Mouvement des Focolari
Une culture de paix pour l’unité des peuples

Une culture de paix pour l’unité des peuples

Nous devons être convaincus que pour que la civilisation de l’amour devienne une réalité, il faut qu’un courant d’amour fasse irruption dans le monde et l’envahissent. Sans lui, toute chose reste du domaine du rêve, est déjà condamnée à mourir. […]
L’amour. Enseigner à aimer. Mais seul celui qui a conscience d’être sincèrement aimé sait vraiment aimer. C’est là une constatation humaine, mais qui est tout aussi valable dans le domaine surnaturel. Savoir que nous sommes aimés. De qui ? De celui qui est l’Amour. Il faut ouvrir les yeux au plus grand nombre possible de nos frères pour qu’ils voient, pour qu’ils découvrent la chance qu’ils ont, souvent sans le savoir. Ils ne sont pas seuls sur cette terre. L’Amour existe. Ils ont un Père qui n’abandonne pas ses enfants à leur destin, mais qui veut les accompagner, les protéger, les aider. C’est un Père qui ne met pas des poids trop lourds sur les épaules d’autrui, mais qui est le premier à les porter. Dans notre cas : il ne laisse pas à la seule initiative des hommes le renouvellement de la société, mais il est le premier à s’en préoccuper. Il faut que les hommes le sachent et recourent à lui, conscients que rien ne lui est impossible. Croyons donc que nous sommes aimés de Dieu pour pouvoir nous lancer avec plus de foi dans l’aventure de l’amour et travailler avec lui à la Nouvelle Humanité.
Puis mettons au centre de nos intérêts l’homme et partageons avec lui mésaventures et succès, biens spirituels et matériels. Et, pour bien aimer, ne considérons pas les difficultés, les erreurs et les souffrances du monde uniquement comme des maux sociaux auxquels porter remède, mais sachons y découvrir le visage du Christ qui ne craint pas de se cacher derrière toute misère humaine. C’est Lui le ressort qui déclenche les meilleures énergies de notre être – surtout en nous chrétiens -, en faveur de l’homme.
Et puisque l’amour dont nous parlons n’est certes pas seulement philanthropie ni seulement amitié ni pure solidarité humaine, mais est surtout un don qui nous vient d’En Haut, mettons-nous dans les meilleures conditions et dispositions pour l’acquérir, pour nous nourrir et vivre de la Parole de Dieu. […]
Et que chacun, dans son petit ou grand monde quotidien, en famille, au bureau, à l’usine, au syndicat, dans le vif des problèmes locaux et généraux, dans les institutions publiques de la ville ou de plus vastes dimensions, jusqu’à l’ONU, [que chacun] soit vraiment constructeur de paix, témoin de l’amour, facteur d’unité.

Chiara Lubich
Photo: © Genfest 2024 – CSC Audiovisivi

Le Gen Rosso en Mongolie

Le Gen Rosso en Mongolie

Près de 9 000 kilomètres nous séparent de Loppiano (Italie), siège du groupe international Gen Rosso. Pour la première fois, le groupe a atterri en Mongolie, pays d’Asie de l’Est situé entre la Russie et la Chine. Le Préfet apostolique, le cardinal Giorgio Marengo, dirige la jeune et dynamique Église catholique de Mongolie – environ 1 500 baptisés sur une population de trois millions et demi d’habitants. L’invitation du cardinal marquait une étape dans la préparation des communautés au Jubilé de l’Église catholique de 2025. « Une Église jeune, composée de jeunes, a besoin d’un langage jeune pour parler aux gens », confiait le cardinal. « J’ai grandi avec les chansons du Gen Rosso. Une personne m’a proposé de les contacter pour les faire venir en Mongolie. J’ai pensé que c’était une excellente occasion de faire de l’animation missionnaire à la manière du Gen Rosso, qui est particulièrement adaptée à une réalité comme celle de la Mongolie, où l’Église en est à ses balbutiements. Le langage de l’art, les textes du Gen Rosso ont un horizon très large, il m’a donc semblé que c’était une occasion en or ».

Du 23 novembre au 2 décembre 2024, le Gen Rosso a rencontré plusieurs centaines de personnes, principalement des jeunes qui ont participé à divers ateliers dans différentes disciplines artistiques – danse hip hop, broadway, danse de fête et chant choral -, se terminant par un concert le 1er décembre dans la capitale Oulan Bator.

« Nous avons pensé à un concert ‘participatif’ auquel les jeunes que nous avons rencontrés au cours des premiers jours de notre séjour en Mongolie ont également contribué », explique le groupe, « et ce dans le but de favoriser l’échange culturel entre les jeunes et les préparer à animer ensemble le concert du 1er décembre. Nous avons chanté principalement en anglais, un peu en italien et un couplet de la chanson ‘Hopes of Peace’ en mongol. La volonté était de contribuer à la promotion d’une culture de paix et de fraternité, basée sur les valeurs de partage et d’unité ».

« Parmi les différents événements, nous avons rencontré des enfants d’un orphelinat, des sans-abri et des familles nomades. C’était une grande émotion d’être avec eux, de chanter avec les enfants, de donner de l’espoir à ces personnes, mais aussi d’apprendre à connaître leurs cultures et leurs traditions », ont commenté Emanuele Chirco et Adelson Oliveira du Gen Rosso. Cette rencontre a été suivie d’une rencontre avec de jeunes artistes locaux afin de promouvoir une culture de la paix et de la fraternité par le biais de la musique et de l’art. Le groupe, fondé en 1966 à Loppiano sur l’inspiration de Chiara Lubich, fondatrice du mouvement des Focolari, diffuse en effet précisément ces valeurs à travers la musique. Avant de repartir, le Gen Rosso a également été reçu par l’ambassadrice d’Italie en Mongolie, Giovanna Piccarreta.

Le voyage du Gen Rosso a marqué une étape importante pour la communauté locale. En 2002, lorsque le Pape Jean-Paul II a érigé la Préfecture, l’Église mongole ne comptait guère plus d’une centaine de fidèles et quelques religieux et prêtres. Le cardinal Giorgio Marengo est arrivé en 2003 comme missionnaire de la Consolata. La communauté de croyants grandit petit à petit. En 2023, le voyage historique du Pape François apporta un message d’espoir.

À la fin de la tournée, le cardinal Marengo commentait : « Ce fut une belle expérience d’amitié avec le Gen Rosso, où l’on découvrait ce dénominateur commun qu’est Jésus qui nous unit. Nous nous sommes immédiatement sentis en phase. J’emporte également avec moi la beauté de voir combien les différents membres du groupe sont en relation les uns avec les autres dans une attention fraternelle. Et la certitude que lorsqu’ils monteraient sur scène, ils offriraient une expérience de beauté, de profondeur pour faire réfléchir les personnes ».

Lorenzo Russo

Pour plus d’informations et pour les prochains événements du Gen Rosso : www.genrosso.com

L’ONG New Humanity présente les propositions du GenFest au Forum mondial de l’UNAOC

L’ONG New Humanity présente les propositions du GenFest au Forum mondial de l’UNAOC

Dans un monde marqué par les guerres, les crises et la polarisation, le dialogue et la coopération restent les seuls chemins vers la paix. C’est avec cette conviction que l’ONG New Humanity a rejoint le Forum mondial de l’Alliance des civilisations des Nations unies (UNAOC), qui a réuni son Groupe d’Amis à Cascais, au Portugal, du 25 au 27 novembre. Sur le thème « Unis dans la paix : restaurer la confiance, redessiner l’avenir – Réflexion sur deux décennies de dialogue pour l’humanité », l’événement a rassemblé diverses parties prenantes, notamment des chefs religieux, des universitaires, des jeunes, des représentants des médias et de la société civile. Parmi les participants de haut niveau figuraient António Guterres, secrétaire général des Nations unies, Marcelo Rebelo de Sousa, président du Portugal, le roi Felipe d’Espagne et plusieurs ministres des affaires étrangères, actuels et anciens, de pays européens.

L’ONG New Humanity du Mouvement des Focolari et membre du Conseil consultatif multiconfessionnel de l’UNAOC a souligné l’engagement de l’organisation à promouvoir une société juste et unie, où les religions sont des espaces de rencontre et de collaboration. Enracinée dans des décennies d’initiatives locales, New Humanity associe l’action locale à la diplomatie internationale pour relever les défis mondiaux et promouvoir la paix. Cette participation a souligné l’importance des efforts multilatéraux pour restaurer la confiance et redessiner un avenir d’harmonie et de collaboration entre les institutions internationales, les organisations religieuses et le secteur privé.

Au cours du Forum mondial, Ana Clara Giovani et André Correia, jeunes représentants du Mouvement des Focolari, ainsi que Maddalena Maltese, représentante principale de l’ONG New Humanity à New York, ont présenté le document « Together to Care – For our human Family and our common home » (Ensemble pour prendre soin – Pour notre humanité et notre maison commune). Ce document représente un engagement de la Jeunesse pour un Monde Uni (Y4UW) envers le Pacte pour le Futur, approuvé par les Nations Unies en septembre dernier.

Lors du Genfest 2024, un rassemblement de 4 000 jeunes du monde entier qui s’est tenu au Brésil, huit pôles d’innovation ont été lancés pour promouvoir l’unité de la famille humaine et prendre soin de notre maison commune. Les huit Communautés Monde Uni ont consolidé et développé des propositions et des projets inspirés par la spiritualité de l’unité du Mouvement des Focolari, conformément aux principes de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits de l’Homme et du Pacte des Nations Unies sur les Droits de l’Homme et le Pacte pour le Futur de l’ONU. Ces initiatives se concentrent sur des domaines tels que le développement durable, l’action climatique, la promotion de la paix et des droits de l’homme, le dialogue interculturel, la cohésion sociale et l’empowerment des jeunes.

Ces projets et propositions constituent le cœur du document présenté à Cascais. Le document s’ouvre sur une lettre adressée au Secrétaire Général des Nations unies, António Guterres, reconnaissant ses efforts inlassables en faveur de la paix et du développement durable. Les propositions clés comprennent l’établissement d’un Forum de la jeunesse de haut niveau pour intégrer les perspectives des jeunes dans le processus de décision mondial et les préparations pour le 80e anniversaire de l’ONU et la COP 30, présentant des solutions dirigées par les jeunes pour la durabilité urbaine et la santé climatique.

Présenté à Miguel Ángel Moratinos, Haut représentant de l’UNAOC, et à Felipe Paullier, Haut représentant pour les affaires de la jeunesse, le document a reçu une réponse enthousiaste. Les deux dirigeants ont reconnu les contributions de longue date d’Humanité Nouvelle et ont exprimé leur intérêt pour une analyse plus approfondie des propositions. Cet engagement souligne le rôle central de la jeunesse dans l’élaboration des politiques pour un avenir juste et durable, renforçant ainsi le lien entre l’action de la base et la diplomatie internationale.

Afin d’étendre la portée et l’efficacité de ce travail, les Ambassadeurs du Monde Uni, un réseau de jeunes, joueront un rôle clé en reliant les initiatives locales aux institutions internationales telles que les Nations Unies, en veillant à ce que les actions locales aient une résonance mondiale.

New Humanity poursuit ses efforts et son engagement pour relier les initiatives locales aux organisations concernées, poursuivant ainsi sa mission de promotion de la fraternité, du dialogue et du développement durable. Les relations nouées lors du Forum Mondial de l’UNAOC seront déterminantes pour renforcer l’impact de nos projets et amplifier les voix des jeunes du monde entier.

Ana Clara Giovani et Maddalena Maltese

Pour télécharger le document, en anglais, cliquez sur l’image

7 décembre: donation et lumière

7 décembre: donation et lumière

(…) Aujourd’hui, avec le recul de plusieurs décennies, nous pouvons saisir le sens du 7 décembre 1943 pour notre OEuvre. Cette date signifie la venue sur la terre d’un charisme de l’Esprit Saint, d’une lumière nouvelle. Cette lumière devait, dans le plan de Dieu, étancher la soif ardente de ce monde avec l’eau de la Sagesse, le réchauffer au feu de l’amour divin et faire naître ainsi un peuple nouveau, nourri de l’Évangile. Voilà donc en premier lieu ce qu’est le 7 décembre.

Et Dieu, qui agit de façon concrète, a voulu tout de suite fixer solidement la première pierre de l’édifice, notre OEuvre, afin qu’elle serve à son entreprise. Il décide alors de m’appeler, une jeune fille parmi d’autres. D’où ma consécration à Lui, mon « oui » à Dieu, bien vite suivi par beaucoup d’autres « oui » de la part de jeunes filles et de jeunes gens.

Cette journée nous parle donc de lumière et de donations de personnes à Dieu afin de devenir des instruments entre ses mains pour la réalisation de ses projets.

Lumière et don de soi à Dieu : deux idées particulièrement utiles à ce moment-là, en ce temps de désarroi général, de haine et de guerre que nous traversions. C’était une époque sombre où Dieu semblait absent du monde, ainsi que son amour, sa paix, sa joie et sa présence comme guide. Personne ne paraissait s’intéresser à lui.

Lumière et don de soi à Dieu : deux mots que le Ciel veut nous répéter aujourd’hui, à une époque où notre planète est meurtrie par tant de guerres. (…)

Lumière signifie Verbe, Parole, Évangile, cet Évangile encore trop peu connu et surtout trop peu vécu.

Chiara Lubich
(Conversazioni, Città Nuova, Roma 2019, p. 665)
Photo: © Archivio CSC Audiovisivi

Toujours de l’ avant !

Toujours de l’ avant !

La nouvelle du décès de Mgr Christian Krause m’est parvenue au moment où je commençais une conférence-zoom avec des évêques de diverses Églises amies des Focolari, dont Mgr Christian a été un fidèle compagnon pendant de nombreuses années. Nous savions depuis un certain temps que sa santé s’était détériorée et nous priions pour lui. C’est donc spontanément que nous avons dit ensemble le « Notre Père », en remerciant Dieu pour sa présence prophétique et encourageante au milieu de nous. C’était un homme au grand cœur et aux vastes horizons.

Il y aurait beaucoup à dire sur l’évêque Christian. Au moment où j’écris ces lignes, j’ai devant moi une photographie montrant le cardinal Vlk de Prague (République tchèque), le cardinal Kriengsak de Bangkok (Thaïlande), le Dr Mor Theophilose Kuriakose de l’Église syrienne orthodoxe de Malankara (Inde), moi-même, un catholique, et l’évêque Christian Krause, en train de marcher vers le centre-ville de Lund (Suède), vêtus de nos habits ecclésiastiques, en direction de la cérémonie organisée dans la cathédrale pour marquer le début du 500e anniversaire de la Réforme protestante. Cette rencontre œcuménique, organisée par la Fédération Luthérienne Mondiale (FLM) et à laquelle participait le pape François, était la première où des catholiques et des luthériens commémoraient ensemble la Réforme au niveau mondial.

La photo me rappelle le regard sympathique de Mgr Christian qui avait l’habitude d’appeler les évêques amis des Focolari issus de différentes Églises : « Des évêques multicolores ». Il était passionné par l’expérience de la variété et de la diversité dans l’unité, inspiré par un charisme et une spiritualité de l’unité et soutenu par le mouvement des Focolari, un mouvement dont il a souligné à plusieurs reprises la dimension foncièrement laïque. Nos vêtement aux couleurs différentes étaient un signe extérieur, à l’image du profond partage de nos trésors vécu depuis 1982 dans le dialogue de la vie par des évêques de différentes Églises : une initiative de Mgr Klaus Hemmerle et de Chiara Lubich, encouragée par le Pape Jean-Paul II.

Même s’il connaissait le mouvement des Focolari depuis les années 1980 grâce à ses contacts avec Mgr Klaus Hemmerle, sa rencontre avec Chiara Lubich, le 31 octobre 1999, fut pour lui un moment particulier. Elle a eu lieu dans le contexte d’un moment sans doute fondamental de sa vie : la signature, au nom de la FLM, de la Déclaration commune sur la doctrine de la justification avec l’Église catholique romaine, le 31 octobre 1999 à Augsbourg, en Allemagne. Au fil des ans, Mgr Krause nous a souvent parlé de cet événement, soulignant son importance en tant que document signé avant d’entrer dans le 21e siècle. Mais il aimait aussi rappeler qu’à cette même occasion, dans l’après-midi, un groupe de fondateurs et de responsables de mouvements et de communautés, tant évangéliques que catholiques, s’était réuni dans la cité pilote des focolari à Ottmaring et avait lancé le projet « Ensemble pour l’Europe ». Ce jour-là, sa rencontre avec Chiara Lubich lui a ouvert la voie d’une expérience œcuménique dont il a compris, peut-être plus que beaucoup d’entre nous, les potentialités et la portée prophétiques.

Lorsque je suis devenu évêque en 2013, j’ai eu beaucoup plus de contacts avec l’évêque Christian dans le contexte des évêques de diverses Églises, amis du mouvement des Focolari. Après Lund, nous nous rencontrions chaque mois à plusieurs lors d’une téléconférence en ligne. Au contact de Christian nous élargissions toujours nos horizons, car il aimait voir les choses dans leur ensemble. Son regard pétillant et son doux sourire laissaient transparaître son sens de l’humour.

L’évêque Christian Krause était passionné par l’Église, l’unité de l’Église et la nécessité d’aller de l’avant. Pour lui, la vie n’est pas faite pour l’immobilisme. Et si l’on veut améliorer l’avenir, il faut être prêt à bouleverser le présent ! Pour ce qui est des évêques amis du mouvement des Focolari, Mgr Christian nous a poussés à élargir notre cercle et à susciter des groupes en vue de promouvoir ce dialogue de la vie entre les évêques des différentes Églises du Sud de la planète. Il s’est réjoui qu’en septembre 2021, en plein Covid, nous ayons pu organiser une rencontre en ligne pour 180 évêques de 70 Églises du monde entier. Ce fut une merveilleuse réunion de trois jours.

J’ai récemment rendu visite à l’évêque Christian dans la maison de repos où il habitait pendant les dernières semaines de sa vie. Nous avons eu une conversation dont je me souviendrai longtemps. Il m’a fait part de sa gratitude pour sa rencontre avec le charisme des Focolari, ainsi que du soutien et de l’amitié vécus à son contact. Élevé dans la tradition du Réveil (courant piétiste), sa rencontre avec le Mouvement correspondait à sa conviction personnelle du besoin de piété, de spiritualité.

Il n’a pas caché sa tristesse de voir que le monde semble parfois avoir perdu la dynamique visionnaire d’espérance des années 60, lorsque la mission mondiale et les horizons de paix semblaient être couronnés de succès. Il souffrait également du fait qu’il n’était toujours pas possible de recevoir la communion dans l’Église catholique.

Il m’a cependant fait part d’un événement survenu dans les années 1990, lorsque Chiara Lubich était souffrante. Alors qu’il participait à une réunion, le card. Miloslav Vlk l’a invité à venir avec lui pour passer un bref coup de fil à Chiara. Ce ne devait être qu’un court appel téléphonique. Pour ne pas s’éterniser, l’évêque Christian a simplement demandé à Chiara : « As-tu un mot à nous dire ? » Chiara lui a répondu sans hésiter : « Toujours de l’avant ! » Christian a été très touché.

« Toujours de l’avant ! », c’est l’encouragement que l’évêque Christian nous a toujours prodigué. En me parlant de sa mort prochaine, il m’a manifesté sa foi profonde grâce à laquelle il savait regarder l’avenir avec espérance, même au moment de la mort. Il a partagé avec moi la prière tirée d’un célèbre poème de Dietrich Bonhoeffer qui l’a inspiré dans cette dernière période :
« Merveilleusement abrités par les forces du bien, nous regardons avec confiance ce qui peut arriver; Dieu est avec nous le soir et le matin, et sûrement chaque nouveau jour ».

Mgr Brendan Leahy
Évêque de Limerick (Irlande)

Foto: © Caris Mendez – CSC audiovisivi e Vatican Media – Rencontre des évêques de diverses Églises (septembre 2021)

« Rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1,37).

« Rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1,37).

Nous sommes dans le récit de l’Annonciation. L’ange Gabriel se rend auprès de Marie de Nazareth pour lui faire connaître les projets de Dieu à son égard : elle concevra et donnera naissance à un fils, Jésus, qui « sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut » [1]. L’épisode s’inscrit dans la continuité d’autres événements de l’Ancien Testament qui ont conduit, chez des femmes stériles ou très âgées, à des naissances prodigieuses dont les enfants devaient jouer un rôle important dans l’histoire du salut. Ici, Marie, tout en souhaitant adhérer en toute liberté à la mission de devenir la mère du Messie, se demande comment cela va se passer, puisqu’elle est vierge. Gabriel l’assure que ce ne sera pas l’œuvre de l’homme : « L’Esprit Saint descendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre »[2]. Il ajoute : « Rien n’est impossible à Dieu »[3].

Cette assurance, qui signifie qu’aucune déclaration ou promesse de Dieu ne restera sans effet – car rien n’est impossible avec Lui – peut également être formulée de la manière suivante : rien n’est impossible avec Dieu. En effet, la nuance du texte grec « avec, ou près, ou ensemble avec Dieu » met en évidence sa proximité avec l’homme. Rien n’est impossible à l’être humain ou aux êtres humains , lorsqu’ils sont avec Dieu et qu’ils adhèrent librement à Lui.

« Rien n’est impossible à Dieu »

Comment mettre en pratique cette parole de vie ? Tout d’abord, en croyant avec une grande confiance que Dieu peut agir même dans et au-delà de nos limites et de nos faiblesses, ainsi que dans les conditions les plus sombres de la vie.

C’est l’expérience de Dietrich Bonhoeffer qui, pendant la détention qui le conduira au supplice, a écrit : « Nous devons nous immerger sans cesse dans la vie, la parole, l’action, la souffrance et la mort de Jésus pour reconnaître ce que Dieu promet et accomplit. Il est certain […] que rien d’impossible n’existe plus pour nous, parce que rien d’impossible n’existe pour Dieu ; […] il est certain que nous ne devons rien attendre et que pourtant nous pouvons tout demander ; il est certain que dans la souffrance se cache notre joie et dans la mort notre vie… À tout cela, Dieu a dit « oui » et « amen » dans le Christ. Ce « oui » et cet « amen » sont la base solide sur laquelle nous nous appuyons. » [4]

« Rien n’est impossible à Dieu »

En essayant d’aller au-delà de ce qui est apparemment « impossible », au-delà de nos insuffisances, pour atteindre le « possible » d’une vie cohérente, un rôle décisif est joué par la dimension communautaire qui se développe là où les disciples, vivant entre eux le nouveau commandement de Jésus, se laissent habiter, individuellement et ensemble, par la puissance du Christ ressuscité. Chiara Lubich écrivait en 1948 à un groupe de jeunes religieux : « En avant ! Non pas avec nos forces, mesquines et faibles, mais avec la toute-puissance de l’unité. J’ai vu, j’ai touché du doigt, que Dieu parmi nous réalise l’impossible : le miracle ! Si nous restons fidèles à notre engagement […] le monde verra l’unité et avec elle la plénitude du Royaume de Dieu »[5].

Il y a quelques années, lorsque j’étais en Afrique, j’ai souvent rencontré des jeunes qui voulaient vivre en chrétiens et qui me racontaient les nombreuses difficultés qu’ils rencontraient quotidiennement dans leur milieu pour rester fidèles aux engagements de la foi et aux enseignements de l’Évangile. Nous en parlions pendant des heures et, à la fin, nous arrivions toujours à la même conclusion : « Seul, c’est impossible, mais ensemble, nous pouvons y arriver ». Jésus lui-même le garantit lorsqu’il promet : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom (dans mon amour), je suis au milieu d’eux. » [6]. Et avec Lui, tout est possible.

D’après Augusto Parody Reyes et l’équipe de la Parole de Vie


Photo: ©Sammmie – Pixabay

[1]Lc 1, 32.
[2] Ibid, 35.
[3] Ibid, 37.
[4] D. Bonhoeffer, Resistenza e resa, ed. San Paolo, Cinisello Balsamo 1988, p. 474. Dietrich Bonhoeffer (1906-1945) è stato un teologo e pastore luterano tedesco, protagonista della resistenza al Nazismo.
[5] C. Lubich, Lettere dei primi tempi. Città Nuova, Roma 2010, p. 164.
[6] Cf. Mt 18, 20.

