(…) Il ne s’agit pas d’un rêve, d’une utopie, d’un désir pathétique, mais d’une certitude, attestée de façon répétée par Dieu dans la Bible. Ce sera la réponse de Dieu aux fatigues de ses fils qui auront travaillé pour son Royaume. Ce sera le couronnement de la fidélité avec laquelle les disciples auront vécu sa Parole. Ce sera le déploiement total de la puissance de l’Esprit Saint, que Jésus a introduit dans l’histoire, par sa mort et sa résurrection.
Depuis que Jésus est venu sur la terre, ce renouvellement est déjà commencé, il est déjà en action, même si cela se fait au milieu de nombreuses difficultés. Dès maintenant, tous ceux qui le laissent vivre en eux — et Jésus vit en nous si nous mettons en pratique sa Parole — expérimentent le miracle de sa grâce, qui fait toutes choses nouvelles il transforme les souffrances en paix et en sérénité intérieure, il triomphe de la faiblesse, de la haine, de l’égoïsme, de l’orgueil, de l’avarice et de tout mal. Il nous fait passer de l’esclavage des passions et de la peur à la joyeuse liberté des fils de Dieu. Et il ne se limite pas à transformer l’individu car, à travers lui, il transforme toute la société.
(…)
Dieu veut renouveler toutes les choses : notre vie personnelle, l’amitié, l’amour conjugal, la famille ; il veut renouveler la vie sociale, le monde du travail, de l’école, de la culture, des loisirs, de la santé, de l’économie, de la politique…, en un mot tous les secteurs de l’activité humaine.
Mais pour cela, il a besoin de nous. Il a besoin de personnes qui laissent vivre en elles-mêmes sa Parole, qui soient sa Parole, vivante, d’autres Jésus dans leur milieu de vie. Puisque la Parole qui résume tout, la plénitude de la loi, c’est la charité, cherchons à la mettre en pratique, en aimant nos frères vraiment comme nousmêmes, sans diluer la Parole de Dieu, sans la réduire.
Nous ferons l’expérience d’un renouvellement continuel, en nous d’abord. Puis nous le constaterons rapidement de façon évidente autour de nous.
(…) Le 7 décembre 1943, je me rends seule à l’église. Une violente tempête fait rage. J’ai vraiment l’impression d’avoir le monde entier contre moi.
(…) J’arrive dans la chapelle, un banc a été préparé pour moi près de l’autel. J’ai un missel en mains, un tout petit missel. Je prononce la formule par laquelle je me donne totalement à Dieu pour toujours. J’étais tellement heureuse de cela que je ne me rendais même pas compte – je crois – de ce que j’étais en train de faire, car j’étais jeune. Mais, lorsque j’ai prononcé la formule, j’ai eu l’impression qu’un pont s’écroulait derrière moi et que je ne pouvais plus revenir en arrière car désormais j’appartenais entièrement à Dieu, je ne pouvais donc plus choisir. À ce moment-là, une larme est tombée sur mon missel.
Cependant mon bonheur était immense ! Et savez-vous pourquoi ? « J’épouse Dieu, je m’attends donc à tout le bien possible. Ce sera fantastique, ce sera une aventure divine, extraordinaire. J’épouse Dieu ! » Nous avons vu qu’ensuite il en a vraiment été ainsi.
Quel conseil vous donner ? Mon conseil, celui que je me donnerais : nous n’avons qu’une seule vie, visons haut, visons haut et risquons le tout pour le tout, cela en vaut la peine, cela en vaut la peine (…) Mais en ce qui vous concerne, vous, faites cet acte de générosité : visez haut, soyez généreux !
Le Mouvement des Focolari et les religieux, un lien qui remonte au début de l’histoire du Mouvement : un réseau dense de relations entre Chiara Lubich, fondatrice des Focolari, et des consacrés de différentes familles religieuses. Une multitude de femmes et d’hommes donnés à Dieu à travers les spiritualités les plus diverses qui ont inspiré et accompagné Chiara dans les premières années du Mouvement. Tout cela est raconté dans le livre intitulé Un magnifique jardin. Chiara Lubich et les religieux (1943-1960), sous la direction du Père Fabio Ciardi et d’Elena Del Nero.
Commençons par le titre : « Un magnifique jardin ». Pouvez-vous nous l’expliquer ?
Elena Del Nero a obtenu un doctorat en Histoire et Sciences philosophiques et sociales à l’Université « Tor Vergata » de Rome (Italie). Elle travaille à la section historique du Centre Chiara Lubich de Rocca di Papa (Italie). Elle est l’auteure d’essais et d’ouvrages sur l’histoire du Mouvement des Focolari.
