. Il a partagé avec moi la prière tirée d’un célèbre poème de Dietrich Bonhoeffer qui l’a inspiré dans cette dernière période : « Merveilleusement abrités par les forces du bien, nous regardons avec confiance ce qui peut arriver; Dieu est avec nous le soir et le matin, et sûrement chaque nouveau jour ».
Mgr Brendan Leahy Évêque de Limerick (Irlande)
L’évêque émérite Christian Krause est né le 6 janvier 1940 à Dallgow-Döberitz, dans le Brandebourg, en Allemagne. Il a étudié la théologie en Allemagne (Marburg, Heidelberg, Göttingen) et aux États-Unis (Chicago). Il a été ordonné pasteur de l’Église évangélique luthérienne de Hanovre en 1969. Il a travaillé comme assistant au département de théologie de la Fédération Luthérienne Mondiale à Genève (Suisse) de 1969 à 1970 et de 1970 à 1972 au Tanganyika Christian Refugee Service à Dar es Salaam (Tanzanie). De 1972 à 1985, il a été responsable des affaires œcuméniques internationales en tant que secrétaire exécutif (Oberkirchenrat) de l’Église évangélique luthérienne unie d’Allemagne et du Comité national allemand de la FLM à Hanovre, en Allemagne. De 1985 à 1994, il a été secrétaire général du Kirchentag évangélique allemand (mouvement des laïcs de l’Église protestante). Il a été évêque de l’Église évangélique luthérienne de Brunswick, en Allemagne, de 1994 à 2002. De 1997 à 2003, il préside la Fédération Luthérienne Mondiale (FLM). Il est décédé le 28 novembre à Wolfenbüttel, en Allemagne, à l’âge de 84 ans. Il laisse derrière lui son épouse Gertrud Krause et leurs quatre enfants.
Nous sommes dans le récit de l’Annonciation. L’ange Gabriel se rend auprès de Marie de Nazareth pour lui faire connaître les projets de Dieu à son égard : elle concevra et donnera naissance à un fils, Jésus, qui « sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut » [1]. L’épisode s’inscrit dans la continuité d’autres événements de l’Ancien Testament qui ont conduit, chez des femmes stériles ou très âgées, à des naissances prodigieuses dont les enfants devaient jouer un rôle important dans l’histoire du salut. Ici, Marie, tout en souhaitant adhérer en toute liberté à la mission de devenir la mère du Messie, se demande comment cela va se passer, puisqu’elle est vierge. Gabriel l’assure que ce ne sera pas l’œuvre de l’homme : « L’Esprit Saint descendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre »[2]. Il ajoute : « Rien n’est impossible à Dieu »[3].
Cette assurance, qui signifie qu’aucune déclaration ou promesse de Dieu ne restera sans effet – car rien n’est impossible avec Lui – peut également être formulée de la manière suivante : rien n’est impossible avec Dieu. En effet, la nuance du texte grec « avec, ou près, ou ensemble avec Dieu » met en évidence sa proximité avec l’homme. Rien n’est impossible à l’être humain ou aux êtres humains , lorsqu’ils sont avec Dieu et qu’ils adhèrent librement à Lui.
« Rien n’est impossible à Dieu »
Comment mettre en pratique cette parole de vie ? Tout d’abord, en croyant avec une grande confiance que Dieu peut agir même dans et au-delà de nos limites et de nos faiblesses, ainsi que dans les conditions les plus sombres de la vie.
C’est l’expérience de Dietrich Bonhoeffer qui, pendant la détention qui le conduira au supplice, a écrit : « Nous devons nous immerger sans cesse dans la vie, la parole, l’action, la souffrance et la mort de Jésus pour reconnaître ce que Dieu promet et accomplit. Il est certain […] que rien d’impossible n’existe plus pour nous, parce que rien d’impossible n’existe pour Dieu ; […] il est certain que nous ne devons rien attendre et que pourtant nous pouvons tout demander ; il est certain que dans la souffrance se cache notre joie et dans la mort notre vie… À tout cela, Dieu a dit « oui » et « amen » dans le Christ. Ce « oui » et cet « amen » sont la base solide sur laquelle nous nous appuyons. » [4]
« Rien n’est impossible à Dieu »
En essayant d’aller au-delà de ce qui est apparemment « impossible », au-delà de nos insuffisances, pour atteindre le « possible » d’une vie cohérente, un rôle décisif est joué par la dimension communautaire qui se développe là où les disciples, vivant entre eux le nouveau commandement de Jésus, se laissent habiter, individuellement et ensemble, par la puissance du Christ ressuscité. Chiara Lubich écrivait en 1948 à un groupe de jeunes religieux : « En avant ! Non pas avec nos forces, mesquines et faibles, mais avec la toute-puissance de l’unité. J’ai vu, j’ai touché du doigt, que Dieu parmi nous réalise l’impossible : le miracle ! Si nous restons fidèles à notre engagement […] le monde verra l’unité et avec elle la plénitude du Royaume de Dieu »[5].