Au-delà de nos limites

Au-delà de nos limites

Lorsque la vie nous place face à des choix difficiles et imprévus, qui peuvent être effrayants, nos valeurs apparaissent clairement, ainsi que notre désir de les vivre de manière cohérente.

Ce n’est pas toujours facile. La réponse, dans une situation qui exige une décision libre et personnelle, peut sembler un pari difficile à relever, presque un saut dans l’inconnu, et nous avons besoin de force pour dépasser nos limites.

Mais où trouver cette force ? Pour certains, c’est la foi en une dimension surnaturelle et en un Dieu personnel qui nous aime et nous accompagne. Pour tous, ce peut être la proximité d’amis, de « compagnons de route » qui nous soutiennent par leur proximité et leur confiance. Ils font ressortir le meilleur de nous-mêmes, et nous aident à surmonter l’apparent “impossible“ de nos insuffisances, pour atteindre le « possible  » d’une vie cohérente.

C’est la conséquence de la dimension communautaire des relations basées sur la réciprocité. Comme le disait Chiara Lubich en 1948, dans le langage typique de l’époque : « Et del’avant ! Non pas avec nos propres forces, mesquines et faibles, mais avec la toute-puissance de l’unité. Si nous demeurons fidèles à notre engagement […], le monde verra l’unité[1]. »

Dépasser nos limites nous ouvre à de nouvelles opportunités et expériences qui pourraient autrement nous sembler hors de portée, nous permettant de croire et témoigner que toute espérance est possible.

Mais peut-on croire « que tout est possible » face à l’absurdité du Mal ? C’est la grande question de l’humanité d’aujourd’hui et de toujours. Une question sans réponse qui unit tout le monde, croyants, non-croyants, dans une quête qui ne peut se faire qu’ensemble. Car si le « Mal » reste un mystère, la force du »Bien » est tout aussi puissante. Il n’y a pas de réponse, mais une perspective de sens.

C’est ce qu’a rappelé dans une récente interview Edith Bruck, déportée à Auschwitz à l’âge de 13 ans et encore aujourd’hui, à 90 ans, authentique témoin de la paix. À la fin de la guerre, elle et sa sœur ont été confrontées à un dilemme dramatique. « Cinq fascistes hongrois qui avaient soutenu les nazis nous ont demandé de les aider à rentrer chez eux clandestinement, et nous les avons aidés tout au long du trajet. Nous avons partagé du pain et du chocolat avec eux. Ce fut l’un des moments les plus intenses que j’aie jamais vécu sur le plan spirituel. Je traitais en ami quelqu’un qui aurait pu tuer mon père. » La décision n’a pas été facile à prendre et elle a longuement discuté avec sa sœur, mais elles l’ont fait parce qu’elles pensaient que, peut-être, de cette façon, ces personnes ne maltraiteraient plus jamais un juif. [2]

L’IDÉE DU MOIS est actuellement réalisée par le « Centre pour le dialogue avec les personnes de croyance non religieuse » du Mouvement des Focolari. Il s’agit d’une initiative née en 2014 en Uruguay pour partager avec des amis non croyants les valeurs de la Parole de Vie, c’est-à-dire la phrase de l’Écriture que les membres du Mouvement s’engagent à mettre en œuvre dans la vie quotidienne. Actuellement L’IDÉE DU MOIS est traduite en 12 langues et distribuée dans plus de 25 pays, avec des adaptations du texte pour s’adapter aux différentes sensibilités culturelles. dialogue4unity.focolare.org


Photo: © Pixabay

[1] Chiara Lubich Lettere dei primi tempi. Città Nuova, Roma 2010, p. 164
[2] Marisol Rojas Cadena SER- articcle sur E. Bruck 26/01/2024

Concours Chiara Lubich : au nom de la paix

Concours Chiara Lubich : au nom de la paix

« Le concours a été et continue d’être un moyen de faire connaître Chiara Lubich, fondatrice du mouvement des Focolari, surtout aux nouvelles générations et à un public qui a avec elle, une approche à caractère culturel », explique Giuliano Ruzzier, enseignant et collaborateur du Centre Chiara Lubich.

Le concours est organisé par le Ministère de l’Education et du Mérite, New Humanity et la Fondation du Musée Historique du Trentin. Le thème de cette année est la paix : il s’agit de réfléchir au sens de ce mot, de cette réalité, à la lumière de la contribution que Chiara Lubich nous a laissée.
« Dans son vaste héritage, en considérant les domaines dans lesquels elle s’est explicitement exprimée sur ce thème, explique M. Ruzzier, nous avons identifié quatre sous-perspectives à partir desquelles on peut réfléchir sur le thème de la paix ».

Les pistes du chemin à parcourir vont du dialogue constructif entre personnes de religions et de cultures différentes au dépassement des inégalités économiques, de l’engagement personnel à la fraternité en générant des relations de proximité, à la diffusion d’une culture de la paix. « Chiara Lubich a regardé l’humanité dans son ensemble. Son invitation à ‘aimer la patrie des autres comme la sienne’ est bien connue », poursuit le professeur Giuliano Ruzzier. « Ce qui caractérise certainement la pensée et la vie de Chiara, c’est l’importance qu’elle accorde aux relations de proximité dans la vie de tous les jours. Comme elle le disait, même notre journée peut être remplie de services concrets, humbles et intelligents, expressions de notre amour. Il n’y a pas de petit geste qui n’ait pas d’impact sur le corps social ».

Le concours s’adresse aux enfants de l’école primaire, aux collégiens et aux lycéens. « Comme cela a déjà été le cas les années précédentes, et cette année en particulier, nous espérons une large participation des écoles italiennes à l’étranger, car le thème choisi a une portée internationale évidente ».

Nous avons demandé à Giuliano Ruzzier ce qu’il dirait, en tant qu’enseignant, à ses collègues pour leur conseiller de participer à ce concours. « Il me semble qu’avec ce concours, les élèves ont l’occasion de réfléchir de manière originale et autonome sur un sujet qui est certainement d’une grande actualité et d’une grande importance comme la paix. En outre, il offre également la possibilité de se confronter à la pensée significative d’une femme qui a parcouru et vécu le XXe siècle d’une manière particulièrement significative. Et qui s’est exprimée sous de multiples formes ».

La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 31 mars 2025. Pour accéder au règlement et pour toute information : https://chiaralubich.org/concorso-per-le-scuole-2024-25/

Carlos Mana

Évangile vécu : « Dans sa pauvreté, il a mis tout ce qu’il avait pour vivre » (Mc 12,44)

Évangile vécu : « Dans sa pauvreté, il a mis tout ce qu’il avait pour vivre » (Mc 12,44)

Ce matin, en faisant mes courses au supermarché, je suis passée devant un grand chariot où une vendeuse empilait des cartons et j’ai remarqué que deux d’entre eux étaient par terre.

Craignant de les avoir fait tomber par inadvertance, je me suis excusée, puis j’ai ramassé les cartons et les ai posés sur le chariot.

La vendeuse m’a remercié et m’a dit de ne pas m’inquiéter. Puis, commentant à haute voix, elle a ajouté : « La gentillesse est rare ! Une autre personne qui passait par là confirme : « C’est tout à fait vrai !». La vendeuse lui a alors raconté, en guise d’explication, ce qui s’était passé.

Quant à moi, j’étais heureuse, notamment parce que ce petit épisode m’a rappelé une phrase que j’avais entendue il y a quelque temps et qui m’avait frappée : il s’agissait de « semer la gentillesse ». Cela m’a semblé être une « caresse » de Dieu.

G.S. – Italie (*)

J’ai un frère, chrétien catholique, qui a épousé une allemande de l’Église évangélique. Lorsqu’ils se sont installés en Italie, les relations entre ma mère et ma belle-sœur n’étaient pas faciles, même si elle n’était pas opposée à ce que leurs enfants soient éduqués dans l’Église catholique. Quant à moi, j’ai essayé d’être une « médiatrice » entre elle et ma mère. Ma belle-sœur a également souffert de ce malentendu, qui s’est toutefois dissipé peu avant la mort de notre mère. Depuis quelque temps, je partage quotidiennement avec elle, via whatsapp, la « Pensée du jour » qui nous aide à vivre l’amour évangélique au quotidien. Un jour, elle nous a invités à « être miséricordieux », avec cette courte phrase de commentaire : « La miséricorde est un amour qui sait accueillir chaque voisin, surtout les plus pauvres et les plus nécessiteux. Un amour sans mesure, abondant, universel, concret ». Sa réponse a été immédiate : « Si je t’ai fait de la peine dans certaines circonstances ces dernières années, pardonne-moi ». Surprise, je lui ai répondu à mon tour : « Moi aussi, je m’excuse ». Et elle : « Je ne me souviens d’aucun incident pour lequel tu devrais t’excuser … ».

C. – Italie (*)

Une personne très chère m’a demandé d’écrire quelque chose sur mon expérience d’enseignante pour une de ses connaissances d’un autre pays qui réalisait un projet sur l’éducation aux valeurs.

Je me suis rendu compte que c’était l’occasion de transformer en témoignage ce qui, d’une certaine manière, a été ma réponse personnelle à « l’appel » à vivre selon les enseignements de l’Évangile en tant qu’enseignante et en tant que mère.

La rédaction a nécessité de nombreuses heures d’écriture, de suppression, de correction, de réécriture, de rappel d’aspects que j’aurais pu ajouter, d’élimination d’autres qui semblaient hors de propos et, surtout, de filtrage de chaque mot avec amour. J’ai essayé de me mettre à la place de la personne pour laquelle j’écrivais, car même si je ne la connaissais pas, je pouvais aimer Jésus en elle.

Je l’ai envoyée à mon amie, sachant que ce n’était peut-être pas tout à fait ce dont elle avait besoin, mais prête à tout changer.

À ma grande surprise, elle m’a répondu : « J’ai déjà envoyé ta lettre et je l’ai beaucoup aimée ». Sans doute n’était-ce pas l’écriture elle-même qui plaisait, mais le travail que Dieu avait fait en moi et qui, partagé, pouvait être une petite lumière pour d’autres.

Et, bien sûr, les autres choses que j’avais à faire à cette époque ont été facilement prises en charge, car les changements d’horaire me laissaient du temps libre pour les faire.

C.M. – Argentine

Carlos Mana
Photo © StockSnap-Pixabay

(*) Extrait de  » L’Evangeile du jour  » novembre-décembre, Città Nuova, Rome 2024.

« Résurrection »

« Résurrection »

Le 30 septembre 2024, le Point de rencontre des Focolari a accueilli la délégation coréenne de la Fondation Lee Tae Seok et le réalisateur Soo-Hwan Goo, qui ont présenté aux participants le documentaire « Résurrection ».
Resurrection » raconte l’histoire de John Lee Tae Seok, également connu sous le nom de “Fr. Jolly” (Fr. Allegro), un salésien coréen qui a consacré sa vie à s’occuper des plus pauvres et des plus souffrants, en particulier au Sud-Soudan, ainsi que l’histoire de quelque 70 de ses étudiants, dix ans après sa mort.
Malgré une vie malheureusement courte, le frère John Lee a laissé une marque indélébile dans le cœur des personnes qu’il a rencontrées grâce à son engagement en tant que médecin, éducateur et homme de foi. Son héritage continue d’inspirer des milliers de personnes à travers le monde.

L’Église, visage de l’espérance

L’Église, visage de l’espérance

Vivre l’Église dans sa dimension communautaire à travers la méthode synodale. Tel est l’un des messages qui se sont dégagés du Congrès ecclésial organisé par les Focolari d’Italie et d’Albanie, qui s’est tenue au début du mois de novembre au Centre Mariapolis de Castel Gandolfo, en Italie. Un millier de personnes, d’âges et de vocations différents, adhérant à la spiritualité des Focolari, mais aussi des représentants d’autres associations, ont participé à l’événement.

Cristiana Formosa et Gabriele Bardo, responsables des Focolari en Italie et en Albanie, ont mis en lumière le chemin parcouru (percorso compiuto) jusqu’à présent, ainsi que d’autres réalités de l’Église italienne. Tout cela est le fruit d’un « dialogue profond qui s’est développé au fil du temps entre prêtres et laïcs, d’un travail en commun entre personnes de toutes les branches de l’Œuvre de Marie (c’est-à-dire le mouvement des Focolari), d’une valorisation croissante de tous ceux qui travaillent à divers titres dans l’Église locale et dans les organismes diocésains et nationaux. […] Nous avons le sentiment que, ces dernières années, cette sensibilité s’est beaucoup développée au sein du Mouvement et que, tant au niveau national que local, la collaboration avec d’autres Mouvements et Associations ecclésiales a beaucoup grandi ».

Vincenzo Di Pilato, professeur de théologie fondamentale et coordinateur Académique du Centro Evangelii Gaudium, a mis en lumière (voir texte) la figure de Marie comme Mère de Dieu et Mère de l’humanité, en soulignant la racine trinitaire de l’Incarnation et la dimension sociale de Marie.

Ensuite le cardinal Giuseppe Petrocchi a approfondi la réalité d’être Église aujourd’hui, en soulignant qu’il est nécessaire d’avoir une boussole des valeurs pour comprendre comment se déplacer, quelle Église être et comment être Église. Il faut étudier et aimer le contexte socioculturel de la région dans laquelle on agit et regarder les signes des temps : ce que le Seigneur nous demande aujourd’hui.

Un temps a ensuite été consacré à diverses expériences de projets éducatifs destinés aux personnes marginalisées, aux nouvelles générations, à la fraternité universelle, à l’option préférentielle des « pauvres » en vue d’une approche synodale inclusive.

Au cours de le deuxième journée Linda Ghisoni, Sous-Secrétaire du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie, qui a transmis les salutations et les encouragements du Préfet du Dicastère, le cardinal Kevin Joseph Farrell. Kevin Joseph. La Professeure Linda Ghisoni a présenté une réflexion méditative intitulée « Dimension mariale : une Église à visage synodal ». Passant en revue la vie de Marie, elle a déclaré que nous devons, nous aussi, « faire confiance à Dieu qui est fidèle. Il nous appartient, loin de tout triomphalisme, de faire face aux situations les plus difficiles de notre société, de notre famille, de notre mouvement. C’est à nous de ne pas avoir honte si nous semblons appartenir à un groupe de ratés, si nous avons parmi nous des personnes , et d’accueillir l’appel à une générativité toujours nouvelle, en proclamant avec proximité, , écoute, avec intelligence, attention et dialogue, que Dieu est fidèle, qu’il est proche, qu’il est miséricordieux ».

Et elle a rappelé les paroles que le cardinal Farrell a adressées au mouvement des Focolari à l’occasion du 80e anniversaire de sa naissance : « L’idéal que Chiara (Lubich) vous a transmis reste toujours actuel, même dans le monde sécularisé d’aujourd’hui, si différent de celui des débuts de l’Œuvre. Votre charisme contient en lui-même une grande charge vitale, mais comme le dit souvent le Saint-Père :  » Ce n’est pas une pièce de musée… il a besoin d’entrer en contact avec la réalité, avec les gens, avec leurs angoisses et leurs problèmes. Ainsi, dans cette rencontre fructueuse avec la réalité, le charisme grandit, se renouvelle et la réalité est transformée, transfigurée par la force spirituelle qu’un tel charisme apporte avec lui « ».

Avec Marina Castellitto et Carlo Fusco, le thème de la vocation universelle à la sainteté a été approfondi, à travers les figures de certains membres du mouvement des Focolari pour lesquels la cause de béatification a été lancée.

Ensuite pleins feux sur la Semaine Sociale des catholiques italiens, qui s’est tenue à Trente en juillet 2024. « Ces journées ont été une expérience d’écoute et d’approfondissement des réalités présentes propres à notre époque : nous interroger sur notre condition de communauté de croyants dans la grande communauté ecclésiale et, par conséquent, sur la politique en tant qu’histoire et réseau de relations humaines », a déclaré Argia Albanese, Présidente du Mouvement politique pour l’unité (Mppu) en Italie.

La journée s’est poursuivie avec l’expérience du Conseil National des Associations Laïques (Consulta Nazionale delle Aggregazioni Laicali – CNAL) en présence de sa secrétaire, la Professeure Maddalena Pievaioli. Le Conseil est le lieu où ils vivent leur relation avec l’épiscopat italien de manière unifiée, en offrant la richesse de leurs associations et en accueillant activement ses programmes et ses indications pastorales. L’espoir est que cette réalité puisse se répandre de plus en plus au sein des Associations.

Pour conclure, quelques bonnes pratiques ont été partagées, comme le Centre Evangelii Gaudium, les expériences du Mouvement diocésain de Pesaro et Fermo, et des échanges approfondis sur le dialogue œcuménique et interreligieux, le dialogue avec les personnes de convictions non religieuses et le dialogue avec le monde de la culture.

Le dernier jour a vu la participation de Margaret Karram et de Jesús Morán, Présidente et Coprésident du mouvement des Focolari. Margaret a relaté sa récente expérience au Synode en tant que l’une des neuf personnalités convoquées en tant qu’invités spéciaux. « Le Synode, avec ses 368 participants, évêques et laïcs, dont 16 délégués fraternels d’autres Églises chrétiennes, nous a offert un exemple parfait de la dimension universelle de cette espérance .- a déclaré Margaret – . Nous venions de 129 nations et chacun de nous était porteur de sa propre réalité : de paix, de guerre, de pauvreté, de prospérité, de migrations, de joies et de peines de toutes sortes. C’est pourquoi je dirais que le premier message, peut-être le plus important, est la dimension profondément missionnaire du Synode. […] Et la première leçon que nous avons apprise c’est de marcher ensemble, témoigner ensemble, nous avons besoin les uns des autres. La deuxième leçon c’est la pratique spirituelle du discernement qui exige : liberté intérieure, humilité, confiance mutuelle, ouverture à la nouveauté. » (…) Notre responsabilité est d’être porteurs de l’esprit synodal dans tous les domaines : le domaine ecclésial tout d’abord, il suffit de penser combien parmi nous, et vous serez nombreux ! sont engagés dans leur propre Église locale. Mais, nous membres de l’Œuvre de Marie, nous ne pouvons pas nous limiter à cette sphère, nous sommes un Mouvement de laïcs et cette laïcité est essentielle, elle vient du Charisme et nous ne pouvons pas la perdre. Le Synode a souligné à plusieurs reprises que nous devons « élargir notre tente » pour inclure tout le monde, en particulier ceux qui se sentent « en dehors » ».

Jesús Morán gave a meditation-reflection on being a Church of Hope today. “Hope,” he said, ”makes us overcome fear. Hope must be united with faith and love, the three sisters of the theological life. Hope is a communal virtue; it frees us from the isolation of anguish and launches us toward ‘us’; an ‘us’ that becomes concrete love to our brother.”.

Link ai video

Lorenzo Russo
Photo: FocolarItalia

Appelés à l’espérance

Appelés à l’espérance

« Donner une âme à l’Europe ». Tel est en résumé l’objectif d’Ensemble pour l’Europe, le réseau chrétien qui rassemble aujourd’hui plus de 300 mouvements, organisations et communautés chrétiennes d’Europe de l’Ouest et de l’Est. Un signe d’espoir, surtout en période de conflit et de crise.

Le 31 octobre, Ensemble pour l’Europe (IpE) a célébré son 25e anniversaire. Le même jour, en 1999, à Augsbourg, en Allemagne, s’est produit l’événement historique : la signature conjointe par les catholiques et les luthériens de la Déclaration sur la justification, qui a permis de combler un profond fossé de plus de 500 ans entre les deux Églises. Au cours des années qui ont suivi, un dialogue de plus en plus profond s’est construit, basé sur le pardon mutuel, jusqu’à l’événement historique du pacte d’amour réciproque (décembre 2001) dans l’église luthérienne de Munich, en présence de plus de 600 personnes.

Parmi les premiers promoteurs du réseau IpE figurent Chiara Lubich, fondatrice du Mouvement des Focolari, Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant’Egidio, ainsi que d’autres fondateurs de mouvements et de communautés catholiques italiennes et évangéliques-luthériennes allemandes, déterminés dès le départ à marcher ensemble.

Cette année, du 31 octobre au 2 novembre, plus de 200 représentants du réseau IpE se sont réunis à Graz-Seckau, en Autriche, pour l’événement annuel intitulé « Appelés à l’espérance », représentant 52 mouvements, communautés et organisations de 19 pays européens. Étaient présents des chrétiens orthodoxes, des catholiques, des protestants, des membres d’Églises réformées et d’Églises libres, des responsables spirituels et laïcs, des autorités civiles et politiques.

Parmi eux figuraient l’évêque Wilhelm Krautwaschl du diocèse d’accueil, l’évêque Joszef Pàl du diocèse de Timisoara (Roumanie), le coprésident du mouvement des Focolari Jesús Morán, Reinhardt Schink, responsable de l’Alliance Évangélique en Allemagne, Markus Marosch, du Mouvement de la Table Ronde (Autriche), Márk Aurél Erszegi du Ministère hongrois des Affaires Étrangères, l’ancien Premier Ministre slovène Alojz Peterle et l’ancien Premier Ministre slovaque Eduard Heger. Une délégation de l’Interparliamentary Assembly on Orthodoxie, composée du Secrétaire général Maximos Charakopoulos (Grèce) et du Conseiller Kostantinos Mygdalis, a également participé à la conférence.

Gerhard Pross (CVJM Esslingen), modérateur de l’IpE et témoin de ses débuts, a souligné dans son discours d’ouverture, à l’occasion du 25ème anniversaire, les nombreux moments de grâce vécus au cours de ces années. L’évêque Christian Krause, qui a été Président de la Fédération luthérienne mondiale en 1999 et cosignataire de la « Déclaration commune sur la doctrine de la justification », a souligné, dans un message, l’importance de ce parcours en commun.

« Au vu de la situation actuelle en Europe, je suis arrivé ici découragé et déprimé – déclare l’un des participants – mais ces journées me remplissent d’un nouveau courage et d’un nouvel espoir ». Une Ukrainienne lui fait écho : « Être des ambassadeurs de la réconciliation, c’est ce que je retiens de la rencontre “Ensemble pour l’Europe”. Je vis dans un pays en guerre, où l’on ne peut pas encore parler de réconciliation. Mais je sens que vous pouvez être des ambassadeurs, car un ambassadeur est par définition un diplomate, il n’impose pas, il propose et prépare… C’est la mission que je sens que je dois porter là où je vis. Et j’essaierai de le faire en essayant d’être, comme l’a dit Jesús Morán, « artisan d’une nouvelle culture » ».

Dans son discours, Jesús Morán a déclaré : « Les choses ne changent pas d’un jour à l’autre, ce qui est important, ce sont les artisans, les agriculteurs d’une nouvelle culture, qui travaillent et sèment patiemment, qui espèrent. (…) L’ensemble dont nous parlons n’est pas un ensemble au sens d’une union. Contrairement à l’union, l’unité considère les participants comme des personnes. Son but est la communauté…. L’unité transforme les personnes impliquées, parce qu’elle les atteint dans leur essence sans attaquer leur individualité. L’unité est plus qu’un engagement commun : c’est être uni, un dans l’engagement. Alors que dans l’union, la diversité est source de conflit, dans l’unité, elle est gage de richesse. L’unité renvoie finalement à quelque chose qui dépasse les participants, qui les transcende et qui n’est donc pas fait, mais reçu comme un don ».

Au cours de la rencontre, les participants ont renouvelé solennellement le Pacte d’amour réciproque, base de leur engagement commun, en priant en quatre langues : « Jésus, nous voulons nous aimer les uns les autres comme tu nous as aimés ».

La rencontre s’est conclue sur l’idée d’organiser un grand événement en 2027 dans le but d’envoyer un signal fort d’unité et d’espérance à l’Europe.


« Je suis sûre que le travail, la vie, l’amour et la souffrance apporteront du positif à l’Europe »,- écrit une Néerlandaise à la fin de l’événement – “il est très important d’être des ambassadeurs de la réconciliation”. (…) Les artisans sont importants et sèment une graine d’espérance».

Lorenzo Russo

Valence (Espagne) : après la tempête DANA, la solidarité

Valence (Espagne) : après la tempête DANA, la solidarité

La province espagnole de Valence a subi il y a quelques jours l’une des plus grandes catastrophes naturelles de son histoire, après que de fortes pluies ont provoqué des inondations massives – la DANA – dans les villes et villages de la région.