Elena Del Nero : « Cette image évocatrice, déjà utilisée par Chiara Lubich en 1950, fait référence à l’Église, dans laquelle, au cours de l’histoire, différents charismes ont fleuri.
Le livre se compose d’une reconstruction historique et d’une réflexion théologique et ecclésiale. Que comprennent-elles ?
Elena Del Nero : « La reconstruction historique se concentre uniquement sur deux décennies, de la naissance des Focolari en 1943 à 1960, car il s’agit d’années très riches et denses en documents et en contenus pour le thème examiné. La lecture théologique et ecclésiale couvre quant à elle une période plus longue, élargissant le regard jusqu’à la lecture la plus récente du magistère. De cette manière, il nous semble que le panorama proposé est plus large et plus précis ».
La figure des religieux a donc toujours été présente dans l’Œuvre de Marie, depuis sa naissance. Quel est le sens de la présence des religieux dans le Mouvement ?
P. Fabio Ciardi : « Raviver l’unité dans l’Église, en réponse à la prière de Jésus : « Que tous soient un » (Jn 17, 21), était l’idéal auquel Chiara Lubich se sentait appelée. Son Mouvement poursuit cette grande mission de promouvoir la communion et l’unité entre tous.
Quel bénéfice les religieux et leurs ordres ont-ils tiré du dialogue avec Chiara Lubich et de la spiritualité de l’unité des Focolari ?
Le Père Fabio Ciardi est oblat de Marie Immaculée, professeur émérite à l’Institut Pontifical de Théologie de la Vie Consacrée Claretianum à Rome (Italie) ; il est l’auteur de nombreuses publications ; depuis 1995, il est Consulteur du Dicastère du Vatican pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique et, depuis 2022, il est Consulteur auprès du Dicastère du Vatican pour le Clergé.
P. Fabio Ciardi : « Dès les origines, les religieux de différents ordres ont été attirés par la fraîcheur évangélique dont témoignaient Chiara et les premiers membres du Mouvement naissant, qui les ramenait à la radicalité de leur choix : ils ressentaient un nouvel amour pour leur vocation, la comprenaient plus profondément, se sentaient impliqués dans une communion qui leur rappelait la première communauté chrétienne décrite dans les Actes des Apôtres ».
Quel effet la proximité des religieux a-t-elle eu sur Chiara Lubich dès le début du Mouvement ?
P. Fabio Ciardi: « Leur présence s’est avérée providentielle pour Chiara, car elle lui a permis de se confronter aux grandes spiritualités chrétiennes apparues au cours de l’histoire ; une confrontation qui l’a aidée à comprendre plus profondément sa propre vocation, l’enrichissant de la communion des saints. « Il semble peu à peu – écrit-il en pensant aux saints dont les religieux sont les témoins – qu’ils se soient rapprochés de notre Œuvre pour l’encourager, l’éclairer, l’aider ». D’une part, la relation avec les saints confirme certains aspects de la vie de l’Œuvre de Marie. D’autre part, la comparaison avec leur vie et leurs œuvres montre toute l’originalité de cette nouvelle œuvre contemporaine de Dieu ».
La présence des religieux dans les mouvements ecclésiaux est-elle source d’enrichissement mutuel ? Ou risque-t-elle de créer le chaos et une perte d’identité ?
P. Fabio Ciardi: « Aucune ingérence dans la vie des familles religieuses. Chiara Lubich a écrit qu’elle s’approche d’eux « sur la pointe des pieds », consciente qu’elles sont « des œuvres de Dieu », et avec cet amour profond qui fait découvrir en chacune d’elles « la beauté et ce quelque chose d’éternellement actuel » qu’elles contiennent. En même temps, elle est consciente de la contribution qu’elle est appelée à apporter : « Nous devons seulement faire circuler l’Amour entre les différents Ordres. Il faut se comprendre, s’aimer comme s’aiment [entre elles] les Personnes de la Trinité. Entre elles, la relation est l’Esprit-Saint qui les unit, car chacune est expression de Dieu, du Saint-Esprit ». C’est dans cette circulation de la charité que chaque religieux approfondit son identité et peut apporter sa contribution spécifique à l’unité ».
En conclusion, pourquoi lire ce livre ? À qui le recommander ?
« Il raconte une page d’histoire merveilleuse qui fait comprendre la beauté de l’Église. Ce n’est pas un livre réservé aux religieux. C’est un livre pour ceux qui veulent découvrir une Église tout à fait charismatique ».