Il y a quelques années, lorsque j’étais en Afrique, j’ai souvent rencontré des jeunes qui voulaient vivre en chrétiens et qui me racontaient les nombreuses difficultés qu’ils rencontraient quotidiennement dans leur milieu pour rester fidèles aux engagements de la foi et aux enseignements de l’Évangile. Nous en parlions pendant des heures et, à la fin, nous arrivions toujours à la même conclusion : « Seul, c’est impossible, mais ensemble, nous pouvons y arriver ». Jésus lui-même le garantit lorsqu’il promet : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom (dans mon amour), je suis au milieu d’eux. » [6]. Et avec Lui, tout est possible.
D’après Augusto Parody Reyes et l’équipe de la Parole de Vie
[1]Lc 1, 32. [2] Ibid, 35. [3] Ibid, 37. [4] D. Bonhoeffer, Resistenza e resa, ed. San Paolo, Cinisello Balsamo 1988, p. 474. Dietrich Bonhoeffer (1906-1945) è stato un teologo e pastore luterano tedesco, protagonista della resistenza al Nazismo. [5] C. Lubich, Lettere dei primi tempi. Città Nuova, Roma 2010, p. 164. [6] Cf. Mt 18, 20.
Lorsque la vie nous place face à des choix difficiles et imprévus, qui peuvent être effrayants, nos valeurs apparaissent clairement, ainsi que notre désir de les vivre de manière cohérente.
Ce n’est pas toujours facile. La réponse, dans une situation qui exige une décision libre et personnelle, peut sembler un pari difficile à relever, presque un saut dans l’inconnu, et nous avons besoin de force pour dépasser nos limites.
Mais où trouver cette force ? Pour certains, c’est la foi en une dimension surnaturelle et en un Dieu personnel qui nous aime et nous accompagne. Pour tous, ce peut être la proximité d’amis, de « compagnons de route » qui nous soutiennent par leur proximité et leur confiance. Ils font ressortir le meilleur de nous-mêmes, et nous aident à surmonter l’apparent “impossible“ de nos insuffisances, pour atteindre le « possible » d’une vie cohérente.
C’est la conséquence de la dimension communautaire des relations basées sur la réciprocité. Comme le disait Chiara Lubich en 1948, dans le langage typique de l’époque : « Et del’avant ! Non pas avec nos propres forces, mesquines et faibles, mais avec la toute-puissance de l’unité. Si nous demeurons fidèles à notre engagement […], le monde verra l’unité[1]. »
Dépasser nos limites nous ouvre à de nouvelles opportunités et expériences qui pourraient autrement nous sembler hors de portée, nous permettant de croire et témoigner que toute espérance est possible.
Mais peut-on croire « que tout est possible » face à l’absurdité du Mal ? C’est la grande question de l’humanité d’aujourd’hui et de toujours. Une question sans réponse qui unit tout le monde, croyants, non-croyants, dans une quête qui ne peut se faire qu’ensemble. Car si le « Mal » reste un mystère, la force du »Bien » est tout aussi puissante. Il n’y a pas de réponse, mais une perspective de sens.
C’est ce qu’a rappelé dans une récente interview Edith Bruck, déportée à Auschwitz à l’âge de 13 ans et encore aujourd’hui, à 90 ans, authentique témoin de la paix. À la fin de la guerre, elle et sa sœur ont été confrontées à un dilemme dramatique. « Cinq fascistes hongrois qui avaient soutenu les nazis nous ont demandé de les aider à rentrer chez eux clandestinement, et nous les avons aidés tout au long du trajet. Nous avons partagé du pain et du chocolat avec eux. Ce fut l’un des moments les plus intenses que j’aie jamais vécu sur le plan spirituel. Je traitais en ami quelqu’un qui aurait pu tuer mon père. » La décision n’a pas été facile à prendre et elle a longuement discuté avec sa sœur, mais elles l’ont fait parce qu’elles pensaient que, peut-être, de cette façon, ces personnes ne maltraiteraient plus jamais un juif. [2]
L’IDÉE DU MOIS est actuellement réalisée par le « Centre pour le dialogue avec les personnes de croyance non religieuse » du Mouvement des Focolari. Il s’agit d’une initiative née en 2014 en Uruguay pour partager avec des amis non croyants les valeurs de la Parole de Vie, c’est-à-dire la phrase de l’Écriture que les membres du Mouvement s’engagent à mettre en œuvre dans la vie quotidienne. Actuellement L’IDÉE DU MOIS est traduite en 12 langues et distribuée dans plus de 25 pays, avec des adaptations du texte pour s’adapter aux différentes sensibilités culturelles. dialogue4unity.focolare.org