On dénombre actuellement 214 morts et 32 personnes portées disparues. On estime à 800 000 le nombre de personnes touchées, soit un tiers des habitants de la province de Valence. Environ 2 000 petites entreprises ont été inondées par l’eau et la boue et ont tout perdu. Les voitures se sont empilées les unes sur les autres dans les rues, comme s’il s’agissait de barques en papier. La liste des familles qui ont perdu leur gagne-pain n’a pas encore été établie. Une grande catastrophe aggravée par le report indéfini des travaux publics nécessaires pour éviter que de telles inondations ne se reproduisent.

Un grand désastre qui, cependant, a été accompagné d’une grande solidarité. Dans les jours qui ont suivi, lorsque les eaux ont commencé à se retirer et à rendre visible la boue accumulée qui recouvrait tout, des milliers de bénévoles, des jeunes pour la plupart, ont commencé à arriver dans la zone sinistrée, munis de pelles et de balais, pour se mettre au travail.

« Cela a été, et continue d’être, une immense tragédie. Bien au-delà de ce que nous aurions pu imaginer. Nous ne pouvions pas croire que cela était en train d’arriver », déclare José Luis Guinot, médecin oncologue et président de l’association Viktor E. Frankl de Valence pour le soutien émotionnel dans la maladie, la souffrance, la mort et toute perte vitale. Il a été sollicité par la mairie pour collaborer à un centre de soins et de soutien créé pour l’occasion, afin « d’écouter et d’accueillir ceux qui ont besoin de raconter ce qui leur est arrivé et ce qu’ils vivent ».

Le Dr Guinot raconte que quelques jours plus tard, alors qu’il assiste à la messe dominicale, il souffre en entendant que les gens ne prient que pour les morts, pour les sinistrés, sans rien proposer d’autre. Il réfléchit alors et se dit : « Attention, il ne suffit pas de prier, même s’il faut beaucoup prier. Il faut être proche des gens pour leur donner de l’espoir. C’est là que nous, en tant que chrétiens, en tant que mouvement des Focolari, devons donner cette espérance au-delà des choses très dures que nous vivons. Mais c’est ensemble et unis que nous pouvons aider à sortir de cette situation ».

Dans l’une des régions touchées, une famille de Focolari avec de jeunes enfants a vu sa maison inondée. Il n’y a pas eu de conséquences graves, mais rien de ce qu’ils possédaient n’est plus utilisable : machine à laver, réfrigérateur, tous les appareils électroménagers, les meubles… L’aide des autres familles ne s’est pas fait attendre : certaines ont lavé tous leurs vêtements, d’autres leur ont offert une nouvelle machine à laver…

Eugenio est un membre des Focolari qui souffre d’un handicap dû à la poliomyélite. Pendant des années, il s’est engagé dans la Fédération Valencienne de Sport Adapté, dont il a été le Président. Il a de nombreux problèmes de mobilité et, dans les jours qui ont suivi l’inondation, il était incapable de se déplacer. Mais, avec son téléphone à portée de main, il a mobilisé depuis chez lui les associations locales de personnes handicapées qui se sont organisées pour demander de l’aide. « Il faut donner des idées, aider à créer de la solidarité, susciter des dons », précise José Luis Guinot. C’est ainsi que ces associations ont trouvé des fauteuils roulants pour remplacer ceux devenus inutilisables à la suite des inondations.

« Je pense que c’est un signal d’alarme pour toute la société. Il est bien connu qu’en Espagne, nous vivons une période de conflit politique très polarisé », déclare José Luis. « Mais il y a une autre société, il y a de nombreux jeunes qu’on pense toujours attachés aux réseaux sociaux et qui, au contraire, sont maintenant là, dans la boue, exprimant le besoin d’une société vraiment solidaire, un monde uni, une société imprégnée d’une authentique fraternité . Ce message, jusqu’à présent, n’avait pas été bien accepté par les politiques. Mais désormais plus personne ne peut le remettre en question ».

Ils se réuniront le week-end prochain avec la communauté des Focolari, pour réfléchir et planifier ensemble les services qu’ils pourront offrir après ces premières urgences. Car « dans deux ou trois mois, il y aura un besoin de soutien émotionnel, de sentir que l’on fait partie d’un groupe, d’une communauté ou d’une paroisse…. ». Là, nous aurons une tâche très importante : utiliser beaucoup le téléphone, pouvoir rendre visite aux gens, les laisser nous parler, les encourager en sachant que ce qu’ils vivent est très difficile, mais que nous sommes à leurs côtés ». Une tâche dans laquelle tout le monde peut et doit s’impliquer, comme le dit José Luis : « Même si vous ne pouvez pas bouger de chez vous, si vous êtes âgé, si vous avez des enfants en bas âge… vous avez la possibilité de parler à vos voisins, de passer des coups de fil et de les encourager. À ceux qui souffrent de la perte d’êtres chers, de biens essentiels, je n’expliquerai rien, je les prendrai dans mes bras et leur dirai : « Nous vous aiderons à trouver la force d’aller de l’avant ». .

La communauté des Focolari a lancé une campagne de collecte de fonds en collaboration avec la Fundación Igino Giordani, fonds qui seront gérés sur place pour venir en aide aux victimes. Les dégâts matériels et les pertes sont innombrables. Ceux qui ont survécu se sont retrouvés sans lits, ni tables, réfrigérateurs, machines à laver, voitures, matériel de travail…

Les contributions de solidarité peuvent être faites par l’intermédiaire de :
Fundación Igino Giordani
CaixaBank: ES65 2100 5615 7902 0005 6937 Propriétaire : Fundación Igino Giordani
Concept : Emergencia DANA España
Si vous souhaitez déduire votre don, veuillez envoyer vos données fiscales à info@fundaciongiordani.org

Carlos Mana
Photo: © UME/via fotos Publicas

À quoi sert la guerre ?

À quoi sert la guerre ?

La paix est le résultat d’un projet : un projet de fraternité entre les peuples, de solidarité avec les plus faibles, de respect réciproque. C’est ainsi que se construit un monde plus juste, c’est ainsi que se met au rebut la guerre comme une pratique barbare appartenant à la part obscure du genre humain. Bien que de nombreuses années se soient écoulées depuis la première publication de cet écrit, celui-ci demeure aujourd’hui d’une brûlante actualité, tandis que le monde est lacéré par de terribles conflits. L’histoire, nous dit Giordani, pourrait beaucoup nous apprendre…

La guerre est un homicide à grande échelle, revêtu d’une sorte de culte sacré, comme l’était le sacrifice des premiers-nés au dieu Baal : et ceci à cause de la terreur qu’elle inspire, de la rhétorique dont on la revêt et des intérêts qu’elle implique. Quand l’humanité aura progressé spirituellement, la guerre sera cataloguée parmi les rites cruels, les superstitions antédiluviennes et les phénomènes de barbarie.

La guerre est à l’humanité, comme la maladie l’est à la santé, comme le péché l’est à l’âme : elle est destruction et massacre, investissant âme et corps, les individus et la collectivité.

D’après Einstein, l’homme aurait besoin de haïr et détruire : la guerre lui apporterait satisfaction. Mais il n’en n’est pas ainsi : la plupart des hommes, des peuples entiers, ne manifestent pas ce besoin. Au contraire ils le refrènent. Et puis raison et religion le condamnent.

« Toutes les choses désirent ardemment la paix », dit saint Thomas. En effet elles aspirent toutes à la vie. Il n’y a que les fous et les incurables qui désirent la mort. Et la guerre c’est la mort. La guerre n’est pas voulue par le peuple, elle est voulue par une minorité à qui la violence physique est utile pour s’octroyer des avantages économiques ou bien pour satisfaire de basses passions. Surtout aujourd’hui, avec son coût, les morts et les ruines, la guerre apparaît comme une « hécatombe inutile ». Hécatombe on ne peut plus inutile. Une victoire contre la vie, qui est en train de tourner au suicide de l’humanité.

[…] L’esprit humain, destiné à bien d’autres buts, a imaginé et introduit aujourd’hui des instruments de guerre d’une telle puissance qu’ils ne peuvent que susciter de l’horreur dans l’âme de toute personne honnête, surtout parce qu’ils ne frappent pas seulement les armées, mais que, souvent, ils frappent aussi les civils, les enfants, les femmes, les personnes âgées, les malades, de même que les édifices sacrés et les plus éminents monuments de l’art ! Comment ne pas être saisi d’horreur à l’idée que de nouveaux cimetières vont s’ajouter aux cimetières si nombreux du récent conflit et que de nouvelles ruines fumantes de bourgades et de villes vont s’entasser sur d’autres ruines infiniment tristes ? Comment finalement ne pas craindre qu’en détruisant de nouvelles richesses, conséquence inévitable de la guerre, on puisse aggraver ultérieurement la crise économique, dont souffrent pratiquement tous les peuples, et plus particulièrement les classes les plus humbles ? » [1]. […]

En 1951 Pie XII a enfoncé le clou de l’inutilité : « Tous ont manifesté avec la même clarté énergique leur horreur de la guerre, et leur conviction qu’elle n’est pas, et aujourd’hui plus que jamais, un moyen adéquat pour mettre fin aux conflits et rétablir la justice. À cet effet ne peuvent réussir que des ententes librement et loyalement consenties. Que s’il pouvait être question de guerres populaires – dans le sens où celles-ci répondent aux vœux et à la volonté de la population – il n’en serait jamais question que dans le cas d’une injustice si flagrante et si destructrice des biens essentiels d’un peuple qu’elle révolterait la conscience d’une nation tout entière. » [2].

Comme la peste sert à empester, la faim à affamer, la guerre sert à tuer : par-dessus le marché à détruire les moyens de la vie. C’est une industrie funéraire, une fabrique de ruines.

Seul un fou peut espérer tirer bénéfice d’un massacre : santé d’une syncope, énergie d’une pneumonie. Le mal produit le mal comme le palmier produit les dattes. Dans ce domaine aussi, la réalité montre l’inconsistance pratique de l’aphorisme machiavélique d’après lequel « la fin justifie les moyens ».

La fin peut être la justice, la liberté, l’honneur, le pain : mais les moyens produisent de telles destructions de pain, d’honneur, de liberté et de justice, outre que de vies humaines, parmi lesquelles des femmes, des enfants, des personnes âgées, des innocents de toute sorte, qu’ils annulent tragiquement la fin même qu’on se propose.

En substance, la guerre ne sert à rien si ce n’est à détruire des vies et des richesses. »

Igino Giordani, L’inutilità della Guerra, Città Nuova, Roma, 2003, (3e édition), p. 3
da https://iginogiordani.info/

Photos: © Pixabay y CSC Audiovisivi

[1] Pio XII, “Mirabile illud”, 1950.
[2] Discours au corps diplomatique, 1-1-1951.

« Tous ont mis – dans le tronc – en prenant sur leur superflu; mais elle, cette femme veuve, dans sa misère, elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre ». (Mc 12,44)

« Tous ont mis – dans le tronc – en prenant sur leur superflu; mais elle, cette femme veuve, dans sa misère, elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre ». (Mc 12,44)

Nous sommes à la fin du chapitre 12 de l’Évangile de Marc. Jésus est dans le temple de Jérusalem, il observe et enseigne. À travers son regard, nous assistons à une scène pleine de personnages : des gens qui vont et viennent, des fidèles qui assistent au culte, des notables vêtus de longues robes, des riches qui déposent leurs riches offrandes dans le trésor du temple.

Mais voici qu’arrive une veuve, qui appartient à une catégorie de personnes socialement et économiquement défavorisées. Dans un désintérêt général, elle met deux sous dans le trésor. Jésus, lui, la remarque ; il appelle les disciples et leur dit :

« Tous ont mis – dans le tronc – en prenant sur leur superflu; mais elle, cette femme veuve, dans sa misère, elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre ». (Mc 12,44)

« En vérité, je vous le déclare… ». Ce sont les mots qui introduisent les enseignements importants ; le regard de Jésus, fixé sur cette pauvre veuve, nous invite à regarder dans la même direction : c’est elle le modèle du disciple.

Sa foi en l’amour de Dieu est inconditionnelle ; son trésor, c’est Dieu lui-même. Et, en s’abandonnant totalement à Lui, elle souhaite aussi donner tout ce qu’elle peut pour ceux qui sont plus pauvres qu’elle. Cet abandon confiant au Père est, d’une certaine manière, une anticipation du même don de soi que Jésus accomplira bientôt par sa passion et sa mort. C’est cette « pauvreté d’esprit » et cette « pureté de cœur » que Jésus a proclamées et vécues.

Cela signifie « placer notre confiance non pas dans les richesses, mais dans l’amour et la providence de Dieu ». […] Nous sommes « pauvres en esprit » lorsque nous nous laissons guider par l’amour des autres. Alors nous partageons et mettons à la disposition de ceux qui sont dans le besoin ce que nous avons : un sourire, notre temps, nos biens, nos compétences. Après avoir tout donné, par amour, on est pauvre, c’est-à-dire vide, sans rien, libre, avec un cœur pur ».[1]

La proposition de Jésus bouleverse notre mentalité ; au cœur de ses pensées, il y a le petit, le pauvre, le dernier.

« Tous ont mis – dans le tronc – en prenant sur leur superflu; mais elle, cette femme veuve, dans sa misère, elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre ». (Mc 12,44)

Cette Parole de Vie nous invite tout d’abord à renouveler notre pleine confiance en l’amour de Dieu et à nous confronter à sa vision des choses, à voir au-delà des apparences, sans juger et sans dépendre du jugement des autres, à valoriser ce qu’il y a de positif en chaque personne.

Elle nous suggère la totalité du don comme une logique évangélique qui construit une communauté pacifiée, parce qu’elle nous pousse à prendre soin les uns des autres. Elle nous encourage à vivre l’Évangile au quotidien, sans chercher à paraître ; à donner largement et avec confiance ; à vivre sobrement et à partager ce que nous avons. Elle nous appelle à prêter attention aux plus petits, à apprendre d’eux.

Un jeune, nommé « Venant », est né et a grandi au Burundi. Il raconte : « Au village, ma famille pouvait se vanter d’avoir une bonne ferme, avec une bonne récolte. Ma mère, consciente que tout était providence du ciel, récoltait les premiers fruits et les distribuait ponctuellement au voisinage, en commençant par les familles les plus démunies, ne gardant qu’une petite partie de ce qui restait. De cet exemple, j’ai appris la valeur du don désintéressé. Ainsi, j’ai compris que Dieu me demandait de lui donner la meilleure part, voire de lui donner toute ma vie ».

Letizia Magri et l’équipe de la Parole de Vie


© Photo: Leonard Mukooli – Pixabay

[1] Cf. Chiara Lubich, Parole de Vie, Novembre 2003.

La révolution du « don »

La révolution du « don »

Chaque jour, nous sommes bombardés par les images de la société de l’apparence. Dans tous les pays la mondialisation impose un modèle où la richesse, le pouvoir et la beauté physique semblent être les seules valeurs. Pourtant, il suffit de s’arrêter et d’observer les personnes que nous rencontrons chaque jour dans nos villes (dans le train, dans le métro, dans la rue) pour se rendre compte qu’il existe une autre réalité, faite de petits gestes quotidiens de solidarité, de parents qui accompagnent leurs enfants à l’école, d’infirmières qui se lèvent à l’aube pour se rendre sur leur lieu de travail aux côtés de personnes souffrantes, de travailleurs qui accomplissent leur tâche avec sérieux et engagement dans les usines, les magasins, les bureaux. Sans oublier les nombreuses actions de bénévolat.

Il faut un regard de vérité, capable d’aller au-delà des apparences. Un regard qui valorise ce qu’il y a de positif dans chaque personne, en étant conscient que ce sont ces petits gestes quotidiens qui permettent à la société de tenir debout. Et plus révolutionnaires encore sont les gestes de ceux qui, bien que vivant dans des situations de pauvreté, se rendent compte qu’ils peuvent encore « donner“, accueillir, partager un repas ou une chambre parce qu’il y a toujours quelqu’un qui est encore plus dans le besoin. Et ils le font par sens de la justice, avec un cœur généreux et désintéressé.

Le don, nous le savons, n’est pas seulement matériel. Chiara Lubich nous disait : « Donnons toujours; donnons un sourire, une compréhension, un pardon, une écoute; donnons notre intelligence, notre volonté, notre disponibilité ; donnons notre temps, nos talents, nos idées (…), notre énergie ; donnons nos expériences, nos compétences, nos biens revus périodiquement pour que rien ne s’entasse et que tout circule. Donner : que ce soit le mot qui ne nous laisse aucun répit. »[1]

Cette Idée est donc une invitation à une générosité qui vient de l’intérieur, de la pureté des cœurs qui savent reconnaître l’humanité souffrante qui se reflète dans le visage souvent défiguré de l’autre. Et c’est précisément dans ce don que nous nous trouvons plus libres et plus capables d’aimer.

C’est l’expérience d’Etty Hillesum, une jeune Néerlandaise qui a vécu ses dernières années dans un camp de concentration, avant de mourir à Auschwitz. Elle a su aimer la beauté de la vie jusqu’au bout, et rendre grâce pour « ce don de pouvoir lire dans les autres »: «parfois, les gens sont pour moi comme des maisons dont la porte est ouverte. J’entre et je me promène dans les couloirs et les salons ; chaque maison est meublée un peu différemment, mais en fin de compte elle est semblable aux autres.Il faudrait faire de chaque personne une demeure consacrée » (…).Et là, dans nos baraquements peuplés d’hommes écrasés et persécutés, j’ai trouvé la confirmation de cet amour [2]. »

La dimension du don est une base qui construit une communauté harmonieuse, parce qu’elle nous pousse à prendre soin les uns des autres. Elle nous encourage à vivre les valeurs les plus profondes au quotidien, sans le montrer. C’est un changement de mentalité qui peut devenir contagieux.

Venant est né et a grandi au Burundi. Il raconte : « Au village, ma famille pouvait se vanter d’avoir une bonne ferme, avec une bonne récolte. Ma mère, consciente que tout était un don de la nature, récoltait les premiers fruits et les distribuait ponctuellement au voisinage, en commençant par les familles les plus démunies, ne gardant qu’une petite partie de ce qui restait. De cet exemple, j’ai appris la valeur du don désintéressé


[1]Téléréunion 23 avril 1992

[2]Etty Hillesum, Journal

©Photo: Mdjanafarislam – Pixabay

L’IDÉE DU MOIS est actuellement réalisée par le “Centre pour le dialogue avec les personnes de croyance non religieuse” du Mouvement des Focolari. Il s’agit d’une initiative née en 2014 en Uruguay pour partager avec des amis non croyants les valeurs de la Parole de Vie, c’est-à-dire la phrase de l’Écriture que les membres du Mouvement s’engagent à mettre en œuvre dans la vie quotidienne. Actuellement L’IDÉE DU MOIS est traduite en 12 langues et distribuée dans plus de 25 pays, avec des adaptations du texte pour s’adapter aux différentes sensibilités culturelles. https://dialogue4unity.focolare.org/fr/

Margaret Karram à la conclusion du Synode

Margaret Karram à la conclusion du Synode

« Pour moi cela a été une grâce immense, un don de Dieu qui n’est pas seulement personnel, mais je le considère comme un don pour tout le Mouvement des Focolari ». C’est par ces mots que la présidente Margaret Karram ouvre quelques réflexions sur l’expérience synodale et sur le document final de la 16e Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques (2-27 octobre 2024) : « Pour une Église synodale : communion, participation, mission ».

Activer les sous-titres dans votre langue

Évangile vécu : « Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur… »

Évangile vécu : « Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur… »

Dans la salle d’attente

Il y a quelques mois, on m’a diagnostiqué un cancer. Le médecin m’a conseillé de commencer par un traitement alternatif et de terminer par une radiothérapie.

En arrivant le premier jour du cycle de radiothérapie, je trouve une grande salle d’attente, avec de nombreux patients, le regard vers le bas…. J’ai présenté ma carte magnétique pour m’annoncer, debout parce qu’il n’y avait plus de chaises, ce fut le moment le plus fort, celui où j’ai embrassé et accepté la douleur que cette situation me causait. Le deuxième jour, j’ai demandé à Dieu de me donner de la force et j’ai commencé à parler à un, deux et même trois patients, en leur demandant d’où ils venaient, comment s’était déroulé leur parcours puisqu’ils venaient d’endroits différents. Ainsi, jour après jour, la salle d’attente s’est transformée en un lieu de joie. Nous respirions un air différent, l’amour, la patience, la tempérance ; nous nous donnions des surnoms inspirés de personnages célèbres. Le dernier jour de mon traitement, j’ai apporté des bonbons pour tout le monde, nous avons mis des chapeaux pour prendre des photos et enfin nous avons mis notre main droite au milieu pour faire un pacte de fraternité « jusqu’à ce que la mort nous sépare ».

La doctoresse responsable du service m’a appelé pour me donner le rapport que je devais remettre au spécialiste qui s’occupait de moi et m’a salué en me serrant dans ses bras et en m’embrassant, en me disant : « Comme tu vas nous manquer, tu nous as fait tellement rire… Je t’entendais toujours de mon bureau ». En sortant, je me suis retrouvé dans la salle d’attente et tout le monde était debout et m’applaudissait, les larmes ont commencé à couler, j’ai dit au revoir et, déjà dans la rue, je me suis dit : « Qu’il est beau de mettre en pratique les paroles de l’Évangile. Avec un peu d’amour, tout se transforme ».

J.J.A

L’employé

À l’usine, nous avions besoin de quelqu’un pour s’occuper du nettoyage : les bureaux, la cuisine, les salles de bains et les autres parties communes.

Pendant mes heures de travail, je dois parler longtemps au téléphone portable avec les clients et, chaque fois que je le peux, j’en profite pour aller me promener, afin de passer un peu de temps au soleil. Un jour, je suis parti déterminé à trouver quelqu’un dans le quartier qui aurait pu faire le nettoyage au travail. Très vite, j’ai vu un monsieur âgé qui tondait l’herbe devant sa maison. J’ai profité de l’occasion pour l’aborder, me présenter et lui dire que nous cherchions quelqu’un pour nous aider à faire le nettoyage dans notre entreprise. Peut-être connaissait-il quelqu’un qui cherchait du travail?

Il m’a regardé et m’a dit que son fils pouvait faire ces tâches. Je lui ai répondu : « D’accord, dites-lui de venir demain ». Il m’a alors expliqué que son fils était atteint de sclérose en plaques. Je lui ai répété : « Dites-lui de venir demain ».

Le lendemain, Mauro, un homme de 36 ans, est arrivé. Il m’a raconté qu’il avait commencé à participer à un programme de recherche dans le cadre duquel on lui injectait un médicament spécial une fois par semaine, ce qui l’affaiblissait le lendemain, et que le traitement n’avait pas toujours lieu le même jour. Il m’a également dit qu’il lui était difficile de trouver un emploi précisément à cause de cette difficulté.

Mauro est chez nous depuis cinq mois. Il fait non seulement le travail de nettoyage convenu, mais il s’occupe aussi du jardin et de l’entretien, entre autres choses.

Réciprocité, donner et recevoir, communion, valorisation de la personne, c’est ainsi que je veux vivre et travailler.

V.C.P.

Carlos Mana

Photo:© Truthseeker08 – Pixabay

Ikuméni : à la recherche de la solidarité religieuse

Ikuméni : à la recherche de la solidarité religieuse

« Ikuméni a transformé la manière dont nous, les jeunes, sommes en relation les uns avec les autres, la manière dont nous nous regardons les uns les autres, la manière dont nous pouvons être unis dans la diversité », déclare, depuis la scène du Genfest 2024 à Aparecida, Edy, un catholique péruvien accompagné de 13 autres jeunes de diverses Églises chrétiennes et de pays d’Amérique latine.

Mais qu’est-ce que l’Ikuméni ? Il s’agit d’une formation de quatre mois pour un style de leadership basé sur l’art de l’hospitalité, la coopération et les bonnes pratiques. « Le point culminant a été notre dernière réunion en présentiel», poursuit Edy. Pablo, un luthérien salvadorien, intervient immédiatement: « Ce qui nous a marqués, c’est d’apprendre à susciter ensemble des initiatives de coopération, que nous appelons bonnes pratiques œcuméniques et interreligieuses, en travaillant avec des personnes de différentes Églises et religions, désireuses de relever les défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui dans nos villes et nos zones rurales ».