Deux ou trois mots, rien de plus. Mais cela suffit pour guider toute la journée. En effet, elles sont publiées à minuit et arrivent à l’aube sur WhatsApp ou par e-mail, « éclairant » toute la journée. Elles expriment une pensée de l’Évangile ou une valeur universelle et invitent à agir, à s’engager, à regarder au-delà de ses occupations ou de ses préoccupations.
Une idée, simple et facile à diffuser, proposée en décembre 2001 par Chiara Lubich pour aider ceux qui collaboraient avec elle au Centre international des Focolari à vivre le moment présent. Mais comme cela arrive souvent, voyant que cette idée et ses effets étaient très positifs, celle-ci s’est propagée comme une onde, traversant les frontières, les langues, les coutumes et les langages.
Au cours des années suivantes, la fondatrice des Focolari faisait souvent référence à ce « mot du jour » et aux expériences qu’il suscitait chez les personnes qui le mettaient en pratique. Parfois pour encourager à persévérer ou pour proposer une signification supplémentaire, comme lorsqu’elle a suggéré d’ajouter tacitement à la pensée proposée chaque jour l’intention de la vivre « surtout en contact avec les frères ». Cela a suscité un changement profond, non seulement pour s’améliorer personnellement, mais aussi pour se mettre constamment en relation avec le frère ou la sœur qui sont à nos côtés, entrer dans leurs besoins, les rendre destinataires de notre amour concret.
Peu à peu, cette initiative a grandi et s’est développée. Actuellement, le « mot du jour » rappelle certains aspects de la Parole de vie proposée chaque mois ou fait référence aux lectures de la liturgie. Elle est traduite en 23 langues. Certains, lorsqu’ils la transmettent ou la publient sur les réseaux sociaux, y ajoutent une pensée personnelle, une suggestion pour la mettre en pratique. D’autres l’illustrent avec une image ou créent un « court métrage » sur Youtube. Il y a même ceux qui créent chaque jour une petite chanson. Tous les moyens de communication et tous les réseaux sociaux sont utiles pour le diffuser parmi les amis et les connaissances, en ayant la délicatesse de demander d’abord s’ils souhaitent le recevoir.
Ce ne sont pas des paroles en l’air. Au contraire, elles stimulent, poussent à agir, surtout dans nos relations avec l’environnement et les personnes que nous rencontrons au cours de la journée, comme le raconte Marisa, du Brésil : « Aujourd’hui, je vais donner un cours à l’université, même si en ce moment je n’ai pas très envie de continuer ce travail. J’ai l’âge de prendre ma retraite, mais ayant raté quelques promotions, pour l’instant je dois travailler parce que mes filles ont encore besoin de mon aide financière. Je renouvelle donc mon Pour toi, Jésus chaque fois que je vais à l’université. Le mots du jour est justement : accomplir nos devoirs ».
Depuis le Sénégal, Don Christian écrit : « Merci pour le mot du jour. Il m’aide à nourrir ma vie spirituelle et à éclairer chaque jour ma relation avec Dieu et avec mes frères et sœurs ». Pour Maria Teresa, d’Argentine, le recevoir chaque jour est une réponse de Dieu : « Je travaille dans la pastorale des migrants et hier, j’ai accompagné l’un d’entre eux à la présentation d’un livre qu’il a écrit sur la conduction nerveuse. Il m’a semblé important d’être à ses côtés dans ces moments où il pouvait partager et de l’aider à diffuser ses talents. Ce fut une nouvelle et belle expérience d’unité avec lui et avec les personnes qui sont venues et ont accueilli sa conférence comme un cadeau qu’il avait à offrir ».
Ce ne sont là que quelques touches de la vie qui se régénère chez des centaines de personnes, voire plus, qui, avec ou sans croyance religieuse, se réveillent chaque matin avec la volonté de vivre les deux ou trois mots de la « pensée du jour ».
La joie des premiers chrétiens (comme du reste celle des chrétiens de tous les temps, de tous les siècles, lorsque le christianisme est compris dans son essence et vécu dans sa radicalité), la joie des premiers chrétiens était une joie vraiment nouvelle, jamais connue jusque-là. Elle n’avait rien à voir avec l’hilarité, l’allégresse, la bonne humeur, elle n’avait rien à voir avec « la joie exaltante de la vie, de l’existence » – comme disait Paul VI -, ni avec « la joie pacifiante – disait-il encore – de la nature », ni avec « la joie du silence ». Ce n’était pas celle-là. Toutes ces joies sont belles…
Mais celle des premiers chrétiens était différente : c’était une joie semblable à cette ivresse qui avait envahi les disciples lors de la venue de l’Esprit Saint.