C’est ainsi que sont nées des initiatives de coopération pour la construction de la paix, la résolution des conflits, l’écologie intégrale et le développement durable, les questions humanitaires et la résilience, en collaborant non seulement avec des personnes de différentes Églises, mais aussi avec la société civile pour se soucier ensemble de l’avenir.

« Dans mon cas, nous avons lancé une initiative de construction de la paix à la faculté des Sciences Sociales de l’université où j’étudie », explique Laura Camila, Colombienne vivant à Buenos Aires et membre d’une communauté religieuse pentecôtiste. Et elle répète que « nous devons travailler ensemble pour la paix, nous en avons vraiment besoin. C’est pourquoi, en collaboration avec diverses Églises, des initiatives ont été mises en place pour renforcer la résilience en créant des réseaux œcuméniques et interreligieux et des ateliers de dialogue et de formation à la résolution des conflits ».

L’itinéraire de formation Ikuméni est un programme de bourses d’études et n’entraîne donc aucun coût pour les participants sélectionnés. Il requiert un engagement de 4 heures par semaine et la participation à la réunion régionale d’Ikuméni en présentiel. Les jeunes âgés de 18 à 35 ans ayant terminé leurs études secondaires peuvent y participer. Il est organisé par le CREAS (Centro Regional Ecuménico de Asesoría y Servicio) avec la collaboration de diverses organisations.

Les inscriptions sont ouvertes pour l’atelier 2025. Vous trouverez toutes les informations à l’adresse suivante : https://ikumeni.org/

Nous vous invitons à visionner notre reportage tourné il y a quelques mois à Buenos Aires à l’occasion de la réunion de l’équipe.

Carlos Mana
Photo: © Ikuméni

29 octobre: fête liturgique de la bienheureuse Chiara Badano

29 octobre: fête liturgique de la bienheureuse Chiara Badano

Une jeune fille amoureuse de Dieu qui, à l’âge de 17 ans, a découvert qu’elle avait une tumeur osseuse et qui, même dans sa maladie, n’a jamais cessé de se nourrir de son amour pour Dieu, plus fort que tout. « Pour toi Jésus, si tu le veux, je le veux aussi »!

Elle est en quatrième année d’école primaire lorsqu’elle découvre le mouvement des Focolari. Elle rejoint le groupe Gen (Génération Nouvelle), les jeunes des Focolari. Elle ne parle pas de Jésus aux autres, elle l’apporte par sa vie. En effet, elle dit : « Je n’ai pas à parler de Jésus, je dois le donner… d’abord en me mettant dans une attitude d’écoute, mais surtout par ma façon d’aimer ».

«Chiara Luce » est le nom que j’ai imaginé pour toi, il te plaît ? – Chiara Lubich, fondatrice du mouvement des Focolari, lui a écrit en réponse à une lettre : « C’est la lumière de l’idéal qui vainc le monde… ».

Chiara Luce part pour le Ciel le 7 octobre 1990. Elle prononce ces derniers mots : « Mamma ciao, sois heureuse, parce que je le suis », couronnant une souffrance vécue dans la lumière rayonnante de la foi. Sa courte vie est aujourd’hui un exemple pour des milliers d’enfants et de jeunes dans le monde entier. À l’attention de la Fondation, le canal officiel créé pour garder vivante et pérenne la mémoire de la bienheureuse Chiara et pour préserver ses lieux, de nombreuses demandes et rapports continuent d’arriver, confirmant que la bienheureuse Chiara Luce est connue et aimée dans le monde entier, en particulier parmi les jeunes.

À l’occasion de son anniversaire (Chiara est née le 29 octobre 1971) et de l’anniversaire liturgique de Sassello (Italie), sa ville natale, une intense journée de célébration sera organisée, ouverte à tous, avec la possibilité de suivre certains événements en direct sur le site officiel de Chiara Badano : Fondazione Chiara Badano.

L’affiche présente le programme et les horaires (fuseau horaire utc+1).

Pour toute information ou demande : fondazione@chiarabadano.org

Lorenzo Russo

Le dialogue, un outil puissant pour la paix

Le dialogue, un outil puissant pour la paix

La conférence finale du projet DialogUE, une initiative visant à promouvoir le dialogue interculturel et interreligieux en Europe, s’est tenue le 16 octobre 2024 au Parlement européen à Bruxelles, en Belgique. L’événement était organisé par l’eurodéputée Catarina Martins (GUE-NGL) et 50 représentants des partenaires du projet, des institutions européennes, des responsables religieux et des membres de la société civile y ont assisté.

L’événement était centré sur la présentation des recommandations pour l’Union européenne du projet DialogUE – « Diverses Identités Alliées, Ouvertes, pour Générer une Europe Unie » sur des questions cruciales pour la situation européenne et mondiale actuelle, résumées dans la brochure brochure « DialogUE Kit ».

« On peut voir à l’œil nu qu’il se passe quelque chose lorsque des gens de paix s’expriment », a déclaré l’eurodéputée Catarina Martins, de la Gauche européenne, qui a ouvert la réunion dans une salle du Parlement européen. « Et c’est justement le cas aujourd’hui. Le dialogue est un outil puissant pour la paix ».

Le projet découle de l’engagement de plusieurs décennies d’Humanité Nouvelle , une expression du mouvement des Focolari, qui a promu de manière significative les bonnes pratiques du dialogue interreligieux et interculturel. L’approche favorise le respect mutuel et la confiance, éléments essentiels pour un dialogue fructueux et des efforts de collaboration.

Francisco Canzani, conseiller général du mouvement des Focolari pour la Culture et la Formation, a souligné dans son intervention que le dialogue se construit à partir de trois éléments : les attitudes, les outils et la méthode. Sur ce dernier point, la méthode du consensus différencié et du désaccord nuancé, née au sein de la plateforme entre chrétiens et marxistes DIALOP, est aujourd’hui une source d’inspiration et de pratique pour d’autres groupes de dialogue.

En 2023 et 2024, le projet a impliqué 4 groupes de dialogue dans 3 domaines principaux : Communication, Écologie et Politiques Sociales. Les groupes de dialogue étaient les suivants :

  • Entre citoyens chrétiens par le biais de la plateforme Together4Europe
  • Entre chrétiens et musulmans par le biais du Centre pour le Dialogue Interreligieux du Mouvement des Focolari
  • Entre chrétiens et personnes sans convictions religieuses, par le biais de la plateforme DIALOP pour un dialogue transversal.
  • entre les citoyens d’Europe de l’Ouest et d’Europe de l’Est par l’intermédiaire du groupe de dialogue Multipolaire.

Le projet a principalement facilité la diffusion du sens et des méthodologies nécessaires à un dialogue efficace. Il a également rassemblé des experts internationaux sur ces trois défis clés, qui ont aidé les participants à comprendre les principaux documents de l’UE sur ces sujets et à explorer les différentes dimensions de chaque question.

Les groupes ont travaillé ensemble pour identifier des principes partagés et des propositions communes. Leur travail a abouti à la formulation de recommandations qui ont été présentées au Parlement Européen.

Le projet DialogUE a été initié par un consortium de 14 organisations de la société civile de 9 États membres de l’UE.

Parmi les principaux résultats obtenus par le projet : 12 réunions internationales et une formation pour les facilitateurs et les experts ; l’implication directe de 1 200 citoyens et plus de 10 000 indirectement ; la création d’un « kit de dialogue » pour les éducateurs, les ONG et les décideurs politiques afin de promouvoir le dialogue et la cohésion sociale. Ces réunions ont débouché sur des recommandations communes à l’intention des décideurs de l’UE afin de promouvoir des politiques plus inclusives et durables.

L’après-midi du 16 octobre, une table ronde organisée par la KU Leuven (Université de Louvain) à Bruxelles a permis aux participants d’analyser certaines bonnes pratiques issues du projet et de discuter de la manière de poursuivre la diffusion de ces initiatives par le biais du « kit de dialogue ».

Ana Clara Giovani – Tomaso Comazzi e Luisa Sello
Photo: ©Marcelo Pardo

Pour plus d’informations sur le projet : https://www.new-humanity.org/en/project/dialogue/https://www.youtube.com/live/AWsnTB57Uo8?si=Ka_iBK2YQj4VRIGy.

Pour revoir l’événement, cliquez ici : https://www.youtube.com/live/AWsnTB57Uo8?si=Ka_iBK2YQj4VRIGy.

Le réseau des Genfest locaux

Le réseau des Genfest locaux

Les jeunes du Mouvement des Focolari ont organisé, en parallèle avec le Genfest du Brésil, 44 Genfest locaux à travers le monde. Voici quelques photos des événements dans les différents pays et de courts témoignages de Côte d’Ivoire, d’Éthiopie, d’Égypte, de Jordanie, de Slovaquie et de Corée.

Un voyage qui a enrichi ma vie

Un voyage qui a enrichi ma vie

Paola Iaccarino Idelson est biologiste, experte en nutrition. Elle vit à Naples, dans le sud de l’Italie. J’ai appris par une amie très chère qu’elle avait fait un voyage au Brésil au cours de l’été 2024. Intrigué, j’ai essayé de la retrouver sur les réseaux sociaux. J’ai été émerveillé par les belles photos prises lors de son séjour brésilien et par la teneur de ses récits qui révélaient une expérience profonde. J’ai donc décidé de la contacter pour une interview.

Paola, de Naples au Brésil : pourquoi avez-vous choisi de faire ce voyage ?

C’est une très longue histoire. Je suis allée au Brésil pour la première fois il y a quatorze ans, à Florianópolis. J’y suis allée parce que j’étais passionnée par la langue brésilienne. Je ne voulais pas m’y rendre en tant que touriste, alors par l’intermédiaire d’une amie médecin, je suis allée aider une de ses collègues en tant que bénévole. Nous avons soutenu un prêtre dans sa mission quotidienne. Il avait ouvert une école pour aider les enfants à lutter contre la délinquance et avait créé un atelier de réparation de planches de surf pour offrir un travail décent aux jeunes de la région. Pendant trois semaines, j’ai pesé et mesuré la taille des enfants de cette école : c’était une expérience si forte, si intense et si belle qu’à mon retour en Italie, j’ai dû l’effacer de mon esprit pour continuer à vivre ma vie d’avant.

Et ensuite ? Que s’est-il passé ?

L’année dernière, j’ai rompu avec mon petit ami qui n’aimait pas le Brésil. Je me suis donc dit : voilà, le moment est venu de reprendre ce rêve. Mais cette fois, je voulais aussi le vivre non pas en tant que touriste, mais en aidant la communauté locale d’une manière ou d’une autre. J’en ai parlé à une amie focolarina, qui m’a mise en contact avec la communauté des Focolari en Amazonie.

J’aurais aimé me porter volontaire en tant que nutritionniste, ma profession, mais j’étais prête à faire n’importe quoi. L’une des focolarines du Brésil, Leda, m’a parlé du navire-hôpital « Papa Francisco » où je pouvais travailler. Je suis donc finalement partie en août 2024. Leda a été un ange, elle a organisé tout mon itinéraire, m’a mise en contact avec la communauté des Focolari et s’est occupée de moi pendant toute la durée de mon séjour au Brésil.

Le navire-hôpital Papa Francisco : que faisiez-vous à bord ?

Il n’y avait pas de tâche spécifique pour moi en tant qu’experte en nutrition. Il y avait une dizaine de médecins, chacun avec son propre ambulatoire. J’aidais là où je pouvais. Le réveil sonnait à 6 heures du matin, car à 6h30, les gens arrivaient déjà des villages voisins pour être soignés. Nous devions assurer l’accueil, enregistrer les arrivées et gérer l’afflux. J’ai fait du conseil nutritionnel et j’ai réalisé qu’il y avait un problème de surpoids et d’obésité, surtout chez les femmes. Je me suis beaucoup interrogée sur les raisons de ces problèmes d’obésité, un problème assez courant là-bas. En discutant avec quelqu’un, j’ai réalisé qu’il y avait un problème de sédentarité et de consommation généralisée de boissons sucrées, de sucreries et de viande.

Vous avez également pu faire l’expérience de la pauvreté….

J’ai vu des gens très pauvres mais très dignes, qui parviennent à éduquer leurs enfants. Une famille m’a beaucoup impressionnée. Il y a 10 enfants, on peut voir qu’ils vivent dans des conditions très pauvres. Le père a également des problèmes de santé. Malgré cela, les parents ont réussi à scolariser leurs enfants et l’une des filles est sur le point de devenir photographe. Une grande dignité malgré ces conditions de vie.

Vous avez vu l’abondance de la diversité, cette diversité de la nature, celle des couleurs de la peau des gens, de la nourriture, mais aussi des parfums et des saveurs…

C’est l’une des choses qui m’ont le plus impressionné dans ce voyage et que je garde en mémoire. Une énorme diversité dans le mode de vie, en particulier dans l’incroyable variété de fruits, de légumes, de céréales, de fleurs, de plantes, de couleurs des rivières, d’animaux et de personnes. Lorsque j’enregistrais les arrivées pour les visites, dans le logiciel il fallait écrire la couleur de la peau et j’avais quatre options liées à la diversité des ethnies, des origines, de la couleur de la peau… Vivre cette diversité a été une expérience forte et je suis convaincue qu’il s’agit d’une grande richesse

Comment la communauté des Focolari vous a-t-elle accueillie et aidée dans cette expérience ?

L’accueil a été fondamental dans toute mon expérience au Brésil. Je me suis sentie accueillie partout où je suis allée. J’ai découvert l’art d’aimer tout le monde. J’ai toujours senti un amour envers moi, une ouverture très grande et désintéressée. Cela m’a fait beaucoup de bien, un accueil très émouvant.

Vous y êtes allé pour donner de votre temps et de vos compétences, mais vous avez reçu beaucoup plus. Ce voyage a-t-il un peu changé votre vie ?

J’ai cinquante ans, pas vingt. Mais pourquoi est-ce que je dis cela ? Parce que dans ma vingtaine, ou peut-être même dans ma trentaine, j’avais encore l’idée d’aller quelque part pour apporter quelque chose. Aujourd’hui, il est très, très clair pour moi que la possibilité de me donner m’apporte quelque chose en retour. Je savais très bien que le mot « bénévolat » englobait beaucoup de réalités. Donner de son temps est une bonne chose. Tout d’abord pour celui qui donne. J’ai certainement vécu une expérience très forte de partage avec la communauté des Focolari. Bien que cette spiritualité ne fasse pas partie de mes connaissances, j’apprécie énormément toutes ses autres formes d’expression d’un amour concret. Je pense que c’était une très, très belle expérience. Cette idée de pouvoir vivre ensemble, de mettre en commun tout ce que l’on a, c’est précisément l’idée de la communauté. Pouvoir faire du bien aux autres et vivre avec les autres, c’est quelque chose que j’aime beaucoup.

Ce voyage m’a beaucoup enrichi. Il a eu et aura un impact important sur ma vie. Il m’a fait rencontrer des gens merveilleux, des réalités complètement différentes des miennes. J’ai réalisé que le partage est vraiment possible.

Vous êtes ensuite retournée à Naples et vous avez reçu un accueil inattendu !

Oui, en effet, de nombreuses personnes que j’ai rencontrées à mon retour et que je rencontre encore aujourd’hui, me disent qu’elles ont lu mes carnets de voyage sur les réseaux sociaux, me remerciant d’avoir partagé cette expérience. Je reçois tant de remerciements et de demandes diverses pour en savoir plus sur ce voyage. J’ai donc eu l’idée d’organiser une reproduction de photographies et de les montrer lors d’une soirée, où je pourrais également en dire plus. Cela m’a vraiment frappé : nous vivons dans une société où l’on n’a jamais le temps d’avoir des relations. Qu’on me demande de passer du temps ensemble pour en savoir plus sur mon expérience est une belle chose.

Pour conclure, revenons sur votre premier et votre deuxième voyage au Brésil : comment vivez-vous votre vie aujourd’hui ?

Ma première expérience brésilienne, il y a de nombreuses années, comme je l’ai dit, j’ai dû la supprimer. Aujourd’hui, je fais un grand effort pour ne pas effacer ce dernier voyage, pour ne pas l’oublier, pour garder cette expérience dans ma vie à Naples et en Italie. Je veux garder ce souvenir vivant. Pourquoi ? Parce qu’il donne du sens à ma vie et beaucoup de force, ce qui est très gratifiant.

La première chose que j’ai faite, de retour à Naples, a été de contacter mon professeur de portugais, qui est brésilienne, pour mieux apprendre la langue. Mais une autre chose que j’aimerais faire est un jumelage entre un jardin d’enfants napolitain et un jardin d’enfants brésilien qui est en train d’être construit. Ce serait bien d’aider ces enfants en leur envoyant des sacs à dos et tout le matériel nécessaire. Mais surtout, j’aimerais susciter entre les enfants brésiliens et napolitains le partage de leurs expériences.

Lorenzo Russo
(photo: © Paola Iaccarino Idelson)

Genfest 2024 : images et témoignages

Genfest 2024 : images et témoignages

Le Genfest 2024, événement international organisé par les jeunes du Mouvement des Focolari, s’est déroulé au Brésil en juillet et a réuni plus de 4 000 jeunes du monde entier. Cette édition s’est déroulée en trois phases.

Au cours de la première, les jeunes ont vécu en tant que volontaires dans différentes activités sociales de plusieurs pays d’Amérique latine.

Les jeunes de la phase 2 se sont retrouvés dans la grande arène d’Aparecida pour deux jours de fête et de partage de témoignages de vie.

Au cours de la phase 3, ils se sont répartis en petites communautés, en fonction de leur expérience professionnelle, afin de concrétiser l’idéal d’unité et de fraternité de Chiara Lubich.

CEG – Un laboratoire sur la synodalité

CEG – Un laboratoire sur la synodalité

La troisième édition du cours de formation sur la synodalité organisé par le Centre Evangelii Gaudium de l’Institut universitaire Sophia va bientôt commencer. Quel bilan peut-on faire ?

Nous en sommes à la troisième édition et, jusqu’à présent, ce cours a accueilli des centaines de participants du monde entier et des dizaines d’enseignants de diverses disciplines. Il s’agit d’un cours interculturel, interlinguistique et interdisciplinaire. Les leçons elles-mêmes sont des mini-ateliers car les réunions de groupe en font partie intégrante.

Grâce à des plateformes en ligne, il est possible de suivre le cours depuis n’importe quel endroit du monde. L’horaire pour l’Europe est le soir (18h00 à 21h00 heure de Rome) mais il y a ceux qui se connectent à 3 heures du matin depuis Singapour et la Malaisie ; ceux qui se connectent à l’heure du déjeuner depuis les Amériques.

La participation a été bonne. Au total, 380 personnes se sont inscrites. Les étudiants peuvent soit assister aux conférences, soit rédiger des travaux finaux et obtenir des crédits académiques de l’Institut Universitaire Sophia. Nous travaillons en accord avec le Secrétariat général du Synode, qui est l’un des promoteurs du cours.

Il était intéressant pour nous et un grand encouragement que pendant la conférence de presse présentant l’Instrumentum Laboris pour la phase de l’Assemblée du Synode qui vient de commencer le 1er octobre 2024, le Cardinal Hollerich a dit : « Je voudrais rappeler les nombreuses initiatives de formation sur la synodalité (…) Au niveau international, nous rappelons le MOOC du Boston College qui a vu la collaboration de nombreux experts du Synode ou le cours universitaire proposé par le Centre Evangelii Gaudium de l’Université Sophia ici en Italie ». (Conferenza stampa del 09-07-20249)

Après deux ans, quelles sont les perspectives de cette troisième édition ?

Nous pensons que le cours a contribué à créer des communautés de personnes engagées à vivre et à diffuser la synodalité là où elles se trouvent. Il y a ceux qui la proposent à leur diocèse, en organisant des actions de formation ; ceux qui la vivent dans leur paroisse ou leur communauté religieuse… L’effet multiplicateur du cours et les réseaux qui se créent sont très importants. Des réseaux qui s’imbriquent avec beaucoup d’autres de différents mouvements ecclésiaux, d’universités ou de l’Église elle-même.

Les ateliers qui ont lieu pendant le cours et qui peuvent être suivis par zoom ou en présentiel sont particulièrement intéressants.

Après la première année, une étudiante des États-Unis a proposé à sa paroisse de participer au cours de l’année suivante : 12 personnes se sont inscrites. À la fin de l’année, elles ont demandé à participer à l’atelier en présentiel à San Antonio. Quarante personnes de divers diocèses et de l’Oblate School of Theology de San Antonio y ont participé.

Les actions de formation réalisées sont innombrables car elles sont effectuées par les étudiants eux-mêmes en utilisant le contenu et la méthode des cours : en Irlande pour une paroisse entière, en Italie dans plusieurs diocèses ainsi qu’en Australie, à Sydney ; tandis qu’en République démocratique du Congo une action a été récemment réalisée pour plus de cent prêtres de huit diocèses, et en Angola pour l’ensemble du clergé du diocèse de Viana.

Sur quoi portera le cours qui débutera bientôt ?

Le prochain cours débutera le 4 novembre 2024, au lendemain de l’Assemblée, avec les interventions du Secrétaire général du Synode lui-même, Mgr Mario Grech et des sous-secrétaires, Mgr Luis Marin et Sœur Nathalie Becquart, du théologien Piero Coda et de Margaret Karram, présidente des Focolari et invitée spéciale à l’Assemblée synodale.

Les thèmes du cours seront ceux qui ont émergé de l’Assemblée elle-même : les voies ouvertes par la 16e Assemblée ordinaire du Synode : les nouvelles pratiques dans une Église synodale et missionnaire ; l’initiation chrétienne et la transmission de la foi de manière synodale. Elle se conclura par un atelier en présence des participants.

Pourquoi cet engagement du centre Evangelii Gaudium en faveur de la synodalité ? Dans le passé, vous vous êtes consacrés à d’autres sujets, comme la formation sur les abus ou la formation des agents pastoraux.

Il nous semble que la synodalité n’est pas un slogan destiné à passer. La synodalité fait partie de l’être de l’Église depuis des temps immémoriaux, comme nous le comprenons également en lisant les Actes des Apôtres. D’autre part, c’est aussi l’actualisation des réformes que le Concile Vatican II a indiquées pour l’Église mais qui, comme on peut le comprendre, ont eu du mal et ont encore du mal à être mises en œuvre.

Le pape François lui-même a déclaré lors de la célébration du 50e anniversaire de l’institution du Synode des évêques, le 17 octobre 2015 : « Le chemin de la synodalité est le chemin que Dieu attend de l’Église du troisième millénaire ». Et le 9 octobre 2021, il a lui-même initié le processus synodal qui cherche aujourd’hui à faire son chemin dans toute l’Église.

Depuis lors, nous nous sommes engagés dans la formation et la promotion de la synodalité par le biais de bourses de recherche, de séminaires, de cours de formation et de réseaux dans le monde entier avec d’autres facultés et associations.

La synodalité est également un style qui correspond bien à la spiritualité de communion qui inspire le Centre et l’Institut Universitaire Sophia. Le cardinal Petrocchi, Président du Conseil Scientifique du Centre Evangelii Gaudium, affirme que nous devons arriver à « synodaliser » nos esprits, à la fois en tant qu’individus et en tant que groupe ecclésial, mais aussi en tant que groupe de la société civile. Essayons de faire notre part, petite mais, nous l’espérons, efficace.

Carlos Mana

Info: ceg@sophiauniversity.org

Téléchargez l’affiche

Margaret Karram et Jesús Morán au Brésil

Margaret Karram et Jesús Morán au Brésil

La Présidente et le Coprésident du Mouvement des Focolari ont passé un mois au Brésil pour rencontrer les communautés locales et vivre le Genfest, un événement mondial promu par les jeunes du Mouvement. Soin, solidarité horizontale, y croire : ces trois mots résument l’expérience intense vécue en juillet 2024.

Une âme de paix pour le monde

Une âme de paix pour le monde

« Vous aspirez, vous travaillez en vue du monde uni (un monde de paix et de fraternité) .

Que faites-vous ? Des actions, qui peuvent sembler modestes et sans commune mesure, malgré votre intention droite, avec l’objectif que vous avez en vue. […] Il se peut que certains d’entre vous travaillent dans les organismes orientés au monde uni.

Mais je pense que, même si tout cela est utile, ce n’est pas ce genre de choses qui sont décisives en vue du monde uni.

Ce qui l’est c’est d’offrir au monde […], une âme. Cette âme, c’est l’amour. […]

Aujourd’hui, il faut que nous « soyons amour », que nous soyons à l’unisson avec l’autre, que nous vivions l’autre, les autres, que nous visions l’unité sur toute la planète. […]

Construire donc des rapports d’unité, de solidarité qui ont leur racine dans l’amour.

Cet amour, vous devez le vivre en premier lieu entre vous.

C’est la condition pour l’étendre ensuite à de nombreux autres, […] parmi le peuple, parmi ceux qui président à sa destinée, dans les institutions, les organisations du monde, petites ou grandes… Partout. Ce n’est qu’ainsi que les intentions de ceux qui ont créé ces institutions atteindront leur visée ; et l’on travaillera efficacement pour un monde plus uni, (un monde de paix). »

Chiara Lubich

Cette pensée a été lue par Margaret Karram, présidente du mouvement des Focolari, lors de la Telereunion du 28 septembre 2024. Elle peut être consultée en cliquant ici.

https://youtu.be/tPaG4t4e5bI?si=wej9wGhHaseURd0G&t=3413
7 octobre 2024 : journée de prière et de jeûne pour implorer la paix dans le monde

7 octobre 2024 : journée de prière et de jeûne pour implorer la paix dans le monde

Au milieu des tensions dans la poudrière du Moyen-Orient, au milieu des bombes et des missiles qui continuent à plonger dans l’Ukraine « martyre », au milieu des nombreux conflits qui lacèrent et affament les peuples d’Afrique, « les vents de la guerre et les feux de la violence continuent à bouleverser des peuples et des nations entières », le Pape François appelle aux « armes » du jeûne et de la prière – celles que l’Eglise indique comme puissantes – des millions de croyants de tous les continents pour implorer de Dieu le don de la paix dans un monde au bord de l’abîme.

Comme il l’avait déjà fait pour les conflits en Syrie, en République démocratique du Congo et au Soudan du Sud, au Liban, en Afghanistan, en Ukraine et en Terre sainte de 2013 à 2023, le pape François a appelé à une nouvelle journée de prière et d’abstention de nourriture pour invoquer le don de la paix pour le lundi 7 octobre 2024, annonçant également une visite de sa part le dimanche 6 octobre 2024 à la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome pour prier le Rosaire et prier la Vierge, en demandant la participation de tous les membres du Synode.

« Nous ne pouvons qu’en appeler une fois de plus aux gouvernants et à ceux qui ont la responsabilité de prendre des décisions », a écrit le cardinal Pierbattista Pizzaballa, président de la Conférence des évêques catholiques du Canada. Pierbattista Pizzaballa, patriarche de Jérusalem des Latins, dans une lettre adressée à son diocèse, adhérant à l’appel du Pape – à l’engagement pour la justice et au respect du droit de chacun à la liberté, à la dignité et à la paix ». Le patriarche a ensuite réitéré l’importance de l’engagement de chacun à construire la paix dans son propre cœur et dans les contextes communautaires, en soutenant « ceux qui sont dans le besoin, en aidant ceux qui travaillent à soulager les souffrances des personnes touchées par cette guerre et en promouvant toute action de paix, de réconciliation et de rencontre. Mais nous devons aussi prier, porter à Dieu notre douleur et notre désir de paix. Nous devons nous convertir, faire pénitence, implorer le pardon ».

Édité par Carlos Mana
Source : vaticannews.va

Photo : © Pixabay

Le temps de la création, temps de l’espérance

Le temps de la création, temps de l’espérance

Le 4 octobre, jour de la fête de saint François d’Assise, s’achève la période du Temps de la Création, une période au cours de laquelle il est proposé d’approfondir le dialogue avec Dieu à travers la prière, associée à des actions concrètes pour la sauvegarde de la planète. Le mouvement des Focolari a toujours soutenu cette initiative en participant et en organisant des événements dans différentes parties du monde. Voici quelques initiatives du Temps de la Création 2024.

À Leonessa, dans le centre de l’Italie, une promenade dans la nature a été organisée. L’événement, intitulé « Souffles de la Nature : ensemble pour notre planète », a été suivi par des jeunes et des moins jeunes. Le groupe de participants est parti du couvent des frères capucins, sous la conduite des frères eux-mêmes, des gardes forestiers Carabiniers, du Club alpin italien et du professeur Andrea Conte, astrophysicien et coordinateur italien d’EcoOne, le réseau écologique du mouvement des Focolari. L’excursion s’est terminée à une source, où le professeur Conte a animé une méditation évocatrice sur le voyage d’un atome de carbone dans l’environnement. Il a ensuite montré comment transformer des déchets ordinaires en instruments pour des expériences scientifiques, démontrant ainsi que la science peut être amusante et accessible à tous.

Ensuite, des sujets tels que la sensibilisation à l’environnement, les effets du changement climatique et l’importance de l’éducation au développement durable ont été discutés en profondeur dans l’auditorium de la ville. Le professeur Luca Fiorani, de la commission internationale d’EcoOne, a présenté une analyse approfondie de l’encyclique Laudato Si’ du Pape François, du concept d’écologie intégrale et de la durabilité relationnelle. L’affluence et l’attention des participants ont témoigné d’un intérêt croissant pour les questions environnementales et d’une prise de conscience de l’importance d’agir pour protéger notre planète.

En Océanie, c’est la quatrième année que la communauté des Focolari contribue à la prière œcuménique pour le Temps de la Création. « Ce service de prière est notre effort pour donner de l’espoir à notre vaste région qui s’étend sur 7 000 km de Perth, en Australie occidentale, à Suva, aux Fidji, la plus grande nation insulaire au cœur du Pacifique », ont-ils déclaré. Jacqui Remond, cofondatrice du mouvement Laudato Si’ et conférencière à l’Université catholique australienne, a ensuite parlé de la nécessité de changer les cœurs pour une conversion écologique.

L’archevêque Peter Loy Chong, de l’archidiocèse de Suva (Fidji), n’a pas pu se joindre à eux car il accueillait le Pape François en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Mais il a envoyé un message soulignant notamment l’importance du mot « Tagi », qui signifie « le cri des peuples d’Océanie ». C’est le cri des petites îles du Pacifique face au changement climatique, qui n’a pas encore touché le monde. Ou plutôt : le monde n’a pas encore écouté attentivement les voix et surtout les temps du cri des peuples d’Océanie.

Diverses expériences ont suivi, comme la création d’un jardin de réconciliation autochtone au Centre Mariapolis à St Paul. Des étudiants en horticulture et leurs professeurs, qui utilisent le centre pour leurs cours, y ont été invités. Tous migrants, ils se sont montrés très intéressés par les plantes alimentaires indigènes importantes.

Des jeunes de Sydney, Canberra et Melbourne ont quant à eux rejoint un aîné aborigène pour une promenade à la campagne au cours de laquelle ils ont appris à entrer en relation avec la création et à en prendre soin.

Au Mexique, un cours a été organisé sur la conversion écologique et la spiritualité, un dialogue ouvert pour prendre soin de la Maison Commune. Il s’agissait d’une initiative du centre Evangelii Gaudium Mexico, de l’université Sophia ALC et du mouvement des Focolari. Cinq sessions en ligne – une par semaine pendant le Temps de la Création – ont été organisées par le professeur Lucas Cerviño, théologien et missiologue focolarino. Au total, 87 participants de différents pays d’Amérique latine, du Mexique à l’Argentine, y ont pris part. Voici quelques-uns des thèmes abordés : la crise et la conversion écologique ; la métamorphose du sacré et de la spiritualité ; Dieu est amour comme tissu de vie dans l’amour ; l’écoute du cri de la terre et des pauvres comme amour de Jésus abandonné et crucifié ; l’unité vue comme fraternité cosmique pour prendre soin de la Maison Commune ; Marie comme Reine de la création et la présence du corps mystique de Marie.

Enfin, en Italie, dans la ville de Padoue, le « Chemin des 5 C de Laudato Sì » a été inauguré grâce au réseau Nuovi Stili di Vita (Nouveaux modes de vie), composé d’associations civiles, religieuses et laïques – dont le mouvement des Focolari – qui ont à cœur de promouvoir des modes de vie sobres, respectueux de la nature et de l’économie durable et qui stimulent les communautés avec des initiatives et des propositions pour atteindre ensemble le bien commun.

Le parcours des 5C a été installé dans un parterre où, en 2011, les cinq Églises œcuméniques (catholique, orthodoxe, luthérienne, méthodiste et évangélique) ont célébré la Journée de la Garde de la Création en plantant ensemble cinq hêtres. La cérémonie a été précédée d’un court concert donné par un jeune auteur-compositeur-interprète de Vicenza, qui a fait part de la sensibilité et des rêves des jeunes d’aujourd’hui pour un avenir plein d’espérance.

Les 5C soulignent cinq termes tirés de l’encyclique du pape François : (en italien, les 5 mots commencent par un ‘c’) : protection, conversion, communauté, soin, changement. L’événement a été vécu avec intensité et a incité à prendre des résolutions d’engagement concret pour parvenir à un monde meilleur, plus équitable et plus juste, en harmonie avec la Terre que nous habitons.

Lorenzo Russo
Photo: © Pexels et Focolari Padova

« Si quelqu’un veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur. Et si quelqu’un veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous » (Mc 10,43-44)

« Si quelqu’un veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur. Et si quelqu’un veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous » (Mc 10,43-44)

Pour la troisième fois, Jésus, en route vers Jérusalem, prépare ses disciples à l’événement dramatique de sa passion et de sa mort, mais ceux-là mêmes qui l’ont suivi au plus près se montrent incapables de comprendre.

Un conflit éclate même entre les apôtres eux-mêmes : Jacques et Jean demandent à occuper des places d’honneur « dans sa gloire »[1]. Les dix autres s’indignent, se plaignent et le groupe se divise.

Alors, avec patience, Jésus les appelle et révèle une fois de plus la nouveauté choquante de son message :

« Si quelqu’un veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur. Et si quelqu’un veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous »

Dans cette phrase de l’évangile de Marc, l’image du serviteur-esclave va se renforçant. Jésus nous fait passer d’une attitude de simple disponibilité dans un groupe restreint et rassurant, à un dévouement total à tous, sans exception.

Une proposition totalement alternative et à contre-courant, par rapport à la conception humaine de l’autorité et du gouvernement, qui peut-être fascinait les apôtres eux-mêmes et nous touche nous aussi.

Serait-ce là le secret de l’amour chrétien ?

« Un mot de l’Évangile n’est pas trop mis en valeur par nous, chrétiens : servir. Il peut nous sembler démodé, indigne de la dignité de l’homme qui donne et qui reçoit. Pourtant, l’Évangile est tout entier contenu dans ce mot, parce qu’il est amour. Et aimer, c’est servir. Jésus n’est pas venu pour commander, mais pour servir. […] Servir, se servir réciproquement les uns les autres, c’est cela le christianisme. Et celui qui le met en œuvre simplement – et tout le monde peut le faire – a tout fait ; et ce n’est pas un tout qui se suffit à lui-même, mais qui, parce qu’il est le christianisme vivant, répand un incendie » [2].

« Si quelqu’un veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur. Et si quelqu’un veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous »

La rencontre avec Jésus, à travers sa Parole, nous ouvre les yeux, comme cela arriva à l’aveugle Bartimée ainsi que le rapportent les versets suivants [3]: elle nous libère de l’étroitesse de nos schémas, elle nous fait contempler les horizons de Dieu lui-même, son projet de « nouveaux cieux et d’une nouvelle terre » [4]

Lui, le Seigneur qui lave les pieds[5], par son exemple, va à l’encontre de la rigidité dans la façon de concevoir les rôles de service que nos communautés civiles, et parfois religieuses, réservent souvent à des catégories de personnes socialement fragiles.

Le service, considéré de façon chrétienne, consiste donc à suivre l’exemple de Jésus, à apprendre de lui un nouveau style de vie sociale : se faire proche de toute personne, quelle que soit sa condition humaine, sociale ou culturelle, jusqu’au bout.

Comme le suggère John Anziani, pasteur méthodiste de l’Église Vaudoise, « […] en acceptant de placer notre confiance et notre espérance dans le Seigneur qui est le serviteur de tous, la Parole de Dieu nous demande d’agir dans notre monde et au milieu de toutes ses contradictions, comme des artisans de paix et de justice, comme des bâtisseurs de ponts pour la réconciliation entre les peuples »[6].

C’est ainsi qu’a vécu Igino Giordani, écrivain, journaliste, homme politique et père de famille, dans un moment historique marqué par la dictature. Pour exprimer son expérience, il écrit : « La politique est – dans le sens chrétien le plus digne – une servante et ne doit pas devenir un maître : elle ne doit pas devenir un abus, ni une domination, ni un dogme. C’est là sa fonction et sa dignité : être un service social, une charité en action : la première forme de la charité de la patrie »[7].

Par le témoignage de sa vie, Jésus propose un choix conscient et libre : ne plus vivre repliés sur nous-mêmes et sur nos propres intérêts, mais « vivre l’autre », en cherchant à comprendre ses sentiments, en portant ses fardeaux et en partageant ses joies.

Nous avons tous des responsabilités, petites ou grandes, et des situations d’autorité : dans le domaine politique et social, mais aussi dans la famille, à l’école, dans nos diverses communautés. Profitons de nos « places d’honneur » pour nous mettre au service du bien commun, en construisant des relations humaines justes et solidaires.

Patrizia Mazzola et l’équipe de la Parole de Vie
Foto: © Pixabay


[1] Cf. Mc 10,37.
[2] C. Lubich, Servire, in «Città Nuova» 17 (1973/12), p. 13.
[3] Cf. Mc 10, 46-52.
[4] Cf. Is 65, 17 e 66, 22, ripreso in 2 Pt 3,13.
[5] Cf. Gv 13,14
[6] https://www.chiesavaldese.org/marco-1043-44/
[7] P. Mazzola (a cura di), Perle di Igino Giordani, Effatà editrice Torino 2019, p. 112.

Se mettre au service

Se mettre au service

«Servir» est un mot qui, dans de nombreux contextes, peut sembler démodé. Certes, la servitude est indigne de l’être humain lorsqu’elle est imposée ou subie en raison d’une situation de pauvreté ou de discrimination.
En revanche, «l’esprit de service», surtout lorsqu’il est réciproque au sein d’une communauté quelle qu’elle soit, devient le témoin d’un changement dans les relations sociales qui brise les vieux schémas ou les nouvelles hiérarchies. En effet, le service vécu avec humilité caractérise les véritables protagonistes d’un progrès authentique.
Nitin Nohria, Doyende la Harvard Business School, affirme que dans un avenir qui a déjà commencé, il sera nécessaire d’apprendre l’humilité pour être un bon dirigeant. Selon lui, l’humilité
devrait devenir un mot clé dans le profil des prochains aspirants managers. Il ne mache pas ses mots. Il dit cela parce qu’il se rend compte que la tendance actuelle à être de plus en plus compétitif produit des résultats contraires aux attentes. Elle crée des personnes psychologiquement fragiles, en manque d’attention, obsédées par l’apparence, narcissiques (1).
n effet, les femmes de valeur et les grands hommes se reconnaissent à de petits gestes,
comme nous le rappelle la sagesse ancestrale de l’Orient : «Le plus grand arbre naît d’une petite graine. La plus haute tour naît d’un petit tas de terre. Un voyage de mille lieues commence par un pas (2).»
Vivre ainsi exige un choix conscient et libre : ne plus vivre replié sur soi-même et ses propres intérêts, mais «vivre l’autre», avec ses sentiments, en portant ses fardeaux et en partageant ses joies. Nous avons tous des responsabilités et des espaces d’autorité, petits ou grands: dans le domaine politique et social, mais aussi dans la famille, à l’école, dans la communauté. Profitons de
nos «places d’honneu » pour nous mettre au service du bien commun, en construisant des relations
humaines justes et solidaires.
C’est ainsi qu’Igino Giordani, écrivain, journaliste, homme politique et père de famille, a vécu durant une période historique marqué par la dictature en Italie. Pour exprimer son expérience, il a écrit : « La politique est une servante et ne doit pas devenir un maître : elle ne doit pas devenir un abus, ni une domination, ni un dogme. Telle est sa fonction et sa dignité : être un service social, une charité en action, la première forme de la charité dans la patrie (3) »
C’est probablement aussi dans la relation personnelle avec cet homme enraciné dans son temps, mais aussi précurseur projeté audelà des barrières et des murs, que Chiara Lubich a rappelé plus d’une fois que la politique, lorsqu’elle est une expérience authentique, est «l’Amour des Amours», parce qu’elle est le lieu du service le plus authentique et le plus désintéressé à l’humanité dans la fraternité.


(1) Michele Genisio ‘Humilité’ (sous presse)
(2) Daodejing,64
(3) Giordani utilise le mot « charité » non pas dans le sens de « l’assistanat », comme on l’entend habituellement, mais dans le sens chrétien, indiquant la forme la plus élevée de l’amour.

——————

L’IDÉE DU MOIS est actuellement réalisée par le « Centre pour le dialogue avec les personnes de croyance non religieuse » du Mouvement des Focolari. Il s’agit d’une initiative née en 2014 en Uruguay pour partager avec des amis non croyants les valeurs de la Parole de Vie, c’est-à-dire la phrase de l’Écriture que les membres du Mouvement s’engagent à mettre en œuvre dans la vie quotidienne. Actuellement L’IDÉE DU MOIS est traduite en 12 langues et distribuée dans plus de 25 pays, avec des adaptations du texte pour s’adapter aux différentes sensibilités culturelles. https://dialogue4unity.focolare.org/fr/

Liban : Le centre Mariapolis « La Source » ouvre ses portes aux réfugiés.

Liban : Le centre Mariapolis « La Source » ouvre ses portes aux réfugiés.

Le Centre Mariapolis « La Source » est situé à Ain Aar, dans une région montagneuse à 20 kilomètres au nord de Beyrouth. Comme en 2006, année du conflit militaire de 34 jours entre Israël et le Hezbollah, les personnes fuient les bombes qui dévastent le sud du pays et arrivent ici, dans cette région majoritairement chrétienne et demandent l’hospitalité. « Il est normal de frapper à la porte du Centre Mariapolis et de la trouver grande ouverte », dit R., de la communauté libanaise des Focolari. « Pouvions-nous ne pas les accueillir ? Que serait alors devenu l’idéal de fraternité dont nous nous nourrissons et qui devrait nous caractériser ? Une expérience similaire a été vécue en 2006. Là aussi, le Liban a été marqué par d’importants mouvements de familles et là aussi, les Focolari avaient accueilli plus d’une centaine d’amis, de familles avec mari, femme, grands-parents, jeunes et enfants, dans le Centre Mariapolis ».

« C’est ainsi que nous nous sommes connus et qu’est née entre nous une relation fraternelle qui nous permis de partager joies et peines, espoirs et difficultés, besoins et prières. Dans une relation simple et franche, tissée dans la vie quotidienne, une véritable expérience de fraternité est née et a grandi, sans filtres ni préjugés ».
Personne ne s’attendait à ce que la situation se précipite ainsi, d’un moment à l’autre. « Les Libanais se préparaient à retourner à l’école avec un regard plein d’espoir sur cette nouvelle année », raconte R. « Pourtant, une tempête inattendue a éclaté, implacable, menaçante, mortelle avec des conséquences terribles sur une population assoiffée de paix, de justice et de voies de dialogue ». En quelques jours, voire quelques heures, des scènes de guerre ont frappé des quartiers populaires et la population a été plongée dans « un véritable cauchemar ». L’Unicef rapporte que selon le ministère de la Santé Publique, près de 600 personnes ont été tuées au 25 septembre au Liban, dont plus de 50 enfants et 94 femmes, et environ 1700 autres ont été blessées depuis le 23 septembre. Les déplacements massifs se poursuivent, atteignant environ 201 000 personnes qui se sont déplacées à l’intérieur du pays, selon les données de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM).

Depuis dimanche, le Centre Mariapolis est rempli de personnes « qui sont arrivées avec leurs peurs, les traumatismes qu’elles ont vécus dans les villages ou les quartiers qui ont été pris pour cible ». Ils ont parcouru 120 kilomètres en voiture, ce qui leur a pris entre cinq et huit heures. Les routes sont encombrées de voitures fuyant le Sud. Elles quittent les villages pour atteindre les grandes villes de Tyr et de Sidon. Tout autour d’elles, elles voient les destructions des récents bombardements. Actuellement, 128 personnes sont hébergées au Centre Mariapolis à Ain Aar. Certains viennent du sud, d’autres des banlieues populaires de Beyrouth touchées par les derniers attentats. La situation n’est pas facile : « Leur présence suscite des interrogations dans la communauté chrétienne de la région », nous disent les focolarini. « On se demande s’il y a parmi eux des membres du Hezbollah qui pourraient menacer la paix dans la région. Mais le sens de la solidarité est plus fort que la suspicion ». R. ajoute : « Où pourraient-ils demander l’asile cette fois encore ? Où pourraient-ils aller, sachant qu’ils seraient accueillis sans réserve ? » Pour la communauté du focolare, une nouvelle aventure commence. L’accueil se fait en coordination avec les autorités locales, religieuses et civiles.

Une « course » à la solidarité est déclenchée, comme partout dans le pays en ces heures. Du curé aux fidèles de la paroisse, en passant par les bénévoles. Il y a ceux qui s’occupent des jeunes en organisant des activités et des matchs de football. D’autres s’occupent de l’aide nécessaire à l’accueil. « Les gens arrivent choqués, inquiets pour leur avenir, avec le spectacle apocalyptique des maisons détruites, des champs brûlés. Ils apprennent que des connaissances, des parents, des voisins, des amis ou des élèves ont été tués dans les attentats et qu’ils ne reverront plus. Ensemble, nous nous serrons les uns contre les autres, vivant le moment présent, avec la foi qui nous a permis de traverser des siècles d’adversité ».

Le Centre « La Sorgente » a pour ambition d’être, à l’instar de nombreux lieux disséminés dans le pays, de véritables « oasis de paix ». « L’espoir et le souhait le plus profond est que nous puissions bientôt rentrer chez nous. Tant de sang versé fera fleurir le désert des cœurs. Nous espérons que cette épreuve que nous vivons ouvrira une brèche dans la conscience des puissants et de l’humanité sur l’évidence que la guerre est une défaite pour tous, comme le répète le Pape François. Mais surtout, nous croyons et espérons que de ce creuset de douleur fera émerger du Liban un message de fraternité possible pour toute la région ».

Maria Chiara Biagioni
Source : AgenSir
Photo : Focolari Libano

Langue et fraternité : la contribution de Chiara Lubich

Langue et fraternité : la contribution de Chiara Lubich

Ce séminaire, dans sa deuxième édition après la première qui a eu lieu en 2017 à l’Université fédérale de Paraiba à Joao Pessoa, a présenté 15 travaux réalisés par des chercheurs de six universités, autour de la « Chaire Chiara Lubich, Fraternité et Humanisme » de l’Université Catholique du Pernambouc (Unicap). Il s’agissait de deux jours de communications et de dialogue, introduits par les salutations chaleureuses du vice-recteur, le professeur Delmar Araújo Cardoso, et suivis d’une retransmission en direct pour un public d’environ 350 personnes

L’événement, réalisé avec le soutien du Centre Chiara Lubich, s’est déroulé principalement en portugais et a été particulièrement apprécié pour son ouverture à une dimension internationale, pour la contribution cohérente et qualifiée des intervenants, pour la perspective interdisciplinaire qui a rassemblé, autour du thème de la langue, des relations non seulement dans le domaine de la linguistique, mais aussi du droit, de la pédagogie, de la communication, de la sociologie et de l’architecture.

Il en est ressorti, dans une extrême synthèse, qu’une langue inspirée par l’amour, dont Chiara Lubich a été un modèle efficace, peut contribuer à la construction d’un monde de paix et de fraternité.

Anna Maria Rossi

(1) L’École Abba est un Centre de vie et d’étude voulu et fondé par Chiara Lubich en 1990. Il est composé de membres du mouvement des Focolari, unis au nom de Jésus, et d’experts dans diverses disciplines, dont l’objectif est de mettre en lumière les enseignements contenus dans le charisme de l’unité.