C’était la joie de Jésus. Parce que, comme Jésus a sa paix, Il a aussi sa joie.
Et la joie des premiers chrétiens, venant spontanément du plus profond de leur être, les comblait entièrement.
Ils avaient trouvé vraiment ce que l’homme d’hier, d’aujourd’hui et de toujours cherche : Dieu, qui – comme nous l’avons vu – le satisfait pleinement. Ils avaient trouvé Dieu, la communion avec Dieu, et cet élément les comblait totalement et les menait à leur pleine réalisation. Ils étaient hommes.
En effet, l’amour, la charité, dont le Christ, grâce au baptême et aux autres sacrements, enrichit le coeur des chrétiens, peut être représenté par une petite plante. Plus elle enfonce ses racines dans le terrain, c’est-à-dire, plus on aime le prochain et plus sa tige pointe vers le ciel : c’est-à-dire, plus les hommes aiment leurs frères, plus augmente en eux l’amour pour Dieu, mais ce n’est pas un amour auquel on croit seulement par la foi, une communion avec Dieu à laquelle on croit seulement par la foi, c’est une communion expérimentée.
Et c’est cela le bonheur, oui, c’est le bonheur : on aime et on se sent aimé. C’était cela la joie des premiers chrétiens (Appl.), c’était cela le bonheur des premiers chrétiens, adultes et jeunes comme vous, qui s’exprimait dans des liturgies merveilleuses, joyeuses et débordantes d’hymnes de louange et d’action de grâces.
À l’occasion du Jubilé des jeunes, du 29 juillet au 1er août 2025, les jeunes du Mouvement des Focolari proposent à leurs camarades pèlerins qui se rendront à Rome quatre jours de spiritualité, de partage, de témoignages, de prières, de catéchèse, de joie et de cheminement ensemble !
Une occasion unique de se mettre en route à travers des lieux chargés d’histoire et de spiritualité, avec de nombreuses personnes qui se rencontreront en chemin, pour grandir dans la foi et l’espérance.
Chaque jour, un mot clé est proposé, une étape avec un moment de réflexion et de prière, un approfondissement spirituel lié au charisme de l’unité avec des témoignages et des chants, afin de vivre le Jubilé des jeunes comme un voyage basé sur 4 idées clés : pèlerinage (un chemin), porte sainte (une ouverture), espérance (regarder vers l’avenir), réconciliation (faire la paix). Pour ceux qui le souhaitent, il y aura quelques catéchèses au Focolare meeting point, animées par Tommaso Bertolasi (philosophe), Anna Maria Rossi (linguiste) et Luigino Bruni (économiste).
Le pèlerinage des sept églises
L’offre propose un parcours qui suit un itinéraire historique qui accompagne les pèlerins depuis le XVIe siècle : le Pèlerinage des Sept Églises, conçu par Saint Philippe Néri. Un chemin de foi et de communion fraternelle, fait de prières, de chants et de réflexions sur la vie chrétienne.
Les étapes de ce pèlerinage coïncident avec sept lieux symboliques de Rome : la basilique Saint-Sébastien, la basilique Saint-Paul hors les murs, la basilique Sainte-Marie-Majeure, la basilique Saint-Pierre, la basilique Saint-Laurent, la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem et la basilique Saint-Jean-de-Latran. Un parcours total de 20 km, une expérience vécue depuis des siècles par des milliers de jeunes et d’adultes. La participation aux grands événements du Jubilé des jeunes est prévue : le moment de réconciliation au Cirque Maxime, les rencontres avec le Pape Léon XIV pendant la veillée et la messe finale sur l’esplanade de Torvergata, qui a accueilli la veillée et la messe des jeunes lors du Jubilé de 2000. Pour ceux qui pourront rester quelques jours de plus, le 4 août, il sera possible de visiter le Centre International des Focolari à Rocca di Papa (Rome).
De nombreux rendez-vous sont donc prévus pour vivre le Jubilé, découvrir Rome et partager un moment de foi et de spiritualité. Tout au long du parcours, les jeunes disposeront d’un Passeport du Pèlerin : dans chaque église visitée, ils pourront décrire, en un seul mot, ce qu’ils ont vécu ou ce qui les a marqués. À la fin, ils auront ainsi un souvenir de cette expérience exceptionnelle.