12/08/24 – Matin: https://www.youtube.com/watch?v=W7bZbiZz_T4
12/08/24 – Après-midi: https://www.youtube.com/watch?v=R65O526wQCE

13/08/24 – Matin: https://www.youtube.com/watch?v=JTnP2OF87xY
13/08/24 – Après-midi: https://www.youtube.com/watch?v=rGtpHakqrvs

Vers la célébration de Pâques ensemble

Vers la célébration de Pâques ensemble

«Nous sommes convaincus que la coopération du monde chrétien est essentielle. Que la célébration commune de Pâques 2025 par tous les chrétiens, en même temps que les événements commémoratifs du premier Concile de Nicée, puisse servir de point de départ significatif pour relever ensemble les défis de l’humanité et promouvoir des actions conjointes. Nous espérons pouvoir organiser une rencontre des représentants du monde chrétien, avec votre présence, sur le lieu où s’est tenu à l’origine le Concile de Nicée

C’est sur ces mots que le groupe œcuménique « Pasqua Together 2025 » (PT2025), qui rassemble des réalités et des communautés de différentes confessions chrétiennes, s’est d’abord rendue en Turquie, à Istanbul, pour une audience avec le Patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée Ier, puis au Vatican avec le Pape François, respectivement les 14 et 19 septembre derniers.

Le groupe a demandé aux deux responsables chrétiens que la célébration commune de la Résurrection l’année prochaine ne soit pas une exception, mais devienne une tradition pour toutes les Églises chrétiennes : un pas de plus vers l’unité, en préparation au Deuxième Millénaire de la Rédemption en 2033, lorsque sera célébré le 2000e anniversaire de la Résurrection du Christ.

« Pasqua Together 2025 » est né précisément en vue du prochain anniversaire exceptionnel qui, en 2025, verra la date de Pâques coïncider dans les calendriers grégorien et julien : les chrétiens de l’Église d’Occident et de l’Église orthodoxe la célébreront donc le même jour. On commémorera également le 1700e anniversaire du Concile Œcuménique de Nicée, qui a promulgué le Symbole de la foi (le Credo) et abordé la question de la date de Pâques.

Le groupe est composé de représentants de différentes Églises chrétiennes et de mouvements politiques et sociaux chrétiens, tels que l’Assemblée Interparlementaire Orthodoxe (I.A.O.), promotrice de l’initiative ; le groupe « Ensemble pour l’Europe », le Mouvement « Jésus Christ 2033 » et le « Centre Un » du Mouvement des Focolari.
Depuis deux ans, les membres du groupe suivent un parcours commun qui les a amenés à signer une déclaration commune exprimant leur engagement à œuvrer pour que toutes les Églises chrétiennes arrivent à célébrer ensemble l’événement de Pâques. Outre le Patriarche de Constantinople et le Saint-Père, le document a déjà été remis au Secrétaire général du Conseil Œcuménique des Églises, le Révérend Jerry Pillay, et au précédent Secrétaire Général de l’Alliance Évangélique Mondiale, l’évêque Thomas Schirrmacher. Des contacts avec d’autres responsables chrétiens sont en préparation.

Le patriarche Bartholomée Ier a annoncé qu’une commission mixte composée de quatre membres orthodoxes et de quatre membres catholiques romains travaille déjà à la préparation du programme de la célébration du 1700e anniversaire du premier Concile œcuménique à Iznick – le nom turc de l’ancienne Nicée – où elle s’est déjà rendue pour en examiner la faisabilité. Il a fait savoir que le maire de la ville est favorable et prêt à collaborer. Naturellement, l’invitation a été adressée aussi au pape François et ce serait leur treizième rencontre.

Le Patriarche a également souligné que la date de Pâques n’est pas une question de dogme ou de foi, mais le résultat d’un calcul astronomique.

Et le pape François a lui aussi rappelé dans son intervention que « Pâques n’est pas le fruit de notre initiative, d’un calendrier ou d’un autre. L’événement de Pâques est advenu parce que Dieu « a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle ». N’oublions pas la primauté de Dieu, son « primerear« , le fait qu’il ait effectué le premier pas. Ne nous enfermons pas dans nos schémas, dans nos projets, dans nos programmes, dans « notre » Pâques. Pâques appartient au Christ ! »

Le Pape invite également à partager, à projeter et à « marcher ensemble » et il lance une invitation : « Repartir, comme les apôtres, de Jérusalem, lieu à partir duquel l’annonce même de la Résurrection s’est propagée dans le monde entier. » Le Pape exhorte à y revenir « pour prier le Prince de la Paix afin qu’il nous donne, aujourd’hui, sa paix ».

Une invitation qui fait écho à ce que le patriarche œcuménique Bartholomée Ier avait déjà exprimé lorsqu’il avait exhorté le groupe PT2025 à promouvoir des actions visant à défendre les droits de l’homme et une coexistence pacifique de tous les peuples, en priant ainsi : « Implorons le Seigneur d’éclairer le cœur des responsables et de les guider sur la voie de la justice et de l’amour, afin que nous puissions guérir ces divisions et rétablir l’unité qui est au cœur de notre foi. »

Stefania Tanesini
Photo: © Vatican Media e Centro Uno

« J’ai un seul époux sur la terre »

« J’ai un seul époux sur la terre »

75 ans se sont écoulés depuis le jour où Chiara Lubich a écrit « J’ai un seul époux sur la terre », reproduit ici. Un texte destiné dès le départ à devenir un véritable manifeste programmatique pour Chiara et pour ceux qui la suivraient en faisant leur la spiritualité de l’unité.

Le manuscrit autographe – conservé dans les Archives Chiara Lubich (aux Archives Générales du Mouvement des Focolari) et écrit sur une seule feuille de papier recto verso – porte la date de composition : 20-9-49. Publié pour la première fois en 1957 de manière non intégrale et avec quelques variantes dans la revue « Città Nuova », il a ensuite été reproposé dans d’autres publications des écrits de Chiara Lubich, jusqu’à être finalement repris, de manière intégrale et correspondant au manuscrit original, dans Il grido (Città Nuova, Rome 2000 – Le Cri, Nouvelle Cité 2000), un livre que Chiara Lubich a voulu écrire personnellement « comme un chant d’amour » dédié précisément à Jésus Abandonné.

Le texte commence comme une sorte de page de journal intime, écrite sur le vif. Compte tenu de l’intensité lyrique particulière qui l’imprègne, on pourrait le définir comme un « hymne sacré ». Cette définition semble appropriée si l’on tient compte du fait que le terme « hymne » trouve son origine dans le grec hymnos. Le mot, bien que d’étymologie controversée, a néanmoins un rapport étroit avec l’ancien Hymēn, le dieu grec du mariage en l’honneur duquel il était chanté. D’autre part, la dimension conjugale est plus que jamais présente dans cette composition, même si – et précisément parce que – nous évoluons dans un contexte fortement mystique. Il s’agit en effet d’un « chant » d’amour à Jésus abandonné.

Le contexte de la composition nous ramène à l’été 1949, lorsque Chiara, avec ses premières compagnes, et les deux premiers focolarini, se trouvaient à la montagne – dans la vallée de Primiero, dans le Trentin-Haut-Adige – pour une période de vacances. Igino Giordani (Foco), qui avait eu l’occasion de rencontrer Chiara au Parlement peu de temps auparavant, en septembre 1948, et qui avait été fasciné par son charisme, s’est également joint au groupe pour quelques jours.

C’est un été que Chiara elle-même a qualifié de « lumineux », puisque – en en retraçant les étapes – elle n’a pas hésité à affirmer que c’est précisément à cette période qu’elle a mieux compris « de nombreuses vérités de la foi, et en particulier qui était Jésus abandonné pour l’humanité et pour la Création, lui qui avait tout récapitulé en lui ». « L’expérience a été si forte, note-t-elle, que nous avons pensé que la vie serait toujours ainsi : lumière et Ciel. » (Le Cri, p. 66). Mais le moment vient – encouragé précisément par Foco – de « descendre de la montagne » pour rencontrer l’humanité qui souffre, et étreindre Jésus Abandonné dans chaque expression de douleur, dans chaque « abandon ». Comme Lui. Uniquement par amour.

Elle écrit alors : « J’ai un seul époux sur la terre : Jésus Abandonné. »

Maria Caterina Atzori

20-9-49

J’ai un seul époux sur la terre : Jésus abandonné. Je n’ai pas d’autre Dieu que lui. En lui tout le paradis avec la Trinité, la terre entière avec l’humanité.

Désormais ce qui est sien est mien et rien d’autre.

Et sienne est la souffrance universelle, qui est donc mienne.

J’irai par le monde en le cherchant à chaque instant de ma vie.

Ce qui me fait mal est à moi.

À moi la souffrance qui me touche dans l’instant. À moi la souffrance de ceux que je côtoie : c’est ce Jésus-là qui est mien. À moi tout ce qui n’est pas paix, joie, ce qui n’est pas beau, aimable, serein… en un mot, tout ce qui n’est pas paradis. Car moi aussi j’ai mon paradis, mais il est dans le cœur de mon époux. Je n’en connais pas d’autre. Ainsi, pour les années qui me restent : assoiffée de souffrances, d’angoisses, de désespoir, de tristesse, d’arrachements, d’exils, d’abandons, de déchirements… de tout ce qui est lui, et il est le Péché, l’Enfer.

Ainsi je sécherai les larmes de ceux qui sont dans les tribulations près de moi et soulagerai ceux qui sont loin aussi, par la communion avec mon époux tout-puissant.

Je passerai comme le Feu qui consume ce qui est corruptible et laisse debout la vérité seule.

Mais il faut être comme lui, être lui dans l’instant présent de ma vie. »

Chiara Lubich
Le cri, Nouvelle Cité 2000, p.66

Source: https://chiaralubich.org/

Congo : expériences de synodalité

Congo : expériences de synodalité

Ils sont arrivés à moto, deux par deux, parce que c’est le moyen le plus courant pour rejoindre la ville de Manono, dans la province du Katanga, au sud-est de la République démocratique du Congo. Ils étaient 92 prêtres, venus de 8 diocèses de la province ecclésiastique de Lubumbashi, à se retrouver dans cette ville pour l’une des retraites périodiques organisées par le mouvement des Focolari. L’invitation avait été lancée par l’évêque de Manono, Mgr Vincent de Paul Kwanga Njubu, impressionné par le témoignage de ses prêtres qui avaient participé à ce type de retraite à Lubumbashi dans le passé.

L’évêque de Kongolo, Mgr Oscar Ngoy wa Mpanga, un diocèse situé à 300 km de Manono, également touché par le même fait – de jeunes prêtres ayant participé à des retraites similaires organisées pour les séminaristes – a demandé à tous les prêtres de son diocèse de se joindre à cette retraite. 43 sont venus. La presse locale a qualifié la retraite d’« inoubliable ». À la fin de la retraite, l’évêque a offert à tous un déjeuner, que les participants ont ensuite partagé avec l’hôpital de la ville, à la grande joie des malades.

Les membres de la communauté des Focolari de Lubumbashi se sont chargés de toute la partie organisationnelle (jusqu’à transporter les casseroles pour la cuisine) et le programme a été confié à quelques membres du Centre international du Mouvement.

La ville de Manono, située à 800 km de Lubumbashi, est la troisième plus grande ville du Congo et constitue une ressource minière d’importance mondiale en raison de la présence de lithium et d’autres minéraux. Malheureusement, la population ne profite pas de ces ressources. Des familles entières passent leurs journées à chercher des minerais, les enfants quittent l’école pour se consacrer à ce travail. Il y a beaucoup d’exploitation et les matériaux sont achetés à très bas prix. Il y a même un village où les maisons s’écroulent parce qu’on cherche aussi des minerais en dessous. La situation de la région est critique : dévastée dans le passé par un conflit qui a détruit les infrastructures civiles et religieuses, elle compte des établissements de santé et des écoles en ruine, avec un taux de scolarisation inférieur à 30 %. La malnutrition et l’insécurité alimentaire affectent gravement les enfants, dont 15 % souffrent de malnutrition. L’évêque de Manono a souhaité que cette retraite ait lieu à cet endroit précis : c’est la première fois que des prêtres d’autres diocèses viennent également ici. C’est aussi pour cette raison que la présence d’un si grand nombre de prélats a été accueillie dans un air de fête. Lors de la messe du dimanche, le curé de la cathédrale a demandé à tous les paroissiens d’apporter de l’eau, denrée rare et précieuse ici, aux participants à la retraite, en signe d’amour et d’accueil. Les journées de rencontre proprement dites ont ensuite commencé : thèmes spirituels, méditations sur les conseils évangéliques et discussions approfondies sur la synodalité. Répartis en petits groupes, les moments de communion de vie, d’échange de témoignages, de connaissance, de partage, de fraternité ont été nombreux.

La spiritualité de la communion, la découverte de Dieu Amour, un nouveau style de pastorale « synodale » qui « nous libère des schémas tout faits et nous ouvre à l’amour réciproque », comme l’a dit quelqu’un, ont été parmi les points qui ont le plus touché tout le monde.

De retour à Lubumbashi, certains membres des Focolari ont pu saluer des évêques des différents diocèses, présents pour une réunion de la Conférence épiscopale, qui les ont chaleureusement remerciés pour la contribution de ces retraites à la vie de leurs diocèses. En particulier, l’évêque de Manono a exprimé sa gratitude pour « la contribution apportée à la vie spirituelle des prêtres et des laïcs, et à une communion entre les prêtres qui déborde sur la vie des laïcs et leur permet de vivre l’amour mutuel et de mettre en pratique la parole de Dieu ». L’archevêque de Lubumbashi, Mgr Fulgence Muteba Mugalu, qui vient d’être nommé président de la Conférence épiscopale, a également remercié chaleureusement pour ces retraites qui ont lieu depuis plusieurs années, exprimant le souhait que cette formation, qui porte tant de fruits, se poursuive.

Après la retraite, une partie des membres du Centre international s’est rendue à Goma, au nord-est du Congo, où les focolarini ont organisé deux écoles de formation auxquelles ont participé 12 jeunes séminaristes et 12 prêtres, en présence de l’évêque de Goma, Mgr Willy Ngumbi Ngengele, pour une célébration liturgique. Plusieurs invités n’ont pu être présents en raison de l’intensification des affrontements près de la ville. Le Congo compte 7 millions de réfugiés, dont 1,7 million dans la province du Nord-Kivu où se trouve Goma. La rencontre a permis d’approfondir la connaissance de la spiritualité de l’unité et de la synodalité. Le programme comprenait la visite d’une paroisse entourée de milliers de réfugiés où le curé donne un témoignage très fort de l’Évangile vécu. La visite du « Centre Père Quintard », géré par le Mouvement et situé au milieu de deux grands camps de réfugiés, où un service de promotion, d’éducation et de développement social est mis en œuvre, a également été un témoignage fort pour toutes les personnes présentes. Plusieurs y ont vu une lueur d’espoir et ont demandé que des activités similaires soient menées dans leurs paroisses.

Anna Lisa Innocenti

Indonésie : l’espoir d’une plus grande harmonie entre les religions

Indonésie : l’espoir d’une plus grande harmonie entre les religions

Le dernier voyage du pape François en Asie et en Océanie a été le plus distant, le plus long et probablement le plus exigeant physiquement que le Pape n’ait jamais entrepris. Que signifie cette visite pour les communautés locales ? Nous avons posé la question à Paul Segarra, focolarino de la communauté indonésienne.

Paul, quelle est l’importance de la visite du Pape dans ton pays ?

« Ce geste héroïque du Pape est pour moi une image de l’amour de Dieu qui ne connaît pas de limites et qui rejoint ses enfants les plus éloignés, qui ne sont certainement pas les moins appréciés à ses yeux », raconte-t-il, « le Saint-Père a pris le temps de les regarder avec amour, de s’émerveiller de leurs dons, de partager leurs souffrances et leurs aspirations à la justice et à la paix, puis il les a encouragés à relever ensemble leurs défis et à surmonter leurs limites. Mais il ne s’est pas contenté de prononcer des paroles inspirantes et encourageantes. Il a également démontré, par l’exemple, la force de la foi, l’ouverture à la fraternité et la proximité dans la compassion qu’il invitait ses auditeurs à acquérir. Il l’a fait par ses choix délibérés et ses gestes spontanés, il a agi et vécu avec son cœur ».

« Alors que la nouvelle de son arrivée s’est rapidement répandue », poursuit Paul Segarra, « il y a également eu de nombreux commentaires, sur diverses plateformes sociales, sur le moyen de transport qu’il avait choisi : une sobre berline blanche, dans laquelle il préférait s’asseoir à côté du chauffeur au lieu d’occuper l’habituelle banquette présidentielle arrière. Je suppose que c’est parce qu’il voulait converser avec le chauffeur face à face. En voyant ce geste de sa part, j’ai réalisé avec regret que j’aurais pu faire de même avec le chauffeur qui m’a conduit à mon logement à Jakarta le soir même. Mais par la suite, mes voyages sont devenus indéniablement plus agréables car j’ai pris l’habitude de faire connaissance avec mes chauffeurs par une conversation amicale ».

Paul, comment la communauté locale des Focolari a-t-elle vécu cet événement ?

« Certains membres des communautés des Focolari de Jakarta et de Yogyakarta ont eu le privilège de participer à quelques événements qui ont vu la présence du Pape. Dans la cathédrale de Jakarta (dédiée à Notre-Dame de l’Assomption), le Saint-Père a reconnu le travail des catéchistes, les qualifiant de ‘ponts du cœur qui unissent toutes les îles’. Nous avons été émus lorsqu’il a attiré notre attention sur une statue de la Vierge Marie et l’a désignée comme un modèle de foi qui accueille tout le monde, même si elle veille sur le peuple de Dieu et le protège en tant que Mère de la Compassion ».

Le Pape François et l’Imam Umar ont signé une Déclaration commune. Quel avenir vois-tu pour les chrétiens et les musulmans après cette signature ?

« Tomy, l’un de nos photographes qui a couvert la visite du Pape à la Mosquée Istiqal et a enduré de longues heures d’attente dans la chaleur de la ville, était visiblement ému lorsque le Saint Père est finalement arrivé et les a salués depuis sa voiture. Prenant une position discrète juste à l’entrée du tunnel piétonnier souterrain qui relie physiquement la Grande Mosquée à la Cathédrale située de l’autre côté de la rue, il a réussi à capturer le moment où le Pape François et le grand Imam Umar ont signé la déclaration de fraternité devant une petite foule d’évêques, d’imams et d’autres personnalités religieuses, et a déclaré qu’il espérait vivement que cette visite créerait une véritable harmonie entre toutes les personnes de foi. Et qu’est-ce que la foi, si ce n’est de voir, d’agir et de vivre à partir du cœur ? »

Lorenzo Russo
Photo: © Paul Segarra – ©Tomy Wijaja

Brésil 07/24

Brésil 07/24

Articles par ordre de publication

Genfest 2024: Ensemble pour prendre soin

L’Amazonie, terre d’accueil et d’avenir

Le Genfest 2024 conclut sa deuxième phase : oui à la paix

Ne soyons pas en paix tant que nous n’aurons pas mis en œuvre la paix !

La phase 3 du Genfest 2024 est terminée, mais ce n’est qu’un début…

‘Start Here and Now’, le nouveau single de Gen Verde

Une colocation originale

Genfest, le chemin a pris forme.

Mariapolis Ginetta et Polo Spartacus : le courage du changement

Depuis la communauté “tri-nationale” un avenir de fraternité pour l’Amérique Latine

CEU : différentes fleurs dans le même jardin

UNIRedes : espérance pour l’Amérique Latine et pour le monde

Chiara Lubich : la base de la fraternité universelle

Chiara Lubich : la base de la fraternité universelle

Chiara Lubich en a eu l’intuition en 1977, lorsqu’elle a reçu à Londres, le Prix Templeton pour le progrès de la religion.
Depuis lors, la diffusion mondiale de l’esprit des Focolari a contribué à l’ouverture d’un
dialogue avec les principales religions du monde. Une voie que même Chiara n’avait pas imaginée et que Dieu lui a fait découvrir, révélée au fil du temps, à travers les événements et les circonstances ; un chemin à parcourir vers l’unité.
Dans ce court extrait, Chiara, répondant à une question sur le rapport avec les autres religions, révèle le secret pour construire une authentique fraternité universelle : rechercher ce qui nous unit dans la diversité. La question posée à Chiara est lue par Giuseppe Maria Zanghì, un des premiers focolarini.
(Extrait d’une réponse de Chiara Lubich à une rencontre des amis musulmans, Castel Gandolfo, 3 novembre 2002)

Giuseppe Maria Zanghì: La question est celle-ci : « Je voudrais te demander Chiara, nous voudrions te demander : Comment vous sentez-vous, comment te sens-tu, Chiara, lorsque tu as des contacts avec les autres religions ? Et que ressens-tu intérieurement ? »


Chiara Lubich: Avec les fidèles des autres religions, je me suis toujours sentie très, très à l’aise ! Même si nos religions sont différentes, nous avons beaucoup de choses en commun, et cela nous unit. Bien plus, la différence nous attire, nous incite à connaître.
Par conséquent, je m’en réjouis pour deux raisons : parce que je peux connaître
d’autres choses, je m’inculture dans la culture de l’autre, mais aussi parce que je trouve des frères comme moi, parce que nous croyons en des choses semblables.
La plus importante – je vous l’ai déjà dit l’autre fois – est la fameuse « Règle d’or », c’est la phrase : « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fassent.»
Cette phrase est présente dans les religions les plus importantes, on la trouve dans les Écritures, dans les livres saints. Et aussi dans l’Évangile des chrétiens. Cette phrase : « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fassent » signifie : traite tes frères avec égards, aie de l’estime pour eux, aime-les. Et quand à leur tour, ils découvrent cette phrase dans leurs Écritures, que moi, je découvre la même phrase dans mes Écritures, je me mets à aimer, eux, ils se mettent à aimer, nous nous aimons et c’est la base pour commencer la fraternité universelle, la première chose, la « Règle d’or ».
La deuxième question : « Que sens-tu intérieurement quand tu rencontres un frère ou une sœur d’une autre religion ? » Je sens immédiatement le grand désir de fraternité, de construire l’unité, d’établir une relation fraternelle. […]

Des actes et non des mots. Cohérence !

Des actes et non des mots. Cohérence !

Nous avons probablement fait l’expérience de la difficulté de mettre en œuvre ce que nous ressentons fortement dans notre cœur et au plus profond de notre conscience à certains moments. Une aide peut consister à vivre ensemble une pensée qui guide nos journées, en sachant que nous ne sommes pas seuls et que nous faisons partie d’un réseau mondial. C’est dans cette optique que l’Idée du mois est née en Uruguay, à l’initiative de quelques personnes passionnées par le dialogue et l’idéal d’unité.

Des groupes de réflexion et d’échange d’expériences se sont développés autour de ces idées et, à présent, ce rendez-vous mensuel est attendu dans le monde entier. Cela pourrait-il devenir une simple habitude ? Une bonne résolution ordinaire à diffuser comme tant d’autres sur des groupes virtuels en ligne ? C’est certainement le plus grand risque pour les initiatives de ce type. Ne nous contentons pas de mots creux et de platitudes répétées. Les Anglais ont le dicton : « les actions parlent plus fort que les mots ». Aux Pays-Bas, on dit : « les paroles ne remplissent pas les trous ». Ces expressions ne sont pas le fruit du hasard. Un mot permet de se prémunir contre ce risque : le mot « cohérence ».

Dans Le livre de la joie, le Dalaï Lama et Desmond Tutu [1] soulignent dans leur dialogue quelques points qui peuvent nous aider à vivre de manière cohérente. Premièrement, écoutons notre conscience. Chaque personne évalue personnellement ce que sont les désirs de son cœur, qui ont certainement à voir avec les valeurs humaines qui donnent un sentiment de bonheur. Ensuite, posons-nous la question : ce que je veux vraiment, est-ce seulement pour moi ou aussi pour les autres ? Au service de quelques-uns ou du plus grand nombre ? Pour aujourd’hui ou pour l’avenir ? À ce stade déclarons notre intention pour ce jour, avec des engagements concrets, même petits : « aujourd’hui, je veux saluer tout le monde ; aujourd’hui, je jugerai moins ; aujourd’hui, je serai plus patient… »

Mais où trouver le courage de faire ce que dit sa conscience ? Il faut en discuter avec des personnes sages, se confronter disposés à ne pas toujours avoir raison. Lorsque la décision est mûre, il faut faire route ensemble. Prendre régulièrement le temps de réajuster, renouveler, renforcer les objectifs et ne pas laisser les déceptions, le manque de coopération, les habitudes les assombrir ou les obscurcir.

C’est le témoignage d’un homme de dialogue inoubliable, Piero Taiti, lorsqu’il a connu l’expérience du Mouvement des Focolari, les voyages à la cité-pilote de Fontem en Afrique, le rapport personnel avec les «focolarini», des personnes qu’il estimait parce qu’elles vivaient avant de parler et travaillaient avec ouverture d’esprit aux côtés de ceux qui, comme lui, ne se reconnaissaient pas dans la même foi religieuse. Un point de rencontre de valeurs authentiquement et profondément humaines qu’il a ensuite trouvé personnellement dans son amitié avec Chiara Lubich. Jusqu’à la fin, en tant que père de famille, époux, médecin, homme politique et ami de confiance de tant de personnes qui ont reconnu sa valeur morale, Piero a vécu et transmis par ses actes la force de cette rencontre si marquante et si vraie.

Non pas des mots, mais des actes. Cela donne de l’énergie à une personne. Cela rend heureux à l’intérieur. Ce faisant, on rend également service à son prochain.


[1]The Book of Joy: Lasting Happiness in a Changing World, Tenzin Gyatso, the 14th Dalai Lama, and Archbishop Desmond Tutu with Douglas Abram published in 2016 by Cornerstone Publishers

L’IDÉE DU MOIS, L’IDÉE DU MOIS est actuellement produite par le « Centre de dialogue avec les personnes de convictions non religieuses » du mouvement des Focolari. Il s’agit d’une initiative née en 2014 en Uruguay pour partager avec des amis non croyants les valeurs de la Parole de Vie, c’est-à-dire la phrase de l’Écriture que les membres du Mouvement s’efforcent de mettre en pratique dans leur vie quotidienne. Actuellement, L’IDÉE DU MOIS est traduite en 12 langues et distribuée dans plus de 25 pays, avec des adaptations du texte aux différentes sensibilités culturelles. www. dialogue4unity.focolare.org

« Soyez de ceux qui mettent la parole en pratique et ne se contentent pas seulement de l’écouter en vous trompant vous-mêmes » (Jc 1,22).

« Soyez de ceux qui mettent la parole en pratique et ne se contentent pas seulement de l’écouter en vous trompant vous-mêmes » (Jc 1,22).

Le thème de l’écoute et de la pratique est un thème fondamental sur lequel insiste l’auteur du verset de ce mois. En effet, la lettre poursuit : “Mais celui qui fixe son regard sur la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui lui reste fidèle, non comme un auditeur oublieux, mais comme quelqu’un qui la met en pratique, celui-là trouvera son bonheur” (Jc 1,25). Et c’est précisément cet engagement à connaître Ses paroles et à les vivre qui nous rend libres et nous donne la joie.

On pourrait dire que le verset biblique de ce mois-ci est à lui seul la raison d’être de la pratique de la Parole de Vie qui s’est répandue dans le monde entier. Une fois par semaine, puis une fois par mois, Chiara Lubich choisissait une phrase complète de l’Écriture et la commentait. On se retrouvait, on se partageait les fruits de ce que la Parole avait opéré à travers les expériences de vie, créant ainsi une communauté unie qui montrait les débuts des changements sociaux dont elle était capable.

“Malgré sa simplicité, l’initiative a apporté une contribution notable à la redécouverte de la Parole de Dieu dans le monde chrétien du vingtième siècle »[1], transmettant ainsi une “méthode” pour vivre l’Évangile et en partager les effets.

« Soyez de ceux qui mettent la parole en pratique et ne se contentent pas seulement de l’écouter en vous trompant vous-mêmes »

La lettre de Jacques reprend ce que Jésus a annoncé pour faire vivre et expérimenter la réalité du Royaume des cieux parmi nous : il déclare bienheureux celui qui écoute sa parole et la garde ; il reconnaît comme sa mère et ses frères ceux qui l’écoutent et la mettent en pratique2 ; il la compare à la semence qui, si elle tombe sur une bonne terre, c’est-à-dire sur ceux qui l’écoutent d’un cœur bon et entier et la gardent, produira du fruit grâce à leur persévérance.

“Dans chacune de ses paroles, Jésus exprime tout son amour pour nous”, écrit Chiara Lubich. Incarnons-la, faisons-la nôtre, expérimentons la puissance de vie qu’elle libère, si elle est vécue, en nous et autour de nous. Soyons amoureux de l’Évangile au point de nous laisser transformer par lui et de toucher ainsi les autres. […] Nous nous libérons ainsi de nous-mêmes, de nos limites, de nos esclavages,

et non seulement cela, mais nous verrons exploser la révolution de l’amour que Jésus, libre de vivre en nous, provoquera dans le tissu social dans lequel nous sommes immergés”[2].

« Soyez de ceux qui mettent la parole en pratique et ne se contentent pas seulement de l’écouter en vous trompant vous-mêmes »

Comment pouvons-nous mettre cette parole en pratique ? Regardons autour de nous et faisons tout notre possible pour nous mettre au service de ceux qui sont dans le besoin par de petits ou grands gestes d’attention mutuelle, en contribuant à la transformation des structures injustes de la société, en combattant la violence, en promouvant des gestes de paix et de réconciliation, en grandissant dans la sensibilité et dans les actions en faveur de notre planète.

Une authentique révolution fera ainsi irruption dans nos vies et dans celles de la communauté dans laquelle nous vivons, dans l’environnement de travail dans lequel nous évoluons.

L’amour se manifeste dans des actions sociales et politiques qui cherchent à construire un monde meilleur. De l’engagement d’une petite communauté de Focolari au service des personnes les plus fragiles est né au Pérou un Centre pour personnes âgées portant le nom de la fondatrice du mouvement, à Lámud, une ville de l’Amazonie péruvienne située à 2 330 mètres d’altitude.

“Le Centre a été inauguré au plus fort de la pandémie et accueille 50 personnes âgées qui étaient seules. La maison, les meubles, la vaisselle et même la nourriture ont été offerts par la communauté voisine. Ce fut un pari, non sans difficultés et obstacles, mais en mars 2022, le centre a fêté son premier anniversaire, ouvrant ses portes à la ville, avec une fête à laquelle même les autorités politiques ont participé. Les deux jours de célébrations ont attiré de nouveaux bénévoles, adultes et enfants, désireux de s’occuper de grands-parents isolés et d’agrandir leur famille”. [3]

Patrizia Mazzola et l’équipe de la Parole de Vie


[1] C. Lubich, Parole di Vita, Introduzione, a cura di Fabio Ciardi, (Opere di Chiara Lubich 5), Città Nuova, Roma 2017, p. 9

[2] Lubich, Parole di Vita, Introduzione, a cura di Fabio Ciardi, (Opere di Chiara Lubich 5), Città Nuova, Roma 2017, p. 790

[3] Bilan de Communion 2022. Mouvement des Focolari , in https://eyut279xk3q.exactdn.com/wp-content/uploads/2024/02/BdC-2022-DialogoFR.pdf p.67


L’IDÉE DU MOIS, basée sur la Parole de Vie du mouvement des Focolari, est née en Uruguay dans le cadre du dialogue entre personnes de différentes convictions religieuses et non religieuses, dont la devise est « construire le dialogue ». Le but de cette publication est de contribuer à la promotion de l’idéal de fraternité universelle. L’IDÉE DU MOIS est actuellement traduite en 12 langues et distribuée dans plus de 25 pays.

Le temps de la Création

Le temps de la Création

La famille œcuménique du monde entier se réunit pour écouter et prendre soin de notre maison commune. Comme d’habitude, le 1er septembre marque le début du Temps de la Création, une période de prière et de réflexion associée à des actions concrètes en faveur de la Planète Terre. Cet événement s’achèvera le 4 octobre avec la fête de saint François d’Assise, le saint patron de l’écologie aimé par de nombreuses confessions chrétiennes. Le mouvement des Focolari s’associe à cette initiative. Depuis la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, en janvier dernier, jusqu’à aujourd’hui, nous avons vécu la phase de « Préparation » au Temps de la Création, qui est fondamentale pour créer des liens et des relations, en renouvelant la joie de se rencontrer et en cultivant les dons de la communion et de la paix en tant que Peuple de Dieu, ensemble dans notre maison commune.

Thème de 2024

Le thème de cette année est « Espérer et agir avec la Création ». D’où vient ce thème ? Dans la lettre de l’apôtre Paul aux Romains, l’image biblique dépeint la Terre comme une Mère, gémissant comme si elle était en train d’accoucher (Rm 8,22). Saint François d’Assise l’a bien compris lorsqu’il a parlé de la Terre comme de notre sœur et de notre mère dans son Cantique des Créatures.

Malheureusement, l’époque dans laquelle nous vivons montre que nous ne considérons pas la Terre comme un don de notre Créateur, mais plutôt comme une ressource à utiliser.

Peut-il encore y avoir de l’espoir ?

Bien sûr, il doit y en avoir, ainsi que l’attente d’un avenir meilleur. Dans le contexte biblique, l’espoir ne signifie pas rester immobile et silencieux, mais plutôt gémir, pleurer et s’efforcer activement de trouver une nouvelle vie au milieu des difficultés. Comme lors d’un accouchement – en écho à la description de l’apôtre Paul – nous traversons une période de douleur intense, mais une nouvelle vie est en train de naître.

L’espérance est un don de Dieu. Ce n’est qu’à travers l’espérance que nous pouvons pleinement réaliser le don de la liberté, qui, associé à la responsabilité, nous permet de rendre le monde meilleur. Ce n’est que lorsque nous coopérons avec la Création que les premiers fruits de l’espérance peuvent naître.

Espérer et agir

L’espérance est la confiance que notre action a un sens, même si les résultats de cette action ne sont pas immédiatement visibles. Nous savons à quel point il est urgent de prendre des mesures courageuses pour endiguer la crise climatique et écologique, et nous savons aussi que la conversion écologique est un processus lent, parce que les êtres humains n’ont pas facile à changer leur esprit, leur cœur et leur mode de vie. Parfois, nous ne savons pas ce que nous devrions faire. Nous avons beaucoup à apprendre d’autres cultures et d’autres pays sur la manière d’espérer et d’agir ensemble avec la Création.

Cette année, le 1er septembre étant un dimanche, nous sommes tous invités à célébrer le début du Temps de la Création dans nos pays et communautés respectifs.

Lorenzo Russo

Chiara Lubich : au-delà de la nature

Chiara Lubich : au-delà de la nature

« Aime ton prochain comme toi-même » (1).

Il s’agit d’une tension permanente, car notre nature s’aime elle-même.

Souvent, les médias rapportent des catastrophes, des tremblements de terre, des cyclones qui font des victimes, des blessés, des sans-abri. Mais c’est une chose d’être un des leurs et une autre chose d’être nous.

Et même si la providence nous offre de quoi nous précipiter à leur secours, nous ne sommes jamais les lésés.

Demain, ce sera peut-être l’inverse : moi sur un lit (si on me donne un lit !) de mort et les autres au soleil, profitant de la vie du mieux qu’ils peuvent.

Tout ce que le Christ nous a commandé dépasse la nature.

Mais même le don qu’il nous a fait, celui mentionné à la Samaritaine, n’est pas de nature humaine. Ainsi, le lien avec la douleur de notre frère, avec la joie et les préoccupations de l’autre, est possible parce que nous avons en nous la charité qui est de nature divine.

Grâce à cet amour, à savoir l’amour chrétien, le frère peut être vraiment réconforté et demain moi par lui.

Et c’est ainsi qu’il est possible de vivre, parce qu’autrement la vie humaine serait très dure, difficile, voire parfois, elle paraîtrait impossible.

Chiara Lubich

(1) Cf. Lv 19, 18.
Foto: © Pixabay

(Extrait du Journal 1964-1980, Chiara Lubich, Città Nuova, 2023)

L’édition du Journal de Chiara Lubich a été réalisée sous la direction de Fabio Ciardi. Nous vous invitons à consulter l’interview que nous avons réalisée lors de la présentation.

Les ados à l’école Foco

Les ados à l’école Foco

Dans les premiers jours du mois d’août, à Trente, en Italie, a eu lieu l’école Foco, un congrès du mouvement des Focolari pour les Gen3, la Génération adolescente du Mouvement.

Âgés de 14 à 17 ans et accompagnés d’assistants âgés de 18 ans et plus, 350 ados, provenant de 19 nations et de 12 langues y ont participé. Un peu plus d’une semaine pour approfondir les thèmes de l’adolescence, vivre en profondeur la relation avec Dieu et découvrir comment l’Idéal de l’unité et de fraternité universelle peut être vécu et construit jour après jour malgré la menace de guerres dans diverses parties du monde. Il y a eu aussi le Festival des Peuples où chaque nation pouvait se représenter à travers des chants, des danses, des vêtements, des photos et des plats locaux. Une façon de connaître la culture de chacun et de construire un petit bout de monde plus uni et plus fraternel.

Voici quelques témoignages :

Sofia, Italie : « J’ai décidé de participer à l’école Foco pour avoir une relation plus intime avec Jésus. Grâce à cette école, j’ai appris la manière de toujours aimer les personnes qui me sont proches. Je peux mieux affronter les moments de difficulté et de douleur en me sentant plus proche de Jésus ».

Veronika, Croatie : « J’ai fait l’expérience d’un esprit d’unité qui naît d’un désir de paix et de communauté, basé sur la prière et le dialogue avec Dieu. Après avoir écouté les témoignages sur la violation de la paix, sur la lutte pour maintenir la paix en soi, dans sa famille, dans son propre pays, le désir de tout faire pour maintenir la paix dans ces lieux s’est réveillé en moi ».

Naomi, Inde : « J’ai fréquenté l’école Foco pour améliorer ma relation avec Dieu. À la fin, ce que j’ai ramené à la maison, c’est la façon dont je peux trouver du réconfort dans les moments difficiles ou douloureux, en pensant à Jésus abandonné sur la Croix. J’y ai aussi découvert le pouvoir de la réconciliation par la confession. J’essaierai toujours d’utiliser tout mon être pour propager l’Évangile et faire de ma ville un lieu d’amour ».

Tomás Portugal : « Pendant le Festival des peuples, j’étais fier de montrer notre pays et en même temps de connaître les cultures d’autres pays. Après cette école, tout ce que j’y ai vécu me manque, mais je veux aussi vivre chaque jour ce que j’y ai appris ».


Emanuel, Croatie : « À l’école Foco, j’ai apprécié le festival des Peuples. Nous avons appris à connaître différentes cultures et plats traditionnels. J’y ai rencontré beaucoup d’amis et j’ai goûté à différentes spécialités. Je revivrais volontiers cette expérience encore 100 fois ».

Gloria, Brésil : « J’ai ressenti des changements dans ma relation avec Dieu. Au début, je n’arrivais pas à me connecter à Lui et à Le sentir dans les personnes, mais je sais qu’après toutes les expériences et les réflexions que j’ai vécues, je peux facilement Le sentir dans toutes les situations. J’ai aussi appris à aider les gens que je n’aime pas, à aider les personnes qui ont des problèmes et à identifier Dieu en chacun ».

Sarahi, Mexique : « J’ai réalisé que même en vivant dans des pays différents et même dans des continents très éloignés, l’Idéal de l’unité peut toujours être vécu. Ce fut une très belle expérience, en particulier d’apprendre la culture d’autres pays, leur nourriture, leurs vêtements, certaines paroles et traditions. Ce que j’ai retenu de l’école, c’est tout d’abord que j’ai cessé d’avoir peur de me confesser, ce qui a fait grandir ma foi en Dieu. La messe quotidienne m’a beaucoup aidé, j’espère continuer à y aller tous les dimanches de mon plein gré ».

Sebastian, Croatie : « J’ai aimé que nous représentions nos pays lors de la fête des peuples : chacun a montré une tradition de son pays. C’était très amusant de jouer au football le soir et d’apprendre à se connaître. Mon moment préféré a été la fête finale où nous avons chanté et nous nous sommes amusés. Ma vie a changé après l’école, maintenant j’essaie de vivre l’Évangile en aimant les personnes autour de moi ».

Silvia, Italie : « Après l’École, ma vie a basculé et j’ai commencé à voir le monde avec des yeux différents. Cela a été l’expérience la plus marquante de ma vie et cela m’a donné envie de réussir à ressembler à ce que Chiara a toujours voulu des Gen ».

Anna, Italie : « Je recommande vivement aux Gen qui n’ont pas encore participé à une école Foco de le faire ! Vous vous amuserez beaucoup, je vous le garantis ».

Jakov, Croatie : « À l’école Foco, j’ai compris l’importance de l’unité. Lorsque je suis arrivé, tout le monde m’a accueilli, j’avais l’impression d’être dans une unique famille. J’ai rarement éprouvé ce sentiment auparavant, peut-être même jamais. De plus, j’ai compris comment aimer les autres, quels qu’ils soient et quels que soient leurs antécédents. J’aimerais participer à d’autres rencontres de ce type, c’était une expérience inoubliable » !


Julia, Brésil : « Je ramène chez moi l’amour incommensurable de Jésus pour moi et pour tous, ainsi que l’espoir et le sentiment de vouloir qu’un monde uni devienne une réalité. Constater que Jésus aime chacun d’entre nous et pouvoir ressentir son amour à l’école Foco a été l’une des plus belles expériences que j’ai vécues et que j’emporterai certainement avec moi. J’ai retrouvé l’espérance et la foi. Maintenant, le défi sera d’apporter l’amour et l’unité que j’ai ressentis à l’école dans le « monde réel », à la maison, à l’école, avec mes amis. Mais ce sont les souvenirs et l’amour de ce que j’ai appris au cours de cette expérience qui me poussent à ne pas abandonner et à me battre pour un monde uni » !

Maria Teresa, Italie: « J’ai participé à l’École Foco parce que j’ai ressenti le désir d’en savoir plus sur les origines du mouvement des Focolari. De cette école, je retiens l’espoir d’un avenir meilleur pour notre génération. Ma vie s’est améliorée parce que j’ai compris que je devais la regarder d’une perspective différente, faire de chaque obstacle une rampe de lancement ! N’ayant pas confiance en moi, j’ai toujours craint de jouer du violon en public. En fait, lorsqu’on m’a proposé de jouer à l’École, j’étais un peu contrariée. Un jour, nous avons discuté du fait que chacun d’entre nous peut offrir aux autres un de ses talents ou une de ses qualités, ce que Chiara Lubich appelle une « perle ». J’ai donc décidé de donner ma perle aux autres et, alors que je jouais avec une autre Gen, un groupe de garçons et de filles s’est approché pour nous accompagner par le chant en nous soutenant. J’ai vécu le passage de l’Évangile de Luc (Lc 6, 38) ‘Donnez et l’on vous donnera’».

Elena, Italie : « À la fin de cette école, j’emporte chez moi ce que j’ai compris au cours d’une journée consacrée à Jésus dans sa douleur, abandonné sur la Croix. Cela m’a aussi beaucoup touchée parce que, grâce aux témoignages des Gen, j’ai pu comprendre comment surmonter la douleur par l’amour ».


Tomás, Portugal : « J’ai ramené chez moi la découverte de Jésus abandonné, la force de la prière et de la confession. J’emporterai l’amour de Dieu partout où j’irai, j’ai renforcé ma foi, j’ai beaucoup appris de cette école ».

Lorenzo Russo

Trieste et l’accueil des migrants

Trieste et l’accueil des migrants

Trieste est une ville du nord-est de l’Italie, à la frontière avec la Slovénie. Historiquement, elle représente un carrefour de cultures, de langues et de religions. Aujourd’hui, c’est l’un des premiers points d’atterrissage en Europe pour les migrants qui empruntent la route des Balkans. Des personnes chargées d’un bagage de souffrances, de guerres, de persécutions.

À Trieste, la communauté des Focolari, en collaboration avec d’autres institutions, s’efforce d’offrir un premier accueil aux migrants.

« Le plus grand problème est la perception du problème lui-même, explique Claudia, de la communauté locale. En fait, il ne s’agit pas d’une urgence, d’une invasion ingérable comme on le raconte souvent, mais d’un phénomène structurel qui est la réalité de notre présent historique. Il s’agit d’un flux continu de personnes qui, si elles sont accueillies et réparties correctement, peuvent même devenir une ressource pour notre ville et notre pays. Si le phénomène migratoire n’est pas compris et traité avec les outils appropriés, il est destiné à générer de la méfiance, de la peur, de l’intolérance, du rejet. »

À l’automne dernier, en prévision de la crise du froid, l’évêque de Trieste, Mgr Enrico Trevisi, a exprimé le souhait d’ouvrir un dortoir afin d’apporter une réponse concrète à l’accueil des migrants. Un petit groupe de membres des Focolari a répondu à l’appel de l’évêque en se portant volontaire, aux côtés d’autres associations catholiques et civiles. « Pour nous, il ne s’agit pas d’un simple service caritatif, explique Claudia, mais d’une occasion de rencontrer dans chaque voisin un frère, une sœur à aimer même dans les petites choses : un sourire en offrant un repas, l’échange de quelques mots. Souvent ces frères et sœurs nous racontent des moments de leur histoire, leurs peines, leurs espoirs, nous montrent des photos de leurs enfants, mais nous plaisantons aussi et passons du temps avec eux très sereinement. Certains d’entre nous ont également suivi de plus près quelques migrants, pour faciliter leur hospitalisation en cas de besoin ou bien pour les aider à rédiger leur curriculum vitae en vue de trouver un emploi. »

Sandra, de la communauté des Focolari, ajoute : « Nous trouvons le temps de connaître les migrants, leurs histoires, leurs besoins. De petites et grandes expériences ont vu le jour, qui nous ont permis de nous impliquer dans l’aide, même en dehors de la relève de nuit, et qui nous encouragent beaucoup à aller de l’avant. Les permanences nous ont aidés à nous engager avec d’autres bénévoles et à découvrir que beaucoup d’entre eux, même s’ils ne fréquentent pas d’associations ni de paroisses, ont répondu à l’appel de l’évêque. »

« Cette expérience, associée à la récente Settimana Sociale dei Cattolici Italiani (Semaine Sociale des Catholiques Italiens), en présence du Pape François, apportera un grand souffle à cette ville frontalière qui est la nôtre. »

« À Trieste, j’ai rencontré les meilleurs bénévoles, ceux qui ne se contentent pas de distribuer de la nourriture », déclare un hôte du dortoir diocésain : « Satisfaire la faim des nécessiteux et soigner les blessures des malades sont des tâches nobles parce qu’elles sont les plus urgentes et les plus nécessaires. Mais il y a d’autres besoins qui sont extrêmement importants pour les êtres humains, la santé de leurs émotions, les symptômes de l’état de leur âme. Ce n’est pas une question individuelle ou mineure, c’est ce qui fait la différence entre les actions qui ont un impact momentané et celles qui persistent et imprègnent l’ensemble de la société. » « Les meilleurs bénévoles – poursuit-il – le font parce qu’ils sont conscients que les migrants ne sont pas seulement l’objet d’actions charitables, mais des personnes dont l’histoire vaut la peine d’être écoutée. Ils savent que chacun d’eux porte en lui le deuil de racines perdues, en même temps qu’un espoir qui frappe à nos murs et lutte sans cesse pour la survivre. » « Les meilleurs bénévoles, conclut-il, sont touchés par cette humanité adolescente et sont passionnés par nos histoires, sans s’arrêter aux barrières linguistiques : ils enseignent l’italien, apprennent l’espagnol, utilisent la technologie, donnent de leur temps personnel, mettent leurs énergies au service du bien commun, rêvent d’une communauté où chacun peut donner le meilleur de lui-même. »

Lorenzo Russo

UNIRedes : espérance pour l’Amérique Latine et pour le monde

UNIRedes : espérance pour l’Amérique Latine et pour le monde

L’antenne de Pedrinhas (SP, Brésil) de la Fazenda da Esperança accueille des jeunes et des adultes qui sont à différents stades de rétablissement de la toxicomanie et de différentes formes de dépendance et de malaise social. Il n’y avait pas de meilleur lieu pour accueillir la rencontre d’UNIRedes, la plateforme d’ONG, de projets sociaux, humanitaires et d’agences culturelles qui s’inspirent de la spiritualité de l’unité de Chiara Lubich en Amérique latine. 140 personnes représentant 37 des 74 organisations partenaires d’UNIRedes, actives dans 12 pays d’Amérique latine et des Caraïbes, étaient présentes.

L’objectif de la rencontre était de présenter le travail de ces années à Margaret Karram et Jesús Morán, présents à la rencontre ; de définir les prochaines étapes communes à toutes les organisations partenaires et de renforcer le lien avec le Mouvement des Focolari, afin de partager l’expérience acquise, y compris au-delà du continent latino-américain.

UNIRedes : un réseau de réseaux

Maria Celeste Mancuso, d’Argentine, coresponsable internationale du Mouvement Humanité Nouvelle, explique qu’UNIRedes n’est pas seulement un super projet de solidarité : « C’est aussi un espace qui génère une réflexion culturelle visant à identifier les catégories anthropologiques et épistémologiques nécessaires pour générer une nouvelle culture de l’attention à la personne et aux sociétés latino-américaines. »
C’est pour cette raison que les agences culturelles inspirées par le charisme de l’unité, telles que l’Institut Universitaire Sophia (Loppiano, Italie), sa branche locale, Sophia Amérique Latine et Caraïbes (ALC), et le Centre Universitaire ASCES UNITA de Caruaru (PE), en font partie intégrante.

Virginia Osorio, Uruguayenne, l’une des initiatrices du projet, en explique les origines : Les changements politiques et économiques constants dans nos pays rendaient nos organisations de plus en plus fragiles et isolées. Avec UNIRedes, nous avons trouvé un lieu où nous renforcer mutuellement et partager nos souffrances et nos espoirs. Notre dernier projet concernait le Genfest : des centaines de jeunes ont fait du volontariat auprès de plusieurs de nos organisations, faisant ainsi une expérience directe de fraternité et de proximité avec les plus démunis.

La racine commune : « Donner la vie pour son peuple »

La première racine d’UNIRedes ne repose pas sur des analyses géopolitiques ou économiques : il faut remonter au début des années soixante-dix, lorsque les Gen, les jeunes des Focolari, comme beaucoup des jeunes de leur âge de nombreux pays, voulaient changer le monde et instaurer l’égalité, la justice, la dignité.

Chiara Lubich, qui les rencontrait fréquemment, avait soutenu et confirmé la nécessité d’une révolution sociale pacifique, en particulier en Amérique latine, continent qu’elle considérait comme ayant cette vocation particulière. Elle disait aux jeunes des Focolari que « chacun doit sentir que nous devons donner notre vie pour l’humanité, mais il faut que nous trouvions notre Jésus abandonné local, afin de donner la vie pour notre peuple[1] ».



« C’est ainsi que beaucoup se sont rendus à la périphérie des villes, dans les favelas, partout où la pauvreté privait les personnes de leur dignité », explique Gilvan David, un Brésilien du groupe latino-américain de coordination de UNIRedes. « Les premières ONG sont nées et, entre-temps, nous tentions de nous structurer, mais ce n’était pas suffisant : « Vous venez à nous – nous disaient les [plus] pauvres -, mais ensuite vous partez et vous nous laissez seuls. » Pour répondre à ce cri, nous avons commencé à travailler en réseau avec les politiques publiques locales et, à la même période, plusieurs prêtres qui vivaient la spiritualité de l’unité ont fondé des projets sociaux : Frei Hans avec la Fazenda da Esperança, le père Renato Chiera avec la Casa do Menor et d’autres. »

Une “unique” Amérique Latine

Puis les premiers groupes d’organisations ont vu le jour – poursuit Gilvan David –, ‘Sumá Fraternidad’ qui regroupait les projets de quelques pays hispanophones ; l’association civile ‘Promocion Integral de la Persona’ (PIP) au Mexique et les organisations sociales brésiliennes continuaient à se développer, trouvant leur propre identité et leur espace de service. Ces années n’ont pas été faciles, mais nous avons commencé plusieurs parcours dans différents territoires d’Amérique latine pour soutenir leur engagement social, qui ont ensuite fusionné avec UNIRedes.
Nous nous sommes réunis à plusieurs reprises, mais la rencontre fondatrice a eu lieu en 2014, en présence de Maria Voce (Emmaüs) et de Giancarlo Faletti, alors respectivement Présidente et Coprésident du Mouvement des Focolari. Emmaüs avait dit à cette occasion : « Vous donnez au Mouvement une nouvelle visibilité, un nouveau sens à son action, vous êtes un témoignage pour ceux qui vous regardent de l’extérieur ; vous donnez une visibilité complète au charisme par le biais d’actions concrètes. » Je dirais que c’est à ce moment-là que nous nous sommes reconnus comme une réalité unique pour toute l’Amérique Latine : nous nous sommes retrouvés enveloppés par le « charisme de l’unité ».

Les contributions qui ont construit cette rencontre ont été nombreuses et substantielles, avec la présentation des différentes organisations partenaires.

Juan Esteban Belderrain : de l’inégalité à l’espérance

Le politologue argentin Juan Esteban Balderrain a analysé le plaie de l’inégalité, dont l’Amérique latine détient le record mondial. « Il s’agit de construire une vision de ce continent qui parte de l’espoir et c’est possible parce que si nous regardons la racine la plus profonde du problème des inégalités, nous trouvons la perte de référence au Dieu qui est amour et qui nous aide à comprendre que nous sommes frères et sœurs les uns des autres et de la nature, qui est aussi l’expression de son amour. Se référant au XXe siècle, Paul VI a dit que c’était un temps béni parce qu’il exigeait de tous la sainteté. Je pense que ces mots s’appliquent également au nôtre. »

Père Vilson Groh : La « mystique des yeux ouverts »

Depuis plus de 40 ans, le père Vilson vit dans le « morro », une favela de Florianopolis (Santa Catarina, Brésil), où il mène des projets sociaux, en particulier pour les jeunes. Il a parlé de la « mystique des yeux ouverts » : « Nous devons porter nos organisations dans les caves sombres de nos périphéries, y être un espoir. Le Genfest a apporté la perspective de « l’ensemble », que le pape François promeut. Cela requiert un cheminement patient et résilient ; cela demande d’être déterminés dans la poursuite du bien commun. L’unité est supérieure au conflit, dit toujours le Pape, et l’unité, est pluralité. Introduisons la diversité dans nos organisations : le charisme de l’unité est une porte par laquelle le Christ blessé ouvre des espaces. »

Vera Araujo : L’Amérique Latine constructrice de fraternité

L’intervention de la sociologue brésilienne s’est concentrée sur une vision positive qui sait reconnaître le patrimoine culturel et humain latino-américain et qui l’offre au monde comme un don.

« UNIRedes trouve son origine dans le charisme de Chiara Lubich et peut devenir une chance inouïe pour le reste du monde : l’unité vue non seulement comme une valeur religieuse, mais aussi comme une force capable de former efficacement la famille humaine, en réalisant une interaction entre la multiplicité des personnes, tout en préservant les distinctions dans le contexte des réalités sociales. Ici, le charisme de l’unité offre une solution qui n’est pas facile, mais un sens, une signification, une Personne : le Christ abandonné sur la croix.

« Pour bien aimer – dit Chiara -, ne pas considérer seulement les difficultés, les erreurs et les souffrances du monde comme des maux sociaux auxquels (il faut) porter remède, mais y découvrir le visage du Christ qui ne dédaigne pas de se cacher derrière toute misère humaine [2].»



Susana Nuin Núñez : la marche des peuples et des mouvements sociaux

La sociologue uruguayenne a décrit le parcours et la richesse sociale, politique, économique des peuples du continent et de quelques mouvements sociaux. « Ces réseaux aux physionomies les plus variées, avec leurs développements dans les pratiques sociales ou dans le monde académique, agissent de manière complémentaire, générant un tissu socioculturel indiscutable au caractère communautaire multiforme dont l’Amérique latine est porteuse. » Elle a souligné ensuite la particularité d’UNIRedes qui, depuis plus de dix ans, est un sujet social qui guérit, révolutionne, transforme et agit à partir de l’Évangile et de la Parole de l’unité.

Margaret Karram et Jesús Morán : UNIRedes fait partie du Mouvement des Focolari

« Ceux qui veulent vivre l’Evangile dans cette région sont toujours en crise parce qu’ils voient constamment des inégalités » – a souligné Jesús. « L’unité ne peut laisser de côté cette réalité. Comment pouvons-nous construire l’unité sur ce continent, sans prendre en compte ceux qui sont rejetés par la société ? Ce que vous faites en tant qu’UNIRedes doit inspirer l’ensemble du Mouvement dans cette région. Son travail pour l’unité n’est pas crédible s’il ne passe pas aussi par les œuvres sociales. Bien sûr, ce n’est pas nous qui résoudrons les problèmes sociaux. La seule chose que nous pouvons faire, c’est faire en sorte que les personnes se convertissent à l’amour. Si nous touchons les cœurs, quelqu’un saisira l’esprit et, dans la liberté, comprendra comment vivre l’Évangile. »


Margaret a encouragé UNIRedes à aller de l’avant : « Maintenant, vous devez comprendre comment faire arriver à tous dans le monde votre vie et votre exemple. ». Citant une intervention de Chiara Lubich datant de 1956, elle a rappelé que, dans son engagement social, le Mouvement ne doit pas oublier que la clé de la résolution des problèmes qu’offre le charisme de l’unité réside dans la nouveauté de la réciprocité plus que dans la justice. Il promeut le partage, la mise en commun entre tous du peu ou de la richesse dont on dispose pour créer un plus grand Bien Commun qui, en plus de résoudre les problèmes sociaux, produit l’épanouissement humain et spirituel qui ne se produit que dans la communion entre tous. Enfin, Margaret la lancé une proposition : « Ajouter un nouvel article à votre Charte des principes et des engagements : un pacte solennel de fraternité à proposer à ceux qui veulent faire partie d’UNIRedes : nous sommes ici pour témoigner de l’amour réciproque et c’est seulement si nous avons cet amour que le monde croira. »

« UNIRedes nous parle d’espérance », a conclu M. Celeste Mancuso. « Il s’agit d’une proposition transversale et synodale de réseau organisationnel, qui peut inspirer des modèles semblables pour les périphéries existentielles d’autres parties de notre vaste monde. De cette manière, nous pourrons penser à construire des réseaux mondiaux de fraternité qui promeuvent le bien commun. »

Stefania Tanesini


[1] Chiara Lubich aux jeunes des Focolari, Rocca di Papa (Rome, Italie), 15 mai 1977.

[2] Chiara Lubich, “Pour une civilisation de l’unité”. Discours prophétique au Congrès “Une culture de paix pour l’unité des peuples”. Castelgandolfo, (Rome) 11-12 juin 1988.

Évangile vécu : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici » (Mt 17,4)

Évangile vécu : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici » (Mt 17,4)

Au bon moment

Un jour, une personne qui collabore avec notre centre avait reçu en cadeau une paire de chaussures de sport neuves, pointure 43. Mais qui aurait pu les utiliser ? Le même jour, nous avons appris qu’un garçon de 14 ans que nous connaissons avait vraiment besoin de ces chaussures et de cette pointure! C’est le fils d’un ami qui était à l’hôpital à ce moment-là. L’autre fille était également venue au centre ce jour-là et nous avions appris qu’elle avait besoin de vêtements et de médicaments. Elle nous avait fait savoir qu’elle aurait besoin d’un téléphone portable pour rester en contact avec sa mère à l’hôpital. Et… nous en avions reçu un quelques jours plus tôt ! C’est impressionnant de voir qu’il y a toujours « quelqu’un » qui nous fournit ces choses ad hoc que nous pouvons ensuite donner !

Un lit en deux minutes

Nous en étions aux derniers adieux d’un dimanche passé « en famille » (pour ainsi dire, car nous étions entourés de centaines de personnes) réalisant des activités visant à collecter des fonds pour nos jeunes. L’un des premiers amis vénézuéliens que j’ai rencontrés il y a des années m’avait présenté un jeune homme de 18 ans : Jesús. Il m’avait déjà raconté ce qu’il avait vécu depuis qu’il avait quitté le Venezuela à l’âge de 16 ans, seul ! Deux ans d’aventures, de quoi faire un film d’action, avec de nombreux moments de suspense. Depuis quinze jours, il se trouvait au Pérou. En discutant avec lui, je découvre qu’il dort sur une natte à même le sol ! Diligemment, il avait prévu avec son premier salaire (il avait en effet immédiatement trouvé du travail au Pérou) de régler le problème des documents et de penser ensuite au lit. À ce moment-là, je n’avais pas de solution, mais nous nous sommes promis de rester en contact. Peu après les adieux, j’ai rencontré une de nos collaboratrices qui, sans rien savoir des besoins de Jesús, m’a demandé : « Alors, qu’est-ce qu’on fait de ce lit » ? « Mais comment ? Tu l’as encore ? », m’étonne-je. « Oui, me dit-elle ». Je rappelle immédiatement Jesús qui quittait le Centre. Il nous rejoint immédiatement et, en apprenant qu’il y avait déjà un lit pour lui, j’ai vu une forte lumière dans ses yeux. Il ne s’était pas écoulé deux minutes depuis que je lui avais dit que j’essaierais de trouver une solution !

Échographies gratuites

De nombreux migrants viennent dans notre centre pour des soins médicaux et parfois même des tests de diagnostic. Une autre bénédiction du ciel s’est produite il y a peu : un centre médical près de chez nous nous a offert la possibilité de faire des échographies gratuites. Ils veulent donner cette possibilité à ceux qui n’ont pas les moyens de payer ces examens. Un véritable cadeau pour beaucoup de nos patients.

Silvano R. – Perù

CEU : différentes fleurs dans le même jardin

CEU : différentes fleurs dans le même jardin

Le Condominio Espiritual Uirapuru (CEU) est une réalité née à Fortaleza (Brésil) il y a quelques années, le choix de l’unité entre les charismes est la base de la vie communautaire. Il y a 23 réalités qui coexistent et collaborent ici pour la récupération, la protection et la valorisation de la dignité humaine.

Ana Clara Giovani

Lire aussi : Une colocation originale

VIDÉO : Activer les sous-titres dans la langue souhaitée

Depuis la communauté “tri-nationale” un avenir de fraternité pour l’Amérique Latine

Depuis la communauté “tri-nationale” un avenir de fraternité pour l’Amérique Latine

À ce carrefour de pays, où les fleuves d’Iguaçu et Parana se rencontrent, se trouve la frontière la plus fréquentée d’Amérique latine ; la zone est caractérisée par une grande diversité culturelle et la présence séculaire de peuples indigènes, tels que le grand peuple Guaraní. Le tourisme est la principale ressource économique de cette région où les personnes viennent principalement pour visiter les chutes d’Iguaçu, qui sont les plus grandes au monde, avec une largeur de 7,65 km, et sont considérées comme l’une des sept merveilles naturelles de la planète.

Dans son message de bienvenue, Tamara Cardoso André, présidente du Centre des droits de l’homme et de la Mémoire Populaire de Foz do Iguaçu (CDHMP-FI), explique qu’en ce lieu, ils veulent donner un sens différent aux frontières nationales : « Nous voulons que notre triple frontière devienne toujours plus un lieu d’intégration, une terre que tous sentent leur, comme l’entendent les peuples autochtones qui ne connaissent pas de frontières. »

Foz do Iguaçu, dernière étape

C’est ici que s’achève le voyage au Brésil de Margaret Karram et Jesús Morán, président et co-président du mouvement des Focolari. Ils l’ont parcouru du nord au sud : depuis l’Amazonie brésilienne, en passant par Fortaleza, Aparecida, la Mariapolis Ginetta à Vargem Grande Paulista, la Fazenda da Esperança à Pedrinhas et Guaratinguetà (SP), jusqu’à Foz do Iguaçu. Ici, la famille « élargie » de la communauté tri-nationale des Focolari célèbre sa jeune histoire et raconte la contribution d’unité qu’elle apporte à ce lieu : l’étreinte de trois peuples que la spiritualité de l’unité rassemble en un seul, transcendant les frontières nationales, tout en conservant chacun sa propre identité culturelle distincte.
Sont également présents pour l’occasion le card. Adalberto Martinez, archevêque d’Asuncion (Paraguay), l’évêque du lieu, Mgr Sérgio de Deus Borges, Mgr Mario Spaki, évêque de Paranavaí et Mgr Anuar Battisti, évêque émérite de Maringá. Un groupe de la communauté musulmane de Foz, avec laquelle des relations d’amitié fraternelle existent depuis longtemps, est également présent.

Des peuples aux racines communes

Arami Ojeda Aveiro, étudiante en médiation culturelle à l’Université Fédérale d’Intégration Latino-Américaine (UNILA), illustre le cheminement historique de ces peuples et les graves blessures qui se sont accumulées au long des siècles. Le conflit entre le Paraguay, d’une part, et l’Argentine, le Brésil et l’Uruguay, d’autre part (1864-1870), a été l’un des plus sanglants d’Amérique du Sud en termes de vies humaines, avec des conséquences sociales et politiques pour l’ensemble de la région.
D’autre part, il existe également de nombreux facteurs culturels communs, tels que la musique, la gastronomie, les traditions populaires issues des mêmes racines culturelles indigènes, comme la Yerba Mate Guaranì, une boisson typique des trois peuples.

La culture Guaraní est l’une des plus riches et des plus représentatives d’Amérique du Sud ; elle est le témoignage vivant de la résilience et de la capacité d’adaptation d’un peuple qui a su préserver son identité au fil des siècles avec une cosmogonie unique, où le lien avec la nature et le respect des traditions sont fondamentaux et peuvent constituer une grande richesse pour toute l’humanité.

« Ainsi – conclut Arami Ojeda Aveiro -, la région de la triple frontière ne constitue pas seulement une frontière géographique, mais un espace multiculturel et de coopération qui renforce l’ensemble de la région.

La communauté “tri-nationale » des Focolari

De toutes les communautés des Focolari dans le monde, celle-ci présente un caractère unique : « Il nous serait impossible de nous sentir une seule famille si nous ne regardions que nos histoires nationales », explique une jeune femme d’Argentine. Monica, du Paraguay, l’une des pionnières de la communauté avec Fatima Langbeck, du Brésil, nous raconte que tout a commencé par sa prière quotidienne : « Seigneur, ouvre-nous la voie pour que nous puissions établir une présence plus solide du Focolare et que ton charisme d’unité puisse fleurir parmi nous. Depuis 2013, nous formons une unique communauté et nous voulons écrire pour cette terre une autre histoire, qui témoigne que la fraternité est plus forte que les préjugés et les blessures séculaires. La parole de l’unité de Chiara Lubich nous unit, lorsqu’elle dit que la véritable socialité dépasse l’intégration, parce qu’elle est l’amour réciproque en action, tel qu’il est annoncé dans l’Évangile. Nos particularités et nos différences nous rendent plus attentifs les uns aux autres, et les blessures de nos histoires nationales nous ont appris à nous pardonner mutuellement. »

Les contributions artistiques témoignent de la vitalité et de l’actualité des racines culturelles des peuples qui habitent cette région. Il y a les chants de la communauté argentine arrivée du « littoral« , de la côte ; puis « El Sapukai », la danse paraguayenne très rythmée qui se danse avec (jusqu’à) trois bouteilles sur la tête ; la représentation du peuple Guaraní entonne un chant dans sa langue à la louange de la « grande mère », la forêt, qui doit être protégée, qui produit de bons fruits et donne vie à toutes les créatures.

Le père Valdir Antônio Riboldi, prêtre du diocèse de Foz, qui a connu les Focolari en 1976, poursuit le récit en écrivant : « Les Focolari de Curitiba au Brésil et d’Asuncion au Paraguay ont commencé à promouvoir des événements qui réunissaient des personnes des trois pays voisins, une expérience que nous avons appelée  »Focolare tri-national ». Ici aussi, la vie ecclésiale évolue dans le sens de la communion, en promouvant des initiatives conjointes entre les différents diocèses. »

Il est clair que la vie de cette région et de la communauté locale des Focolari ne s’adresse pas seulement à l’Amérique latine, mais au monde entier. Elle dit qu’il est possible de marcher ensemble, tout en étant différents : c’est la spiritualité de l’unité qui entre en contact avec la partie la plus profonde de l’identité des personnes et des peuples, faisant fleurir l’humanité et la fraternité communes.

La parole à Margaret Karram et Jesús Morán

« Je me suis sentie accueillie non pas par un, mais par trois peuples, a déclaré Margaret Karram. Toute ma vie, j’ai rêvé de vivre dans un monde sans frontières. Ici, j’ai eu l’impression que mon souhait le plus profond avait été exaucé, pour cette raison, je sens que je fais partie de vous. Vous êtes la confirmation que seul l’amour fait tomber tous les obstacles et abolit les frontières. »

« J’ai vécu 27 ans en Amérique latine – a dit pour sa part Jesús Morán -, mais je n’étais jamais venu dans cette région. Vous avez connu beaucoup de souffrance : le peuple guarani a été dépossédé de ses terres et dispersé. Ce que vous faites aujourd’hui est important, même si c’est modeste : Nous ne pouvons pas réécrire l’histoire, mais nous pouvons aller de l’avant et guérir les blessures, en faisant nôtre le cri de Jésus abandonné. Les blessures se guérissent en créant des relations interrégionales, aussi avec les peuples d’origine, parce qu’ils sont en fait les seuls à être véritablement « tri-nationaux ». Eux aussi ont reçu la lumière du Christ ; n’oublions pas le travail d’évangélisation et de promotion humaine que les Jésuites ont accompli dans cette région avec « las Reduciones » entre les années 1600 et 1700. Aujourd’hui, nous sommes liés à cette histoire, à tout ce que fait l’Église, et nous savons que l’unité est la réponse dans ce monde qui a besoin d’une âme et de bras pour réaliser une véritable mondialisation à la hauteur de la dignité de l’homme. »

À la fin, reprenant la parole, Margaret a partagé ce qu’elle avait vécu au cours de ce mois : « Ce voyage a fait grandir en moi la foi, l’espérance et la charité. En Amazonie, aux confins du monde, la « foi » a émergé, puissante : j’ai rencontré des personnes qui croient fermement que tout est possible, même les choses les plus difficiles. Ils rêvent et ils réalisent ! Je voudrais avoir ne serait-ce qu’une graine de leur foi, comme le dit l’Évangile : « Si vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : ‘Passe d’ici jusque là-bas’, et elle y passera ; rien ne vous sera impossible » (Mt 17, 20). De là, je retiens cette foi qui déplace les montagnes et le courage de rêver de grandes choses. Ensuite, le message du Genfest ne peut être qu’ »espérance » : nous avons vécu cette expérience ensemble : tout le Mouvement était engagé avec les jeunes et pour les jeunes. Cela a été aussi un événement œcuménique et interreligieux qui a donné beaucoup d’espérance.

Et enfin, la « charité », qu’aujourd’hui j’ai vue ici parmi vous et que nous avons touchée du doigt dans les nombreuses organisations sociales avec lesquelles nous sommes entrés en contact ce mois-ci : la Fazenda da Esperança, les nombreux mouvements et nouvelles communautés ecclésiales que nous avons rencontrées à Fortaleza ; la rencontre de UniRedes, qui réunit toutes les organisations sociales et les agences culturelles d’Amérique latine qui s’inspirent du charisme de l’unité [dont nous parlerons séparément]. Tout cela dit « charité », car chaque réalité sociale naît de l’amour du prochain, de la volonté de donner sa vie pour son peuple.

De cette frontière part une espérance pour toutes les communautés des Focolari dans le monde et au-delà.
En décembre dernier, j’avais suggéré le projet « Méditerranée de la fraternité », où seraient rassemblées toutes les actions déjà en cours et celles qui verront le jour, pour construire la paix dans cette région très éprouvée par la guerre. Un projet de « fraternité pour l’Amérique latine » pourrait aussi partir d’ici et s’étendre à tous les pays qui la composent, nous le confions à Marie. »

Stefania Tanesini